Français québécois
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Le français québécois est une variation de la langue française parlée au Québec.
Le français de l'Amérique se distingue des autres variétés de français parlées dans le monde par son histoire particulière. En effet, le passage du Québec aux mains des Anglais ayant isolé les Canadiens français du reste du monde francophone, certains mots ou prononciations considérés comme archaïques dans le reste de la francophonie y sont encore en usage (par exemple, le « oi » est souvent prononcé « oé », comme c'était le cas en France au XVe siècle, et comme c'est encore le cas aujourd'hui dans certaines régions de France).
Les emprunts à l'anglais, ainsi que les calques, sont également répandus.
En Amérique, on distingue deux variétés principales de français : le français québécois (parfois nommé français canadien) et le français acadien. Cet article traite du français québécois, de la Nouvelle-France à aujourd'hui.
Histoire
Article principal : Histoire du français québécois
Accents régionaux et prononciations
Il se caractérise par :
- conservation de l'opposition entre voyelles longues et courtes ;
- la conservation dans la distinction entre le A ouvert et le A fermé : patte et pâte ne se prononcent pas de la même façon ;
- une légère diphtongaison : â rendu [ɑʊ̯], ê rendu [ɛɪ̯] ou [aɪ] ;
- la conservation de la prononciation originelle de in et un : ~i et ~u et non pas [ɛ̃] et [œ̃] ;
- un [s] intercalé après t devant i et u, un [z] intercalé après d devant i et u : tu se prononce [tsu], dîner se prononce [dzine] ;
- la conservation de la prononciation du XVIIIe siècle [we] pour oi à la place de [wa] (de moins en moins fréquent chez les jeunes locuteurs) ;
- parfois une jota entendue pour le son de la lettre j ou g doux dans certaines régions (Lac-St-Jean, Beauce) : Georges se prononcera [xorx] (comme Jorge en espagnol, mais sans [é] à la fin) ;
- le R traditionellement roulé dans l'Ouest du Québec et grasseyé dans l'Est (quoique de nos jours, le grasseyé tend à dominer partout) ;
- gn et ng prononcés de la même façon (camping, campagne) ;
Ces caractéristiques varient de région en région. Par exemple, Montréal comporte plus de mots avec des voyelles longues que Québec : Poteau se prononce [pɔto] à Québec, [po:to] à Montréal. De même, arrête se dit [arɛt] à Québec et [arɛ:t]/[arajt] à Montréal. Baleine sera [balɛn] à Québec et [balɛ:n]/[balajn] à Montréal. La région de Trois-Rivières semble à première vue posséder encore plus de mots à voyelles longues. Par exemple, en plus des mots précédents prononcés comme à Montréal, on y retrouve [vinɛ:gr]/[vinajgr] au lieu de [vinɛgr] à Québec et à Montréal.
Statistiques sur le français
Morphologie
Certains affixes se retrouvent plus fréquemment au Québec qu'en France, en particulier le suffixe -eux, qui possède un certain sens péjoratif : téter → téteux (lèche-cul) ; niaiser → niaiseux (idiot, agaçant) ; obstiner → ostineux (entêté) ; pot → poteux (consommateur ou revendeur de marijuana, « pot » signifie « pétard », « joint », etc. en anglais). Cela provient du dialecte normand.
Préservations de formes
De nombreuses différences entre le français québécois et le français européen proviennent de la préservation de certaines formes aujourd'hui archaïques en Europe, comme par exemple « espérer » pour « attendre » (notez que d'autres langues romanes ont conservé ce mot, comme par exemple esperar en castillan).
Une « cour » est un « jardin » (en France, le mot « cour » a perdu ce sens).
Le mot « breuvage » est utilisé pour « boisson » en plus de ce dernier terme ; c'est un mot de vieux français duquel le mot anglais « beverage » est originaire. « Breuvage » peut être utilisé en français d'Europe, mais il a généralement une nuance parfois péjorative ou précieuse.
Le mot « piastre » ou « piasse », terme argotique pour un dollar (équivalent de « balle » en France), est en fait le mot originellement utilisé en France pour le dollar américain ou espagnol.
Le mot « couple » est un nom masculin en français, mais au Québec il est également utilisé comme nom féminin dans des expressions telles que une couple de semaines. On pense souvent que c'est un anglicisme, mais il s'agit en fait d'un reste de français archaïque. Cette confusion n'est cependant pas si erronée, étant donné que la langue anglaise elle-même inclut des archaïsmes français et normands (par exemple la prononciation du « ch » initial en /tʃ/).
Modification de sens
D'autres mots ont, par ailleurs, subi un glissement de sens au Québec tel qu'ils ont un sens différent de celui ayant cours en France :
- « lunatique » désigne une personne distraite, qui est « dans la lune » ;
- « branler » signifie « se déplacer lentement », par extension « hésiter » ;
- « jaquette » désigne une chemise de nuit ou une chemise d’hôpital;
- « turluter » désigne un style de chant folklorique.
Plusieurs de ces glissements proviennent de l'influence de l'anglais : « supporter » signifie « encourager ».
Termes nautiques
Un certain nombre de termes possédant dans d'autres régions francophones un sens strictement nautique sont utilisés dans des contextes plus larges au Québec. Cela est dû au fait que, jusqu'à l'arrivée du chemin de fer et des liaisons routières, le seul moyen de transport était la voie fluviale sur le Saint-Laurent, autour duquel la majorité de la population est située. Par conséquent, le Québec a une forte tradition maritime : malgré un quart de millénaire d'occupation anglaise, le français est toujours demeuré la langue utilisée par les pilotes sur le Saint-Laurent.
Par exemple, le mot « débarquer » est employé au Québec pour indiquer la sortie hors d'un moyen de transport (voiture, train, etc.), et « embarquer » pour l'opération contraire. De plus, on ne dira pas « tourner », mais plutôt « virer », « haler » au lieu de « tirer », et les bricoleurs font des « radoubs » sur leur maison.
Familiarité
Les francophones du Québec utilisent le pronom de la deuxième personne tu plus souvent et dans plus de contextes que ceux de France. Dans certains cas, cela peut être parfaitement approprié de s'adresser à un étranger ou à un client de magasin en utilisant tu, alors que cela serait considéré comme impoli en France. Le vous est avant tout employé au Québec par égard pour l'âge de la personne à qui on s'adresse.
Cela provient directement de l'anglais où le « you », à la fois singulier et pluriel ainsi que familier et formel, a supplanté l'ancien « thou ».
Toute généralisation mise à part, le discours français parisien (et les parleurs publics tels que les hommes politiques) apparaît souvent comme étant vieux jeu, efféminé et snob aux oreilles des francophones du Québec (qui désignent ces locuteurs comme étant des « Français de France »). Cela est assez similaire à la perception que les anglophones d'Amérique du Nord ont des anglophones d'Angleterre.
Perception
L'impression de surutilisation d'anglicismes dans le langage familier est une cause de la stigmatisation du français québécois. Les Québécois et les Français s'accusent les uns les autres (et eux-mêmes) d'utiliser trop d'anglicismes. Une plaisanterie dit que la différence entre le français européen et le français québécois est qu'en Europe on se gare dans un parking et qu'au Québec on se parque dans un stationnement.
Le Québec et la France ont tendance à avoir des anglicismes totalement différents, car ils sont au Québec le résultat graduel de deux siècles et demi de vie parmi des anglophones, alors qu'en Europe, ils sont bien plus récents et résultent de l'hégémonie de l'anglais américain.
Voir aussi Franglais.
Grammaire
En règle générale, le français québécois parlé et écrit utilise la même grammaire que le français international, bien qu'il y ait des exceptions ponctuelles.
Il y a de nombreuses différences dans la grammaire non officielle : par exemple, certains mots ont un genre différent qu'en français (une job au lieu de un job). Il y a certaines règles s'appliquant plus ou moins. Par exemple, tout comme la différence de prononciation entre chien /ʃjɛ̃/ (masculin) et chienne /ʃjɛn/ (féminin) est la présence ou l'absence d'une consonne finale, les mots ambigus terminés par une consonne (tels que job (/dʒʌb/)) sont souvent assignés au féminin. De plus, les mots commençant par une voyelle qui sont masculins en grammaire officielle sont parfois marqués comme féminins.
En outre, certaines expressions prenant le subjonctif en français officiel prennent l'indicatif en français québécois, et vice versa (« bien qu'il est trop tard » plutôt que « bien qu'il soit trop tard »). C'est principalement un emploi familier oral, étant donné que l'usage écrit tend à suivre de plus près l'usage de France.
Verbes
Il y a quelques différences dans la structure verbale. Pour le verbe « s'asseoir », la conjugaison en « oi » est bien plus fréquente au Québec que « ie » ou « ey » (je m'assois au lieu de je m'assieds, assoyez-vous au lieu de asseyez-vous). D'autre part, le verbe « haïr » est usuellement conjugué en « j'haïs » /Zai/ (le verbe a deux syllabes) plutôt que « je hais » (une syllabe).
Au Québec, il est courant de dire Fais-toi-z-en pas au lieu de (ne) t'en fais pas.
Dans le parler familier, le verbe « être » est souvent omis entre je et un(e), avec un t inséré : J't'un gars patient. Un t est également souvent inséré après la seconde personne du singulier : T'es t'un gars patient ou encore, personnalisé d'un toi à la fin : T'un gars patient toé.
Toujours dans le parler familier, aller à la première personne du singulier est souvent vas au lieu de vais. De plus, je vais + verbe (futur) est souvent modifié en m'as, comme dans M'as t'tuer.
Signalons au passage le fameux « Ma aller maller ma lettre » (je vais aller poster ma lettre).
Particule tu
La particule tu est souvent utilisée dans le langage familier quand on pose une question directe (dont la question ne peut être que oui ou non) à quelqu'un. Le tu tient alors le rôle d'un adverbe d'interrogation ou d'exclamation.
- C'est-tu loin, ça ?
- J'ai-tu l'air fatigué ?
- Y'en a-tu d'autres ?
- Ça vous tente-tu vraiment d'y aller ?
- Faut-tu être cave pas à peu près !
- C'est-tu pas possible, ce qui arrive là !
Par le fait même, le québécois parlé se rapproche de la très grande majorité des langues en distinguant le mode interrogatif du mode indicatif par l'ajout d'une particule interrogative :
- On a gagné (indicatif) → On a-tu gagné ? (interrogatif)
Prépositions
La préposition à est souvent utilisée dans des contextes possessifs, alors que le français de France utilise de : la voiture à Pierre au lieu de la voiture de Pierre.
Dans de nombreux cas, les locuteurs Québécois préfèrent utiliser la préposition à au lieu d'utiliser une expression non prépositionnelle avec ce : par exemple, à matin ou à soir au lieu de ce matin et ce soir. Notez aussi à cette heure, prononcé et parfois écrit asteure ou astheure pour maintenant, qu'on peut trouver dans les écrits de Queneau ou Montaigne.
Cet usage de à est considéré familier et n'est pas utilisé dans le langage écrit.
En parler familier, la combinaison de la préposition sur + article défini est souvent abrégée : sur + le → su'l ; sur + la → su'a ou sà (le a est allongé); sur + les → sès. Parfois, dans + un est abrégé en dun, dans + les en dins, dans + le est en dan'l (par exemple, dan'l'champ pour dans le champ). Selon la même construction, l'article la vient à s'effacer complètement (par exemple dan' boîte pour dans la boîte) et ne fait qu'allonger la voyelle an.
Pronoms
En parler familier, a est utilisé à la place de elle : A m'énerve → Elle m'énerve. Y ou i est également utilisé à la place de il, ils, ou elles : Y sont fous.
Il est courant de dire chez nous, chez vous et chez eux au lieu de chez moi, chez toi ou chez lui/elle, même si la personne qui parle vit seule.
Dialectes
Le français québécois a une variété de registres, allant du français officiel, fortement influencé par le français européen moderne et avec des traits phonétiques effacés, préservant cependant fortement de nombreux traits québécois, jusqu'au joual.
Des différences régionales remarquables existent lorsqu'on compare, par exemple, le français de Montréal et celui de Saguenay–Lac-Saint-Jean. Par exemple, le français de Montréal diphtongue dans plus de cas que le français de Québec.
Le français de Québec est la variété la plus proéminente du français canadien, et certains français canadiens ont des dialectes similaires. Toutefois, les Acadiens ont un dialecte à part, le français acadien. Voir aussi Michif.
Le français québécois fut autrefois stigmatisé, parmi les Québécois eux-mêmes comme parmi les Français d'Europe et les anglophones, comme un dialecte de bas étage, parfois à cause de l'usage des anglicismes, parfois simplement à cause de ses différences avec le français européen, perçu comme étant la référence. Jusqu'en 1968, on n'entendait pas de vocabulaire du français québécois dans les pièces de théâtre par exemple, et cette année-là, l'immense succès de la pièce de Michel Tremblay Les Belles-Sœurs s'avéra être un tournant.
Aujourd'hui toutefois, les francophones au Québec ont bien plus de liberté de choisir un « registre » en parlant, et les personnages d'émissions télévisées ont presque toujours un parler « réel » de tous les jours plutôt qu'un français « officiel ». En Europe, le français québécois est perçu comme étant un langage séduisant parfois difficile à comprendre : vous entendre parler, c'est comme une chanson.
Modifications non sexistes
Le français québécois officiel a une approche très différente des français de France en ce qui concerne le langage sexiste. Il y a une plus grande tendance à généraliser les marqueurs féminins parmi les noms de professions. Ceci est fait afin d'éviter de parler d'une femme avec un nom masculin, et ainsi de contribuer à suggérer qu'une profession particulière est avant tout masculine. Des formes qui seraient perçues comme étant très inhabituelles et aggressivement féministes en France sont communes au Québec, comme la docteure, l'avocate, la professeure, la présidente, la première ministre, la gouverneure générale, etc. Nombre de ces formes ont été officiellement recommandées par des agences régulatrices variées. Le gouvernement français s'y dirige tardivement pour l'usage officiel (madame la ministre).
De plus, au lieu de suivre la règle selon laquelle le masculin inclut le féminin (le masculin étant un genre non marqué), il est relativement commun de créer des doublets, en particulier pour des discours : Québécoises et Québécois, tous et toutes, citoyens et citoyennes.
On notera au passage que Charles de Gaulle ouvrait ses discours par « Françaises, Français ».
En outre, une association au Québec, plutôt que d'utiliser soit professionnels (masculin seulement) ou professionnels et professionnelles (masculin et féminin), a décidé de promouvoir un néologisme épicène sur le modèle de fidèle, en se nommant la Fédération des professionèles [1]. Cela a toutefois déclenché un débat animé, et reste une forme marginale d'écriture non sexiste du français québécois.
D'un autre côté, en discours familier, certains marqueurs féminins se perdent ; par exemple, la prononciation y (dérivée de ils) est souvent utilisée pour à la fois ils et elles.
Termes informatiques
L'Office québécois de la langue française propose des variantes aux termes informatiques anglais. Ainsi, au Québec, on doit dire « courriel » au lieu de « e-mail » (terme également recommandé aujourd'hui en France), « pourriel » au lieu de « spam mail », et « polluposteur » au lieu de « spammer ».
Lexique québécois
Voir le tableau du lexique québécois comparé.
Il faut mentionner que les Québécois ont emprunté de nombreux mots de leur vocabulaire à l'anglais mais aussi aux langues amérindiennes (le terme Québec est d'ailleurs dérivé d'une langue autochtone). Plusieurs mots ou locutions sont aussi nés de troncages des mots ou des suites des déformations phonétiques.
Il faut aussi noter que la plupart des mots dérivant de l'anglais sont surtout utilisés dans les grandes régions urbaines, comme Montréal, Québec ou autres régions limitrophes aux frontières américaines ou autres provinces canadiennes anglophones.
Coqueron : Débarras
"Char ou auto" : Voiture
Charrier : Exagérer
Cuiller à soupe (cuillère à soupe) : Louche ou cuillère à table
"Dépanneur" : L'épicierdu coin de la rue
Drab ou drabbe : 1. Beige, 2. Sans vie, sans relief, sans intérêt
Enfarger, s'enfarger : Trébucher
Bécosse (back house) : Lieu d'aisances
Epicerie: Commissions
Espadrilles: Chaussures de sports
Fuse (prononcé fiouze) : Fusible (dans un tableau d'alimentation électrique)
Galerie : Balcon
Hydro (surtout dans compte d'hydro ou facture d'hydro) : d'Hydro-Québec, société d'État ayant le monopole de la distribution d'électricité.
Jammé (être jammé) : Coincé
Jardin : Potager
Ketch : Verrou
Kutex ou kitex (de Cutex, une marque de commerce): Vernis à ongle
Kodak (une marque de commerce) : Appareil photo
"Laveuse" : Machine à laver, lave-linge
Magasiner : Faire des courses
"Mattante" : Ringard
Moppe : Vadrouille, serpillère
Newfie (terme péjoratif se référant aux habitants de Terre-Neuve, Newfoundland) : Imbécile.
Niaiseux (dérivé de Niais) : Personne peu intelligente
Patenter (de Patent, signifiant brevet) : Réparer, arranger
Patinoire à poux : Calvitie
Pitoune : Une belle fille (langage de la rue)
Plaster (prononcé plasteur) : Sparadrap
"Platte ou poche" : Nul, sans intérêt
Plug (prononcer plogue) : Prise de courant électrique
(se faire) Plugger: Avoir des relations, avoir des contacts : Je me suis fais plogger pour une job (se faire pistonner, pour les Français...)
Pôle : Tige supportant des rideaux
Pogner : Prendre, empoigner, être populaire, susciter un grand intérêt de la part du sexe opposé
Pantry (prononcer Penne-tré) : Comptoir
Penderie : Garde-robe
Peinturer : Peindre
"Pogner" : Attraper, obtenir
Polar : Polaire (vêtement en molleton)
Portique : Vestibule
Prélart : Revêtement de plancher
Q-Tip (prononcer Kiou-tipp, d'après une marque de commerce) : Cure-oreilles, coton-tige
Record ou vinyle : Disque (33-tours, 45-tours, etc.)
Running shoe : Chaussures de sport (voir Espadrilles)
Scotch-tape (une marque de commerce) : ruban gommé
Scott-towel (une marque de commerce) : essuie-tout, Sopalin (aussi une marque de commerce !)
"Sécheuse" : Sèche-linge
Serrer : Ranger
Turluter : Chantonner
VTT : désigne un Vehicule Tout Terrain de type Quad et non pas un vélo de montagne.
Washer (prononcé washeur) ou gasket : Rondelle d'étanchéité
| Mot ou expression | Source | Signification | Explication | |
|---|---|---|---|---|
| Annowai, ou Anyway | Anglais | De toute façon | ||
| Anorak | Inuit | Manteau de sport | ||
| Astheure | À cette heure | Maintenant. Asteure, qu’est-ce qui va arriver ? Il fait noir de bonne heure asteure. | ||
| Avoir son voyage | Être fatigué, voire écœuré de quelque chose. | |||
| Barrer | Verrouiller | |||
| Bas | Chaussettes | |||
| Batterie | Anglais : a battery | Pile | Une batterie est un ensemble de piles comme une batterie de cuisine est un ensemble de chaudrons. Le terme a dérivé. | |
| Barniques | Lunettes (souvent péjoratif : lunettes peu esthétiques le plus souvent par leur taille) | |||
| Bécyk | Bicyclette | Bécyk à gaz. (Un bicyk à gaz, c'est une moto.) | ||
| Bobettes | ||||
| Bombe | Bouilloire | En référence à la forme | ||
| Brailler | Pleurnicher, pleurer, ou encore chiâler, se plaindre | |||
| Ça | Souvent utilisé au sens de cela | |||
| Cash | Anglais | Argent, payer cash = payer comptant | ||
| Cellulaire | Anglais : cell phone | Téléphone portable | ||
| Champlure | Poignée du robinet | |||
| Char | Anglais: a car | Voiture | ||
| Chiâler | Se plaindre | Ailleurs dans la francophonie : pleurer | ||
| Cooler (prononcé cooleur) | Anglais | Glacière | ||
| Coat (prononcé côte) | Anglais | Manteau | ||
| Collon (prononcé comme colon) | Personne sans bonne manières | |||
| Côte | Pente | |||
| Couverte | Couverture | |||
| Éfouèrer | Écraser (s'éfouèrer : s'écraser de façon disgracieuse) | |||
| Flashlight | Anglais | Lampe de poche | ||
| Foufounes | Fesses | Ailleurs dans la francophonie : désigne le sexe féminin | ||
| Foin | Argent (blé s'emploie aussi dans le même sens) | |||
| Fuse | Anglais | 1. Fusible 2. Flatulence (plus rare) | ||
| Kesséça, kosséça ou quécéça | Qu'est-ce que c'est que cela | troncage | ||
| Maringouin | Tupi-guarani : mbarigui | Moustique | (Aussi utilisé aux Antilles) | |
| Moto | Anglais | Vélocipède | ||
| Running shoes ou simplement running | Anglais | Espadrilles | ||
| Sacrer | 1. Jurer : sacrer comme un charretier 2. Jeter, envoyer nonchalamment ou avec mépris ou violence : il a sacré la tv par la fenêtre 3. Se sacrer de quelque chose : ne pas accorder d'importance à qqch. | |||
| Signe | Anglais : "sink" | 2. Évier | ||
| SOS | Marque de tampons à récurer en laine d'acier | |||
| Tomber en amour | Anglais : to fall in love | Tomber amoureux | ||
| Toune | Anglais : a tune | Chanson | ||
| Tuque | Bonnet | |||
| Turluter | Chantonner | |||
| Parquer | Anglais:to park | Stationner | ||
| Pet | Flatulence | |||
| Pot | Anglais | Pétard, joint, cigarette de cannabis | ||
| Shorts | Anglais | Culottes courtes | ||
| Slush | Anglais | 1. Neige souillée de boue, surtout dans la rue en ville 2. Barbottine | ||
| Toast | Anglais | Rotie, tranche de pain grillée | ||
| Tasser | Déplacer, bouger, entasser | |||
| Van (prononcé vanne) | Camion, fourgonnette |
Prononciation du lexique emprunté à l'anglais
La prononciation des emprunts à l'anglais dépend fortement à la fois de son contact avec la communauté anglophone et de la lexicalisation associée au terme.
Ainsi, un terme lexicalisé aura une prononciation francisée, s'adaptant à la phonologie et à la phonétique du français. C'est le cas des mots tel bécosse et van. Un terme non lexicalisé, tel washer et running shoe, pourra être prononcé à l'anglaise, selon l'accent propre du locuteur. La lexicalisation dépend surtout de la tradition, de l'habitude et de l'idiolecte.
Cette règle dépend alors du contact du locuteur avec la langue anglaise (influence de l'idiolecte). Un francophone peu en contact avec des anglophones ou des francophones bilingues aura tendance à tout franciser phonétiquement. À l'inverse, un francophone fortement exposé à l'anglais aura même tendance à retourner à la prononciation anglaise, si l'emprunt est. Dans ce dernier cas, van retrouverait sa prononciation originale. On peut parler ici d'hyper-correction.
Exception : bécosse resterait cependant francisé, l'emprunt étant pratiquement complètement lexicalisé, en démontre l'orthographe.
Lorsque le terme est grammaticalisé, tel les verbes toaster et parquer, le terme peut perdre définitivement sa prononciation anglaise, même chez le francophone anglophile. La logique derrière cette perte est que le mot subit la grammaire française comme n'importe quel autre mot, il n'est plus anglais.
Leurs étymons respectifs toast et park (passé au français dans parking) conserve cependant leur prononciation variante.
À noter que la grammaire anglaise ne s'applique pas. (Il n'y a pas de grammaticalisation philologique) Ainsi, on ne dira pas des Washers en prononçant le s final. Un "s" serait ajouté à l'écrit, mais la prononciation suivrait la règle française. Cependant, running shoe ayant été emprunté comme un terme pluriel, on pourra rencontrer le terme avec un s prononcé a l'anglaise ([z]).
Voir aussi
Bibliographie
- Dictionnaire des canadianismes de Gaston Dulong, Québec, Septentrion et Larousse Canada, 1989
- Dictionnaire historique du français québécois, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 1998
- Lionel Meney, Dictionnaire québécois français. Mieux se comprendre entre francophones, Montréal, Guérin, 1999
- Glossaire du parler français au Canada, Québec, L’action sociale, 1930, Presses de l’Université Laval, 1968
Articles connexes
Liens externes
- Base de données lexicographiques panfrancophone (BDLP), Québec
- Dictionnaire canadien-français de Sylva Clapin, 1894
- Glossaire franco-canadien et vocabulaire de locutions d'Oscar Dunn, 1880
- Histoire du français au Québec
- Lexique en français du français québécois, sur le wiktionnaire
- Liste des phénomènes phonétiques québécois
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