Zoophilie

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La zoophilie désigne l'attirance sexuelle et éventuellement affective d'un humain pour un ou des animaux. Elle est généralement considérée comme une déviation ou une perversion, bien qu'elle ne soit plus listée dans le DSM, référence psychiatrique en matière de pathologies mentales, depuis 1980.

Le mot zoophilie provient des racines grecques, zoo (animal) et philein (aimer). Le mot est apparu au XIXe siècle et était autrefois connu sous le nom de « bestialité ».

Aujourd'hui le terme de bestialité est souvent utilisé pour désigner le passage à l'acte sexuel effectif qui peut découler d'une attirance zoophile.

Sommaire

Mythe et religion

Le cas le plus célèbre de zoophilie dans la mythologie grecque est celui de l'accouplement de Pasiphaé, la femme de Minos, avec un taureau blanc, donnant naissance au Minotaure.

Dans certaines religions, comme la plupart des monothéismes, les relations sexuelles avec les animaux sont prohibées voire punies de mort. C'est ainsi que l'on trouve dans la Bible, (Lévitique) :

  • §18, L23 : « Tu ne coucheras point avec une bête, pour te souiller avec elle. La femme ne s'approchera point d'une bête, pour se prostituer à elle. C'est une confusion. »
  • §20, L15 : « Si un homme couche avec une bête, il sera puni de mort et vous tuerez la bête. »
  • §20, L16 : « Si une femme s'approche d'une bête, pour se prostituer à elle, tu tueras la femme et la bête ; elles seront mises à mort : leur sang retombera sur elles. »

Références historiques

La plus fameuse semble être l'impératrice Théodora qui s'adonnait à des scènes bestiales dans certaines bacchanales.

Rome, Athènes, les pays arabes, l'Égypte des pharaons, l'Inde sont riches en faits historiques.

« Les Mille et une nuits font état de deux scènes manifestes de zoophilie. »

En France, en 1601, jugeant en appel, le Parlement de Paris condamnait à mort Claudine de Culam, née à Rozay-en-Brie, âgée de 16 ans, domestique chez Monsieur le Prieur de Reverecourt depuis quatre ans, « bien et dûment atteinte et convaincue d'avoir eu habitation charnelle avec un chien blanc tacheté de roux ». Dans ce cas, les magistrats — à la demande expresse de la mère qui était sûre de l'innocence de sa fille — acceptèrent une étude scientifique et pragmatique.

Claudine, qui avait été surprise selon des témoins en état « d'habitation charnelle » avec un chien a été emmenée devant une court composée uniquement de femmes ayant le statut d'« expert », dans une chambre adjacente à la cours d'appel. Le chien la rejoignit dans cette pièce. Le comité fit déshabiller la jeune fille pour l'examiner en quête d'éventuelles griffures, mais immédiatement le chien, sans attendre d'avoir été invité, lui sauta dessus et la prit en levrette. « Une relation sexuelle s'est produite et nous avons dû intervenir » a écrit le collège d'experts dans leur son officiel. Sur les bases des témoignages et de ce rapport, le chien et la jeune fille ont été étranglés et leurs corps brûlés, leurs cendres jetées aux vents pour qu'il ne reste rien de cet accouplement qui leur était monstrueux.

Michel Simon était célebre pour sa relation zoophile avec un chimpanzé.

Aujourd'hui

Les différentes études réalisées par différents spécialistes des mœurs sexuelles (notamment le rapport Kinsey USA 1950 pour les femmes) indique qu'une population d'environ 4% à 7% a eu au moins une fois un rapport sexuel avec un animal aux États-Unis.

En 1969, Linda Lovelace célèbre actrice porno avait participé au premier film commercial zoophile vendu sur les différents continents.

En 1973, Nancy Friday dans My Secret Garden affichait haut et fort certains phantasmes féminins zoophiles et soulignait que le passage à l'acte est plus courant qu'on pourrait le soupçonner.

En 2001, Marjorie Knoller avocate à Los Angeles a été mise en examen : son chien avait tué sa voisine agée de 33 ans. Les perquisitions menées chez elle ont conduit à la découverte de photos montrant son chien et elle en plein acte : elle a été ouvertement accusée de bestialité.

La zoophilie est fréquemment perçue comme un vice, une perversion ou une déviance. Elle fut longtemps considérée comme déviance au même titre que la sodomie. Pour certaines législations actuelles, elle n'est considérée comme illégale que quand elle s'accompagne d'actes de cruauté envers l'animal.

Internet a donné à la zoophilie un essor nouveau qui l'a fait sortir de la clandestinité pour être largement exploitée par une industrie pornographique. Le tabou et l'interdit ont donné à l'industrie pornographique un marché où certaines actrices ne jouent qu'avec des animaux.

Législations

Note : Cette section est considérée comme une ébauche à compléter. Si vous possédez quelques connaissances sur le sujet, vous pouvez les faire partager en éditant dès à présent cette page (en cliquant sur le lien « Modifier cette page »).

En Prusse

Frédéric II, qui n'aimait ni les bêtes ni les femmes, aurait aboli ce crime selon Voltaire :

« Quelques juges de province voulurent faire brûler je ne sais quel pauvre paysan accusé par un prêtre d’une intrigue galante avec son ânesse : on n’exécutait personne sans que le roi eût confirmé la sentence, loi très humaine qui se pratique en Angleterre et dans d’autres pays ; Frédéric écrivit au bas de la sentence qu’il donnait dans ses États liberté de conscience et de v...» Voltaire, Mémoires pour servir à la vie de M. de Voltaire, écrits par lui-même (composés en 1759, publiés seulement en 1784.)


En France

Napoléon en créant le code Napoléon avait délibérément retiré la notion de faute sexuelle bestiale utilisée parfois par le clergé pour conduire différentes personnes au bûcher sous le terme de « fornication avec le démon ».

Jusqu'en mars 2004, aucune loi ne punissait la bestialité sauf dans le cas où l'animal subissait des sévices.
La loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 portant adaptation de la justice aux évolutions de la criminalité, ajoute la précision « ou de nature sexuelle » à l'article 521-1 du code pénal.

Article 521-1 :

« (Loi nº 94-653 du 29 juillet 1994 art. 9 Journal Officiel du 30 juillet 1994) (Loi nº 99-5 du 6 janvier 1999 art. 22 Journal Officiel du 7 janvier 1999) (Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002) (Loi n° 2004-204 du 9 mars 2004 Journal Officiel du 10 mars 2004)

Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves ou de nature sexuelle ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30000 euros d'amende. À titre de peine complémentaire, le tribunal peut interdire la détention d'un animal, à titre définitif ou non.

Les dispositions du présent article ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie.

Est punie des peines prévues au premier alinéa toute création d'un nouveau gallodrome. Est également puni des mêmes peines l'abandon d'un animal domestique, apprivoisé ou tenu en captivité, à l'exception des animaux destinés au repeuplement. »

En Suisse

Les articles 135 et 197 du code pénal interdisent la diffusion et la possession (depuis 2001) de pornographie ou de scènes de violence impliquant des animaux.


Au Canada

L'article 160(1) du Code Criminel, partie V, interdit la zoophilie en ces termes : « Est coupable soit d'un acte criminel et passible d'un emprisonnement maximal de dix ans, soit d'une infraction punissable sur déclaration de culpabilité par procédure sommaire, quiconque commet un acte de bestialité. »

L'article 160(2) prévoit la même peine pour toute personne qui en force une autre à commettre un acte de bestialité.

Texte original en Français ici

Bibliographie

  • Marian ENGEL, Bear (Canada, 1976)


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