Ziggourat
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Une ziggourat, ou ziqqourat (du verbe zaqâru, « bâtir en hauteur ») est un type de tour utilisé par les Babyloniens. Cette tour n’était pas isolée et faisait partie d’un complexe de moindre hauteur.
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Situation
Ces grands temples urbains de Babylonie furent érigés dans la plupart des grandes villes, depuis Sippar au nord, siège du sanctuaire du dieu du soleil, Shamash, jusqu’à Ur au sud, où résidait le dieu de la lune, Sîn, sans oublier Uruk et son temple dédié à la déesse Ishtar. Le plus ambitieux fut sans doute celui de Babylone dédié au dieu Mardouk.
Des étoiles et des hommes
Lors de la construction, on prenait grand soin de l’orientation de celle-ci par rapport aux étoiles et aux constellations. L’observation de la voûte céleste permettait de connaître la décision des dieux, les étoiles symbolisant les divinités.
Ces grandes tours avaient frappé les voyageurs de l’Antiquité, comme Hérodote (Ve siècle av. J.-C.). On y avait vu un observatoire astronomique, les Chaldéens étant réputés pour l’étude des astres. Ainsi, Ctésias (Ve siècle av. J.-C.), médecin grec auprès d’Artaxerxès II Mnémon à Suse, rapportait que « les Chaldéens montaient en haut des tours pour leurs observations astronomiques, tant cette hauteur facilitait le spectacle précis du lever et du coucher des astres ». L’historien grec Diodore de Sicile (Ier siècle av. J.-C.), le suivait dans cette explication.
Cette idée a été reprise par les archéologues du XIXe siècle, tel V. Place (1818–1875), qui avait cru pouvoir identifier dans ces tours un « temple-observatoire ». Il avait découvert une ziggourat dont les quatre étages inférieurs étaient peints des couleurs suivantes : blanc, noir, rose et bleu. Reconstituant une tour de sept étages, il supposait que les trois derniers étaient peints.
Symbolisme
Mais la construction de telles tours n’avait pas pour unique but l’observation des étoiles. Elle avait une autre signification aux yeux des Mésopotamiens. La ziggourat semblait la synthèse visible de la création où l’on retrouvait l’Apsou (masse d’eau sur laquelle reposait la terre), la terre (Ki) et le ciel (An). Elle était, d’après l’Enouma Elish (poème de la création), l’habitation des dieux. Chaque étage aurait alors symbolisé par sa couleur les sept grandes planètes que connaissaient les Babyloniens : le Soleil, la Lune, Saturne, Jupiter, Mars, Vénus et Mercure.
Rituel
On dispose du texte d’un rituel d’Uruk qui décrit une curieuse cérémonie nocturne. Le point de départ était la terrasse supérieure de la ziggourat, et on y faisait des sacrifices aux dieux du temple ainsi qu’aux sept planètes. On promenait ensuite une torche dans les différents sanctuaires, où des feux étaient allumés.
Fouilles
Redécouvertes par l’archéologie au XIXe siècle, une trentaine de ziggourats ont été dénombrées, comme celles d’Assur, Nippour ou Kish. Celle de Babylone a été explorée par Robert Koldewey en 1897. Ses dépendances formaient un quadrilatère d'environ 500 mètres de côté. La tablette de l'Esagil conservée au Louvre nous a aussi renseigné sur de nombreux éléments concernant le temple avec les mesures de son parvis et de la base de la ziggurat (Etemenanki). Tout cela devait rester secret comme l'indique une recommandation : « Que l'initié à l'initié la montre! Le profane ne doit pas la voir. »
Un fameux exemple
Etemenanki, la ziggourat de Babylone qui de toute évidence fut à l'origine du mythe de la Tour de Babel, s'inscrivait dans un complexe nommé Esagil. C'est l'illustration type de ce genre de construction.



