Zheng He

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Zheng He (鄭和 en pinyin : zhèng hé), ou Tch'eng Ho en EFEO (1371-1435) ou Hajji Mahmud (nom Arabe) était un eunuque chinois et un explorateur maritime célèbre.

Biographie

Il naquit en 1371 et était un musulman de la province du Yunnan, dans le sud-ouest de la Chine. Son nom initial était Ma Sanbo (馬 三保).

On ne connaît que peu de choses sur son enfance. On sait qu'il a été castré à 10 ans pour faire partie des eunuques de la Cour impériale (les eunuques possédaient beaucoup de pouvoir grâce à leur relation privilégiée avec l'empereur). Il gravit petit à petit les échelons et devint le grand eunuque impérial. Entré dans le faveur Yongle, le troisième empereur de la dynastie Ming, ce dernier changera son nom en Zheng He.

Yongle désirait étendre les limites de la Chine, aussi bien vers le nord (il transféra la capitale chinoise de Nankin à Pékin en 1409) que vers le sud. Il fait Zheng He l'amiral de la flotte impériale, sans qu'il n'est jamais été en mer. Il lance la construction de dizaines de navires à Nankin, sur le Yangtsé et ordonne de grandes expéditions exploratrices dans tout l'océan Indien. En tant qu'amiral, Zheng He effectue sept voyages de 1405 à 1433.

Le successeur de Yongle, Hongxi, ne soutint pas ces expéditions et Zheng He dut annuler celle qui était prévue.

Cependant, son règne fut éphémère et Xuande, le nouvel empereur, reprit les idées de Yongle et commanda une septième expédition, la plus importante de toutes et celle qui alla le plus loin.

La flotte comptait environ 30 000 hommes et 70 vaisseaux à son apogée, des vaisseaux qui pouvaient atteindre 130 mètres de long et 55 mètres de large et qui comptaient neuf mâts, à comparer aux 30 mètres de long et 8 mètres de large de la Santa Maria, la caraque de Christophe Colomb, qui seront construit environ 70 ans plus tard. Il explora, durant toutes ces longues années de voyage :

Il remonta la mer Rouge jusqu'en Égypte et descendit les côtes africaines jusqu'au Mozambique.

La découverte de l'Amérique?

Une thèse récente, exposée en 2002 par l'auteur britannique Gavin Menzies, prétend même qu'une partie de la flotte aurait contourné la corne de l'Afrique pour remonter l'Atlantique jusqu'aux Antilles, une autre partie aurait franchi le détroit de Magellan pour explorer la côte ouest de l'Amérique et, finalement, une autre aurait navigué dans les eaux froides de l'Antarctique. Les côtes de l'Australie n'auraient pas été laissées de côté lors des ces voyages d'exploration.

Cette thèse fut élaborée à partir de l'étude d'anciennes cartes maritimes italienne et portugaises prédatant les voyages de Christophe Colomb et montrant des îles et territoires inconnus des européens à cette époque, interprétés généralement par les historiens comme des îles imaginaires. L'auteur affirme que ces territoires correspondent bel et bien à des terres réelles, contredisant l'explication généralement admise. Bien que cette thèse fût bien accueillie par les milieux universitaires chinois, elle est toutefois controversée et recueille un scepticisme prudent de la part des historiens. Seule la découverte de vestiges physiques (épaves de navires, artefacts chinois) et la découverte de textes historiques relatant ces voyages (qui en théorie, ont tous été détruits) dans les archives chinoises pourront confirmer les affirmations de l'auteur.

À l'époque de Zheng He, la marine chinoise était la plus puissante du monde, de par le nombre et la taille de ses navires, le nombre de ses marins et la modernité des technologies employées. Mais toutes les explorations entreprises n'aboutirent à aucune colonisation ou découverte, la Chine se repliant sur elle-même pour vivre en autarcie dès 1433. L'interdiction de construire de grands navires, la destruction des grandes jonques et de leurs plans, réduisirent à néant l'immense potentiel chinois en matière d'exploration et toute capacité de tenir en respect les européens qui allaient bientôt sillonner les mers d'Asie.

En effet, la Chine impériale se considérait comme le centre du monde («l'Empire du Milieu»). Elle n'avait rien à attendre des autres nations. La flotte de Zheng He avait donc des intentions pacifiques, basées sur l'exploration, le commerce et non la guerre, la tolérance et non le prosélytisme, totalement l'inverse des Portugais qui à la même époque, s'aventuraient sur les côtes d'Afrique de l'ouest. Les Portugais apportaient des verroteries et tentaient de ramener des esclaves, par la violence si nécessaire. Tandis que les Chinois faisaient des présents somptueux et recevaient des tributs des régions visitées. Ces expéditions augmentèrent grandement le prestige de l'Empire dans toute l'Asie mais les Chinois ne rentabilisaient pas leurs expéditions et économiquement, cette technique n'était pas rentable.

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