Zététique

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La zététique vient du grec zetein, qui signifie « chercher ». Elle a été enseignée par le philosophe grec Pyrrhon (365 / 275 av. notre ère). Peu usité, le terme « zététique » a été remis au goût du jour en 1998 en français par le professeur Broch, créateur d'un laboratoire de zététique à l'Université de Nice. Avant lui, c'est Marcello Truzzi qui, en 1975 le remit au goût du jour dans le monde anglo-saxon.

Sommaire

Histoire de la zététique

Henri Broch a repris l'idée du groupe américain le CSICOP (pour « Comitee for the Scientific Investigation of Claims of the Paranormal »).

Le CSICOP, qui fut fondé en 1976 (par Carl Sagan, Isaac Asimov, Philip Klass, Paul Kurtz, Ray Hyman, James Randi, Martin Gardner, Sidney Hook, etc.) avait débuté ses activités en publiant un magazine nommé « The Zetetic » (le premier numéro date de 1978) peu après sa fondation. Par la suite, ce magazine devint le « Skeptical Inquirer». Le « Skeptical Inquirer » existe toujours aujourd'hui et est un des magazines sceptiques les plus lus dans le débat sur l'existence du paranormal. Henri Broch n'a donc fait que reprendre le terme utilisé par le CSICOP a ses débuts (soulignons qu'il est membre du CSICOP) en français. Le premier ouvage d'Henri Broch consacré au paranormal, sobrement intitulé "Le paranormal", fut édité par le Seuil en 1985, donc 8 ans après le premier numéro de la revue "Zetetic Scholar" du CSICOP. Aujourd'hui, le terme anglais utilisé est donc scepticisme. Un sceptique est en anglais ce qu'un zététicien est en français.

Certains zététiciens insistent sur le fait que la Zététique française se démarquerait du scepticisme anglo-saxon par le fait que la zététique serait principalement une activité de terrain, et que tous les zététiciens se doivent d'aller sur le terrain. Cependant, c'est peut-être oublier un peu trop vite le travail de terrain effectué par les sceptiques anglo-saxons, que ce soit les déboulonnages réalisés par James Randi, les enquêtes ufologiques de Philip J. Klass, les études de cas de Joe Nickell, les expériences menées par Richard Wiseman, etc. Les sceptiques anglo-saxons vont aussi sur le terrain. Alors bien entendu il est certain qu'il y a aussi des "sceptiques de bureau", qui ne vont pas sur le terrain, mais est-ce que tous les zététiciens vont sur le terrain? De plus, il ne faut pas oublier la taille des différentes organisations. Le CSICOP est une organisation avec de très nombreux membres: il est logique que les membres les plus importants mènent des recherches de terrain, mais il est tout aussi logique que les membres adhérents se contentent de rester derrière leurs bureaux...

Selon la définition d'Henri Broch, la zététique est « l'Art du doute ». C'est une démarche qui s'appuie sur une posture philosophique, le scepticisme, et qui utilise un outil, la « méthode scientifique » pour essayer d'appréhender efficacement le réel. Elle est une contribution à la formation d'une capacité d'appropriation critique du savoir humain. « L'Art du doute » est sans aucun doute une formulation malheureuse : le zététisme/scepticisme n'est pas un art, mais bien simplement l'application de la démarche scientifique. Les anglo-saxons parlent ici tout simplement de pensée critique (angl. : critical thinking).

La zététique encourage à penser par soi-même avec ordre et méthode, à mille lieues des dogmes, des préjugés et des idées préconçues. Elle est pour reprendre le mot du biologiste Jean Rostand, une « hygiène préventive du jugement ».

Le scepticisme anglo-saxon est beaucoup plus développé que le zététisme francophone, comme on peut le constater en se rendant sur le site de James Randi ou encore sur le site du CSICOP. On peut légitimement se demander pourquoi Henri Broch a préféré le terme de zététique à celui de scepticisme. On peut aussi se demander pourquoi il ne souligne pas plus souvent, et plus clairement, la dette intellectuelle qu'il a envers le CSICOP. Sans oublier le Comité Para , groupe sceptique belge fondé en 1949, bien avant que Henri Broch « n'invente » la zététique. Le Comité Para, ou "Comité Belge pour l'Investigation Scientifique des Phénomènes Réputés Paranormaux" a en effet été fondé en 1949, juste après la deuxième guerre mondiale, suite à la recrudescence des médiums, voyants, sourciers et autres radiesthésistes qui prétendaient pouvoir retrouver les personnes disparues durant le conflit. Le Comité Para organisa un certains nombres de tests afin de voir si les prétentiions de ces personnes étaient scientifiquements fondées... Dans les années 1970, suite à l'affaire Gauquelin (un chercheur qui pensait avoir prouvé un lien entre le signe astrologique de naissance et les performances sportives) qui eu un retentissement international, Paul Kurtz entendit parler du Comité Para et décida de fonder une association américaine similaire. On peut d'ailleurs constater que le nom du CSICOP ("Comitee for the Scientific Investigation of Claims of the Paranormal")est pratiquement la traduction littérale en anglais du nom du Comité Para ("Comité Belge pour l'Investigation Scientifique des Phénomènes Réputés Paranormaux").

Pour illustrer la zététique, Henri Broch a organisé durant quinze ans, le Défi Zététique international. Le « Million Dollar Challenge » de James Randi existe lui toujours.


Sceptique (ou Zététique) vs. Parapsychologue

Parmi les différents chercheurs s'intéressant aux phénomènes "dits" paranormaux, il existe des positions variables et on distingue en particulier deux positions différentes :

  • Les chercheurs, dont les zététiciens font partie, pensent que les résultats obtenus en parapsychologie ont en particulier pour origine des biais au niveau des protocoles et des concordances hasardeuses. Dans certains cas, les biais en questions n'auraient pas été mis en évidence mais le seront dans le futur. Les différents résultats obtenus ne feraient donc pas la preuve de ces phénomènes mais correspondraient simplement à des artefacts. Le sceptique James Alcock repertorie les principaux arguments sceptiques qui vont dans ce sens dans cet article :
  • Certains chercheurs pensent en revanche que ces expériences ont fait la preuve qu'il existe des phénomènes psy. Leur principal argument est qu'un certain nombre d'expériences réalisées ont mené à des résultats significatifs sans que des biais aient pu être constatés. On peut citer entre autre les travaux effectués sur les rêves télépathiques au Maimonide Hospital. La plupart des publications rapportant des résultats probants dans le domaine de la parapsychologie sont répertoriées dans cet article :

Des scientifiques appartiennent à ces deux catégories. On remarquera qu'ils s'accordent pour dire qu'il est nécessaire de mettre en place des programmes de recherche plus aboutis, notamment en milieu universitaire, afin de pouvoir déterminer si ces phénomènes existent ou non. C'est la conclusion à laquelle le célèbre sceptique Ray Hyman ainsi que la parapsychologue Jessica Utts étaient arrivés à la suite de leurs rapports sur les travaux effectués sur le remote viewing au SRI et au SAIC. C'est également la conclusion du sceptique James Alcock et du parapsychologue Adrian Parker dans les rapports présentés ci-dessus.

Depuis quelques années, on voit se multiplier les recherches impliquant des sceptiques et des parapsychologues. Ce fut déjà le cas en 1986 lorsque Ray Hyman collabora avec Charles Honorton en vue d'améliorer le protocole Ganzfeld. On remarquera en particulier aujourd'hui les travaux effectués sur le remote staring impliquant le sceptique Richard Wiseman et la parapsychologie Marylin Schlitz. De telles initiatives ne peuvent être qu'encouragées car elles permettent de mettre en place des recherches rigoureuses ou les tenants des différentes thèses s'associent plutôt que de se combattre comme cela a pu être le cas dans le passé.

Voir aussi

Liens internes

Articles et liens critiquant la zététique


Domaines abordés par la zététique

Liens externes

Quelques sites critiques envers le scepticisme

Quelques sites critiques envers les pseudo-sciences



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