0 (nombre)
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- Zéro redirige ici. Cet article est relatif au nombre 0. Pour l'article sur l'année zéro, voyez Année zéro.
| Numéral cardinal | Zéro |
| Numéral ordinal | zéroième zérotième 0e |
| Préfixe grec | Οὐδέν |
| Préfixe latin | nihil |
| Adverbe | |
| Adverbe d'origine latine | |
| Décomposition en produit de facteurs premiers | Aucune |
| Diviseurs | Tous les entiers |
| Nombre romain | - |
| Nombre binaire | 0 |
| Nombre octal | 0 |
| Nombre duodécimal | 0 |
| Nombre hexadécimal | 0 |
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0 | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 | 9 | >>
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0 (zéro) est l'entier naturel précédant 1.
C'est un chiffre désignant la valeur nulle.
C'est le cardinal (nombre d'éléments) de l'ensemble vide.
Sommaire |
Histoire
Il n’est apparu que trois fois dans l’histoire des systèmes de numération élaborés par les différents peuples et civilisations. La première apparition du zéro semble remonter au IIIe siècle av. J.-C. à Babylone, il n'était cependant pas utilisé dans les calculs et ne servait que comme chiffre (marquage d'une position vide dans le système de numération babylonienne). Découvert aussi par les Chinois, qui n’ont pas su en revanche introduire le zéro. Les inscriptions sur os et écailles (jiaguwen) découvertes dans la région de Anyang, dans l'actuelle province du Henan, à la fin du XIXe siècle, nous apprennent que, dès les XIVe-XIe siècles av. J.-C., les Chinois utilisaient une numération décimale de type « hybride », combinant dix signes fixes pour les unités de 1 à 9, avec des marqueurs de position particuliers pour les dizaines, centaines, milliers et myriades. Il sera également utilisé par les Mayas durant le Ier millénaire, mais de même uniquement comme chiffre dans leur système de numérotation de position et non comme nombre.
Son usage moderne, à la fois comme chiffre et comme nombre, est héritée de l'invention indienne des chiffres nagari vers le Ve siècle. Le mot indien désignant le zéro était ßùnya (sùnya), qui signifie « vide » « espace » ou « vacant ». Le mathématicien et astronome indien Brahmagupta est le premier à définir le zéro dans son ouvrage Brâhma Siddhânta. Ce mot, traduit par les Arabes en « sifr », ce qui signifie « vide » et « grain », est la racine des mots chiffre et zéro. La graphie du zéro, d'abord un cercle, est inspirée de la représentation de la voute céleste.
Comme l'indique l'étymologie, son introduction en Occident est consécutive à la traduction des travaux des mathématiciens arabes, notamment ceux d'al-Khwārizmī, vers le VIIIe siècle. Les chiffres arabes sont importés d'Espagne en Europe chrétienne aux environs de l'an mil par Gerbert d'Aurillac, devenu le pape Sylvestre II. Le zéro n'est toutefois pas utilisé, les chiffres arabes servant simplement à marquer les jetons d'abaque de 1 à 9.
Ce n'est qu'avec les contacts avec les Arabes dus aux Croisades que les Européens commencent, au XIIe siècle, à apprendre l'usage du zéro, en même temps qu'ils ramènent les œuvres des auteurs Arabes et Grecs.
Le savant Fibonacci eu une influence déterminante. Il resta plusieurs années en Afrique du Nord et étudia auprès d'un professeur musulman. Il voyagea également en Grèce, en Égypte, et au Moyen-Orient. Il conclut que le système indien était le meilleur. En 1202, il publie le Liber Abaci, recueil qui rassemble pratiquement toutes les connaissances mathématiques de l'époque, et malgré son nom, apprend à calculer sans abaque.
Il faudra attendre le début du XXe siècle pour que zéro soit pleinement considéré comme un nombre (notamment l'égalité x0=1 pour x>0).
Utilisation
Il est aujourd'hui à la base de notre système de mesure de la température :
- 0 °C : température du passage de l'eau de l'état solide (glace) à l'état liquide, à une pression ambiante de 1013 hPa.
- 0 K : zéro absolu, température la plus basse possible (-273,16 °C), pour laquelle l'énergie cinétique des molécules est nulle.
Il n'y a pas d'année zéro dans le calendrier grégorien. En effet, l'usage du nombre 0 en Europe est postérieur à la création de l'anno Domini par Dionysius Exiguus au VIe siècle. Cependant pour simplifier les calculs d'éphémérides, les astronomes définissent une année 0 qui correspond à l'année -1 des historiens, l'an -1 des astronomes correspondant à l'an -2 des historiens et ainsi de suite...
C'est ainsi que le IIIe millénaire et le XXIe siècle ont commencé le 1er janvier 2001.
Minuit peut se noter 00:00.
Les informaticiens ont l'habitude de compter à partir de 0 et non de 1. La raison en est que la numérotation d'éléments stockés de façon continue dans une zone de stockage (disque, mémoire, etc) se fait par décalage par rapport à une adresse de début : le premier élément est celui au début de la zone (+ 0), le second élément est le suivant (+ 1), etc. Ce double standard des numérations à partir de 0 et de 1 (chaque système ayant ses avantages et inconvénients) est la source de nombreuses erreurs de programmation.
Le zéro comme notation de la base 10
Dans la base dix que l'on utilise, le chiffre le plus à droite indique les unités, le deuxième chiffre indique les dizaines, le troisième les centaines...
Lorsqu'il y a des unités résiduelles, par exemple dans trente-deux (32), le chiffre des unités (2) permet de comprendre que l'autre chiffre (3) indique les dizaines.
Si l'on a un nombre entier de dizaines (par exemple trois dizaines, trente), il n'y a pas d'unité résiduelle. Il faut donc un caractère qui permette de marquer que le 3 correspond aux dizaines, et ce caractère est le 0 ; c'est ainsi que l'on comprend que « 30 » signifie « trois dizaines ».
On aurait pu utiliser n'importe quel autre caractère, par exemple un point ; ainsi, deux-cent trois se noterait « 2.3 ».
L'utilisation d'un caractère « bouche-trou » remonte à la numération babylonienne, comme indiqué ci-dessus, mais il ne s'agit pas du concept d'« absence de quantité », il s'agit juste d'un artifice de notation. Par exemple, dans la numération romaine, on n'a pas besoin de cet artifice puisque les unités (I, V), les dizaines (X, L), les centaines (C, D) et les milliers (M) sont notés avec des caractères différents.
Il pourrait être bon de rappeler que les Mayas utilisèrent aussi un autre zéro, spécialisé pour la notation du premier jour d'un mois de l'année solaire (le ha'ab de 365 jours). Chez eux, le premier janvier était un 0 Pop.
Le zéro comme absence de quantité
Le fait d'exprimer l'absence de quantité par un nombre n'est pas une évidence en soi. L'absence d'un objet s'exprime par la phrase « il n'y en a pas » (ou « plus »).
Les nombres sont déjà une abstraction : on ne s'intéresse pas à la qualité d'un objet, mais juste à sa quantité, la dénombrabilité (le fait que des objets soient similaires mais distincts). Avec le zéro, on va jusqu'à nier la quantité.
Lorsque l'on additionne ou multiplie deux nombres, on a derrière l'image de regrouper deux tas d'objets semblables, deux troupeaux. Cette image ne tient plus lorsque l'on manipule le zéro.
L'invention du zéro a permis l'invention des nombres négatifs.
Propriétés arithmétiques et algébriques
Pour tout nombre réel (ou complexe) a :
- <math>a + 0 = 0 + a = a\,</math> (0 est élément neutre pour l'addition)
- <math>a \times 0 = 0 \times a = 0\,</math> (0 est élément absorbant pour la multiplication)
- si <math>a \ne 0\,</math> alors <math>a^0 = 1\,</math>
- <math>0^0\,</math> n'est pas défini (c'est une forme indéterminée du calcul des limites), mais il est souvent « pratique », dans certains cadres formels, de considérer que <math>0^0 = 1\,</math> .
- par convention <math>0 ! = 1\,</math>
- <math>a + (- a) = 0\,</math>
- a/0 = non défini
- 0/0 = non défini, en remarquant toutefois que le calcul dx/dy lorsque les deux valeurs tendent vers zéro, est la base du calcul différentiel.
Usage étendu de zéro en mathématiques
- Zéro est l'élément neutre dans un groupe abélien ou l'élément neutre pour l'addition dans un anneau.
- Un zéro d'une fonction est un point dans le domaine de définition de la fonction dont l'image par la fonction est zéro ; aussi appelé racine, surtout dans le cas d'une fonction polynôme. Voir zéro (analyse complexe).
- En géométrie, la dimension d'un point est 0.
- En topologie, la dimension topologique de l'ensemble de Cantor est 0, quoiqu'il ait une dimension de Hausdorff non nulle.
- En géométrie analytique, 0 a pour nom l'origine, notée aussi O (un cas où l'ambiguïté est bénigne).
- Le concept de « presque » impossible en probabilité. Plus généralement, le concept de presque nulle part en théorie de la mesure.
- Une fonction zéro est une fonction avec 0 comme seule valeur de sortie possible. Une fonction zéro particulière est le morphisme zéro. Une fonction zéro est l'identité dans le groupe additif des fonctions.
- Zéro est l'une des trois valeurs de retour possibles de la fonction de Möbius. Si on entre un entier x2 ou x2y, la fonction de Möbius retournera zéro.
- C'est le nombre de n×n carrés magiques pour n = 2.
- C'est le nombre de solutions du problème des n-dames pour n = 2 et n=3.
Voir aussi
Articles connexes
- Chiffre arabe
- Nombre
- Mathématiques
- Brahmagupta
- Alphabet morse dans lequel le chiffre 0 vaut « ---- »
- Zéro barré
Liens externes
- Almanach et dictionnaire des nombres (site de Gérard Villemin)
Bibliographie
- Zéro, la biographie d'une idée dangereuse, Charles Seife, éd. Hachette, ISBN 2012791921



