Yasser Arafat

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Yasser Arafat (ياسر عرفات) (né le 24 août 1929 au Caire - mort le 11 novembre 2004 à Clamart, France), connu aussi sous son nom de guerre Abou Ammar (ابو عمّار), de son vrai nom Mohamed Abdel Raouf Arafat al-Qudwa al-Husseini (محمد عبد الرؤوف القدوة الحسيني), était un homme politique palestinien très controversé.


Sommaire

De 1929 à 1959

Yasser Arafat est probablement né au Caire en Égypte, le 24 août 1929. Pourtant, le lieu et la date de naissance de Yasser Arafat sont contestés. Certains soutiennent en effet, comme il le prétendait lui-même, qu'Arafat serait né à Jérusalem, le 4 août 1929. La découverte de son certificat de naissance et d'autres documents de l'Université du Caire a conclu le débat sur son lieu de naissance (même son biographe attitré, Alan Hart, admet maintenant qu'il est né au Caire).

À sa naissance, son nom était Mohammed Abdel Rahman Abdel Raouf Arafat Al Qudua Al Husseini. Comme expliqué par Said K. Aburish, son biographe palestinien (dans Arafat: From Defender to Dictator, Bloomsbury Publishing, 1998, p. 7), «Mohammed Abdel Rahman était son prénom; Abdel Raouf, le nom de son père; Arafat, son grand-père; Al Qudua est le nom de sa famille; et Al Husseini est le nom du clan dont font partie les Al Quduas».

Issu d'une famille palestinienne de Gaza originaire d'Égypte, il est le fils d'un commerçant. Il passa la plus grande partie de son enfance et de son adolescence au Caire, avec ses six frères et sœurs, à l'exception de quatre ans (après le décès de sa mère, entre l'âge de cinq et neuf ans) qu'il passa chez son oncle à Jérusalem. Il conserva des liens de famille en Égypte, dans lequel il fréquenta le collège Farouk.

En 1949, il s'inscrit à l'École d'Ingénieurs de l'Université Roi Fouad 1er du Caire, où il obtient un diplôme d'ingénieur civil. En tant qu'étudiant, il rejoint les Frères musulmans et l'Union des étudiants palestiniens, dont il devient le président de 1952 à 1956. En 1956, il sert dans l'armée égyptienne durant la crise du canal de Suez.

En 1959, Yasser Arafat s'installa, en tant qu'ingénieur, dans l'émirat du Koweït où de nombreux palestiniens travaillaient et résidaient déjà, pour y créer sa propre société. Il y créa aussi le Mouvement de libération de la Palestine (Harakat Tahrir Filastin), rebaptisé rapidement al Fatah (la victoire), une organisation ayant pour premier but la destruction de l'État d'Israël et l'établissement d'un État palestinien de la Méditerranée au Jourdain.

De 1960 à 1973

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L’Organisation de Libération de la Palestine (OLP) fut créée en 1964 par le président égyptien Gamal Abdel Nasser. Le but de Nasser était de remplacer l'« entité sioniste » par un protectorat égyptien permettant au Caire d’asseoir son hégémonie au Proche Orient.

En décembre 1964, Arafat fit partie du groupe du Fatah envoyé par la Syrie pour mener à bien sa première opération militaire — la destruction d'une pompe à eau israélienne. Cette attaque fut un échec. Pourtant, après la guerre des Six Jours en 1967, l'attention d'Israël se détourna des gouvernements arabes vers les diverses organisations palestiniennes, dont le Fatah.

En 1967, la guerre des Six Jours, en changeant la donne géopolitique au Proche-Orient, constitua le véritable point de départ de Yasser Arafat. L'Égypte, la Syrie et la Jordanie furent défaites par Israël qui en profita pour conquérir Jérusalem-Est, la Cisjordanie et la bande de Gaza, qui étaient passés en 1948 sous autorité jordanienne et égyptienne, mais aussi le Golan syrien et le Sinaï égyptien.

En 1968, le Fatah fut la cible d'une attaque majeure de l'armée israélienne sur le village jordanien de Karameh, durant laquelle 150 combattants palestiniens et 29 soldats israéliens furent tués, principalement par les forces armées jordaniennes. Malgré la défaite sur le terrain, la bataille fut considérée comme bénéfique par le Fatah car les Israéliens se sont finalement retirés.

Cette nouvelle situation permit au Fatah de s'émanciper totalement de la tutelle des Moukhabarat, et de s'emparer en cette année 1968 du contrôle de l'OLP (Organisation de libération de la Palestine), organisme représentatif créé par la Ligue arabe quatre ans auparavant.

Le 3 février 1969, lors du Congrès national palestinien, il fut nommé président du comité exécutif de l'Organisation de libération de la Palestine, en remplacement de Ahmed Choukeiri, d'abord appointé par la Ligue arabe. Par ce biais il prit le contrôle de la plupart des camps de réfugiés palestiniens comme ceux de Jordanie et du Liban, alors que les pays arabes laissaient faire.

Yasser Arafat, en faisant monter l'OLP en première ligne, changea la nature même du combat des palestiniens. Il ne s'agissait plus d'un conflit entre États, dans lequel les pays arabes, en refusant de reconnaître le droit à l'existence d'un État juif, avaient le mauvais rôle ; il s'agissait dorénavant de la « lutte de libération nationale » d'un peuple « colonisé », les Palestiniens, par un État « oppresseur », Israël.

En 1970, le quadruple détournement d'avions sur l'aéroport de Zarka en Jordanie montra, cependant les limites que pouvait avoir cette nouvelle stratégie. Le roi Hussein de Jordanie envoya ses bédouins rétablir l'ordre dans les camps de réfugiés. En réplique, Yasser Arafat appela au renversement de la monarchie hachémite, en s'appuyant sur le fait que 75% des habitants de la Jordanie étaient des Palestiniens, à un degré ou à un autre. Le roi Hussein ne se laissa pas faire et fit massacrer par dizaines de milliers les Palestiniens, qu'ils soient fedayins ou civils, et obligea Yasser Arafat à se réfugier au Liban. Cet épisode dramatique est connu sous le terme de Septembre noir.

Arafat devint le commandant en chef des forces révolutionnaires palestiniennes deux ans plus tard, et en 1973, le dirigeant du département politique de l'OLP.

De 1973 à 1988

Après la faillite de l'aventure militaire en Jordanie, Arafat s'établit au Liban. Le gouvernement central du Liban étant fragilisé, l'OLP en profita pour opérer presque comme un État indépendant. L'OLP commença alors des attaques d'artillerie et des infiltrations terroristes contre Israël. Au Liban, Yasser Arafat fit prospérer l'OLP, qui, bien structurée et organisée, se dota de rentrées financières florissantes. Son trésor de guerre pouvait être estimé à 2 milliards de dollars en 1975, au moment où la guerre civile éclata au Liban.

En septembre 1972, le groupe Septembre noir, qui est généralement reconnu comme opérant sous le commandement du Fatah, kidnappa onze athlètes israéliens lors des jeux Olympiques de Munich. Lors d'une tentative de la police allemande pour les libérer, une fusillade éclatent et aucun athlète n'en sortira vivant, certains tués par les preneurs d'otage tandis que d'autres furent tués par mégarde par les tirs des snipers allemands. La condamnation internationale de l'attaque fit qu'Arafat se dissocia d'actes similaires à partir de ce moment.

L'année 1974 constitue, pour Yasser Arafat, une année importante d'avancées politiques à caractère pacifiste. En juin, l'OLP adopta le principe de création d'un État palestinien sur les territoires qui seront libérés, et en novembre, son président reconnut implicitement l'existence d'Israël en appelant, à l'Assemblée générale de l'ONU, toutes les parties à rechercher une solution pacifique pour la Palestine. Il fut le premier représentant d'une organisation non gouvernementale à participer à une session plénière de l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations unies, suite à la pression des pays arabes extracteurs de pétrole. Arafat ordonna que l'OLP cesse tout acte de violence à l'extérieur d'Israël, de la Cisjordanie et de la bande de Gaza. Les chefs d'États arabes déclarèrent alors que l'OLP était le seul représentant légitime de tous les Palestiniens, et l'OLP fut admise comme membre à part entière de la Ligue arabe en 1976.

Toutefois, la partie de la Charte de l'OLP sur laquelle elle se base, exprimant la destruction de l'Etat d'Israël par tous les moyens, y compris terroristes, ne fut pas abrogée. Plus tard, en 2004, certains rapportent que des responsables d'organisations terroristes avouèrent à des journalistes qu'aucun acte terroriste n'avait été fait sans l'accord de Yasser Arafat en personne, même empêché de mouvement par les Israéliens.

Les opérations de l'OLP au Liban n'ont pas reçu beaucoup de couvertures médiatiques. Il est pourtant certain que l'OLP a joué un rôle important durant la guerre civile au Liban, et selon les dires des Chrétiens libanais, Arafat et l'OLP seraient responsables de la mort de dizaines de milliers de personnes.

Cette situation poussa Israël à s'allier avec les Chrétiens libanais, et à conduire deux attaques majeures au Liban, la première étant Operation Litani (1978), durant laquelle une étroite bande de terre (la zone de sécurité) fut conservée par l'armée israélienne et l'armée du Sud Liban (sous contrôle d'Israël). La seconde opération fut l'Opération Paix en Galilée en 1982, durant laquelle Israël occupa le sud du Liban. Tsahal se retira de la «zone de sécurité» en 1985. C'est durant cette seconde opération que des civils palestiniens (entre 800 et 3500 selon les sources) furent massacrés dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila par les milices chrétiennes sous contrôle israélien, augmentant la rancœur entre Palestiniens et le ministre de la Défense israélienne d'alors, Ariel Sharon. Cela aura un impact sur le processus de paix lorsque Ariel Sharon sera élu Premier ministre le 17 février 2001.

Pendant la période libanaise, les camps palestiniens s'étaient transformés en une sorte de principauté quasi-indépendante. De sa base de Beyrouth, l'OLP fournissait des services sociaux aux réfugiés palestiniens, mais en même temps elle armait et organisait les groupes de feddayins qui lançaient des attaques incessantes sur Israël et ses intérêts, et qui multiplièrent les attentats. Elle développa aussi des chantages à l'encontre des dirigeants des pays arabes pro-occidentaux, notamment le Koweït et l'Arabie saoudite. En 1980, le trésor de guerre de l'OLP, confié à la seule signature de Yasser Arafat était estimé à 5 milliards de dollars, soit plus que le PNB de plusieurs États de la région.

L'« État-OLP » au Liban devint une plaque tournante du "terrorisme international", fournissant des camps d’entraînement, des armes, des réseaux de communication et des ressources financières à des organisations terroristes du monde entier jusqu'à l'Opération Paix en Galilée.

En 1982, Israël finit par chasser l'OLP du Liban, et désorganisa en partie la machine financière. Yasser Arafat, pour survivre, fut obligé d'accepter un nouvel exil et d'installer son quartier général à Tunis. Il accepta la dispersion de ses forces combattantes et revint vers une analyse et une voie plus politique.

Selon sa stratégie, dite « stratégie par étapes », et dont les prémisses de sa pensée et de son action future datent de 1974, Israël ne pouvant être détruit en une seule bataille frontale, il devenait donc très important d'arriver à la création d'un État palestinien, seul capable de rendre la lutte pérenne, d'accéder à un véritable statut international, et de faire entendre sa voix dans le concert des nations. La création de cet État pouvait se faire dans «n'importe quelle partie libérée de la patrie», au besoin à travers une trêve temporaire avec Israël.

En 1988, lorsqu'éclata en Cisjordanie et à Gaza l'Intifada, la «révolte des pierres», Yasser Arafat reformula sa pensée, à travers la Déclaration d'indépendance de l'État de Palestine, préparée par Jerome Segal, un universitaire juif américain d'extrême gauche, et prononcée à Alger. Arafat fut élu par le Conseil national palestinien, président de cet État proclamé indépendant en novembre 1988. Son discours de paix fut salué plus tard lorsqu'on lui décerna en 1994 le prix Nobel de la paix: Arafat renoncait officiellement à la lutte armée contre Israël en même temps qu'il reconnaissait cet État comme légitime, sans pour autant obtenir la paix.

Arafat s'engagea dans une démarche de séduction diplomatique sans précédent, il fit tout pour séduire ses interlocuteurs. Avec les chrétiens il afficha sa dévotion envers « Notre Seigneur Jésus-Christ », qui était palestinien puisque né à Bethléem, depuis cette époque il fit de sa présence à toutes les messes de Noël à Bethléem un acte politique majeur. Avec les français, il fit état d'une « correspondance avec le Général de Gaulle en 1968 » et montra qu'il portait au cou la croix de Lorraine que le Général de Gaulle lui aurait envoyée, ce que niera la famille du Général.

De 1988 à 2001

Image:Rabin at peace talks.jpg En 1989, la désintégration de l'empire soviétique et la fin de la guerre froide entraînent une redistribution des alliances diplomatiques qui marginalisent Arafat sur la scène internationale. De plus le gouvernement russe autorisa l'émigration vers Israël de plusieurs centaines de milliers de ses ressortissants de confession juive.

Cherchant une issue à son isolement, Yasser Arafat devint un allié de Saddam Hussein et la communauté Palestinienne, très importante (300 000 personnes) dans le petit émirat du Koweït, favorisa la prise de cet État par l'armée irakienne en 1990.

Cette alliance vaudra à Yasser Arafat, après la deuxième guerre du Golfe et la défaite des armées irakiennes, le ressentiment et la colère des riches monarchies pétrolières et des américains. Il fut paradoxalement sauvé par le nouveau gouvernement d'Israël, où la gauche arriva au pouvoir en 1992 avec Yitzhak Rabin et Shimon Peres, qui estimaient que Yasser Arafat ne pouvait plus refuser de leur donner toutes les garanties nécessaires en matière de sécurité, en vue de la création d'un État autonome palestinien en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Suite à des négociations secrètes menées à Oslo, un accord de paix est signé à la Maison Blanche sous l'égide du président Bill Clinton, le 13 septembre 1993. Le monde entier retint la poignée de main échangée avec le premier ministre israélien Yitzhak Rabin et la nouvelle donne géopolitique que constitua le plan d'Oslo. En 1994, Yasser Arafat a reçu, pour ce plan d'Oslo, le prix Nobel de la paix (avec Shimon Peres et Yitzhak Rabin).

Dès l'été 1994, Yasser Arafat s'installa à Gaza. En 1996, il fut élu président de la nouvelle Autorité palestinienne, née à la suite des accords d'Oslo, mais qui jouit d'une autonomie limitée en Cisjordanie et dans la bande de Gaza.

Arafat s'est marié tard avec sa secrétaire, Souha Tawil, de 34 ans sa cadette, dont il a eu une petite fille, Zahwa, née en 1995. Sa femme et sa fille vivent à Paris, en France, depuis le début de la seconde Intifada, en 2000.

Si sur le plan extérieur, son régime dut faire face à de nombreuses accusations de corruption et de violation des règles démocratiques — certains accusent Arafat d'être un corrompu et des chiffres circulent sur les sommes détournées (le rapport du FMI les estima à 800 millions de dollars, d’autres sources à plusieurs milliards) —, sur le plan intérieur, le leadership de Yasser Arafat ne parut que rarement être remis en cause, car tout opposant fut systématiquement poursuivi et chassé. Il est ainsi accusé, par certaines, d'avoir muselé toute tentative d'opposition et d'avoir participé au conditionnement de la population, à l'école, à la mosquée, par la presse et la télévision, dans le seul but de préparer psychologiquement les Palestiniens à la guerre contre Israël.

Ces critiques ne viennent pas seulement des opposants à un État palestinien. Ainsi par exemple le "Centre palestinien pour les droits humains accusa l'autorité palestinienne de procéder à des arrestations politiques; et selon les services de sécurité israéliens, 150 000 Palestiniens, à un titre ou à un autre collaborent, en leur fournissant des renseignements.

Durant les années 1994 à 2000, selon un rapport du FMI, l'économie palestinienne a augmenté à un rythme de 9,28 % par an, et les investissements de 150 %, ce qui en fait l'un des taux de développement les plus rapides au monde lors de cette période. Dans le même temps, selon le même rapport, Yasser Arafat aurait « dévié » près de 900 millions de dollars sur les comptes secrets qu'il contrôle directement, pour alimenter son trésor de guerre. De 1994 à 2001, l'Union européenne a financé dans les territoires palestiniens, des projets d'infrastructures pour plus de 3 milliards d'euros. Une grande partie des projets réalisés à l'aide des aides européennes ont été détruits en 2002 et 2003 par l'armée israélienne.

En 2000, le nouveau premier ministre israélien Ehud Barak offrit à Yasser Arafat de reconnaître l'État palestinien. En fait, la carte de « l'État » qui était proposé, ressemblait plus à un patchwork mité sans cohérence géographique ou historique, qu'à un véritable pays. Ce plan :

  • ne prévoyait pas le démantèlement des colonies israeliennes ;
  • amputait le territoire, pour près de 10% supplémentaires, pour raison de sécurité, sans compter le contrôle israélien à l'ouest du Jourdain ;
  • conservait les « colonies israéliennes », ce qui amputait encore de 40% le territoire, du fait des routes de détournements reliants les colonies entre elles ;
  • ne prévoyait, aucun contrôle palestinien sur ses frontières, ni la constitution d'une armée palestinienne,
  • conservait Jérusalem, sous contrôle israélien, en contrepartie, il proposait d'y inclure la ville voisine d'Abu Dis et de la renommer « Al Quds » — le nom arabe de Jerusalem —
  • n'autorisait pas le retour en Israël même des 250 000 descendants des réfugiés de 1948.

Malgré tout, les négociations avaient abouti aux accords de Taba, mais Ehud Barak n'a pas voulu signer sous prétexte que son mandat arrivait à son terme. De toute façon, il restait encore de lourds contentieux à régler (statut de Jerusalem Est, démantèlement des colonies et reconnaissance de la responsabilité israélienne pour les réfugiés)

de 2001 à 2004

Une seconde Intifada se déclenche en septembre 2000, encore plus violente que la première, à la suite de l'échec des discussions israélo-palestinienne; elle tourne rapidement à la guerre. D'après Imad Al Faluji, ministre palestinien de la Communication (mai 1996octobre 2002), la seconde Intifada a été planifiée par les treize formations dès la fin du sommet de Camp David II en juillet 2000. La visite d'Ariel Sharon sur l'Esplanade des mosquées (aussi appelée Mont du Temple) a été vécue comme une provocation par les Palestiniens, et fut le pretexte qui déclencha le début de l'Intifada, le lendemain. En février 2001, le conservateur Ariel Sharon est élu Premier ministre tandis qu'aux États-Unis, George W. Bush est élu président.

Les attentats du 11 septembre 2001 lancent les États-Unis dans une guerre sans merci contre le terrorisme à partir de décembre 2001, alors qu'au même moment, Yasser Arafat conclu une trêve avec le Hamas et le Djihad islamique. Malgre cette "trêve", le Hamas et le [[Djihad islamique] continuent de planifier et de coordiner des attaques contre Israël. En décembre 2001, deux mois après le début de cette trêve, Israël assassine un haut responsable du Hamas.

L'assassinat ciblé, de Raed Karmi, membre du Tanzim, de la région de Touklarem, par les forces israéliennes, changea la nature des attentats en Israël, à l'intérieur des frontières de 48, avec l'utilisation de jeunes femmes et même d'enfants, comme porteurs des charges meurtrières. De son côté, Ariel Sharon lança une série de représailles à grande échelle avec l'accord de George W. Bush et de Donald Rumsfeld.

L'Union européenne elle-même, généralement très favorable aux Palestiniens, exigea de Yasser Arafat une dénonciation catégorique et en langue arabe du terrorisme, ce qu'il fit le 16 décembre 2001, et en février 2002, il publia une vision de la paix. Mais l'affaire du « Karine A », un bateau transportant 50 tonnes d'armement destinées aux Palestiniens et arraisonné par Israël, et dont l'enquête des services spécialisés remonte jusqu'à Arafat, le mit dans une position politique difficile.

La mort de Yasser Arafat

Le 29 octobre 2004, gravement malade, Yasser Arafat quitte son quartier général de la Mouqata'a à Ramallah en Cisjordanie pour rejoindre la Jordanie, d'où il se rend en France à bord d'un avion médicalisé. Il est hospitalisé en France dans l'hôpital d'instruction des armées Percy à Clamart.

Le 4 novembre 2004, des communiqués de presse annoncent qu'il est tombé à plusieurs reprises dans le coma dans l'unité de soins intensifs où il était entré la veille. Le président de la République française Jacques Chirac se rend brièvement à son chevet et lui exprime « tous ses vœux » de rétablissement.

Selon CNN, des officiels américains ont déclaré qu'Arafat était maintenu en vie par assistance technique jusqu'à ce que sa famille et des autorités françaises, israéliennes et égyptiennes se mettent d'accord sur un lieu de sépulture.

Il décède officiellement à Clamart le 11 novembre 2004, date symbolique, à 3h30 heure de Paris, dans la dernière partie du mois de ramadan. Après une cérémonie officielle au Caire, en présence de nombreux représentants politiques étrangers, Yasser Arafat est inhumé le 12 novembre dans la Mouqata'a, son QG de Ramallah, en Cisjordanie, où il était resté confiné par les blindés israéliens pendant les trois dernières années de sa vie. Ce choix va à l'encontre de son souhait d'être enterré à Jérusalem, le gouvernement israélien lui ayant refusé cette dernière volonté. Une foule immense, près de 100 000 personnes, est présente pour accueillir sa dépouille.

Cause du décès

De nombreuses rumeurs circulent sur la cause du décès de Yasser Arafat. Certains partisans d'Arafat n'hésitent pas à accuser les autorités israéliennes d'avoir provoqué la mort de leur leader.

Dans son édition du 8 septembre 2005, le quotidien étasunien New York Times a pu se procurer le dossier médical de Yasser Arafat, rédigé par le docteur français Bruno Pats, chef du service de soins intensifs de l'hôpital militaire de Percy. Ce dossier était entre les mains de la famille, qui a refusé durant plusieurs mois de le rendre public.

Ce dossier affirme que Yasser Arafat "est mort d'une attaque résultant d'un problème sanguin lié à une infection indéterminée". Son taux de plaquettes sanguines s'est effondré, sans que les médecins puissent en déterminer la cause.

Cependant, le dossier médical déclare qu'il est très improbable que l'infection soit due à un empoisonnement, car plusieurs examens toxicologiques n'ont pu révéler la présence d'aucune substance anormale et il n'y avait pas les lésions étendues des reins ou du foie, généralement présentes dans les cas d'empoisonnement, "bien qu'il ait eu effectivement une jaunisse" déclare l'article du New York Times.

On apprend également qu'avant d'arriver à l'hôpital militaire de Percy, Yasser Arafat avait été soigné avec des antibiotiques pour une grippe, mais cela avait dû être trop tard, affirme le New York Times.

Concernant la rumeur du sida, les experts médicaux consultés par le New York Times écartent cette hypothèse, mais ils regrettent qu'aucun test de dépistage du VIH n'ait été pratiqué.

D'autres experts, consultés par le quotidien israélien Ha'aretz, journal qui s'est également procuré le rapport médical, tiennent cependant une position différente (article : [1]). Selon eux, les thèses de l'empoisonnement ou du sida sont les thèses à privilégier au vu du rapport. Ces experts israéliens concluent que le déroulement le plus probable est que Yasser Arafat fut empoisonné lors d'un dîner le 12 octobre 2004 ([2]).

Le docteur personnel d'Arafat, Ashraf al-Kurdi, affirme par ailleurs que le virus du sida a été décelé dans le sang du président palestinien par les équipes françaises de l'hôpital Percy, et qu'il peut s'agir d'une inoculation destinée à masquer les traces d'un empoisonnement. D'autres médecins israéliens et occidentaux soutiennent cette présence du virus HIV, tenant compte de la proximité des symptômes de la maladie avec ceux que présentait Yasser Arafat lors de ses derniers jours.

Controverses

L'ancien chef de la résistance palestinienne, récompensé pour ses efforts en faveur de la paix au Proche-Orient en 1994 par le Prix Nobel, est donc mort avant d'avoir vu la création d'un État palestinien. Yasser Arafat reste un personnage controversé. Pendant près de quatre décennies, il a exprimé et symbolisé les aspirations nationales du peuple palestinien, mais les Israéliens l'ont toujours considéré comme un terroriste. Shimon Peres, chef de file de l'opposition travailliste israélienne et qui a partagé le prix Nobel de la paix avec Arafat en 1994 à la suite des accords d'Oslo, a dit de lui : « Arafat a commis sa plus grande erreur lorsqu'il s'est tourné vers le terrorisme. Il a enregistré ses plus grands succès lorsqu'il a tenté de se tourner vers la paix. »

Depuis trois ans, il vivait comme un reclus dans sa résidence de la Mouqata, son QG de Ramallah, assigné à résidence par le gouvernement israélien. Selon certains observateurs politiques, Yasser Arafat était « diabolisé » et était devenu « infréquentable ». « Enfermé sans que les opinions publiques internationales ne s'en indignent réellement », il semblait être ressenti comme un « gêneur », le peuple palestinien ne « le voyant presque plus » et s'étant « habitué à vivre et à combattre sans lui. ».

A sa mort, il fut reproché à Yasser Arafat d'avoir détourné plusieurs millions de dollars destinés au peuple palestinien, et un conflit d'intérêts financiers sur les sommes disparues persista envers sa femme résidant à Paris en France.

Citations

  • « Je viens à vous avec un rameau d'olivier dans la main gauche, et une mitraillette dans la droite. - Ne faites pas tomber le rameau d'olivier. » (1974).
  • « Notre but est d'éliminer l'État d'Israël et d'établir un État qui soit entièrement palestinien » réunion à huis clos avec des diplomates arabes, 30 janvier 1996, rapporté par le Middle East Digest le 7 mars 1996. Arafat a démenti ces propos.
  • « La paix d'Oslo est une paix à la Houdaibiya » (1998)
  • « Je ne suis pas inquiet pour ma survie, la priorité, c'est l'intérêt national » (2002).


Voir aussi

Palestine (région, terminologie, histoire générale)

Palestine (arabe)

Israël

Conflit israélo-arabe et « israélo-palestinien »

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