Xinjiang

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Le Xinjiang (新疆, pinyin Xīnjiāng, nom officiel « Région autonome ouïgoure du Xinjiang chinois ») est une région autonome de l'extrême ouest de la République populaire de Chine, qui s'étend sur 1 646 800 km². Il était anciennement appelé Turkestan oriental ou Turkestan chinois et on utilise encore quelquefois ces appellations. Turkestan oriental est ainsi beaucoup utilisé par les partisans de l'indépendance du Xinjiang. Le Xinjiang a une frontière de 5 400 km. Il a une superficie de 1 626 000 km² et occupe un sixième du territoire chinois. Sa superficie était de 1 820 000 km² en 1949 d'après des actes officiels. La partie perdue de cette terre a été rattachée aux provinces chinoises du Qinghai et du Gansu après que les communistes chinois ont envahi le Turkestan oriental en 1949.

Xinjiang

abréviation : 新 xīn

Pays Image:China flag 300.png Chine
Chef-lieu Ürümqi (乌鲁木齐)
Superficie
- Totale
- %surf. nat.
- %eau nat.
Classé 1e
1 626 000 km²
17,19 %
xx %
Population
- Total (2000)
- %pop. nat.
- Densité
24e

~20 000 000 h.
1,54 %
12,30 hab/km²

PIB
- Total (xx)
- %PIB national
- PIB/habitant
Classé 24e
287,5 M RMB
xx %
14 375 RMB
Statut administratif Région autonome

Sommaire

Population

Le Turkestan oriental est le pays des Ouïgours, parlant une langue turque, mais d'autres peuples d'Asie centrale comme les Kazakhs, les Kirgizes, les Tatars, les Ouzbeks, et les Tadjiks sont également présent. Selon le dernier recensement chinois, la population de ces musulmans est de légèrement plus de 11 millions, parmi lesquels, 8,68 millions de Ouïgours constituent la majorité. Les 9 millions restant sont en majorité des Hans. Ceux-ci, qui étaient moins de 10 % au milieu du siècle dernier, représentent actuellement plus de 40 % de la population totale vivent surtout dans les villes. Ainsi, dans la plupart des villes, le rapport Ouïgours-Chinois est passé de 9 pour 1 à 1 pour 9. Les forêts et les prairies ont été détruites pour répondre aux besoins des nouveaux colons.

Situés sur la route en soie, les Ouïgours ont joué un rôle important dans les échanges culturels entre l'ouest et est, et ont développé leur propre culture et civilisation.

Étymologie

Xinjiang signifie littéralement « nouveaux territoires » ou « nouveau front pionnier », « nouvelle marche » (souvent mal traduit par analogie avec l'anglais par « nouvelles frontières »).

Géographie

Le Xinjiang est la plus grande région autonome de Chine. Sa capitale est Urumqi. Situé à l'ouest de la Chine sur l'ancienne route de la soie, il dispose de réserves de pétrole qui en font une région stratégique pour Pékin. Le Xinjiang est divisé en deux bassins par le mont Tianshan, celui de Dzungarian (Djoungarie) dans le nord et Tarim dans le sud. Le point le plus bas est 155 m sous le niveau de la mer et le plus haut sommet est à 8611 m sur la frontière avec le Cachemire.

Histoire

Sa situation géographique en Asie Centrale faisant du Xinjiang une zone de passage, de nombreuses ethnies cohabitent, grâce aux diverses vagues de colonisation qui se sont succédé : populations indo-européennes (Tokhariens et Saces, ces derniers étant de langue iranienne) originellement nomades et qui se sont sédentarisées sur place, puis nomades paléo-asiatiques, proto-turques, turques et enfin proto-mongoles. Le Xinjiang actuel résulte de siècles de lutte entre les dynasties chinoises et les peuples colonisateurs.

La dynastie des Han échoua à plusieurs reprises dans ses tentatives pour contrôler la région : dès le IIe siècle av. J.-C., les Chinois entrèrent dans le territoire du Xinjiang et s'affrontèrent aux Xiongnu, qui dominaient l'Asie Centrale de 200 av. J.-C. à 48 après J.-C. Un principe de colonies militaires, les tuntian, fut instauré par l'empereur Wudi et ses successeurs, mais se révéla être un échec. La dynastie chinoise des Tang reprit pourtant cette idée et installa dès le VIIe siècle après J.-C. des gouverneurs militaires dans les villes de Karachahr, Koutcha, Kachgar et Khotan. Les Tang perdirent le contrôle de la zone au VIIIe siècle au profit des Tibétains, puis des Ouïgours.

Pourtant le règne des Ouïgours souffrit d'exceptions notables : les nombreuses ethnies turques remirent en cause leur pouvoir, et les contraignirent à recourir à la protection des populations mongoles. Toutefois, la poussée des ethnies turques eut raison de ce protectorat : ils introduisirent l'Islam au Xinjiang lors des Xe siècle et XIe siècle, et l'installèrent durablement.

En 1759, la région a été intégrée à l’État chinois. Avant le XIXe siècle, les Chinois la désignent par le mot Xiyu (« région d’Occident »).

L'Empire mandchou envahit le Turkestan oriental en 1876 et l'annexe en le renommant Xinjiang, le 18 novembre 1884.

Après que l'empire mandchou a été renversé par les nationalistes chinois en 1911, le Turkestan oriental est tombé sous la coupe du gouvernement chinois nationaliste. Les Ouïgours, voulant se libérer de la domination étrangère, se sont soulevés à de nombreuses reprises contre le pouvoir chinois nationaliste et par deux fois, en 1933 et 1944, ont réussi à installer une République indépendante du Turkestan oriental.

La seconde République du Turkestan oriental, qui est restée indépendante pendant cinq ans, est tombée sous la coupe de la Chine Communiste en 1949 après que ses dirigeants ont été tués dans un mystérieux accident d'avion en se rendant à une réunion avec le Président Chinois Mao Zedong. Depuis lors, la Chine Communiste exerce un pouvoir colonial sur le Turkestan oriental.

Essais nucléaires

Depuis 1961, la Chine a fait exploser quarante-six bombes nucléaires sur le site de Lop Nur au Turkestan oriental. Les retombées radioactives ont créé en trente-cinq ans un désastre écologique, polluant les sols, l'eau, les plantes et la nourriture, ce qui aurait entraîné la mort de 200 000 personnes. Une recherche récente menée secrètement par une équipe scientifique anglaise a révélé une grave pollution nucléaire et une augmentation dramatique des taux de cancer.

Camps de travail

La Chine a construit ses plus grands camps de travail forcé (Laogai) au Turkestan oriental, y faisant venir des criminels de toute la Chine. Chaque année des dizaines de criminels parviennent à s'évader et se déchaînent sur les villages environnants. Tous les criminels sont contraints de s'installer au Turkestan oriental après avoir purgé leur peine.

La résistance ouïgoure est très active sur place et des attentats à la bombe visent régulièrement les administrations et les infrastructures chinoises.

Chronologie des émeutes des Ouïgours

  • 5 février 1997 : des émeutes font des dizaines de morts et des centaines de blessés parmi les Ouïgours. Les Hans de la province subissent aussi les représailles.
  • Janvier 1999 : vingt-neuf militants islamistes sont arrêtés, accusés d’avoir organisé des émeutes contre Pékin. Deux de ces militants ont été exécutés le 28 janvier.
  • 12 février 1999 : à Urumqi, cinq Ouïgours blessés et 150 arrêtés à la suite de violentes confrontations entre les jeunes qui criaient des slogans indépendantistes et les forces de l’ordre.
  • 21 juillet 2004 : exécution de deux hommes ; raison invoquée : « atteinte à la sécurité de l'État ». Pendant tout l’été, les arrestations d’adultes et d’enfants se sont multipliées (en particulier dans le district de Khotan) pour « activités religieuses illégales ».
  • 6 août 2004 : Les armées chinoises et pakistanaises envoient environ 200 soldats dans la région de Taxkorgan, près de la frontière avec l'Afghanistan afin d’« améliorer la capacité à combattre ensemble le terrorisme et à contenir et réprimer les forces séparatistes, extrémistes et terroristes ».

La politique de répression de Pékin

Terreur et arrestations des meneurs séparatistes ouïgours

De 1997 à 1999, les autorités chinoises organisaient des jugements publics retransmis à la télévision pour «éduquer les masses». Les accusés sont habillés en bagnards, tête rasée et mains ligotées derrière le dos, et portent à leur cou un écriteau décrivant leur chef d'accusation.

La politique de discrimination de Pékin

Elle se renforce depuis les années 1990. Les attentats du 11 septembre 2001 permettent de justifier la répression contre les séparatistes ouïgours, qualifiés de terroristes islamistes, comme les Tchétchènes dans la Russie de Vladimir Poutine. Selon Amnesty International, « “la répression contre les séparatistes, les terroristes et les religieux extrémistes” a continué ces trois dernières années alors qu'aucune « attaque terroriste » n'a été officiellement rapportée. »

Institutionnalisation de la langue chinoise

En 2002, la langue ouïgoure est interdite à l’université. Une réforme prévoit même l’extension de cette interdiction aux collèges. Pékin s’attaque bien ainsi à l’identité nationale ouïgoure.

Interdictions religieuses

L’enseignement de l’Islam est interdit au jeunes de moins de 18 ans. Le Parti communiste chinois surveille étroitement l’enseignement dans les mosquées et les deux universités coraniques du Xinjiang. Pour devenir fonctionnaire, il faut renoncer à sa religion. En 2002, des autodafés ont été organisés par les autorités locales, détruisant des centaines de livres censurés pour « atteinte idéologique à l'État chinois ». Le bazar de la capitale a été transformé en supermarché moderne.

Discriminations économiques

Les populations ouïgoures ont le sentiment que les richesses de la province ne sont exploitées que par les Hans et pour les Hans. Les inégalités économiques se creusent au détriment des Ouïgours, cantonnés aux emplois subalternes. Les agriculteurs sont contraints par le gouvernement central de cultiver du coton, vendu à bas prix aux industriels textiles de la côte.

Réactions de Ouïgours

Certains Ouïgours bravent les interdits, dans la clandestinité. Beaucoup ont peur et s’exilent dans les régions voisines. Mais Pékin a réussi à les faire revenir. Une infime minorité a rejoint les islamistes d’Afghanistan : après les attentats du 11 septembre 2001, 22 Ouïgours ont été arrêtés par les Américains dans les camps de Ben Laden en Afghanistan. Ils ont été envoyés sur la base américaine de Guantanamo. Washington a refusé de les rendre à la Chine Populaire, car le Xinjiang est la seule province où l'exécution des prisonniers politiques reste commune. Enfin, une partie des jeunes ouïgours se droguent pour oublier leur condition.

Image:China flag medium.png Subdivisions de la Chine Image:China flag medium.png

Les 22 provinces
Anhui · Fujian · Gansu · Guangdong · Guizhou · Hainan · Hebei · Heilongjiang · Henan · Hubei · Hunan · Jiangsu · Jiangxi · Jilin · Liaoning · Qinghai · Shaanxi · Shandong · Shanxi · Sichuan · Yunnan · Zhejiang

Les 5 régions autonomes : Guangxi · Mongolie intérieure · Ningxia · Xinjiang · Tibet

Les 4 municipalités : Beijing · Chongqing · Shanghai · Tianjin

Les 2 régions administratives spéciales : Hong Kong · Macao

Note : le gouvernement de République Populaire de Chine considère Taïwan, de facto indépendante depuis 1949, comme la 23e province. Des accords de réunification et de libre échange ont été signés en mai 2005 entre 2 des 3 principaux partis de Taïwan (les 2 partis d'opposition) et la République Populaire de Chine.

Sources

Articles du web

Liens

Bibliographie

  • M.-R. Djalili et T. Kellner, Géopolitique de la nouvelle Asie centrale, De la fin de l'URSS à l'après-11 septembre, Paris, PUF, 2003, 585p. Thierry Kellner est un spécialiste des relations entre la République populaire de Chine et les Républiques d'Asie centrale
  • F.J. Besson, Les Ouïgours au XXIe siècle, Cahiers d'études sur la Méditerranée orientale et le monde turco-iranien, N° 25, 1998.
  • Castets Remi, « The Uyghurs in Xinjiang. The Malaise Grows » in China Perspectives, n°49, septembre-octobre 2003, pp. 34-48.
  • Castets Remi, « Nationalisme, Islam et opposition politique chez les Ouïgours du Xinjiang » in Les Etudes du CERI, octobre 2004, n°110, 45 pages.
  • Dru C. Gladney, L’Expansion du colonialisme intérieur en Chine, Pouvoirs, 1996, pp. 59-69.


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