Winston Churchill
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Winston Leonard Alexander Spencer Churchill ['tʃøʁtʃɪl] (Woodstock, comté d'Oxford, 1874 - Londres, 1965) fut un homme d'État britannique.Sommaire |
Carrière politique
En 1900, il fut élu pour la première fois au parlement, en tant que député conservateur de la région d’Oldham. Ensuite, lors de l'élection de 1904, il fut réélu, mais cette fois en tant que député du parti libéral. Il occupa le poste de ministre du Commerce en 1908. Puis, en 1910-1911, il fut ministre de l'intérieur. Durant cette période, il tissa d'étroits liens avec David Lloyd George. Finalement, en 1911, juste avant le premier conflit mondial, il fut nommé premier Lord de l'Amirauté, et de 1911 à 1915, il modernisa considérablement la flotte britannique.
La Première Guerre mondiale ne fut pas la meilleure pour Winston Churchill. Il y eut un rôle très controversé qui faillit mettre fin à sa carrière. Churchill, alors pressé par les russes qui voulaient voir la pression turque dans le Caucase diminuer, décida d'organiser une grande expédition, l'Expédition Des Dardanelles. L'offensive lancée par le commandement allié, échoua dramatiquement le 18 mars 1915 devant Canakkale. C'est alors que l'on ordonna une invasion par voie terrestre. Quatre divisions britanniques débarquèrent au Cap Helles. Ils essayèrent d’établir une tête de pont à la presque île de Gallipoli, mais suite à trois terribles affrontements, les soldats furent rappelés. On tenta un second débarquement, cette fois au Cap Sulva. Encore une fois, ce nouveau plan ne fonctionna pas, et le 9 janvier 1916, on évacua les troupes alliées. L'expédition des Dardanelles se solda par 144 000 blessés ou tués. Ce monumental échec poussa Churchill à quitter son poste de premier Lord de l'Amirauté.
Après sa démission, il commanda un bataillon en France. Avant la fin de la guerre, il fut rapatrié en Angleterre et devint secrétaire à la guerre de 1917 à 1922. Après la Grande Guerre, il se prononce pour une réconciliation avec l'Allemagne (contrairement à Lloyd George et Clemenceau) et dénonce par ailleurs le bolchevisme (ou communisme) qui a pris le pouvoir en Russie. C'est en vain qu'il avertit : «De toutes les tyrannies de l'Histoire, la tyrannie bolchevique est la pire, la plus dévastatrice, la plus avilissante» (discours à l'Aldwych Club le 11 avril 1919). Cette annonce avait pour but de sensibiliser la planète aux évènements qui avaient lieu en Russie.
De 1922 à 1924, il fut éloigné du parlement suite à l'effondrement du parti libéral. En 1924, il revient de nouveau en tant que député conservateur, il occupe alors le poste de Chancelier de l'Échiquier du gouvernement (Ministre des Finances). Un peu plus tard, en 1926, il contribue fortement, par des apparitions publiques, à déclencher la crise sociale, durant laquelle il combattit farouchement les syndicats. Il fut de nouveau écarté du parlement en 1929 à cause de la défaite des conservateurs.
Durant les années trente, il se consacra surtout à l'écriture. Il s'opposa à l'autonomie des Indes et il soutiendra Édouard VIII lors de la crise d'abdication de 1936. Il se rendit vite compte de la menace nazie pour le Royaume-Uni et il plaida une action de la France, de l'Angleterre et de l'URSS pendant la crise tchèque de 1938. Il condamna les accords de Munich signés par Neville Chamberlain. Il fut le premier à insister sur un véritable réarmement. Il n'obtint pas tout de suite la faveur populaire, mais il rallia un soutien grandissant. En 1939, suite à la déclaration de guerre à l'Allemagne après que celle-ci eut envahi la Pologne, Chamberlain dut le nommer, pour la seconde fois, premier Lord de l'Amirauté. Moins de trente minutes après sa nomination, tous les bâtiments de la flotte britannique avaient reçu le message « Winston is Back! ».
| Précédé par Neville Chamberlain | Image:Uk flag 300.png Premier ministre du Royaume-Uni 1940 à 1945 | Suivi par Clement Attlee |
Suite au début boiteux des alliés, mais surtout à cause de son propre débarquement à Narvik qui visait à couper la route du fer aux allemands, et qui, à l’instar de Gallipoli, n’avait pas marché, il fut, le 10 mai 1940, nommé Premier Ministre. En effet, Neville Chamberlain, avec une extraordinaire abnégation, assuma la responsabilité de l'échec et offrit sa démission, blanchissant Churchill par la même occasion et laissant à ce guerrier né la mission de conduire la guerre. Durant les jours sombres de la bataille d'Angleterre, les discours passionnés de Churchill poussèrent les Britanniques à poursuivre la lutte. Pour être tout à fait sûr que la flotte française ne tombe pas entre les mains des allemands, il ordonna que l'on attaque la flotte de l'Atlantique à l'ancre à Mers el Kébir. Il développa une collaboration fructueuse avec le président Roosevelt. Cette « alliance » lui procura un soutien militaire et moral important de la part des États-Unis. Pendant toute la guerre il occupa une place importante dans la coordination militaire alliée. Il fut, à l'instar de Dwight D. Eisenhower, réticent à lancer les troupes sur le mur de l'Atlantique car il redoutait une faille dans le secret du plan, si cela s’était produit, les troupes lors du débarquement de Normandie se seraient dirigées vers la mort, rien de moins. Cela lui rappelait l'Expédition des Dardanelles. Malgré tout, le secret de l'expédition fût bien gardé et les troupes prirent pied peu à peu en France, la Luftwaffe clouée au sol.
Dans les conférences de paix alliées, Churchill occupa un rôle de premier plan, cependant, il ne participa qu'aux premières négociations de Potsdam, car il ne fut pas réélu aux élections de juillet 1945. Il critiqua fortement les réformes de « l'état providence » instaurées par son successeur. Lors de son célèbre discours de 1946 à Fulton, au Missouri, il mit en garde le monde libre contre la dangereuse expansion soviétique et son « rideau de fer ».
Il est également le premier à avoir remis à l'ordre du jour l'idée hugolienne des "États-Unis d'Europe" lors d'un discours à Zurich le 19 septembre 1946 et a présidé le Congrès de la Haye en 1948 puis le Mouvement européen.
| Précédé par Clement Attlee | Image:Uk flag 300.png Premier ministre du Royaume-Uni 1951 à 1955 | Suivi par Anthony Eden |
Il fut rétabli au poste de premier ministre de 1951 à 1955, mais sa santé défaillante l’empêcha de diriger le pays de façon aussi dynamique que lors de son premier mandat. Après 1955, Churchill consacra ses dernières années à la peinture et à l’écriture. Il mourut le 24 janvier 1965, à l’âge de 90 ans. Des funérailles nationales furent organisées à Bladon, près du palais de Blenheim.
ACCORD CHURCHILL-HITLER :
Il n'y a peut-être pas de meilleur exemple pour exposer le caractère interessé, anti-populaire et immoral de l'impérialisme britannique, son attitude et sa tactique, que son entente avec Hitler concernant la Grèce.
Ayant comme objectif de faciliter le "passage" de la Grèce dans la zone d'influence britannique et de rendre plus difficile la progression de l'Armée Rouge, Winston Churchill n'a pas hésité à commettre quelque chose d'unique dans les annales de la guerre, alors même que celle-ci se poursuivait.
Voila comment Albert Speer, ministre de la production militaire et industrielle d'Hitler, décrit cet évènement dans son entretien avec B. Mathiopoulos, paru dans le journal Vima en 1976 (Extrait de son livre Décembre 1944).
"Je suis un témoin direct d'un évènement au printemps de 1944, qui nous avait beaucoup impressionnés. Je me souviens à ce sujet que le général Jodl, chef de l'état-major allemand, était venu un jour et m'a parlé d'un accord, établi au plus haut niveau, entre la Grande Bretagne et l'Allemagne concernant la Grèce. Cet accord, chose inouie jusqu'alors, et autant que je sache UNIQUE dans toute la Seconde Guerre mondiale, concernait - au moins selon les affirmations de Jodl - l'évacuation de la Grèce par les forces armées allemandes sans qu'elles soient genées par les britanniques. Cet accord avait été établi à Lisbonne mais je ne peux pas dire de qui provenait l'initiative. Je crois qu'il n'a pas été fait au niveau diplomatique, mais bien plus haut, pour préserver sa confidentialité.
Cette information sur ce curieux "gentlemen's agreement" entre Londres et Berlin, a provoqué chez tous ceux qui l'ont appris l'étonnement. Les britanniques l'ont en effet respecté; les navires de guerre et les cargos allemands chargés des forces militaires provenant de l'évacuation des iles grecques ont passé l'automne de 1944 sans être dérangés, sous les yeux des britanniques et entre leurs sous-marins en Egée et en Méditerrannée. L'essence de l'accord était, à mon avis, que les allemands cèdent sans combat Salonique aux britanniques pour que de cette manière la Grèce soit incluse dans le camp occidental. Et, évidemment, Hitler maintiendrait intactes ses forces qui occupaient le territoire grec."
Plus de 50 000 soldats allemands - sans compter les 20 000 qui sont restés en Crète un bout de temps aprés la libération du pays - avec tout leur armement lourd, ont réussi à quitter la Grèce, avec comme seul adversaire les forces de ELAS (la résistance). Des forces allemandes qui allaient être utilisées dans les mois à venir, non seulement sur le front oriental, mais aussi sur le front occidental face aux forces britanniques et étasuniennes, élément, qui, de toute évidence était connu par le gouvernement britannique, mais qui n'a pas pu empêcher cet ignoble accord. C'est aussi un acte qui montre le degré de détermination de Churchill de tout ce dont il était capable pour servir les ambitions et les objectifs de l'impérialisme britannique.
Citations
- «I have nothing to offer but blood, toil, tears, and sweat...»
(- Je n'ai à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur...- Extrait du discours devant le Parlement britannique, le 13 mai 1940, trois jours après l'invasion de la France par Hitler et sa nomination au poste de Premier ministre britannique)
- «Never give in. Never give in. Never, never, never, never--in nothing, great or small, large or petty--never give in, except to convictions of honour and good sense. Never yield to force. Never yield to the apparently overwhelming might of the enemy....»
(- N'abandonnez jamais. N'abandonnez jamais. Jamais, au grand jamais, n'abandonnez jamais en rien, si ce n’est pour l’honneur et le bon sens. Ne cédez jamais à la force. Ne cédez jamais à l’apparente puissance de l’ennemi...- Extrait du discours devant l'école de Harrow, le 27 octobre 1941)
- «The best argument against democracy is a five-minute conversation with the average voter»
(- La meilleure critique de la démocratie est un entretien de cinq minutes avec un électeur moyen-)
- « Je suis fortement favorable à l’utilisation de gaz empoisonné contre les tribus non-civilisées. L’effet moral devrait être bon… et il répandrait une vive terreur… »
(Winston Churchill commentant l’usage de gaz empoisonné contre les Irakiens après la Première Guerre Mondiale).
- « Durant les terribles bouleversements qui se déroulèrent en Europe, le caporal Hitler a mené son combat, long et difficile, pour conquérir le cœur des hommes. On ne peut lire qu’avec admiration l’histoire de ce combat pour le courage, la persévérance et la force vitale dont il a fait preuve, qui l’ont incité à surmonter toutes les résistances qui se sont opposées à lui. Par son ardeur et son amour de la patrie, il a prouvé, et avec lui les légions sans cesses grandissantes de ceux qui se sont joints à lui, que rien n’était impossible, que tout pouvait être tenté et qu’ils étaient prêts aussi bien à y laisser leur vie, leur santé et leur liberté qu’à perdre leurs ennemis »
(Winston Churchill, The Truth about Hitler , Strand Magazine novembre 1935)
L'écrivain
En 1932, Churchill participe à une anthologie d'uchronies dirigée par Johan Squires. Il compose un texte novateur pour le thème du changement du cours de l'histoire. Il imagine un monde dans lequel les Confédérés ont remporté la Guerre de Sécession. Dans ce monde, il met en scène un historien qui imagine ce que serait le monde si la Confédération avait gagné.
Il a reçu en 1953 le prix Nobel de littérature pour son œuvre d'historien et de mémorialiste, pour ses qualités d'orateur, et sans doute surtout comme hommage à celui qui a mené la résistance britannique pendant la guerre.
En 1963, il devient citoyen d'honneur des États-Unis d'Amérique. Il est le premier à recevoir cette distinction.
Bibliographie et sources
- François Kersaudy, De gaulle et Churchill, La mésentente cordiale, Paris, Editions Perrin, 2003.
Liens externes
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