William Randolph Hearst

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William Randolph Hearst (1863-1951) fut un homme d'affaires états-unien, magnat de la presse écrite.

Son père, George Hearst, était un industriel multi-millionaire dans le secteur minier et un sénateur américain de Californie. Sa mère, Phoebe Heart, était une institutrice du Missouri. À l'age de dix ans, Hearst fait le tour de l'Europe avec sa mère. Il entre à l'école « St. Paul's », à Concord, au New Hampshire, à l'âge de 16 ans.

Sommaire

Carrière d'affaires

Entre 1882 et 1885, William étudie à l'université Harvard, mais il est expulsé pour avoir envoyé des pots de chambre contenant la photo du destinataire à des membres de l'institution. Il prend la tête du San Francisco Examiner, que son père a reçu en guise de paiement pour une dette de jeu. Hearst donne au journal le nom de « Souverain des quotidiens » (Monarch of the Dailies), aquière le meilleur matériel et réunit les journalistes les plus talentueux. Hearst publiera des révélations d'affaires de corruption et des histoires emplies de dramatisme.

En 1895, William Hearst rachète le New York Morning Journal, journal peu rentable, et engage des écrivains comme Stephen Crane et Julian Hawthorne. Il entre alors en concurrence directe avec son ancien mentor, Joseph Pulitzer, propriétaire du New York World, auquel il « volera » Richard F. Outcault, l'inventeur des bandes dessinées en couleurs. Hearst comprend trés tôt le potentiel qu'il peut tirer de la bande dessinée alors naissante et signe ou débauche les meilleurs dessinateurs et scénaristes de comic. Il lance les funnies (les rigolos), suppléments illustrés tout en couleur aux journaux du dimanche. Pour diffuser sur l'ensemble du territoire ses auteurs maison il crée le King Features Syndicate qui propose entre autre Blondie, Flash Gordon, Mandrake le magicien, Mickey Mouse, Pim, Pam et Poum, Little Nemo, The Yellow Kid ou encore Terry et les pirates. Hearst est ainsi à l'origine du comic strip. Le prix du New York Journal, qui deviendra plus tard le New York Journal-American, est réduit à un cent et atteint des tirages sans précédent avec des articles sensationnalistes et malhonnêtes sur des sujets tels que le crime et les pseudo-sciences. La béllicosité de l'écriture du journal en ce qui concerne les affaires étrangères, notamment l'insurrection cubaine, est fameuse à l'époque. Hearst comme Pulitzer publient des images de soldats espagnols enfermant des Cubains dans des camps de concentration où ils meurent de faim et de maladie. Le terme américan yellow journalism («journalisme jaune»), provenant de la bande dessinée «The Yellow Kid» publiée dans le Journal, était alors utilisé pour décrire le style de journalisme sensationnaliste qui résulte de cette concurrence.


Vers le milieu des années 1920, Hearst a fondé ou possède des journaux dans toutes les régions des États-Unis. Sa chaîne de journaux et périodiques comprend alors le Chicago Examiner, Boston American, Cosmopolitan, et Harper's Bazaar, en plus de sa propre agence de presse, l'International News Service. Hearst publie également des œuvres de fiction et des films.

Dans les années 1920, William Hearst fait construire le spectaculaire Hearst Castle, sur un ranch de 970 km2 à San Simeon, en Californie, château qu'il meublera d'antiquités et d'œuvre d'art achetés en Europe. Il habite cette demeure avec sa maîtresse, Marion Davies et il y organise de somptueuses receptions. Millicent Willson, sa femme, de laquelle il s'est séparé depuis longtemps, vit à New York, où elle appartient à la haute société. Willson est une philanthrope active, et crée en 1921 la fondation Free Milk Fund for Babies («Fond pour du lait gratuit pour les bébés»).

À l'apogée de sa fortune, William Randolph Hearst est propriétaire de quelque 28 journaux majeurs et de 18 magazines, ainsi que de services de presse, stations radio et compagnie de cinéma. Toutefois, la Grande Dépression des années 1930 affaiblira sa position et, en 1940, il a déjà perdu le contrôle personnel sur son empire financier de presse.

Hearst meurt en 1951, à Beverly Hills, en Californie. Il est enterré au Cypress Lawn Memorial Park, à Colma (Californie).

Vie personnelle

Beaucoup pensent que Hearst a causé la Guerre Hispano-Américaine de 1898 pour augmenter les ventes de son journal. Sa propre carrière politique sera mise à mal suite à l'assassinat du Président William McKinley, lorsque qu'un poème satirique d'Ambrose Bierce que Hearst a publié et qui fait allusion à un éventuel meurtre de McKinley est découvert.

En 1903, William Hearst épouse Millicent Veronica Willson (1882–1974), une belle jeune fille de 22 ans, à New York. Presque 20 ans son aîné, Hearst la fréquentait depuis qu'elle avait seize ans. Le couple aura cinq fils: George Randolph Hearst (1904–1972), William Randolph Hearst Jr. (1908–1993), John Randolph Hearst (1910–1958), et des jumeaux, Randolph Apperson Hearst (1915–2000) et David Whitmire Hearst (1915–1986). Bien que le couple fût resté marrié jusqu'à la mort de Hearst, il se sépare de sa femme en 1926 et l'actrice et comédienne Marion Davies, (née Marion Cecilia Douras, 1897–1961), sera sa maîtresse durant plus de 30 ans.

Membre de la chambre de députés américaine (House of Representatives) de 1903 à 1907, Hearst échoue dans ses tentatives d'obtenir la mairie de New York, en 1905 et 1909, et le poste de gouverneur de New York, en 1906. Il sera battu par le candidat Charles Evans Hughes dans la course au poste de gourverneur. Opposé à l'empire britannique, Hearst est opposé à l'intervention des États-Unis dans la Première Guerre Mondiale et critique la formation de la Société des Nations.

Hearst s'attire les foudres de la gauche en Amérique en soutenant le nazisme dans les années 1930 (il entretient, par exemple, la maîtresse de Benito Mussolini, Margherita Sarfatti, durant sa visite aux États-Unis); durant les années 1940, il sera un farouche opposant au communisme. Hearst n'est pas le seul industriel non-Allemand séduit par le nazisme. Eugene Schueller, fondateur du géant des cosmétiques L'Oréal, est également un adhérent de la doctrine durant la même période que Hearst. Charles Lindbergh, le fabricant automobile Henry Ford, et la directrice du fond Du Pont Irénée Du Pont étaient également des admirateurs de Hitler. De récentes recherches par l'auteur Louis Pizzitola indiquent que Hearst a participé au rally de Nuremberg.

Selon certaines personnes soutenant l'industrie du cannabis, Hearst a joué un rôle clé dans la promotion et l'orchestration de la campagne médiatique menée en 1937 par l'industrie pétrolière et forestière, visant à discréditer la fibre de cannabis (un substitut bon marché du pétrole et du papier) et la marijuana. Cette campagne aura pour effet l'interdiction de la drogue ainsi que de la culture du cannabis au États-Unis. (voir les liens [1] [2] [3] [4] [5]). Cette interdiction aurait profité à Hearst, qui avait des intérêts dans le domaine de la papeterie.

Le mythe Hearst

Orson Welles représente la vie de Hearst dans un portrait à peine voilé, dans son film épique Citizen Kane. Hearst était au courant de la production du film et a mis en œuvre toute les ressources à sa disposition pour l’arrêter et empêcher sa sortie, en partie parce qu’il considérait que le film était insultant vis-à-vis de Marion Davies, représentée dans la fiction comme une chanteuse ivrogne et sans talent. Le film pseudo-historique RKO 281 raconte les tentatives de Hearst d’empêcher la diffusion du film. Welles et le studio qui a produit Citizen Kane, résistèrent à la pression, mais le conflit nuisit à la sortie du film, causant de piètres résultats au box-office, et mit en péril la carrière de Welles. Toutefois, les efforts de Hearst se sont révélés inutiles à long terme puisque, après sa mort, la popularité de Citizen Kane a augmenté au point que le film est considéré comme un des plus grands chef-d’œuvre de tous les temps, et qu'il est devenu indissociable de la vie de Hearst.

Le 19 novembre 1924, le producteur de cinéma muet Thomas Harper Ince («Le père du Western»), meurt d'un infarctus du myocarde alors qu’il participe à une croisière d'une fin de semaine avec Hearst, Davies, et plusieurs autres personnalités notables d'Hollywood. Des rumeurs que Hearst aurait tiré sur Ince et utilisé son influence pour couvrir l’affaire circulent à l'époque. Le film The Cat's Meow, sorti en 2001, raconte une histoire inspirée par ces rumeurs. Toutefois, la théorie voulant que Hearst ait tué Ince est généralement jugée très improbable.

En 1974, la petite-fille de Hearst, Patty Hearst, fait la une des journaux lorsqu’elle est capturée par un groupuscule de gauche connu sous le nom de l’Armée de Libération Symbionaise. Elle rejoindra par la suite l’organisation et sera mêlée à des activités criminelles qui mèneront à son arrestation pour cambriolage de banque.

Inspirations

William Randolph Hearst inspira plusieurs artistes.

Liens

Liens en anglais.


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