Vitalisme
Un article de Freepedia.
Le vitalisme est une position théorique qui défend l’idée de la spécificité du vivant et qui se caractérise par un ensemble de thèses variable : le holisme, l’antiréductionnisme, voire même le postulat d’un principe vital (c'est la force vitale de Barthez et Bichat, l’entéléchie de Driesch, ou encore l’hormè de von Monakow).
De fait, le vitalisme ne peut pas être confondu avec le mécanisme (son double inversé selon lequel la vie n'a aucune spécificité, le monde organique étant entièrement réductible aux lois de la matière). Mais il ne doit pas davantage être identifié à l’animisme : l’animiste ne se contente pas de subordonner la matière à la vie, mais, qui plus est, il soumet la vie à la pensée.
Le vitalisme a mauvaise réputation auprès de nombreux biologistes modernes qui l’identifient à une introduction en contrebande de l’anthropomorphisme et du finalisme dans l’explication physico-chimique de la vie. Dans son Histoire de la Biologie (publiée en 1984), E. Mayr déclare ainsi que « depuis plus de cinquante ans, le vitalisme est tombé en désuétude chez les biologistes. » De son côté, F. Jacob associe le vitalisme à une position fondamentalement dualiste, et par conséquent, périmée : "Reconnaître l’unité des processus physico-chimiques au niveau moléculaire, c’est dire que le vitalisme a perdu toute fonction." Pourtant, à en croire Georges Canguilhem, le vitalisme serait, en tant que position de principe, quasi irréfutable. Il incarne à ce titre la "confiance […] dans la vitalité de la vie" et "la méfiance permanente de la vie devant la mécanisation de la vie." Le vitalisme médical de l’école de Montpellier serait ainsi "l’expression d’une méfiance, faut-il dire instinctive, à l’égard du pouvoir de la technique sur la vie."
Si peu de biologistes actuels se disent "vitalistes", un certain nombre de philosophes contemporains - comme Georges Canguilhem, Gilles Deleuze ou Hans Jonas - se réclament encore de cette doctrine.



