Victor Hugo

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Victor Hugo, né le 26 février 1802 à Besançon, décédé le 22 mai 1885 à Paris à l'âge de 83 ans, est le plus important des auteurs romantiques de langue française.

Son œuvre est très diverse : romans, poésie lyrique, drames en vers et en prose, discours politiques à la chambre des pairs, correspondance abondante. L'ensemble de ce qui a survécu de ses écrits (plusieurs lettres personnelles ont été volontairement détruites par ses exécuteurs testamentaires Paul Meurice et Auguste Vacquerie) a été publié chez Jean-Jacques Pauvert et représente presque quarante millions de caractères !

Sommaire

Biographie

Enfance et jeunesse

Il est né à Besançon en 1802, mais passe son enfance à Paris. De fréquents séjours à Naples et en Espagne, à la suite de son père, général de Napoléon, marqueront ses premières années. Vers 1813, il s’installe à Paris avec sa mère qui s’est séparée de son mari. Elle lui dispense une éducation assez libre, qui accorde une grande place à toutes les formes de lecture. Âgé de quatorze ans à peine, Victor, en juillet 1816, note sur un journal : « Je veux être Chateaubriand ou rien ». Sa vocation est précoce, ses ambitions, immenses.

Il fonde avec ses frères en 1819 une revue, le Conservateur littéraire, qui attire déjà l'attention sur son talent. La même année, il remporte le concours de l'Académie des Jeux Floraux (voir Clémence Isaure). Plusieurs fois lauréat, également primé par l’académie, Victor Hugo délaisse les mathématiques, pour lesquelles il a un goût marqué, et embrasse la carrière littéraire. Son premier recueil de poèmes, Odes, paraît en 1821 : il a alors vingt ans et ses études au lycée Louis-le-Grand lui permettent de le faire connaître rapidement. Il participe aux réunions du Cénacle de Charles Nodier à la Bibliothèque de l'Arsenal, berceau du Romantisme, qui auront une grande influence sur son développement. Dès cette époque, Hugo est tout à la fois poète, romancier, dramaturge et même journaliste : Hugo entreprend tout et réussit beaucoup. Il participe aux réunions du Cénacle de Charles Nodier à la Bibliothèque de l'Arsenal, berceau du Romantisme, qui auront une grande influence sur son développement.

Le jeune écrivain

C'est avec Cromwell, publié en 1827, qu'il fera éclat. Dans la préface de ce drame, il s'oppose aux conventions classiques, en particulier à l'unité de temps et à l'unité de lieu, qu'il met véritablement en pratique dans la pièce Hernani. Cette œuvre est la cause d’un affrontement littéraire fondateur entre anciens et modernes, ces derniers (au premier rang desquels Théophile Gautier) s’enthousiasmant pour cette œuvre romantique qui restera dans l’histoire de la littérature sous le nom de «  bataille d’Hernani. » Dès lors, la production d’Hugo ne connaît plus de limites : romans (Notre Dame de Paris, 1831) ; poésie (Chants du crépuscule, 1835) ; théâtre (Ruy Blas, 1838).

De 1826 à 1837, il séjourne fréquemment au Château des Roches à Bièvres, propriété de Bertin l'Aîné, directeur du Journal des débats. Au cours de ces séjours, il y rencontre Berlioz, Chateaubriand, Liszt, Giacomo Meyerbeer et rédige des recueils de poésie dont le célèbres ouvrage des Feuilles d'automne.

Il épouse Adèle Foucher qui lui donne plusieurs enfants : Léopoldine en 1824, Charles 1826, Francois–Victor en 1828. Il aura, jusqu'à un âge avancé, de nombreuses maîtresses. La plus célèbre sera Juliette Drouet, actrice rencontrée en 1833, qui lui consacrera sa vie et le sauvera de l'emprisonnement lors du coup d'état de Napoléon III. Il écrira pour elle de nombreux poèmes. Tous deux passent ensemble l'anniversaire de leur rencontre et remplissent, à cette occasion, année après année, un cahier commun qu'ils nomment tendrement le Livre de l'anniversaire.

Hugo accède à l'Académie française en 1841.

En 1843, Léopoldine meurt tragiquement à Villequier. Hugo sera terriblement affecté par la mort de sa fille.

L'exil

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Série : Littérature
Littérature francophone

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Élevé par sa mère vendéenne dans l'esprit du royalisme, il se laisse peu à peu convaincre de l'intérêt de la démocratie (« J'ai grandi », écrit-il dans un poème où il s'en justifie). Son idée est que « là où la connaissance n'est que chez un homme, la monarchie s'impose. Là où elle est dans un groupe d'hommes, elle doit faire place à l'aristocratie. Et quand tous ont accès aux lumières du savoir, alors le temps est venu de la démocratie ». Devenu partisan d'une démocratie libérale et humanitaire, il est élu député de la Deuxième République en 1848, soutient la candidature du « prince Louis-Napoléon ».

Cependant, Hugo s'exile après le coup d'État du 2 décembre 1851 qu'il condamne vigoureusement pour des raisons morales (Histoire d'un crime). Sous le Second Empire, opposé à Napoléon III, il vit en exil à Bruxelles, puis à Jersey et enfin à Guernesey. Il est l'un des seuls proscrits à refuser l'amnistie décidée quelque temps après (« Et s'il n'en reste qu'un, je serai celui-là »). Pendant ces années difficiles, il publiera notamment Les Châtiments (1853), oeuvre en vers qui prend pour cible le Second Empire ; Les Contemplations, poésies (1856) ; La Légende des Siècles (1859), ainsi que Les Misérables, roman (1862). Le souvenir douloureux de Léopoldine, – ainsi que sa curiosité – le poussent à tenter à Jersey, d’étranges expériences de spiritisme consignées dans Les Tables tournantes de Jersey.

Pendant les années 1860, il traverse plusieurs fois le Grand-Duché de Luxembourg comme touriste, alors qu'il se rend sur le Rhin allemand (1862, 1863, 1864, 1865). En 1871, après la Commune de Paris, alors qu'il est expulsé de Belgique pour y avoir offert asile aux communards poursuivis dans la capitale française, il trouve refuge pendant trois mois et demi dans le Grand-Duché (1er juin–23 septembre). Il séjourne successivement à Luxembourg, à Vianden (deux mois et demi), à Diekirch et à Mondorf, où il suit une cure thermale.

Le retour en France

Après la chute du Second Empire consécutive à la guerre franco-prussienne de 1870, c’est l’avènement de la troisième république : Hugo peut enfin rentrer après vingt années d’exil. Jusqu'à sa mort il restera une des figures tutélaires de la République retrouvée – en même temps qu'une référence littéraire incontestée.

Conformément à ses dernières volontés, c'est dans le « corbillard des pauvres » qu'il est enterré au Panthéon, son cercueil étant au préalable resté plusieurs jours sous l'Arc de triomphe. On considère que trois millions de personnes se sont déplacées alors pour lui rendre un dernier hommage.

Sa pensée politique

À partir de 1849, Victor Hugo consacre un tiers de son œuvre à la politique, un tiers à la religion et le dernier à la philosophie humaine et sociale. La pensée de Victor Hugo, complexe et parfois déroutante, refuse toute condamnation des personnes et tout manichéisme, mais n'en est pas moins sévère pour la société de son temps.

Politique intérieure

Réformiste, il souhaite changer la société mais pas de société. S'il justifie l'enrichissement, il dénonce violemment le système d'inégalité sociale. Il est contre les riches qui capitalisent leurs gains sans les réinjecter dans la production. L'élite bourgeoise ne le lui pardonnera pas. De même, il s'oppose à la violence si celle-ci s'exerce contre un pouvoir démocratique mais il la justifie (conformément d'ailleurs à la déclaration des droits de l'homme) contre un pouvoir illégitime. C'est ainsi qu'en 1851, il lance un appel aux armes - « Charger son fusil et se tenir prêt » - qui n'est pas entendu. Il maintient cette position jusqu'en 1870. Quand éclate la guerre franco-allemande, Hugo la condamne : « guerre de caprice » et non de liberté. Puis, l'Empire est renversé et la guerre continue, contre la république ; le plaidoyer de Hugo en faveur de la fraternisation reste sans réponse. Alors, le 17 septembre, il publie un appel à la levée en masse et à la résistance. Les républicains modérés sont horrifiés : mieux vaut Bismarck que les « partageux » ! Le peuple de Paris, quant à lui, se mobilise et l'on s'arrache Les Châtiments.


La peine de mort

« La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie.» Discours à l’Assemblée constituante, 15 septembre 1848.

Hugo est un farouche abolitionniste. Dans son enfance, il a assisté à des exécutions capitales et toute sa vie, il luttera contre. Le dernier jour d’un condamné (1829) et Claude Gueux (1834), deux romans de jeunesse, soulignent à la fois la cruauté, l’injustice et l’inefficacité du châtiment suprême. Mais la littérature ne suffit pas, Hugo le sait. Chambre des Pairs, Assemblée, Sénat : Victor Hugo saisira toutes les tribunes pour défendre l’abolition.

La Commune

En accord avec lui-même, Hugo ne pouvait être communard : « Ce que représente la Commune est immense, elle pourrait faire de grandes choses, elle n'en fait que des petites. Et des petites choses qui sont des choses odieuses, c'est lamentable. Entendons-nous, je suis un homme de révolution. J'accepte donc les grandes nécessités, à une seule condition : c'est qu'elles soient la confirmation des principes et non leur ébranlement. Toute ma pensée oscille entre ces deux pôles : civilisation-révolution ». La construction d'une société égalitaire ne saurait découler que d'une recomposition de la société libérale elle-même. » Pourtant, devant la répression qui s'abat sur les communards, le poète dit son dégoût : « Des bandits ont tué 64 otages. On réplique en tuant 6 000 prisonniers ! »


La question sociale

Dénonçant jusqu'à la fin la ségrégation sociale, Hugo déclare lors de la dernière réunion publique qu'il préside : « La question sociale reste. Elle est terrible, mais elle est simple, c'est la question de ceux qui ont et de ceux qui n'ont pas ! ». Il s'agissait précisément de récolter des fonds pour permettre à 126 délégués ouvriers de se rendre au premier Congrès socialiste de France, à Marseille.

Discours

Victor Hugo a prononcé pendant sa carrière politique plusieurs grands discours :

  • un sur la défense du littoral ;
  • un sur la condition féminine ;
  • un contre l'enseignement religieux et pour l'école laïque et gratuite ;
  • plusieurs plaidoyers contre la peine de mort (Que dit la société ? « Tu ne tueras pas ». Comment le dit-elle ? En tuant !);
  • plusieurs discours en faveur de la paix ;
  • un pour le droit de vote universel.

La paix par le commerce

Il se montre ardent défenseur d'une colonisation humaniste - dont il précise bien qu'elle doit être provisoire et ne pas durer plus que le temps nécessaire - en remplacement des anciennes guerres de conquête. Ainsi le 18 mai 1879, lors d'un banquet célébrant l'abolition de l'esclavage, Victor Hugo prononce un discours en faveur de la colonisation menée par la IIIe République : La Méditerranée est un lac de civilisation ; ce n'est certes pas pour rien que la Méditerranée a sur l'un de ses bords le vieil univers et sur l'autre l'univers ignoré, c'est-à-dire d'un côté toute la civilisation et de l'autre toute la barbarie [...]. Dieu offre l'Afrique à l'Europe. Prenez-la. Prenez-la, non pour le canon, mais pour la charrue ; non pour le sabre, mais pour le commerce ; non pour la bataille, mais pour l'industrie ; non pour la conquête, mais pour la fraternité. Versez votre trop-plein dans cette Afrique, et, du même coup, résolvez vos questions sociales, changez vos prolétaires en propriétaires. Allez, faites ! faites des routes, faites des ports, faites des villes ; croissez, cultivez, colonisez, multipliez.

Il ne cesse d'insister sur le fait que le commerce remplacera la guerre, sans néanmoins prévoir comme le constatera amèrement Bernanos qu'on finira par "se disputer la clientèle à coups de canon". Dans cette vision de l'ordre commercial remplaçant l'ordre militaire, il annonce en germe le philosophe Alain.

Cette vision positive de la mission de l'homme est condensée dans un de ses vers les plus célèbres :

Collabore avec Dieu. Prévois. Pourvois. Prends soin.

Rien n'autorise toutefois à supposer qu'Hugo, malgré son enthousiasme pour la colonisation par des pionniers idéalistes, n'aurait pas pour autant s'il l'avait prévu, condamné l'ordre colonialiste bien différent qui le suivit quelques décennies plus tard. Son combat social et sa défense constante des minorités opprimées (il intervint pour demander la grâce de John Brown) est en ce sens claire.

États-Unis d'Europe

Une espérance qui ne le quitte pas est celle - qui revient souvent dans ses discours et écrits - des futurs États-Unis d'Europe. Ses contemporains considèrent alors cette idée comme absurde (la France et l'Allemagne sont jugées ennemies héréditaires et destinées à le rester). Il faudra attendre la deuxième moitié du XXe siècle pour la voir reprise et admise, et concrétisée par l'euro : le commerce a bien ici remplacé la guerre, comme il le prévoyait...


Les dessins de Victor Hugo

Aux nombreux talents de l'écrivain, il faut ajouter le dessin. L'artiste n’a certes pas éclipsé le poète, mais on continue néanmoins de redécouvrir le travail pictural de Victor Hugo – auquel on a consacré de nombreuses et prestigieuses expositions au cours des vingt dernières années (lors du centenaire de sa mort, en 1985, « Soleil d'Encre » au Petit-Palais et « Dessins de Victor Hugo » place des Vosges dans la maison qu'il habita sous la Monarchie de juillet ; mais aussi, plus récemment, à New York, Venise ou Madrid).

En bon autodidacte, Hugo n’hésite pas à utiliser les méthodes les plus rustiques ou expérimentales : il mélange à l'encre le café noir, le charbon, la suie de cheminée, peignant du bout de l'allumette ou au moyen des barbes d'une plume.

Ses oeuvres sont, en général, de petite taille et il s’en sert tantôt pour illustrer ses écrits (Les Travailleurs de la mer), tantôt pour envoyer à ses amis pour le jour de l’an ou à d’autres occasions. Cet art, qu'il pratiquera toute sa vie, le divertit.

Au début, ses travaux sont de facture plutôt réaliste ; mais avec l’exil et la confrontation mystique du poète avec la mer, ils acquerront une dimension presque fantastique.

Cette facette du talent d'Hugo n'échappera pas à ses contemporains et lui vaudra les louanges, notamment, de Charles Baudelaire.

À lire

  • Paul Lafargue : la Légende de Victor Hugo, pamphlet virulent, écrit par un ancien communard, et à contre-courant, accusant l'écrivain de n'être qu'un bourgeois opportuniste
  • André Maurois : Olympio ou la Vie de Victor Hugo
  • Jean-François Kahn : Victor Hugo, un révolutionnaire, Fayard, 2002
  • Alain Decaux : Victor Hugo
  • Frédéric Lenormand : Les Fous de Guernesey ou les amateurs de littérature, sur l'exil à Saint-Pierre-Port, éditions Robert-Laffont 1991
  • Frank Wilhelm : Victor Hugo et l'Idée des États-Unis d'Europe, Luxembourg, éd. par les Amis de la Maison de Victor Hugo à Vianden, 2000

Œuvres

Image:New York Imperial Theatre Les Miserables 2003.jpg Note : l'année indiquée entre parenthèses est l'année de première parution

Théâtre


Romans


Poésie


Textes divers

Hommages

Voir aussi

Wikiquote possède quelques citations de ou à propos de Victor Hugo.
Wikimedia Commons possède des documents multimédia sur Victor Hugo.
  1. Actes et Paroles, Volume 1
  2. Actes et Paroles, Volume 2 - Pendant l'exil 1852-1870
  3. Actes et Paroles, Volume 3
  4. Actes et Paroles, Volume 4 - Depuis l'Exil 1876-1885
  5. Le Dernier Jour d'un condamné
  6. La Esmeralda
  7. Han d'Islande
  8. Hernani
  9. L'Homme qui rit
  10. La Légende des Siècles
  11. Littérature et philosophie mêlées
  12. Quatre-vingt-treize


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