Valeur

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Sommaire

Définition générale

Attribuer de la valeur à quelqu'un, quelque objet, ou quelque idée, c'est lui accorder de l'estime et de l'intérêt. C'est un attribut positif et en même temps subjectif.

Économie

A la différence du prix, directement constatable, la valeur économique est,

  • au niveau individuel, une appréciation liée aux préférences économiques de la personne,
  • au niveau général, une estimation théorique. L'Histoire de la Pensée Economique oppose deux catégories de théories sur la valeur permettant ensuite la formation des prix.

Conception objective

La valorisation d'un bien peut se baser sur un facteur objectif, matérialisé par un critère mesurable en théorie.

La vision de Quesnay (Physiocratie) de la valeur provenant de la nature repose sur l’idée que seule la production agricole est créatrice de richesses et que toute autre activité artisanale ou commerciale n’est que l’addition de travail et de matières premières issues directement ou indirectement des produits de la terre. Ainsi, l'agregation des produits naturels constituant le capital nécessaire à une production ajoutés aux produits naturels nécessaire à la reproduction de la force de travail constitue une estimation Conception objective de la valeur.

Ensuite, la Theorie Ricardienne de la valeur travail constituant selon Marx l'essence de la pensée économique Classique (Adam Smith, Ricardo, et Marx lui-même), décrit la valeur d’un bien comme la somme de toutes les formes de travail, direct et indirect, qui ont contribué à sa fabrication. L'utilisation de machines dans la production ne change en rien cette analyse objective de la valeur puisqu'une machine ne produit pas de valeur mais transmet simplement la sienne au bien qu’elle produit : la valeur dégagée par une machine est égale à l'usure de celle ci, car une machine n’est que du travail accumulé (Marx).

De nos jours, en suivant cette optique selon laquelle la valeur d'un produit serait celle des facteurs de production utilisés, il faudrait ajouter la valeur-savoir mise en oeuvre.

Ces économistes considèrent aussi l'existence d'une valeur d'usage, qui est elle n'intervient cependant pas majoritairement dans la formation des prix.

Conception subjective

L'autre aspect théorique est celui d'une conception subjective de la valeur.

Contemporain d'Adam Smith, Etienne Bonnot de Condillac considère que l'utilité (aussi appellé valeur d'usage) est le fondement unique de la valeur (en évoquant l'exemple du verre d'eau dans le désert).

Allant à contre-courant des pères fondateurs et de la théorie de la valeur de Ricardo, W.S. Jevons développe lors d’un congrès en 1862 la notion de « degré final d’utilité » (utilité marginale). Stanley Jevons introduit donc une subjectivité dans la détermination de la valeur. La theorie néoclassique adopte cette conception de la valeur comme liée a l'utilité dégagée par la dernière unité échangée et à la satisfaction des autres besoins. La formation des prix ne dépend alors plus que de cette utilité.

La notion d'utilité est l'une des plus anciennes en économie, remontant aux travaux du mathématicien Daniel Bernoulli

Paradoxes et problèmes liés à l'évaluation

On peut assister à deux curieux phénomènes psychologiques, relevant du biais cognitif :

  • l'acheteur et/ou le vendeur tend à changer d'estimation de valeur après la transaction. Comme a dit Jean Amadou « combien de choses ne valent pas ce qu'elles coûtent ».
  • Inversement, l'ancrage mental peut faire que certains associent la valeur à un prix passé. Ils hésitent à vendre si le prix est devenu inférieur, ou à acheter s'il a monté, même si cette évolution traduit que les circonstances extérieures ont changé.

Certaines méthodes d'évaluation, par exemple pour les actifs financiers, sont censées aider à estimer la valeur intrinsèque, autrement dit ce que serait le « juste prix » à partir de fondamentaux économiques. Elles doivent prendre aussi en compte la subjectivité du marché dans la formation du prix, donc celle des divers acheteurs et vendeurs dans leurs estimations de la valeur. Voir par exemple évaluation d'action.

L'acheteur d'une marchandise l'évalue plus chère que son prix, sans quoi il n'en tirerait aucun avantage, aucune plus-value et il ne l'acheterait pas. Un vendeur évalue sa marchandise moins chère que son prix, sans quoi il n'en tirerait aucune plus-value et renoncerait donc à la vendre.

Voir aussi

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Bibliographie



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