Chasse à courre

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La chasse à courre est un mode de chasse qui consiste à poursuivre un animal (traditionnellement cerf, sanglier, renard ou lièvre) à l'aide d'une meute de chiens.

Sommaire

Terminologie

Le terme de vénerie désigne l'activité de la chasse à courre. On parle de grande vénerie pour une "meute" chassant les grands animaux comme le cerf, le daim, le chevreuil, le sanglier ou le loup. La petite vénerie désigne une meute chassant le lièvre, le renard, le lapin, ou le blaireau. Le terme d'équipage désigne l'entité disposant d'un territoire de chasse et composée d'une meute de chiens et d'un certain nombre de veneurs. L'animal poursuivi utilise différentes tactiques pour échapper à ses poursuivants. Elles sont regroupées sous le terme de ruses et elles sont catégorisées :

  • le change par lequel le traqué traverse les pistes d'autres animaux de son espèce semant la confusion dans la meute qui le suit à l'odorat.
  • le passage d'eau quand l'animal poursuivi traverse une rivière ou un étang et interrompt ainsi la trace olfactive.
  • le forlonger consiste à prendre une telle avance que la piste perd sa précision et les chiens vont perdre la trace de l'animal chassé.
  • la double voie est permise par un retour en arrière dans ses traces. Les chiens se voient ainsi présenter une piste avec un embranchement ou une fourche qui complique la traque et permet de gagner de l'avance (pouvant ainsi mener au forlonger).

Quand l'animal traqué (souvent après plusieurs heures) cède à l'épuisement, les chasseurs peuvent sonner l'hallali qui annonce la mise à mort soit par les chiens, soit par un homme armé d'un couteau.

La curée intervient quand les bas morceaux sont abandonnés aux chiens (après le partage des morceaux de viande les plus nobles, le plus souvent entre les chasseurs, les propriétaires ou les voisins du terrain de chasse).

La trompe

L'action de chasse est accompagnée de sonneries de trompe (fanfares) qui permettent aux veneurs de communiquer entre eux et avec les chiens. Les veneurs sonnent des fanfares "de circonstance" pour faire connaître les péripéties de la chasse dont ils sont témoins. Ainsi, le "bien-aller" indique que les chiens chassent "en bonne voie", le "débucher" que la meute est en plaine et se dirige vers un autre massif forestier, le "bat-l'eau" que l'animal de chasse est dans un étang ou une rivière, la "vue" que l'animal de chasse est vu par le sonneur. Au cours de la "curée", cérémonie destinée à rendre hommage à l'animal de chasse et à récompenser les chiens, on sonne à nouveau les fanfares sonnées au cours de la chasse de manière à en rappeler les épisodes. Puis, pendant que les chiens "font curée", on sonne d'autres fanfares dédiées aux veneurs présents.

Opposition à la chasse à courre

Le principe de base de la chasse à courre équilibre l'épuisement de l'animal poursuivi et sa capacité à perdre ses poursuivants. Historiquement, cette approche est censée reposer sur la reproduction de techniques de chasse purement animales même si la réalité est beaucoup plus proche de la collaboration de l'homme et de la meute dans la poursuite d'un animal singulièrement isolé.

Ces arguments de fond résument assez bien l'opposition entre partisans et opposants de la chasse à courre. Mais ils peuvent être étoffés par :

  • Arguments secondaires pour la chasse à courre
    • L'existence d'une tradition séculaire,
    • La réelle capacité des animaux poursuivis à semer la meute ou à brouiller la piste (on compte que seulement une chasse sur trois ou quatre ramène une prise, soit que le poursuivi ait semé ses poursuivants, soit qu'il soit sorti du périmètre attribué à la chasse),
    • Aucune arme à feu n'est utilisée dans cette chasse.(exceptionnellement pour la mise à mort)
  • Arguments secondaires contre la chasse à courre
    • les arguments contre la chasse en général (la violence faite aux animaux, l'inégale capacité des forces en présence, etc.),
    • les arguments spécifiquement tournés vers certains aspects de la chasse à courre
      • l'hallali (ou moment où la meute rattrape l'animal chassé et le tue si les chasseurs n'interviennent pas rapidement) ou la curée se traduisent par des scènes spécifiquement violentes de la part des chiens,
      • la chasse à courre tend à sélectionner les animaux pris parmi les moins expérimentés et donc les plus jeunes.

Histoire

La chasse à courre est étroitement associée à la féodalité en Europe. Elle a semble-t-il suivi la domestication du cheval, son usage pour la chasse. Mais les privilèges de chasse de l'Europe féodale en ont fait une pratique très aristocratique.

L'Angleterre en a fait un sport. La France en a fait une tradition. Les colons anglais l'ont importé dans les colonies américaines avec les renards roux.

La chasse à courre a été progressivement interdite dans de nombreux pays européens (l'Allemagne dans les années 1950, en Écosse depuis 2002). En 2004, la chasse à courre a été finalement interdite en Angleterre après des années de confrontation publique entre partisans et opposants. Elle reste autorisée en France du 15 septembre au 31 mars.

Représentations dans l'art et la littérature

Les scènes de chasses à courre abondent dans les tableaux ou les tapisseries, du Moyen Âge au XIXe siècle. En littérature, des chasses à courre sont décrites dans Une poignée de cendre (A Handful of Dust) d'Evelyn Waugh (1934) ou encore dans La Dernière harde de Maurice Genevoix (1938).

Bibliographie

  • Robert Ambelain, Symbolisme et rituel de la chasse à courre, Robert Laffont, Paris, 1981 (ASIN 2221006879) ;
  • Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, La Chasse à courre, ses rites et ses enjeux, Payot, coll. « Petite bibliothèque », Paris, 2003 (1re édition 1993) (ISBN 2228897493) ;
  • Philippe Salvadori, La Chasse sous l'Ancien Régime, Fayard, Paris, 1996 (ISBN 2213597286).


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