Utilisation coloniale du concept d'ethnie
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Épurations ethniques
Voir l'article détaillé : Épuration ethnique
Ethnisme dans le colonialisme et le néocolonialisme
Les colonisateurs européens ont beaucoup utilisé le concept d'ethnie pour gérer les administrations coloniales. Aujourd'hui encore, les néo-colonialistes utilisent les conflits ethniques pour exercer leur domination dans les pays qui intéressent leurs économies, et/ou leur influence potentielle dans les organismes internationaux. De ce fait les gouvernements de ces pays, et leurs services, ont acquis une certaine expertise pour manipuler ces concepts à des fins de désinformation par le canal des médias de masse. On peut penser aux OP noires de la CIA, dans les années 50 et 60/
Cela fait partie de la guerre psychologique, activité soutenue par des doctrines militaires. En France ce type de doctrine est connue sous le nom de « guerre révolutionnaire ». Ses premiers promoteurs en furent Lacheroy et Trinquier. Elles ont pour but de quadriller une population en utilisant toutes sortes de caractéristiques (géographiques, administratives , politiques, etc.) et notamment la notion d'ethnie instrumentalisée à cette fin. L'usage de la notion d'ethnie fait partie de la panoplie militaire.
Sans faire systématiquement référence aux doctrines militaires, on peut remarquer que l'ethnie Bamileke au Cameroun a été massivement exterminée (des militaires des services français parlent dans leurs livres de 300 000 à 400 000 morts) car ils représentaient un obstacle, selon les services français, à l'unification du Cameroun sous la houlette de la France. Extraits significatifs d'un article :
- Le Ministre des armées de Charles de Gaulle, Pierre Guillaumat, a évoqué cette tragédie en des termes plutôt élogieux. Dans « La Françafrique », un livre publie aux Editions Stock en Avril 98 par François Xavier Verschave, célèbre chercheur Français, voici ce que Mr. Guillaumat déclare :
- " Foccart a joué un rôle déterminant dans cette affaire. Il a maté la révolte des Bamileke avec Ahidjo et les services spéciaux. C'est la première fois qu'une révolte d'une telle ampleur a été écrasée convenablement. Il a été très sage pour ne pas exciter l'armée « . » [...]
- "Pour comprendre les raisons, il est conseillé de se référer à Jean Lamberton, tristement célèbre doctrinaire du gaullisme criminel, qui dans un article intitule « Les BAMILEKE dans le Cameroun d'aujourd'hui » publié dans une revue des stratèges Français en mars 1963, déclarait : « Les BAMILEKE sont une minorité ethnique qui représente un caillou bien gênant dans la chaussure de la France » 1. On n'en dira pas plus. Voyons ! Les BAMILEKE sont-ils une minorité ethnique au Cameroun comme le décrit Lamberton ? Cette volonté irresponsable de travestir la vérité, diffusée grâce à une littérature de haine bien structurée, s'inscrivait dans l'optique annoncée de ces massacres. La campagne militaire avait donc un but précis : Ecraser les Bamiléké pour que les survivants ne constituent plus qu'une minorité ethnique, incapable de troubler le sommeil de la Mère-Patrie. Le temps a prouvé comment Lamberton s'est trompe." 2
Autre exemple les Hereros en Afrique australe ont été massivement exterminés par les Allemands en tant que tels.
De multiples exemples cités dans les livres de François-Xavier Verschave, montrent que très souvent des ethnies sont manipulées les unes contre les autres et que les « luttes interethniques » servent de système d'explication facile dans les médias occidentaux pour cacher d'autres motivations politiques ou économiques beaucoup moins avouables.
Le cas extrême du Rwanda
L'histoire du Rwanda est un cas de cette utilisation politique et idéologique de la notion d'ethnisme, puisque les ethnies discernées ne correspondent pas à la définition de l'ethnie et représentent donc un usage abusif du mot, usage pourtant ancré dans les esprits par les événements qui en ont résulté. Cette utilisation montre aussi à quel point l'introjection des concepts occidentaux peut modifier chez les peuples colonisés la perception de leur propre histoire.
Liens internes
Liens externes
- Site de l'UNESCO : La question Bamiléké pendant l’ouverture démocratique au Cameroun : retour d’un débat occulté
- « acontresens » à propos des manipulations idéologiques françaises dans le génocide au Rwanda
- Pole Institut de Goma (RDC) - Les identités meurtrières
Références
1. Lamberton, J. : «Les Bamiléké dans le Cameroun d’aujourd’hui», in Collectif Changer le Cameroun : Le Cameroun éclaté, anthologie commentée des revendications ethniques, Yaoundé, Éditions C3, 1992, page 53
2. Campagne militaire française en pays Bamiléké
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