Usine de retraitement de la Hague
Un article de Freepedia.
L'usine de retraitement de la Hague est un centre de recyclage dans lequel on traite le combustible utilisé dans les réacteurs nucléaires appartenant à la France, le Japon, l'Allemagne, la Belgique, la Suisse et les Pays-Bas, pour en séparer les différents éléments radioactifs. Elle est située près du cap de la Hague (voir à ce mot pour les choix qui ont conduit à cette implantation), au nord ouest de la péninsule du Cotentin (département de la Manche), en France. Elle est gérée par la société COGEMA. Ce n'est pas une centrale nucléaire.
Elle a une capacité industrielle de traitement de 1700 tonnes de combustibles usés par an. À la sortie du réacteur, un combustible nucléaire usé contient 97 % de matière énergétique recyclable (96 % d'uranium et 1 % de plutonium) et 3 % de résidus ultimes non réutilisables. Ces derniers doivent être conditionnés, par vitrification, en vue de leur stockage. Ils sont ensuite réexpédiés aux clients qui ont obligation de les reprendre. Le but de ce recyclage est donc de réduire la quantité de déchets nucléaires à stocker en milieu confiné. De plus, payé par les pays clients, le procédé est économiquement rentable.
Le site est l'objet de vives craintes de la part des écologistes, du fait du danger potentiel des installations et des rejets dans la nature, et des pacifistes, du fait de la production de plutonium. D'où de fréquentes manifestations et déclarations pour alerter l'opinion publique.
Les transports de combustible nucléaire usé et recylé, en provenance et à destination des clients de la COGEMA, qui traversent une partie de la France et d'autres pays, sont aussi une source d'inquiétude pour les mouvements écologistes, qui essaient parfois d'arrêter ces transports en bloquant les voies empruntées. Pour des raisons de sécurité, les transports sont généralement gardés secrets.
À l'été 1997, la COGEMA a procédé à la récupération du tartre qui, au fil des années, s'était formé à l'intérieur de la canalisation de rejets en mer. Cette couche de tartre piégeait certains radionucléides contenus dans les effluents rejetés. C'est une analyse indépendante de la CRIIRAD qui révèle la contamination de crabes et de homards. L'OPRI soutient alors que cette contamination est conforme aux normes européennes, sans préciser que les limites qu'il invoque sont réservées aux accidents nucléaires.
Les pro-nucléaires ont, suite à cette affaire, utilisé l'argument de la radioactivité naturelle pour expliquer les taux élevés.
Les opposants au nucléaire affirment que l'usine de la Hague est l'une des installations nucléaires les plus polluantes du monde. Par exemple, Greenpeace a effectué des mesures des rejets radioactifs dans la Manche (230 000 m³ par an) et dans l'atmosphère, notamment des concentration de krypton 85 de 90 000 Bq/m³, alors que le rayonnement naturel est de 1 à 2 Bq/m³ dans l'air. Les pro-nucléaires contestent la validité de ces mesures.



