Urbain Le Verrier

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Urbain Jean Joseph Le Verrier (Saint-Lô, 11 mars 1811 -Paris, 23 septembre 1877) était un mathématicien français spécialisé en mécanique céleste et un astronome.

L'astéroïde 1997 Leverrier a été nommé en son honneur.

Sommaire

Ses études

Après huit ans d'études au collège de sa ville natale, il entre au Collège Royal de Caen où il y étudiera les mathématiques de 1827 à 1830. Il poursuit ses études au Collège Louis-le-Grand à Paris et est admis en 1831 à l'École polytechnique dont il en sort deux après comme ingénieur des tabacs. Il travaillera d'abord au laboratoire de chimie de Gay-Lussac.

Il demanda en 1837 la place de répétiteur de chimie à l'École polytechnique mais celle-ci lui sera prise par Henri Victor Regnault. On lui offrit en revanche une place de répétiteur de « géodésie, astronomie et machines » qu'il acceptera et où il se spécialisera en mécanique céleste. En 1839, il présenta à l'Académie des Sciences son premier mémoire sur les variations séculaires des orbites des planètes.

La découverte de Neptune

Urbain Le Verrier est devenu célèbre pour la découverte de la planète Neptune, plus précisément par la méthode dont elle a été découverte, celle des calculs mathématiques seuls, qui marque le triomphe de la mécanique céleste. La planète Uranus découverte par William Herschel présentait des irrégularités par rapport à son orbite prévue. Celles-ci devenant trop importantes au bout de quelques années, les astronomes soupçonnèrent l'influence gravitationnelle d'une nouvelle planète. Vivement encouragé par François Arago, Le Verrier se lance en 1844 dans le calcul des caractéristiques de cette nouvelle planète (masse, orbite, position actuelle) à l'aide des lois de Kepler, dont il communiquera les résultats à l'Académie des Sciences le 31 août 1846. Ils seront confirmés (à quelques erreurs près) par l'astronome allemand Johan Galle qui le 23 septembre observa le nouvel astre, Neptune, le jour même où il reçut en courrier sa position par Le Verrier. Devant l'Académie des Sciences, Arago prononcera la célèbre phrase : « M. Le Verrier vit le nouvel astre au bout de sa plume ». Il y entrera en 1846. La Royal Society lui décerne la médaille Copley la même année avec pour éloge « …un des plus grands triomphes de l'analyse moderne appliqué à la théorie de la gravitation… »

Une découverte qui sera le sujet de nombreuses polémiques à l'époque, puisque ces calculs ont été mené en même temps par John Adams mais sans que chacun d'eux ne connaisse les travaux de l'autre. Les caractéristiques de la planète avaient été déterminées par Adams un an plus tôt mais n'avait pas été publiés.

Plus tard il tenta de répéter le même exploit pour expliquer les perturbations de Mercure. Après plusieurs observations par d'autres astronomes de taches rondes passées devant le Soleil, Le Verrier en conclut la présence d'une autre planète, Vulcain, dont il prédit le passage devant le Soleil en 1877. Ces prédictions s'avèreront inexactes, et ces anomalies seront expliquées un demi-siècle plus tard par Albert Einstein avec la théorie de la relativité générale.

Astronome, météorologue et politicien

En 1853, Le Verrier est nommé directeur de l'Observatoire de Paris, succédant à François Arago. Il y entreprend alors une réorganisation totale qu'il n'arrivera pas à mener à terme par manque de crédits. Il y fera établir un catalogue de 306 étoiles fondamentales.

Cependant, il s'y montra si odieux qu'il fut relevé de ses fonctions en 1870 par décret impérial, suite à la démission de quatorze astronomes de l'Observatoire de Paris. Il démissionna en même temps du conseil général. Il reprendra son poste de directeur de l'Observatoire à la mort de son successeur, Charles-Eugène Delaunay, en 1873 jusqu'à sa mort.

En devenant directeur de l'Observatoire de Paris, il hérite également d'un petit service météorologique. La météorologie, encore peu développée, dépendait de l'Observatoire de Paris. Le 14 novembre 1854, un terrible ouragan traverse l'Europe d'ouest en est, causant la perte de 41 navires dans la Mer Noire. Celui-ci survint sans la moindre alerte. Le Verrier entreprend alors de mettre en place un réseau d'observatoires météorologiques sur le territoire français, destiné avant tout aux marins afin des les prévenir de l'arrivée des tempêtes. Ce réseau regroupe 24 stations dont 13 reliées par télégraphe, puis s'étendra à 59 observatoires répartis sur l'ensemble de l'Europe en 1865. C'est la naissance de la météorologie moderne.

Parallèlement, il mène aussi une vie politique. Élu député de la Manche en 1849, il deviendra sénateur et inspecteur général de l'enseignement supérieur à partir de janvier 1852 puis président du conseil général de la Manche.

Bien que souffrant d'une pénible et douloureuse maladie, il consacre la fin de sa vie à l'achèvement de son travail sur le mouvement des planètes. Il proposa de revoir à la baisse la distance Terre-Soleil et la vitesse de la lumière. La Royal Astronomical Society lui décerna la médaille d'honneur en 1876 pour ses mémoires sur les planètes gazeuses Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune.

Urbain Le Verrier a eu deux fils, Jean Charles Léon et Louis Paul Urbain.

Voir aussi

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