Université libre de Bruxelles
Un article de Freepedia.
Sommaire |
Histoire
Origine
L'Université libre de Bruxelles (ULB) fut fondée en 1834, dans cette période qui suivit l'Indépendance de la Belgique et qui connut la désorganisation de l'enseignement supérieur.
Les trois universités d'État fondées à l'époque néerlandaise - Gand, Liège, Louvain - sont amputées de plusieurs facultés. Auguste Baron et Adolphe Quetelet avaient imaginé dès 1831 dans leur loge maçonnique Les Amis Philanthropes l'idée d'une université libre. La création, en 1834, de l'Université catholique de Mechelen (Malines), sous l'impulsion des évêques de Belgique, fut le détonateur qui poussa le monde libéral à réagir rapidement. Le juriste Pierre-Théodore Verhaegen, Vénérable Maître de la loge Les Amis Philanthropes, lança en juin 1834 un appel à une souscription dans les milieux libéraux et dans les loges du Grand Orient de Belgique en vue d'une université libre qui combattrait « l'intolérance et les préjugés » en répandant la philosophie des Lumières. On fit cependant remarquer à Verhaegen l'utopie de son projet, lui qui ne disposait ni de professeurs, ni de locaux, ni d'argent. C'était sans compter sur l'aide du bourgmestre de Bruxelles, Nicolas-Jean Rouppe, qui trouva des locaux dans l'ancien Palais de Charles de Lorraine, place du musée. Verhaegen annexa à son projet l'École de médecine et trouva des enseignants parmi les hommes d'expérience du Musée des Sciences et des Lettres. La Faculté de Droit fut confiée à des professeurs bénévoles, comme Henri de Brouckère. Dans la foulée, la Ville alloua un subside et le 20 novembre 1834, Auguste Baron pouvait, dans son discours d'inauguration, définir l'esprit de l'université libre :
- nous jurons d'inspirer à nos élèves, quel que soit l'objet de notre enseignement, l'amour pratique des hommes qui sont frères, sans distinction de caste, d'opinion, de nation; nous jurons de leur apprendre à consacrer leurs pensées, leurs travaux, leurs talents au bonheur et à l'amélioration de leurs concitoyens et de l'humanité...
Le XIXe siècle
La première année universitaire pouvait commencer. Jusqu'en 1847, l'université vécut des souscriptions lancées par le Grand Orient et diverses loges maçonniques du pays, dont celle des Amis philanthropes. Outre les difficultés financières, l'Église et l'État faisaient peser des menaces sur la jeune ULB. La loi sur l'enseignement supérieur de 1835 supprimait l'Université catholique de Louvain (Leuven), ce qui permit à celle de Mechelen de s'y installer. Il restait donc deux universités de l'État - Gent et Liège - qui virent dans l'ULB une concurrente qui ne pouvait revendiquer le monopole de la libre pensée. Quant aux évêques, ils avaient peine à admettre l'existence d'une université qui se proclamait autonome et qui échappait ainsi à leur contrôle. La presse catholique milita contre l'enseignement dispensé à Bruxelles. Verhaegen répondit à toutes les attaques par un discours académique retentissant où il proclama:
- partis de la liberté d'enseignement, nous réalisons la liberté dans l'enseignement.
Surmontant ces querelles, l'université libre devint une institution reconnue. La population estudiantine était en progression et l'on put en 1842 déménager dans un nouveau bâtiment, le Palais Granvelle sis rue des Sols et rue de l'Impératrice.
En 1861 les statuts furent révisés et l'article 1 postulera dès lors que
- " Le libre examen est le principe fondateur sur lequel l'Université base son enseignement et sa recherche. Il prône, en matière de savoir, une totale liberté de jugement et le rejet de l'argument d'autorité."
En 1873, l'université ouvrit son École polytechnique où un enseignement pratique put être dispensé. En 1880, elle fut la première à permettre aux femmes d'accéder aux cours et ce au sein de son Institut de Pharmacie.
Depuis le 20 novembre 1888 les étudiants et l'ensemble de la communauté universitaire célèbrent la fondation de l'ULB lors de la Saint-Verhaegen.
En 1893, l'ULB bénéficia d'un mécénat de grande envergure qui acheva le développement de la Faculté de médecine : Ernest Solvay la dota d'un Institut de physiologie implanté au parc Léopold ; R. Warocqué, d'un Institut d'anatomie ; Alfred Solvay et quelques autres, d'un Institut d'hygiène et de bactériologie.
En 1899 fut crée l'Ecole des sciences politiques et sociales.
Affaires Dwelshauwers et Reclus
Si à l'origine issu d'un milieu certes anticlérical mais néanmoins catholique, ou au moins spiritualiste ou déiste, l'université verra au cours des dernières décennies du XIXème le développement d'un courant athée et anti-dogmatique ainsi que l'essor de la démarche scientifique positiviste cher à Auguste Comte, qui affirme le primat absolu de l'expérimentation et de la raison. Cette évolution ne se fit pas sans heurts. Ainsi, en 1890, la thèse de philosophie de Georges Dwelshauwers provoqua de vifs débats par ses positions athées alors que la majorité des professeurs de la faculté de philosophie et lettres étaient toujours déistes.
Ces conflits entre doctrinaires et progressistes, puis entre libéraux et socialistes se traduiront également à l'ULB par l'Affaire Reclus. Elisée Reclus, géographe français anarchiste, avait été invité à donner cours à l'ULB en 1892. En 1893 suite à un attentat anarchiste le conseil d'administration s'opposa à sa venue désavouant ainsi le recteur Hector Denis, premier socialiste élu à ce poste. Cela provoqua une scission et la création d'une Université Nouvelle qui perdura jusqu'à la première guerre mondiale.
Début du XXe siècle
1904 vit la création de l'Ecole de commerce Solvay. Au lendemain de la première guerre mondiale, qui entraina la première interruption des cours de l'université, alors que Jules Bordet, professeur à l'ULB se voit attribué le Prix Nobel de médecine (1919), on envisage de déménager suite à la croissance des besoins en espace et à la démolition du Palais Granvelle du fait des travaux de la jonction Nord-Midi. Le choix se porte sur le plateau du Solbosch situé à la limite des faubourgs de l'époque. Les travaux débutent en 1921 par le bâtiment U inauguré en 1924. La construction bâtiment A (1924-1928) est soutenue financièrement par l'Educational Foundation de la Commission for Refief in Belgium (CRB), une organisation américaine destinée à restaurer l'enseignement universitaire en Belgique meurtri par la guerre. Elle participe également avec la famille Tournay-Solvay au financement de la cité Héger ouverte en 1933. En 1939, est inauguré l'Institut de Cancérologie Bordet, boulevard de Waterloo.
La Seconde Guerre mondiale
2ème partie du XXe siècle
Situation actuelle
L'université est principalement implantée sur trois campus : le campus du Solbosch et le campus de la Plaine à Ixelles, et le campus Erasme à Anderlecht. Le principal est celui du Solbosch, qui accueille l'administration centrale et la plupart des facultés. Le campus de la Plaine accueille la Faculté des Sciences ainsi que l'Institut de Pharmacie. La Faculté de Médecine et l'Hôpital universitaire Erasme sont quant à eux installés sur le campus d'Anderlecht.
L'ULB est totalement indépendante de la Vrije Universiteit Brussel (VUB) bien qu'en néerlandais leurs noms soient identiques.
Voir aussi
Liens externes
| | |
|---|---|
|
De langue française : Université libre de Bruxelles | Université de Liège | Université catholique de Louvain | Université de Mons-Hainaut | FUNDP | FUSL | FUCaM | FUSAGx | Faculté polytechnique de Mons De langue néerlandaise : Universiteit Antwerpen | Katholieke Universiteit Brussel | Vrije Universiteit Brussel | Universiteit Gent | Universiteit Hasselt | Katholieke Universiteit Leuven | Koninklijke Militaire School Universités transnationales | |



