Union des républiques socialistes soviétiques
Un article de Freepedia.
L'Union des républiques socialistes soviétiques (Союз Советских Социалистических Республик), ou l'Union soviétique, ou URSS (СССР en russe), était un État qui exista de 1922 jusqu'à sa dissolution en 1991. L'URSS s'étendait de la mer Baltique à la mer Noire et à l'océan Pacifique, c'est-à-dire toute la partie nord de l'Eurasie, et reprenait à peu près le territoire de l'ancienne Russie impériale, à l'exception notable de la Pologne et de la Finlande.
Le territoire de l'URSS varia dans le temps, et était composé, avant sa dissolution, de 15 républiques. La Russie était, de loin, la plus importante de ces républiques, tant du point de vue de sa surface que de sa population et est actuellement considérée comme l'héritière de l'URSS du point de vue diplomatique.
La formation de l'URSS fut le résultat de la révolution russe de 1917, qui mit fin au règne du Tsar Nicolas II.
L'organisation politique du pays était définie par le seul parti autorisé, le Parti Communiste de l'Union Soviétique. Le capitalisme d'État fut le régime qui caractérisa le pays de sa naissance à sa dissolution.
Les facteurs ayant provoqué la fin de l'Union soviétique furent essentiellement la dégradation de l'économie alliée à l'émergence de forces démocratiques et centripètes dans l'Union, auxquelles le régime essentiellement centralisateur et bureaucratique fut incapable de trouver une réponse.
| |||||
| Devise nationale : Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! | |||||
| Image:LocationSovietUnion.png | |||||
| Langue officielle | Russe | ||||
| Capitale | Moscou | ||||
| Dernier président | Mikhaïl Gorbatchev | ||||
| Superficie - Total - % eau | Classée 1re avant sa chute 22 402 200 km² xx% | ||||
| Population
| Classée 3e avant sa chute
| ||||
| Création
| Révolution russe | ||||
| Monnaie | Rouble | ||||
| Fuseau horaire | UTC +3 à +11 | ||||
| Hymne national | (1922-1944) L'Internationale, (1944-1991) Hymne de l'Union Soviétique | ||||
| Domaine Internet | .SU (encore en usage) | ||||
Géographie de l'URSS
Durant son existence, l'URSS était sans doute le pays/empire le plus étendu que le monde ait jamais connu (22 402 200 km²). C'était également l'un des pays les plus variés, avec plus de 100 ethnies différentes présentes sur son territoire.
La population totale était estimée à 288 millions en 1990. L'Union soviétique était si étendue que, même après son effondrement, la Russie - qui succéda à l'URSS - demeure le pays le plus étendu du monde (devant le Canada), et reste un pays très diversifié, avec des minorités telles que les Tatares, les Oudmourtes et bien d'autres ethnies non russes.
Histoire de l'URSS
La Révolution russe et l'entre-deux guerres
Des révolutions à la guerre civile (1917-1921)
Depuis le XIXe siècle, la Russie tsariste connaissait une agitation révolutionnaire qui allait en s'aggravant après 1905 et la défaite russe dans le cadre de la Guerre russo-japonaise. L'agitation politique culmina en 1917 suite aux pénuries causées par la Première Guerre mondiale et aboutit à la chute du gouvernement impérial et à l'abdication de Nicolas II en mars 1917 suite à la Révolution de février.
Malgré la mise en place d'un gouvernement à visées démocratiques, l'agitation ne s'arrêta pas. Les bolchéviques, parti révolutionnaire représentant les soviets et mené par Lénine renversèrent le gouvernement provisoire lors de la Révolution d'octobre1917.
Pendant la période entre 1917 et 1922, l'empire se scinda en républiques "soviétiques" dont le principe de fonctionnement était le centralisme démocratique basé sur les soviets. L'organe législatif était le soviet suprême tandis que le pouvoir éxécutif était entre les mains du bureau politique du parti bolchévique (le Politburo).
La plus importante des républiques, et celle qui se considérait comme l'héritière de l'empire, était la république socialiste soviétique de Russie, qui recouvrait le territoire actuel de la Russie et dont le politburo était formé par Lénine, Trotsky, Staline, Kamenev et Nikolai Krestinsky, Lénine en étant le véritable leader.
La jeune république bolchévique décida de se sortir de la Première Guerre mondiale en concluant une paix séparée avec l'Allemagne. Un armistice conclu en décembre 1917 aboutit au traité de Brest-Litovsk en mars 1918 qui consacrait en pratique la défaite de la Russie qui cédait au vainqueur la majeure partie de l'Ukraine, la Biélorussie, les Pays baltes et la Pologne (la majorité des territoires cédés seront récupérés après la défaite allemande, sauf les Pays baltes et la Pologne).
Le pouvoir des bolchéviques était cependant fragile, et jusqu'en 1921, la guerre civile combinée à l'intervention ouverte des états occidentaux fit rage, provoquant des millions de morts.
Le communisme de guerre (1918-1921)
Pour faire face aux problèmes posés par la guerre civile et l'offensive militaire de pays étrangers (Allemagne, Angleterre, France), et afin d'assurer l'approvisionement des villes et de l'armée, Lénine décrète le "communisme de guerre", dont les mesures essentielles sont :
- Nationalisation des industries et du commerce
- Production planifiée de manière centralisée par le gouvernement
- Stricte discipline pour les travailleurs (les grévistes pouvaient être fusillés)
- Travail obligatoire des paysans
- Interdiction de l'entreprise privée
- Réquisition de la production agricole au-delà du minimum vital pour les paysans
- Rationnement et centralisation de la distribution de nourriture
Les éléments de la dictature communiste se mettent aussi en place à cette époque
- Création de l'Armée rouge : recrutés d'abord sur la base du volontariat, les soldats subissent ensuite la conscription.
- Mise en place d'une police politique et de tribunaux d'exception, chargés d'arrêter et de juger les ennemis du communisme, les Blancs
- Le parti communiste devient peu à peu parti unique
- La censure de la presse et de la radio, qui tombent dans les mains du parti
- La IIIe Internationale (ou Komintern) devient l'instrument du pouvoir communiste. Les partis communistes étrangers doivent être inféodés à Moscou et obéir aveuglément. Les révolutions de 1919 en Allemagne et en Hongrie, ainsi queles grèves dans la plupart des pays européens font penser aux soviétiques que la Révolution devient mondiale. Mais l'écrasement des Spartakistes et la démission de Bela Kun mettent fin à ces espoirs.
Grâce au communisme de guerre, Lénine et le parti communiste parviennent à se maintenir au pouvoir. Ils remportent la guerre civile et le danger d'une restauration monarchique est écarté.
La police politique
La survie de l'État dépendait beaucoup d'une surveillance de ses citoyens par la police politique. Dès 1917, la Tcheka fut fondée, pour prendre ensuite les noms de GPU (Guépéou), OGPU, MVD (Ministerstvo Vnutrennih Del), NKVD (Narodnyi Komissariat Vnutrennih Del), puis finalement KGB (Komitet Gosudarstvennoi Bezopasnosti). La police politique était chargée de liquider les "poux" et autres "agents capitaliste" avec des méthodes expéditives. Elle était aussi chargé de la traque des dissidents, de leur expulsion du parti et de leur jugement pour activités contre-révolutionnaires.
La naissance d'une nation (1921-1924)
Naissance de l'URSS
L'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) naît en 1922. Une constitution est rédigée en 1924 ; elle regroupe plusieurs républiques correspondant à un peuple. L'URSS était un État fédéral dans lequel chaque république est égale en droits. Les organes fédéraux soumis au Parti communiste contrôlent la défense, le commerce extérieur et les transports. Dans les faits la Tchéka et l'Armée Rouge surveillent étroitement ces républiques dont les présidents sont désignés par Moscou.
Les soviets
Le Parti Communiste de l'Union Soviétique (PCUS) devint rapidement le seul parti légal. Le pays était théoriquement gouverné par des soviets élus démocratiquement au niveau régional et local. Néanmoins, en pratique, chaque niveau de gouvernement était dirigé par la branche correspondante du parti communiste (nomenklatura). La plus haute autorité législative était le Soviet suprême. Le plus haut organe exécutif était le Politburo.
La NEP (1921-1929)
Après la guerre civile (1921) et les nationalisations, le pays se trouve dans une situation humaine et économique désastreuse. La famine sévit (5 millions de morts) et les paysans se soulèvent contre les réquisitions. Lénine décide alors d'abandonner les nationalisations dans l'agriculture, et met en œuvre la NEP ou Nouvelle Politique Économique, d'essence capitaliste (celle-ci donnant droit à une propriété privée). Les réquisitions sont remplacées par un impôt en nature peu élevé.
Pour expliquer le passage à la NEP, Lénine dit que "[le pays] n'était suffisamment civilisé pour le socialisme", se référant au fait que la Russie était encore une société essentiellement agraire avec une base industrielle encore faible et ne correspondait donc pas aux critères permettant le socialisme. La NEP devait également rassurer les pays occidentaux capitalistes.
La NEP atteint les résultats escomptés en permettant à l'économie de se relever des résultats désastreux de la guerre. La famine rampante disparut virtuellement et la classe paysanne s'enrichit. Les paysans aisés sont appelés les koulaks ; dans les agglomérations, les nepmen constituent une bourgeoisie riche.
La NEP était généralement considérée comme étant une mesure provisoire et était extrêmement critiquée par les marxistes purs du parti bolchévique. Ces derniers voyaient la NEP comme une trahison des principes socialistes et voulaient une économie intégralement planifiée.
Il semble que Lénine considérait que la NEP devrait être maintenue, mais à l'approche de sa succession, les oppositions au sujet de la NEP cristalisèrent les oppositions au sein du politburo.
La succession de Lénine (1922-1929)
Dès 1922, la santé de Lénine décline suite à des attaques cérébrales. La lutte pour le pouvoir opposa principalement Staline et Trotsky notamment au sujet de la NEP. Le pouvoir se trouva peu à peu concentré dans les mains de Joseph Staline qui écarta Léon Trotski qui finit par être exilé. Il fut assassiné par un agent stalinien au Mexique en 1940.
Après avoir réussi à éliminer toute opposition au sein du parti, Staline devint le dirigeant suprême de l'Union soviétique de 1929 à 1953, année de sa mort. Du point de vue politique, ce fut une période de dictature totalitaire.
Collectivisation et Planification économiques (A partir de 1929)
Abandon de la NEP
Staline ne forgea pas immédiatement sa doctrine au sujet de la NEP. Sans doute est-il exact de dire que ses changements d'opinion tenaient plus de la tactique politique que de la doctrine, ce qui lui permit de se débarasser des uns et des autres.
En définitive, la "richesse" des Nepmen et des Koulaks l'amena à les considérer comme une nouvelle classe capitaliste rendue responsable de l'augmentation du chômage et de l'inflation.
Staline finit par se forger une doctrine qui excluait l'économie de marché tout en se concentrant sur le développement économique et industriel du pays.
La collectivisation des campagnes
À partir de 1929, Staline décide de supprimer la propriété privée dans les campagnes : le bétail, les outils, les terres doivent être mises en commun. Les moyens de production agricole sont regroupés dans les kolkhozes ou dans des sovkhozes.
Cette collectivisation forcée provoque des résistances : plutôt que donner leurs troupeaux, les paysans les abattent pour les consommer immédiatement. Face à ces émeutes, Staline accorde à chaque kolhozien un lopin de terre.
Les koulaks doivent être éliminés en tant que classe. Entre 1929 et 1935 plus de deux millions de paysans sont déportés. Leurs biens sont confisqués.
La planification de l'économie
Il s'agissait de prévoir les activités économiques selon des plan quinquennaux et qui fixaient les objectifs obligatoires de production. Ces plans quinquennaux donnaient la priorité aux industries lourdes en laissant de côté les industries de consommation.
L'industrialisation de l'URSS
La Russie du début du XXe siècle était encore très rurale et agricole. Staline voulait développer l'industrie lourde et faire de l'URSS une puissance économique majeure.
Les moyens utilisés sont ceux d'une économie planifiée et centralisée et d'une organisation politique totalitaire :
- quotas extrêmement durs à remplir : les mineurs travaillaient de 16 à 18 heures par jour
- sanctions dures en cas de non réalisation des quotas, pouvant aller jusqu'à l'accusation de trahison
- utilisation de la main d'œuvre gratuite des prisonniers des goulags. Ils construisent des barrages (sur le Dniepr), des canaux (entre la mer Baltique et la mer Blanche ; canal Moscou-Volga ; canal Volga-Don). Les villes de Vorkouta, Norilsk, Komsomolsk, Bratsk, Balkhach et Magadan sont construites par les détenus.
- création de combinats industriels en Ukraine, dans l'Oural et en Sibérie.
- sanctions contre les mauvais ouvriers : instauration du livret ouvrier dès 1938 qui comptabilisait les retards et les absences.
Selon certaines estimations, 127 000 travailleurs payèrent de leur vie la mise en place du premier plan quinquennal (de 1928 à 1932). Par ailleurs, l'allocation prioritaire des ressources à l'industrie, combinée à la diminution de la productivité agricole, provoqua de nouvelles famines. Le plan quinquennal fut cependant "bouclé" en 4 ans. De 1928 à 1932, la production d'acier avait triplé, celle de charbon avait doublé.
Bilan de la politique économique en 1939
En dix ans, l'URSS a accompli un bond remarquable du point de vue industrialisation au détriment de la production insuffisante de biens de consommation et d'un niveau de vie médiocre de la population. Suite au second plan quinquennal, la production d'acier a grimpé à 18 millions de tonnes, celle de charbon à 128 millions de tonnes. Avant son interruption par la guerre, le troisième plan avait permis d'atteindre 18 millions de tonnes d'acier et 150 millions de tonnes de charbon. Certains estiment que sans cette industrialisation forcée, l'histoire de la seconde guerre mondiale aurait été différente.
la dictature de Staline (1929-1953)
Staline mît en place un système totalitaire sur lequel il régnait en despote absolu et reposant sur deux piliers : la propagande, mettant en œuvre une véritable culte de la personnalité (il était appelé le "petit père des peuples") et la répression, s'appuyant notamment sur Le NKVD, police politique toute-puissante.
Selon certaines estimations, entre 1921 et 1954, 3,7 millions de personnes furent condamnées pour des crimes contre-révolutionnaires; parmi eux, 600 000 furent condamnés à mort, 2,4 millions emprisonnés ou envoyés dans des camps de travail (les Goulags), et 800 000 condamnés à l'expatriation.
La Seconde Guerre mondiale - La grande Guerre Patriotique
L'industrialisation à marche forcée contribua à la victoire de l'URSS sur l'Allemagne pendant la Seconde Guerre mondiale (connue, en Union Soviétique et en Russie, comme la "Grande Guerre Patriotique"). L'Armée rouge réussit à arrêter l'avance à l'est des armées du Reich.
Quoique l'Union Soviétique ait reçu d'importantes aides en armes et matériels des États-Unis, sa production de matériel de guerre était plus importante que celle de l'Allemagne du fait de l'importante augmentation de la production industrielle entre les deux guerres.
Le pacte Germano-soviétique et le déclenchement de la guerre
Afin d'assurer l'influence soviétique sur l'Europe de l'est, Staline conclut, le 23 août 1939, le Pacte Molotov-Ribbentrop avec l'Allemagne nazie. Il s'agissait d'un pacte de non-agression qui contenait une annexe secrète attribuant l'est de la Pologne, la Lettonie, l'Estonie et la Finlande à l'Union Soviétique, tandis que l'ouest de la Pologne et la Lituanie étaient attribués à l'Allemagne.
L'Allemagne envahit la Pologne le 1er septembre, l'Union Soviétique suivant le 17. La Finlande ayant rejeté les prétentions territoriales de l'URSS, celle-ci envahit la Finlande le 30 novembre. La campagne fut difficile, mais par une paix signée à Moscou le 12 mars 1940, l'URSS obtenait l'annexion de la Carélie. Suite au déclenchement de cette guerre, l'URSS avait été expulsée de la Société des Nations le 14 décembre 1939.
Opération Barbarossa
Le 22 juin 1941, l'Allemagne rompt le pacte de non-agression et attaque l'Union Soviétique.
L'invasion nazie prit l'URSS par surprise et dans un état de relative impréparation. Certains historiens estiment que les Grandes purges des années 1936-1938, au cours desquelles 40 000 oficiers auraient été emprisonnés ou liquidés, ne sont pas étrangères aux premières difficultés de l'Armée rouge.
Les troupes du Reich atteignirent les environs de Moscou en décembre 1941, mais avaient atteint leur extension maximale, des troupes devant aller consolider le flanc sud de l'attaque.
Le tournant de la guerre
Le tournant de la campagne fut la Bataille de Stalingrad en 1942 et 1943, que l'Armée rouge remporta après avoir perdu un million d'hommes. L'armée rouge avait dès lors repris l'initiative, surtout après la Bataille de Koursk en juillet 1943, et commenca à regagner du terrain sur l'armée allemande. En avril 1945, l'Armée rouge pénètre Berlin, le 30 avril le drapeau rouge flotte sur le Reichstag, et la capitulation sans condition est signée le 8 mai.
L'impact et les suites de la guerre
L'URSS supporta l'essentiel de l'effort de guerre sur le théatre d'opérations européen jusqu'à ce que les Alliés ouvrent un second front en Europe suite au débarquement en Sicile, en 1943, et en Normandie. Environ 28 millions de soviétiques perdirent la vie, parmi lesquels 17 millions de civils, et les infrastructures du pays avaient été virtuellement anihilées.
Ceci explique peut-être partiellement l'attitude des soviétiques après la guerre, déterminés à punir les peuples ayant collaboré avec l'Allemagne et à occuper d'importants territoires. Des millions de lithuaniens, lettons, géorgiens, ukrainiens et autres minorités ethniques furent massivement déportés dans des goulags en Sibérie.
Pendant la guerre, les négociations entre les Alliés aboutissent à la mise en place de deux zones d'influences, suivant les accords de Yalta et de Potsdam.
L'Union soviétique met en place des régimes dits de « Démocraties populaires », qui lui sont dévoués dans les pays d'Europe centrale, y compris dans la partie de l'Allemagne sous son contrôle. La ligne frontière séparant cet ensemble de pays de l'Europe occidentale, et dénommée par les occidentaux Rideau de fer, est par la suite le théâtre de la Guerre froide
L'après guerre
La Guerre froide
Depuis 1945 et quasiment jusqu'à sa chute, l'Union soviétique sera opposée aux États-Unis dans ce qu'on appellera la Guerre froide, chacun des protagonistes essayant d'augmenter sa sphère d'influence au détriment de l'autre, et souvent des pays concernés.
L'URSS avait réuni, dans tout l'est de l'Europe, un ensemble de pays satellites (Tchécoslovaquie, République démocratique allemande, Hongrie, Pologne, Roumanie, Bulgarie, Albanie). Ces pays étaient regroupés au sein du Pacte de Varsovie. Les États-Unis avaient formé, avec l'Europe de l'Ouest, l'Organisation du Traité de l'Atlantique nord (OTAN).
Outre l'Europe, l'URSS et les États-Unis s'opposaient, souvent par "mouvements de libération" interposés, dans divers endroits du monde, notamment en Amérique du Sud et en Afrique.
La succession de Staline (Khrouchtchev)
Après la mort de Staline en mars 1953, Nikita Khrouchtchev devint Premier Secrétaire du Comité Central du Parti tandis que Gueorgui Malenkov devient premier ministre. Beria, le chef du NKVD, qui pouvait prétendre à la succession est arrété en juin 1953 et exécuté peu de temps après, en décembre 1953. La nouvelle direction du pays déclara une amnistie pour certaines catégories de prisonniers et relacha quelque peu la carcan qui enserrait les libertés publiques.
Khrouchtchev consolida peu à peu son pouvoir personnel et pendant le 20e congrès du Parti Communiste, il prononça, le 25 février 1956, un discours sur "le culte de la personnalité et ses conséquences" au cours duquel il dénonça le culte de la personnalité entretenu par Staline ainsi que la dictature qu'il avait fait subir à l'URSS et les crimes de cette période.
L'impact de ce discours fut immense et détruisit la légitimité des staliniens qui lui étaient encore opposés. S'ensuivirent de nouvelles mesures de démocratisation de la vie publique, la libération de dissidents, et la mise en place d'une économie plus favorable aux biens de consommation par rapport aux plans quinquennaux précédants.
La même année, les troupes soviétiques réprimèrent dans le sang la révolution hongroise : de 25 000 à 50 000 hongrois et 7 000 soldats de l'Armée rouge perdirent la vie, tandis que près de 250 000 hongrois quittaient le pays. Cet événement fut, pour l'opinion occidentale favorable à l'Union Soviétique et au communisme, un premier choc sérieux.
Khrouchtchev dut encore se défendre en 1957 contre les menées de staliniens voulant remettre son pouvoir en place, mais il les défit. On nota cependant que les prétendants écartés ne furent pas exécutés, comme du temps de Staline, mais simplement éloignés. Khrouchtchev devint enfin Premier Ministre le 27 mars 1958.
La période de 10 ans qui suivit confirma cette nouvelle tendance : le pouvoir politique avait pris le pas sur la coercicion pure et simple, le parti reprenant le rôle premier par rapport à la police secrète et à l'armée.
Au cours de cette période, également, l'URSS confirma sa place de super puissance et défiait les États-Unis, souvent sur leur propre terrain. Cuba, pays socialiste supporté par l'URSS, devint le centre de cette opposition lors de la Crise des missiles de Cuba en octobre 1962.
En 1957, les soviétiques envoyèrent dans l'espace le premier satellite artificiel, Spoutnik et le premier être vivant dans l'espace, Laïka. En 1961, Youri Gagarine, fut le premier homme dans l'espace, et en 1963, Valentina Tereshkova la première femme.
Sans doute partiellement à cause de l'affaire des missiles, Khrouchtchev fut déposé lors d'une réunion du Comité Central du Parti le 13 octobre 1964.
Léonid Brejnev
Suite au départ de Khrouchtchev, Brejnev devient premier secrétaire du parti, Alexeï Kossyguine premier ministre et Anastase Mikoyan chef de l’État.
Sous Brejnev, le régime soviétique se durçit à nouveau, la police politique (le KGB), dirigée par Iouri Andropov retrouvant la plus grande partie du pouvoir dont elle avait joui sous Staline, cependant sans les excès les plus terribles.
Une des crises les plus graves de l'époque de Brejnev fut celle du Printemps de Prague en 1968, lorsque les tentatives de la Tchécoslovaquie d'introduire un "socialisme à visage humain" finit par être réprimée par l'Armée rouge, sans toutefois les excès de la répression de la révolution hongroise.
Sur le plan international, le règne de Brejnev fut marqué par une certaine détente avec les États-Unis (avec notamment la signature de traités de limitation des armes et le traité d'Helsinki).
En décembre 1979, Brejnev intervint en Afghanistan pour soutenir le régime communiste en place. Cet événement mit un coup de frein à la détente, provoquant un embargo par les États-Unis, la fourniture d’armements aux rebelles talibans et le boycott des Jeux Olympiques de Moscou en 1980.
En mars 1982 Brejnev souffrit d'une crise cardiaque. Son pouvoir n’était plus que fantomatique et il mourut en novembre.
L'inter-règne, Mikhaïl Gorbatchev et la chute de l'empire
Après la rapide succession de Iouri Andropov (1982-1984) et de Konstantin Tchernenko (1984-1985), deux vieillards dans la droite ligne de Brejnev, Mikhaïl Gorbatchev, un énergique dirigeant de 53 ans, devint Premier Secrétaire du Parti.
Constatant la déliquescence du pays et de son économie, Gorbatchev tente tout d'abord de sortir son pays de l'impasse que devient la guerre froide. En effet, Ronald Reagan avait lancé un réarmement massif des États-Unis en orientant sa recherche et ses investissements vers des types d'armement à très haute valeur technologique, entraînant ainsi l'URSS, sous peine d'obsolescence, dans une course rapide qu'elle ne pouvait que perdre vu son retard technologique et son économie en grave crise.
Gorbatchev initia donc avec Reagan une série d'initiatives qui aboutirent à une détente certaine et à la signature d'accords de désarmement. Gorbatchev obtint le Prix Nobel de la paix pour ces efforts en 1990. Cette époque fut marquée par la chute du Mur de Berlin.
Se débarasser de cette contrainte externe n'était cependant pas suffisant, et sans abandonner le dogme central du socialisme, Gorbatchev lança la Glasnost ("transparence", politique d'informations libres) et la Perestroïka ("restructuration", nouvelle politique sociale et économique), cherchant une voie intermédiaire entre les "traditionalistes" attachés au régime (la nomenklatura) et les "réformistes", tels Boris Ieltsine qui lui reprochaient la lenteur des réformes.
Pourtant il était trop tard, et Gorbatchev ne réussit pas à corriger les failles qui minaient l'état depuis des décennies. En juin 1990, Boris Ieltsine, Président du Soviet Suprême de la république de Russie déclara la souveraineté de la Russie et démissionna du parti communiste. En août 1991, un putsch mené par des membres du gouvernement opposés aux réformes montra à quel point la position de Gorbatchev s'était fragilisée. Le complot échoua en partie grâce à l'intervention de Boris Ieltsine, le président de la république de Russie qui confirma de ce fait sa position de chef de file des réformistes.
Au cours de l'automne 1991, tandis que les républiques constituante de l'URSS proclamaient, l'une après l'autre, leur indépendance sans que Gorbatchev se résolve à -ou ait la possibilité de- s'y opposer par la force, le gouvernement Russe prit peu à peu l'ascendant, reprenant, ministère par ministère les fonctions auparavant assurées par l'Union. Ainsi, Gorbatchev tout en étant président de l'Union Soviétique perdait peu à peu prise.
En novembre 1991, le Président Russe Boris Ieltsine publia un décret qui interdisait le Parti Communiste d'Union Soviétique sur le territoire de la république de Russie. Le 8 décembre 1991, les chefs de la Russie, de l'Ukraine et de la Biélorussie publièrent une déclaration selon laquelle l'Union Soviétique était dissoute et remplacée par la Communauté des États indépendants (CEI).
Gorbatchev était encore Président, mais sans pays et son pouvoir ne signifiait plus rien. Le 25 décembre 1991, Gorbatchev remit sa démission en tant que président de l'Union Soviétique et remit ses pouvoirs à Boris Ieltsine. Le jour suivant, l'Union Soviétique était officiellement dissoute.
Communauté des États indépendants
La Communauté des États indépendants, créée en décembre 1991, a comme membres les républiques suivantes : Arménie, Azerbaïdjan, Belarus, Kazakhstan, Kirghizstan, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine et Géorgie.
Il s'agit d'une union dont le projet ressemble à celui de l'Union Européenne sans que celui-ci ait beaucoup avancé.
Régime politique (A développer)
Quelques bilans
Bilan économique - l'impasse de l'économie planifiée
L'entre deux guerre et l'après guerre furent des périodes de croissance économique importante que l'on peut, pour une bonne part, attribuer au mariage de la planification et du travail forcé.
Lorsque la croissance se ralentit dans les années 60, cela fut considéré comme un phénomène normal dans une économie avancée. Pourtant, les années '70 et '80 démontrèrent que la problème était plus profond.
Les responsables de la planification avaient été incapables de prévoir les problèmes économiques, et, pire, le concept même d'économie planifiée ne semblait pas pouvoir fonctionner dans le cadre d'une économie moderne et changeante, spécialement lorsque l'administration de la planification est confiée à une bureaucratie sclérosée et une nomenklatura plus attachée à ses privilèges qu'au service de l'état.
Le maréchal Nikolaï Orgakov avait publié, à partir de 1979, une série d'articles, dans la presse du parti communiste, qui expliquaient de façon alarmiste, que les américains avaient une et même deux génération d'avance en électronique et en informatique, et sans possibilité de pouvoir les rattraper.
En 1983, une enquête non-conformiste -- le rapport de Novosibirsk -- réalisée par des universitaires avec l'approbation même d'Youri Andropov, le successeur (1982-1984) de Leonid Brejnev aboutissait à la conclusion suivante : « Qui pourrait déclencher une guerre contre nous, alors que, dans douze ou quinze ans, nous aurons disparu en tant qu'État souverain ? ... Un État dont plus de la moitié de la population adulte est constituée d'alcooliques et d'ivrognes n'est pas capable d'assurer sa défense... »
Bilan sanitaire et social en 1989
Cette situation économique et sociale de la population est tirée du livre de Françoise Thom Le moment Gorbatchev (édition Pluriel-Hachette 1989, 280 pages) dont les données proviennent entièrement de sources soviétiques.
- 40% des familles vivent avec moins de 100 roubles par mois (50 francs au change libre) soit 9,68 € valeur 2002.
- Une famille soviétique moyenne consacre 59% de ses revenus à l'achat de denrées alimentaires, pour l'essentiel des denrées de survie et la plupart du temps de mauvaise qualité et surdosées en engrais et en pesticides. Il faut faire bouillir la « crème fraîche » pour éviter les intoxications, le saucisson verdit à la lumière, il y a pénurie de fruits et de légumes. Selon les régions, des carences vitaminiques graves touchent 20 à 60% de la population.
- 15% de la population n'a pas de logement, 35% disposent de moins de 9 m² et 17% vivent en appartement communautaire, en foyer ou en meublé.
- Un tiers des villes souffrent d'une pénurie en eau, 42 villes connaissent d'importantes pénuries de chauffage, 300 villes sont dépourvues de canalisations, la moitié des écoles du pays ne sont ni chauffées, ni alimentées en eau courante, 80% des maladies infantiles ont pour cause l'insalubrité de l'eau, 7% des habitations rurales disposent du gaz.
- Le taux de divorce est de 34,7%, 90% des enfants des orphelinats ont été abandonnés par leurs parents pour cause de pauvreté, le pays pratique onze millions d'avortements par an. 4,8% des bébés n'atteignent pas l'âge d'un an (0,76% en France à la même époque). Dans certaines régions, comme l'Ouzbékistan où le taux de mortalité réel est supérieur à 18%, certaines naissances ne sont enregistrées que lorsque les chances de survie du bébé sont suffisamment établies après la première année. Le taux des naissances de prématurés est de 20%, 5% des bébés présentent des malformations génétiques graves et 2,5% sont victimes de paralysie cérébrale en raison de traumatismes subis à la naissance.
- L'espérance de vie officielle est de 65 ans pour les hommes et de 67 ans pour les femmes. En moyenne, chaque année entre 1965 et 1985, 1 million de personnes sont mortes du cancer du poumon, 1 million de tuberculose et presque autant d'hépatite B, de malaria, de choléra et du typhus. Les maladies dites infantiles (rougeole, scarlatine et coqueluche) sont aussi la cause de très nombreux décès d'enfants et même d'adultes. Quarante millions de personnes (30% de la population active) sont considérés comme « cliniquement alcooliques ».
- 4% du budget national est consacré à la Santé, mais sur ce budget 50% est réservé à la IVe Direction du ministère, qui ne traitent que les personnes appartenant à la Nomenklatura communiste. 30% des hôpitaux publics n'ont pas de canalisations et 35% n'ont pas l'eau chaude. De façon générale, les hôpitaux sont très sales et sont des foyers d'infection. Leurs services manquent de draps, de vaisselle, de thermomètre et même de fil pour les chirurgiens. Le temps d'attente pour une opération dépasse souvent les huit mois. La qualité des soins et du service dépendent des pots-de-vin versés au personnel soignant.
Les forces armées
Autant le bilan social et sanitaire était catastrophique, le bilan militaire était florissant :
- Au niveau armements nucléaires, l'URSS a atteint et maintenu la parité avec les États-Unis, dès la fin des années 1970.
- Ses chercheurs, et ses ingénieurs, ont mis au point entre 1965 et 1976, deux fois plus d'armes et de systèmes de destructions et de protection que les États-Unis.
- Ses forces armées totalisent 5 millions de combattants d'active et 6,5 millions de réservistes entraînés.
- L'armée rouge aligne 50 divisions susceptibles d'être engagées sans délais et 30 autres mobilisables à bref délais. Elle est totalement motorisée et constamment rééquipée en fonction de l'innovation technologique, en chars, canons, véhicules de transport et systèmes de communication.
- Elle dispose de la plus grand flotte aérienne de tous les temps, de la plus grande flotte de sous-marins nucléaires du monde, et d'une flotte de navires de surface largement supérieure en tonnage à celle des États-Unis, à l'exception des porte-avions.
Démographie
Regards socialistes sur l'URSS
Il existe trois visions de l'URSS de la part de ceux qui se réclament du socialisme :
- pour les staliniens, c'était un « Etat socialiste » ;
- pour Trotsky et la majorité des trotskystes, à partir de 1927 c'était un « État ouvrier dégénéré » ;
- pour les communistes démocratiques, les luxembourgistes, les situationnistes, les anarchistes, les bordiguistes et certains trotskystes (Natalia Sedova-Trotsky, Grandizo Munis, Tony Cliff...), c'était un « capitalisme d'État » : c'est-à-dire qu'il s'agissait d'une économie capitaliste avec un exploiteur unique, la bureaucratie d'État.
Pour expliquer le fait que l'URSS aurait tourné le dos aux principes du socialisme, des éléments sont avancés :
- Le détournement du concept de dictature du prolétariat : Léon Blum déclare en décembre 1920 que "la situation en Russie, ce n'est pas la dictature du prolétariat, mais la dictature sur le prolétariat" ; Herman Gorter écrit à Lénine en mars 1921 "vous vouliez la dictature du parti, c'est-à-dire de quelques chefs".
- L'absence de révolutions « socialistes » dans d'autres pays d'Europe et du monde, condamnant l'URSS à l'isolement.
- Le faible développement de la Russie en 1917, notamment la faiblesse du prolétariat.
- Le contexte des premières années, avec la guerre civile et les attaques militaires venues d'autres pays.
- L'interdiction du débat démocratique en Russie par les bolcheviks. Rosa Luxemburg estimait en septembre 1918 que « sans une liberté illimitée de la presse, sans une liberté absolue de réunion et d'association, la domination des larges masses populaires est inconcevable ».
- L'autoritarisme des bolcheviks (Trotsky, Lénine, Staline et autres...) et du léninisme.
Voir aussi
Liens internes
- Liste des républiques soviétiques
- Armée rouge
- Capitalisme d'État > Socialisme > IIIe Internationale > Parti communiste français
- Calendrier révolutionnaire soviétique
- Caem
- Dirigeants de l'URSS :
- Génocide
- Kishka
- Kronstadt
- Rosa Luxemburg
- Karl Marx > marxisme
- Mouvements révolutionnaires
- Anton Pannekoek
- Première Guerre mondiale > Seconde Guerre mondiale > Guerre froide
- Révolution russe > Russie
- Putsch de Moscou
Liens externes
Bibliographie
- Sabine Dullin, Histoire de l'URSS, Paris, La Découverte, 2003, Collection : Repères, 123 pages, ISBN : 2707141283.
- Martin Malia, La tragédie soviétique. Histoire du socialisme en Russie (1917-1991) [1994], Paris, Le Seuil, 1995.
- Boris Souvarine, Cauchemar en URSS, 1937, Agone, ISBN : 2-910846-35-0.
- Anne de Tinguy, Maris-Agnès Crosnier Les années Gorbatchev : l'URSS de 1985 à 1991, Paris, la Documentation française, 1993, 172 p.



