Tshwane
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Tshwane (prononcez Tésouâné) - Apies en afrikaans soit petit singe en langue Tswana- est le nom de l'agglomération qui englobe la ville de Pretoria en Afrique du Sud.
Cette conurbation de 2 millions d'habitants comprend treize anciennes municipalités dont certaines sont situées à plus de 80 km de la ville-centre de Pretoria.
Deux seulement de ces treize anciennes municipalités sont des villes majoritairement blanches (Pretoria et Centurion).
Bien que les blancs ne réprésentent plus qu'entre 30 et 40 % des habitants de la municipalité, ils représentent 90% des contribuables personnes physiques.
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Historique du nom de Tshwane
Plusieurs versions existent sur l'origine du mot Tshwane:
- Pour la plus ancienne version, Tshwane signifie « petit singe » en Tswana et était le nom par lequel les tribus indigènes désignaient la petite rivière locale. A leur installation, les Boers reprirent ce nom, traduit littéralement en afrikaans par « Apies », pour désigner cette même rivière près de laquelle ils édifièrent la ville de Pretoria en 1855.
- En 2000, pour baptiser la nouvelle conurbation métropolitaine englobant Pretoria, les autorités municipales dominées par l'ANC avaient choisi Tswhane au prétexte que c'était le nom historique antérieur à Pretoria, utilisé par les africains pour désigner la capitale sud-africaine. Selon cette version, Tshwane aurait été le nom du fils d'un chef tribal nommé Mushi, établi dans la région plus de 100 ans avant l'arrivée des Boers. La tribu du Chef Mushi aurait été elle-même originaire du zoulouland et se serait établie aux bords de la rivière qu'il fit appeler Tshwane en l'honneur de son fils. Cependant, aucun document historique ou contemporain n'avait attesté cette version historique de Tshwane d'autant plus que jusqu'en 2000, le seul autre nom utilisé par les africains pour désigner Pretoria était "ePitoli", traduction de Pretoria en zoulou.
- En 2003, le maire de Tshwane demande le changement du nom de la ville même de Pretoria afin qu'elle prenne le seul nom de Tshwane, qui serait l'authentique nom africain de Pretoria, et qui signifierait maintenant « nous sommes semblables », plus esthétique que « petit singe ».
Pour les partisans du changement de nom, si ils conviennent que ce sont bien les Boers qui ont fondé la ville de Pretoria en 1855, celle-ci aurait cependant dû porter le nom de Tshwane en raison du nom antérieur du site sur lequel a été batie la ville. Le choix de Tshwane au lieu de "ePitoli", en langue zoulou (d'avantage utilisé par les africains pour désigner Pretoria), s'explique par le fait que la ville est située dans une région à majorité de langue tswana. Mais la remise en cause de l'existence ou de la cohérence du choix de Tshwane par les chefs ndébélés locaux de langue tswana a sérieusement remis en cause toute cette argumentation. Si il venait à être prouvé que Mushi et Tshwane étaient sortis de l'obscurité ou de l'imagination des dirigeants municipaux de l'ANC pour des raisons politiciennes et racistes, ce serait alors la preuve de l'existence d'une volonté politique délibérée de porter atteinte à la culture afrikaans de la majorité blanche et afrikaner de la ville au mépris des droits et de la protection des minorités exprimés dans la constitution de 1996.
La Bataille de Pretoria
Image:Hotel de ville de Pretoria.jpg Après des tentatives avortées en 2003 et 2004, c'est en 2005 que la municipalité du prêtre catholique Smangaliso Mkhatshwa annonce le changement de nom de la ville de Pretoria en Tshwane pour symboliser la renaissance africaine. Il doit alors faire faxce à de très fortes résistances de la plupart des partis d'oppositions, de la quasi totalité des habitants blancs de Pretoria et les réserves de plusieurs membres nationaux de l'ANC.
Cette initiative s'inscrit dans une politique plus générale des autoritées locales dirigées par l'ANC pour africaniser les noms des lieux afin d'effacer les traces du colonialisme. Dans les faits, la toponymie afrikaner est principalement visée, notamment dans la province du Limpopo où l'histoire a carrément été falsifiée pour imposer les changements de noms, faisant disparaitre la quasi-totalité des noms d'origine afrikaners.
Une décision unilatérale et complexe
Au début du mois de février 2005, les instances régionales de l'ANC prennent d'abord position en faveur du maintien du nom de Pretoria, capitale d'Afrique du Sud, au sein de la grande municipalité de Tshwane. Pour se justifier, ils invoquent la réalité historique, la réconciliation nationale ou encore rappellent le deal passé en 1994 avec le Parti national de ne jamais débaptiser Pretoria, la ville symbole du nationalisme afrikaner. Cependant, afin de ne pas vexer une base militante plus radicale ou de contredire le gouvernement de la municipalité de Tshwane, elles adoptent une position plus complexe consistant à demander la limitation de la dénomination de Pretoria au seul quartier du centre historique (Central Business District), excluant ainsi les 3/4 de la ville dont tous les quartiers résidentiels (Arcadia, Brooklyn, Hartfield...) et les Unions Buildings qui feraient ainsi parties de la municipalité stricto sensu de Tshwane.
Alors que le maire ANC de Tshwane, Smangaliso Mkhatshwa, n'hésite pas à assimiler ses décisions à la volonté de la majorité son porte parole, William Baloyi, ajoute que le nom de la ville sera changé de gré ou de force et refuse que le droit des minorités s'érige en rampart contre la décision de la majorité. D'ailleurs, Mkhatshwa revendique son intolérance pour le colonialisme et les Afrikaners qui y sont assimilés. Il refuse dès lors de communiquer aux partis d'oppositions du conseil municipal les conclusions des commissions sur le changement toponymique. Pour Mkhatshwa et Baloyi, le changement de nom n'est pas discutable et doit être imposé à tous par la majorité municipale.
Mais pour de nombreux Sud-africains, surtout blancs, cet épisode démontre la carence de qualité et de culture démocratique des élus locaux de l'ANC, dont l'esprit revanchard a déjà été dénoncé par l'opposition dans la province de Limpopo. Le temps où Nelson Mandela parlait de lutter contre toute domination qu'elle soit blanche ou noire parait alors très loin pour ces nombreux Afrikaners déçus.
Une tentative de conciliation est alors recherchée avec la demande d'un recours au référendum pour consulter les habitants de la ville mais Smangaliso Mkhatshwa refuse, d'autant plus que les élus de la ville sont majoritairement issus de l'opposition de l'Alliance démocratique ou du Front de la liberté et que les sondages démontrent qu'une large majorité des Pretoriens sont hostiles à la dénaturation toponymique de leur cité.
Tshwane, métropole capitale
Le 7 mars 2005, les élus de la majorité ANC de la municipalité, appuyé par l'extrême gauche du PAC, font avaliser sans surprise le choix de Tshwane comme nom officiel de la ville et capitale d'Afrique du Sud. Il en ressortirait alors que :
- la conurbation métropolitaine de Tshwane deviendrait une ville.
- l'unité urbaine et géographique qui s'appelait jusque là Pretoria cesserait d'exister.
- le nom de Pretoria serait conservé pour désigner un quartier de Tshwane, en l'occurrence le centre-ville actuel connu jusqu'à présent sous le nom de « Capital Central » et située entre DF Malan Drive à l'ouest, Nelson Mandela Drive à l'est, Pretoria station au sud et Boom Street au nord.
- les anciens quartiers de la ville de Pretoria comme Arcadia, Sunnyside ou Brooklyn seraient des quartiers de Tshwane au même titre que le quartier de Pretoria et de Centurion, cette dernière conservant cependant son unité urbaine et géographique.
- Tshwane serait alors la seule conurbation d'Afrique du Sud à prendre le statut de ville à part entière et deviendrait en titre la capitale sud-africaine en dépit de son morcellement territorial et géographique.
Le maire confirme qu'il ne consultera pas les habitants de Pretoria ni par pétition ni par le recours à un référendum.
Réaction de l'opposition
Cette décision de démanteller et rebaptiser l'entité géographique et urbaine de Pretoria est contestée par la totalité des autres groupes politiques notamment pour son coût prohibitif estimé à 256 millions de dollars (194 millions d'euros) payés par les contribuables à 90% blancs et pour son caractère historique mensonger.
Elle a d'ores et déjà déjà débouché sur un antagonisme politique, racial et ethnique sans précédent dans la ville. L'autisme et le mépris de l'ANC locale sont ainsi dénoncés par les partis d'oppositions, des radicaux du Front de la Liberté jusqu'aux modérés noirs du Parti chrétien démocrate sud-africain.
Ainsi, la décision votée par le conseil de la municipalité est rejetée par 99% des membres de la chambre du commerce du Gauteng et de Pretoria.
Dès le 8 mars 2005, des groupes de pressions afrikaners montent au créneau pour organiser un boycottage des impôts locaux qui pourraient pénaliser les finances de la ville alors que les partis politiques « blancs » promettent d'aller devant les tribunaux pour faire annuler cette décision. Le plus important de ces groupes de pression est le Comité d'action civil de Pretoria (Pretoria Civil Action Committee - PCAC) regroupant la Chambre de commerce du Gauteng, un syndicat afrikaner et la Fédération culturelle afrikaans (Federasie van Afrikaanse Kultuurvereniginge - FAK). Ce groupe était déjà parvenu en 2003 à suspendre le changement de nom.
En avril, Tony Leon, le leader de l'Alliance Démocratique, se lance dans la bataille et annonce procédures judiciaires, marches, pétitions (qui recueille en quelques jours 32 000 signatures de résidants) et autres nombreuses actions visant à dénoncer et empêcher la décision « idéologique et totalitaire » prise par les élus de l'ANC de démanteller Pretoria et changer le nom de la capitale.
De son côté, le Parti chrétien-démocrate invoque un autre argument juridique du fait que la municipalité a voté pour faire enregister Tshwane comme ville mais n'a jamais fait procéder au vote pour débaptiser Pretoria.
Pour beaucoup d'Afrikaners, la suppression du nom de Pretoria des cartes géographiques est un affront à leur identité. Ils considèrent que le maire a franchi une ligne rouge et que de l'issue de la bataille de Pretoria dépendra en fait leur place dans l'Afrique du Sud post-apartheid. La bataille de Pretoria s'est transformée en bataille pour la défense et la reconnaissance de la culture afrikaans en Afrique du Sud
Déroulement ultérieur
Dès le 8 mars 2005, les journaux des pays africains et de la télévision publique sud-africaine se mirent à parler, à tort, de « Tshwane (ex-Pretoria) » pour désigner la capitale de l'Afrique du Sud. À tort car juridiquement, le vote du conseil municipal n'a pas de valeur légale et autorise juste l'exécutif de la mairie à demander le changement de dénomination au Conseil des noms géographiques sud-africain (SAGNC). Tout changement toponymique doit effectivement être d'abord avalisé par le SAGNC qui demande normalement qu'une large consultation prélable du public soit organisée avant que ne soit déposée toute demande pour changer le nom d'un lieu. Or, cette consultation n'a pas été effectuée. Mais c'est sans compter sur l'inféodation du SAGNC et de son président à l'aile la plus radicale et pan-africaine de l'ANC qui annonce d'emblée que la municipalité de Tshwane a correctement effectué les démarches et n'était pas tenu de consulter la population pour changer le nom de la ville, cette démarche ayant été fait en 2000 lors de la formation de la municipalité.
Le 9 mars 2005, le gouvernement sud-africain confirme qu'il ne reconnait que Pretoria comme capitale nationale et non Tshwane.
La municipalité reconnait en avril 2005 avoir sous-estimé les coûts de ce changement toponymique, établi à l'origine par ses soins à 150 000 rands et estimé depuis à 1,5 millions de rands. Cette évaluation reste encore très en déçà des estimations de la chambre de commerce plus proche de 1,5 milliards de rands sud-africain (194 millions d'euros) supportés principalement par les contribuables blancs et le secteur d'affaire.
Le 5 mai 2005, le Comité d'action civil de Pretoria obtient sa première victoire administrative concrète en faisant annuler pour publicité mensongère toute la campagne de la municipalité axée sur le slogan « City of Tshwane, Africa's leading capital city ». Pour l'autorité administrative compétente, la ville de Tshwane n'existe pas et la capitale en titre du pays s'appelle toujours Pretoria. L'annulation sera confirmée au mois d'août 2005 et la municipalité condamnée à obtempérer dans les plus brefs délais, ce quelle ne fera pas. Par ailleurs, le comité d'action civil demande qu'une procédure soit engagée concernant la responsabilité personnelle du maire et des membres de l'exécutif municipal afin qu'ils remboursent les 24 millions de rands (4 millions d'euros) dépensées inutilement pour cette campagne déclarée illégale.
Tshwane, de l'escroquerie au révisionisme
Le 7 mai 2005, la controverse atteint le paroxysme du ridicule pour le maire et la municipalité ANC quand les chefs Ndébélés, de la tribu du chef Mushi, démentent l'existence même d'un fils Tshwane. Les rois ndébélés Makhosoke II et Mayisha III, liés à la région de Pretoria, déclarent lors de leur intervention que les seuls noms possibles pour la ville, si elle est rebaptisée, seraient Musi ou KwaMyamana. Musi fut le dernier roi ndébélé à vivre dans la région de Pretoria et y est enterré. L'affaire commence à prendre l'allure d'un véritable débâcle pour la municipalité même si très vite, ces rois ndébélés sont menacés et contraints au silence à la grande stupéfaction de tous les démocrates du pays.
Le 20 mai 2005, l'ancien Président Frederik de Klerk entre à son tour dans le débat et dénonce l'activisme révisionniste et la trahison de ses promesses par l'ANC concernant le respect des minorités. Pour lui, à l'évidence, il y a un abus de majorité qui n'a de cesse des mépriser les minorités raciales et les lois censés les protéger.
Le 21 mai 2005, la manifestation organisée par le PCA et soutenue par la DA et le FF+ pour sauvegarder le nom et l'intégrité territoriale de Pretoria remporte un franc succès et la pétition de 32 000 signatures est transmise à Pallo Jordan, ministre des arts et de la culture chargé en l'occurrence, après avis du SAGNC de promulguer les changements de noms au Journal Officiel.
Le 26 mai 2005, c'est cependant sans surprise que Tommy Ntsewa, le président ANC du Conseil des noms géographiques sud-africain annonce, qu'à l'unanimité, le conseil fait la recommandation que Pretoria soit démantellé et la ville rebaptisée Tshwane. Ce faisant, non seulement le conseil se décrédibilise totalement en violant ses propres statuts mais en plus, pour la seconde fois, après le cas de Louis-Trichardt en 2003, valide la violation de la loi par une municipalité.
La décision finale, avant les recours judiciaires, est depuis mai 2005 entre les mains de Pallo Jordan.
Slogans
- "Tshwane, We are the same" - devise de la municipalité de Tswhane pour populariser la nouvelle signification du nouveau nom utilisé pour désigner la capitale sud-africaine (Tshwane, nous sommes semblables)
- "Tshwane, city of apes" - Devise utilisé par les détracteurs du nouveau nom en référence à sa traduction littérale traditionnelle(Tshwane, ville des singes)
Toponymie des rues
Le 7 mars 2005, la municipalité de Tswhane annonçait également que 17 noms de rues de la ville de Pretoria seraient rébaptisés.
Encore une fois, les partis d'opposition dénoncent l'illégitimité et le caractère illégal de la procédure choisie. En effet, le maire a officiellement décidé que le public ne participerait pas au choix des nouveaux noms qui serait effectué uniquement par les élus, en l'occurrence par la majorité ANC. C'est ainsi que, sans complexe,le maire décide de mettre de côté la loi et les propres statuts de la ville et qui imposent une consultation publique dans le cadre des changements de noms.
Là encore, l'opposition promet de trainer la municipalité devant les tribunaux mais l'assurance du maire et des membres de son parti fait craindre à de nombreux blancs une confrontation culturelle et raciale dans les années à venir.



