Léon Trotsky
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Léon Trotsky (ou Trotski), de son vrai nom Lev Davidovitch Bronstein (Лев Давидович Бронштейн) (1879 - Mexico, 1940), était un homme politique russe. Il est le fondateur de l'Armée rouge et un des grands chefs de la Révolution russe. Il a été opposé à Staline.
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Biographie
Il naît dans une famille de paysans juifs. Il adhère aux idéaux sociaux-démocrates en 1896 alors qu'il est encore étudiant, ce qui lui vaut d'être déporté en 1898. Il réussit à s'évader et émigre alors.
En exil, il rencontre Lénine. Ce dernier le fait entrer dans le comité de rédaction du journal l'Iskra (l'Étincelle), par cooptation.
Au congrès de Londres, il se rallie aux mencheviks, mais finit par s'en éloigner avant 1905. Il garde ses distances vis-à-vis de Lénine, lui reprochant ses méthodes de dictateur et son attitude, qu'il qualifie de jacobine.
En 1905, il devient vice-président puis président du Soviet de Saint-Petersbourg, mais il est condamné et de nouveau déporté. Encore une fois, il s'évade et quitte le pays.
C'est à ce moment qu'avec Alexander Helphand (aussi connu sous le pseudonyme Parvus) il formule la théorie de la révolution permanente.
Fondateur du journal Pravda en 1912 à Vienne, il se pose en défenseur de l'unité de l'ensemble des sociaux-démocrates, toutes tendances confondues, y compris les plus radicales. Ceci lui vaut de vives tensions avec Lénine. Il organise, en août de la même année, une conférence pour l'unification, en réponse à la conférence de Prague ; mais les bolcheviks refusent d'y participer. Trotsky quitte le « bloc d'août » peu de temps après.
Il travaille un temps avec Nache Slovo, dont il est un collaborateur à Paris, tout en étant en relation avec l'organisation interrayons de Saint-Petersbourg. Il est expulsé de France en septembre 1916 et conduit à Irun en Espagne. Là, il est arrêté par la police espagnole et embarqué de force avec sa famille pour les États-Unis.
Installé à New York, il contribue au journal Novy Mir. Il rédige également à cette période le manifeste de la conférence de Zimmerwald. Il retourne en Russie en mai 1917, étant d'accord avec les thèses émises en avril par Lénine : il les considère comme un signal de ralliement à ses propres thèses de révolution permanente. Il a alors abandonné l'espoir de parvenir à une union générale de tous les courants, mais il continue cependant à travailler sur la fusion de l'organisation interrayons et des bolcheviks.
Lorsque le congrès d'unification a lieu, en août de la même année, il a de nouveau été arrêté et emprisonné. Il est élu au Comité Central par le congrès, malgré sa détention. Il devient président du Soviet de Petrograd ainsi que président du comité militaire révolutionnaire en octobre, devenant l'un des principaux dirigeants bolcheviks de la Révolution d'octobre.
Il occupe ensuite le poste de commissaire aux affaires étrangères jusqu'en 1918, où il démissionne après les accords de Brest-Litovsk. Il devient ensuite commissaire à la guerre de 1918 à 1925, mettant sur pied l'Armée rouge durant la guerre civile. En parallèle, il fait partie du Bureau Politique de 1919 à 1927.
En mars 1921, il conduisit la répression des marins de Kronstadt, majoritairement ralliés aux Socialistes Révolutionnaires qui s'opposaient à Lénine.
En 1923, il entre en conflit avec la troïka Zinoviev-Kamenev-Staline : son livre Le Cours nouveau, dans lequel il analyse l'évolution du parti bolchevik et propose des mesures pour limiter la tendance à la bureaucratisation qui se fait jour, provoque une rupture. Il se rapproche à partir de 1926 de Zinoviev et de Kamenev et dirige avec eux un courant qui s'oppose à Staline.
Cette opposition lui vaut d'être exclu du parti en 1927, et d'être déporté à Alma-Ata. Staline finit par le faire expulser d'URSS en 1929. Durant cet exil, il écrira de nombreux ouvrages.
Trotsky se réfugie d'abord à Pinkipo en Turquie. Il publie un bulletin mensuel d'opposition en langue russe dès juillet 1929. En avril 1930, il organise une conférence qui débouchera sur la mise en place d'un secrétariat international provisoire de l'Opposition communiste. Il séjourne ensuite en France, de juillet 1933 à juin 1935, puis rejoint la Norvège.
Les procès de Moscou se tiennent en août 1936 : il sera l'un des rares absents parmi les principaux accusés. Il quitte la Norvège en septembre 1936, pour aller s'installer au Mexique. Son travail d'organisation de l'opposition de gauche débouche sur la création de la IVe Internationale le 3 septembre 1938 avec 25 délégués, représentant 11 pays. À son activité militante peut être associée celle de son fils Lev (Léon) Sedov.
Trotsky meurt en août 1940 à Mexico, assassiné d'un coup de piolet par un agent de Staline (Jacques Mornard ou Franck Jackson, de son vrai nom Ramón Mercader).
Sources
- Le parti Bolchévique - Histoire du PC de l'URSS, Pierre Broué, Éditions de Minuit, 1971
Citations
la militarisation du travail
- Sans les formes de coercition gouvernementale qui constituent le fondement de la militarisation du travail, le remplacement de l'économie capitaliste par l'économie socialiste ne serait qu'un mot creux. Pourquoi parlons nous de militarisation ? Il va de soi que c'est une uniquement par analogie, mais par une analogie très significative. Aucune autre organisation sociale, excepté l'armée, ne s'est cru le droit de se subordonner aussi complètement les citoyens, de les dominer aussi totalement par sa volonté, que ne le fait le gouvernement de la dictature prolétarienne.
- Le principe même de l'obligation du travail est pour les communistes indiscutable : “Qui ne travaille pas ne mange pas”. Et comme tous doivent manger, tous sont par conséquent, obligés de travailler. L'obligation du travail est mentionnée dans notre Constitution et dans le Code du Travail.
syndicats et droits des travailleurs
- Au début, les tendances trade-unionistes relèvent plus d'une fois la tête dans les syndicats, excitant ceux-ci à marchander, à mettre des conditions, à exiger des garanties. Mais plus on va, plus les unions comprennent qu'elles sont les organes producteurs de l'État soviétique ; elles se chargent alors de répondre de son sort, elles ne s'opposent pas à lui, elles se confondent avec lui. Les unions se chargent d'établir la discipline du travail. Elles exigent des ouvriers un travail intensif dans les conditions les plus pénibles, en attendant que l'Etat ouvrier ait les ressources nécessaires pour modifier ces conditions.
- L'État ouvrier se considère en droit d'envoyer tout travailleur là où son travail est nécessaire. Et pas un socialiste sérieux ne viendra dénier au gouvernement le droit de mettre la main sur le travailleur qui refusera d'exécuter la tâche qu'on lui a dévolue.
la démocratie
- Notre parti ne se refusait pas à conduire le prolétariat à la dictature en passant par la démocratie ; il se rendait un compte exact des avantages offerts à la propagande et à l'action politique par une semblable transition “légalisée” à l'ordre nouveau. De là notre tentative de convoquer l'Assemblée constituante. Elle a échoué. Le paysan russe que la révolution venait d'éveiller à la vie politique se retrouva en présence d'une douzaine de partis dont chacun semblait se donner pour but de lui brouiller les idées. L'Assemblée constituante se mit en travers de la révolution et fut balayée. (Terrorisme et communisme)
les intellectuels
- Et Kautsky d'ironiser : “De sorte que la bonne manière d'appeler les intellectuels au travail consiste à les malmener d'abord impitoyablement”. Précisément. Avec la permission de tous les philistins, la dictature du prolétariat commence précisément par “malmener” les classes autrefois dominantes pour les obliger à reconnaître l'ordre nouveau et à s'y soumettre.
Bibliographie
Livres et recueils
- Nos Tâches politiques (1904).
- Bilan et perspectives(1905) - D'après l'édition russe de 1919 : « Le caractère de la révolution russe, telle fut la question fondamentale par rapport à laquelle, selon la réponse qu'elles y apportaient, se regroupèrent les diverses tendances idéologiques et les organisations politiques du mouvement révolutionnaire russe. »
- Les Questions du mode de vie (1923) - Au lendemain de la révolution, Trotsky aborde les problèmes de la vie quotidienne : rapports travail/loisirs, condition des femmes, famille, gestion des équipements collectifs, logement, culture et cadre de vie...
- Europe et Amérique (1924) - Deux discours où Trotsky démontre avec humour que l'idéologie socialiste transformait les sociaux-démocrates en agents objectifs de l'impérialisme américain et que cet impérialisme avait toujours besoin d'un peuple à libérer.
- Où va l'Angleterre ? (1926) - Ce livre ne concerne pas que l'Angleterre, même s'il aurait pu s'appeler « L'Angleterre et la Révolution ». Il contient des réflexions sur les illusions du passage « démocratique » au socialisme.
- L'Internationale communiste après Lénine (ou le grand organisateur des défaites) (1928) - Trotsky explique comment et pourquoi le développement de la bureaucratie en URSS a provoqué l'échec du prolétariat dans toutes les parties du monde à partir de 1923, et en même temps pourquoi elle s'est nourrie de ces échecs.
- Histoire de la révolution russe (1930) - L'histoire de la révolution est pour, avant tout, le récit d'une irruption violente des masses dans le domaine où se règlent leurs propres destinées.
- La Révolution permanente (1928-1931)
- Comment vaincre le fascisme (1929-1933) - Des écrits sur la situation en Allemagne à la veille de l'avènement des nazis.
- Ma vie (1930) - Autobiographie.
- La révolution trahie (1936) - Critique de la nature du pouvoir en URSS.
- Leur morale et la nôtre (1938).
- "Le Programme de transition (1938).
- Défense du marxisme (1937-1940) - Discussion sur la nature de l'URSS (État ouvrier dégénéré ou capitalisme d'État ?), le marxisme et la bureaucratie, entre Trotsky et des militants trotskistes américains.
Articles
- « Pourquoi les marxistes s'opposent au terrorisme individuel » (1911)
- « La faillite du terrorisme individuel » (1909)
Ces deux articles constituent une critique du terrorisme prôné par les socialistes-révolutionnaires et un commentaire sur l'affaire AZEV (1909)).
- « Rapport de la délégation sibérienne » (1903) - Trotski critique la conception léniniste de l'organisation, qu'il qualifie de "terreur centraliste".
- « La Courbe du développement capitaliste » (1923) - Article publié en anglais dans The Militant en 1941, sur les cycles de Kondratieff.
- « La Guerre des Balkans » (1908-1910) - Article écrit lorsque Trotsky était correspondant de guerre pendant la guerre des Balkans pour le journal Kievskaia Mysl.
- « La Révolution en Turquie » - Pour la Pravda de Vienne.
- « Les Balkans, l'Europe capitaliste et le Tsarisme » - Pour Proletary n°38 du 1er novembre 1910
- « Le Socialisme dans les Balkans (Les sociaux-démocrates bulgares et serbes) » - Écrit avec K. Kabakchiev (Scènes de la vie politique bulgare)
- « Les États-Unis socialistes d'Europe - Le droit des nations à l'autodétermination ». Publié sous forme de brochure, série d'articles écrits en 1915-1916 dans le journal internationaliste Nashe slovo édité à Paris, ces textes furent révisés en mai 1917 et republiés sous forme d'une brochure programmatique dans la presse bolchévique en Russie en juin 1917.
- « Les Syndicats à l'époque de la décadence impérialiste » (Août 1940).
- « La Quatrième Internationale et l'URSS - La nature de classe de l'État soviétique » - Ce texte provient d'une brochure de Léon Trotsky qui a paru initialement en octobre 1933, édité par la Ligue Communiste (Bolcheviks-Léninistes). Réédité en 1974 par François Maspéro dans un recueil de textes de Léon Trotsky consacré à l'État Soviétique (de 1929 à 1940) : La Nature de l'URSS.
- « La Guerre et la IVe Internationale » (1934) - Ce texte parut en brochure dans plusieurs langues, non signé. La traduction du russe de 1934 a été revue et corrigée. Il devait constituer primitivement l'une des contributions de la LCI à la discussion entre les quatre pour l'élaboration du programme de la nouvelle Internationale, mais ne fut discuté ni par l'OSP, ni par le SAP. Il avait, depuis près de neuf mois, fait l'objet de nombreuses discussions et modifications.
- « Aux Bolcheviks-léninistes de l'U.R.S.S. - La Vérité » (17 août 1934) - Cet article signé « les représentants des bolcheviks-léninistes à l'étranger », et celui qui annonçait l'entrée des B.L. français dans la SFIO allaient paraître dans le Biulleten Oppositsii d'octobre, n°40.
- « Où va la France ? » (1934-1938) - Plusieurs articles écrits entre 1934 et 1938 sur la situation politique en France. Ces articles ont étés publiés en Français dans Le mouvement communiste en France.
- « 90 ans de Manifeste Communiste » - En 1938, Trotsky signe la préface à la première édition en afrikaans du Manifeste du Parti communiste.
Voir aussi
- Trotskysme, Extrême gauche, Communisme, Socialisme
- Karl Marx, Friedrich Engels, Lénine, Rosa Luxemburg, Anton Pannekoek, Adolf Joffé, Chistian Rakovsky
Liens externes
- Léon Trostsky dans les Archives Marxistes Internationales
- Centre d'Etudes et de Recherches sur les Mouvements Trotskyste et Révolutionnaires Internationaux
- (en) The Lubitz TrotskyanaNet
- Les idées de Trotski
- Léon Trotsky : vie et luttes d’un révolutionnaire
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