Trimûrti
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La Trimûrti - trois formes - est la partie manifestée du divin qui se fait triple pour présider aux différents états du cosmos.
En contexte shivaïte les dieux Brahmâ, Vishnou et Shiva - en fait Rudra, une forme terrible de Shiva - perçus en tant qu'émanation d'un Shiva suprême non manifesté donc non représentable, symbolisent respectivement la création, la conservation et la destruction. La Trimûrti succède dans les Veda à une autre trinité formée d'Agni, Vâyu et Sûrya, les trois aspects du Feu sacrificiel.
Elle est représentée par un corps à trois têtes composées de :
- Brahmâ, le créateur : il est le créateur de la matière et de l'univers. Il est le plus abstraits des trois dieux.
- Vishnu, le conservateur : il entretient la vie et la création.
- Shiva, le destructeur : il est le dieu de la fin des temps. Il est le plus ambivalent des trois, car il est également créateur.
Le culte de Brahmâ en tant que tel n'existe pratiquement pas en Inde, il n'est guère vénéré que dans un temple qui lui est dédié dans la ville de Pushkar au Rajasthan. En revanche, quelque 80% des hindous sont adorateurs de Vishnou et quelque 20% de Shiva, seule une infime partie d'entre eux vénèrent d'autres dieux, comme Kâlî, Shakti, etc.
D'après Alain Daniélou, la Trimûrti n'est probablement pas sans rapport avec la Trinité chrétienne, les conceptions philosophiques hindoues étaient connues du monde grec au début de notre ère. La ville d'Alexandrie accueillait d'ailleurs une communauté indienne et des témoignages grecs sur le culte vishnouite du IIe siècle av. J.-C. existent (dont celui de Héliodore, fils de Dion). Selon cette interprétation, Dieu le père, le procréateur est à rapprocher de Shiva, le dieu se substituant à son organe de la création, le lingam. Vishnou serait alors Dieu le fils, descendant sur la terre sous forme d'avatarâ. On trouve d'ailleurs un certain nombre de similitudes ou ressemblances entre Krishna et les autres avatars et le Christ, comme on en trouve d'ailleurs avec certains héros grecs, Krishna et Achille meurent d'ailleurs de la même façon, une flèche dans le talon. Ces similitudes entre Jésus et Krishna ont fait l'objet d'étude par des auteurs comme Gerald Massey (1828–1907), Kersey Graves (1813-1883), un quaker de l'Indiana, et d'autres encore. Quant au Saint-Esprit, il ne semble pas avoir mieux réussi dévotionnellement que Brahmâ.
Cela dit, la comparaison avec la Trinité chrétienne est à la fois imparfaite et contestée, dans la mesure où les hindous ont tendance à privilégier les uns Shiva, les autres Vishnou, explique Arthur L. Basham. En plus, l'hypothèse de l'influence chrétienne peut être contestée du point de vue historique, puisque la réforme qui marque le passage du védisme à l'hindouisme date du IVe ou IIIe siècle av. J.-C., même si elle ne s'est imposée largement que plus tard. Pour Wilhelm Schmidt comme pour Max Müller, les influences entre hindouisme et christianisme, si elles ont eu lieu dans une moindre mesure, ne sont survenues que tardivement.
Voir aussi
Bibliographie
- Alain Daniélou, Mythes et dieux de l'Inde, Champs Flammarion, 1994



