Tiers état
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Sous l'Ancien Régime, la population de la France était divisée en trois ordres : le clergé, la noblesse et le tiers état. Le « tiers » tire son nom de la tenue des États, assemblées représentative convoquée par le prince à partir du début du XIVe siècle en France. Cette division en trois ordres, héritée du Moyen Âge, est supprimée lors de la Révolution française par le principe de l'Égalité.
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Composition du « tiers »
Le « tiers » représentait l'écrasante majorité de la population du royaume de France, mais constituait toutefois une classe hétérogène des roturiers laïques rassemblant notamment bourgeois, artisans, ouvriers et paysans. Au Moyen Âge, les serfs n'étaient pas inclus dans le « tiers » ; ils n'appartenaient à aucun ordre. Idem pour les marginaux ou la domesticité jusqu'à la Révolution. Les électeurs du tiers étaient les chefs de famille d'où l'exclusion de la domesticité et la très faible participation des femmes. Toutefois, les veuves et les célibataires étaient électrices et même éligibles sous certaines conditions. Elles sont toutefois représentées par une sorte de suppléant dans les assemblées. En revanche, les femmes participent activement à la rédaction des doléances, comme ce fut notamment le cas en 1789.
Rôle politique du « Tiers »
Le tiers état a une existence politique au sein des états provinciaux et des états généraux. Le pouvoir royal s'appuie longtemps sur les députés du tiers pour faire fléchir les ordres privilégiés. De plus, nombre de grandes ordonnances du XVIe siècle s'appuient directement sur les doléances du tiers : 1561 à Orléans, 1566 à Moulins, 1579 à Blois, par exemple. Ce rôle législatif du tiers s'explique aisément : il regroupe en effet des techniciens du droit. En 1614, sur les 187 députés du tiers, on ne compte que 3 bourgeois, 2 marchands et 1 laboureur, contre 30 avocats, 58 lieutenants généraux et 56 officiers de baillages, notamment. Ainsi, le tiers fut longtemps utilisé par la royauté comme un rempart contre l'« anarchie féodale ». En 1789, on compte près de 200 avocats sur les 578 députés du Tiers. Si les États généraux ne sont pas réunis entre 1614 et 1789, le rôle politique du Tiers se maintient à travers les États provinciaux et les États particuliers. De plus, les membres du Tiers participent activement aux gouvernements depuis le règne de Louis XIV qui ne fait jamais appel dans ce domaine à la noblesse.
Le « Tiers » et la Révolution française
Avec la Révolution française et l'abolition de l'Ancien Régime, le sens même du terme tiers état change. La Révolution fonde, de fait, l'Ancien régime, et elle exprime par la négative l'expérience passée. L'Assemblée nationale vote ainsi qu'elle « détruit entièrement le régime féodal » le 11 août 1789 après des débats débutés dans la nuit du 4 août. C'est la fin juridique de l'existence du « tiers », mais ce terme, que beaucoup confondent dès lors avec un vague synonyme de "peuple", avec un arrière-fond de misérabilisme est loin de disparaitre du vocabulaire... L'Abbé Sieyès est avant-gardiste dans ce domaine en lançant dès janvier 1789 un libelle fameux : « Qu'est-ce que le Tiers-état ? Tout. Qu'a t'il été ? Rien. » qui fait écho à la maxime humoristique non moins fameuse : « Qu'est ce que le Tiers état ? Rien. Que veut il ? Tout. » Au XIXe siècle, Proudhon reprend sur le même registre : « Qu'est ce que le Tiers état ? Rien. Que doit il être ? Tout. »
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