The Magdalene Sisters

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The Magdalene Sisters est un film dramatique franco-britannique de Peter Mullan sorti en 2002. Il a reçu le Lion d'or à la 59e Mostra de Venise le 8 septembre 2002.

Sommaire

Synopsis

En Irlande, dans le comté de Dublin, en 1964. Lors d'un mariage, Margaret est violée par son cousin. La honte s'abat sur toute la famille. Au petit matin, le curé de la paroisse vient chercher Margaret. Bernadette est pensionnaire dans un orphelinat. En grandissant, devenue jolie, elle suscite la convoitise des jeunes gens du quartier. Considérant que sa nature et son caractère la destinent au pire, la direction de l'orphelinat la confie alors à l'unique institution susceptible de la maintenir dans le droit chemin. Rose, qui n'est pas mariée, vient de donner naissance à un petit garçon. Séparée de son bébé, elle est emmenée au couvent des sœurs de Marie-Madeleine. Les trois jeunes femmes sont immédiatement confrontées à Sœur Bridget, qui dirige l'établissement et leur explique comment, par la prière et le travail, elles expieront leurs péchés et sauveront leur âme.

Contexte

Pour l’Eglise catholique irlandaise, rien de la misère ni de la détresse humaine ne se perd mais au contraire tout peut s’exploiter sous les pires formes. Oui, cette église a bel et bien contribué au développement de la pauvreté tout en en récoltant cyniquement de fameux dividendes, en monnaie sonnante et trébuchante. Cela est donc très concrètement attenté par le cas des filles des couvents de la Madeleine.

En Irlande donc, lorsqu’une femme est violée, elle n’est pas forcément considérée comme victime mais plutôt comme fautive. Quant aux filles mères, n’en parlons pas… Toutes incarnent le péché et la voie de leur rédemption passait inévitablement il y a quelques années encore par l’univers quasi-carcéral des couvents de la Madeleine.

Ces filles et ces femmes durent, pour « racheter leur âme », travailler comme des forçats dans les blanchisseries de ces couvents, cela dix heures par jours à laver le linge des hôtels, des universités ou des collectivités locales. Besogne d’ailleurs ô combien lucrative pour l’institution religieuse qui ne versait aucun salaire à ces filles mais récoltait tout l’argent de leur travail. Il était impensable de songer à sortir du couvent, les contacts avec le monde extérieur y étaient interdits et en outre punitions, humiliations, sévices corporels voire sexuels étaient monnaie courante.

Des milliers de femmes furent internées dans les couvents de la Marie-Madeleine afin de connaître une rédemption mais c’est en fait un véritable enfer qui s’abattit sur elles. Histoire digne du Moyen Age ? Le dernier de ces « ateliers de dieu » a fermé en 1996 !

Dans un article sur le film, Pascal Mérigeau relevait comment l’arrivée des machines à laver fut la seule bénédiction que reçurent jamais les malheureuses pensionnaires, comme si la nécessité de les rééduquer cessait en même temps que s’évanouissait la possibilité de faire de l’argent avec leur travail.

On peut aussi se demander quel fut l’itinéraire de ces femmes enfin relâchées dans une société qu’elles ne connaissaient parfois plus depuis fort longtemps et qui, parce qu’elles étaient forcément pécheresse, n’allait pas les accepter de gaîté de cœur….

Orphelins, enfants abandonnés, enfants soustraits à des familles pauvres ou des filles mères, parfois petits délinquants, ils furent 200 000 à être « confiés » par la justice irlandaise aux congrégations religieuses. Non contentes de recevoir pour chacun d’eux une allocation de l’Etat, ces congrégations mettaient les enfants au travail dans des manufactures pompeusement baptisées « Industrials Schools » où ils étaient contraints de fabriquer des matelas, des bottes, des chaussures, de faire des travaux de blanchisserie, de menuiserie ou de boulangerie.

C’était un système où chacun savait et se taisait : l’Etat prévenait deux mois à l’avance qu’il allait inspecter « l’école ». La veille de l’arrivée des inspecteurs, couteaux et fourchettes apparaissaient, la nourriture s’améliorait tandis que les enfants qui présentaient des marques et des mauvais traitements étaient cachés.

Depuis, les langues se sont toutefois déliées et certains masques sont tombés grâce à des associations créées par d’anciennes victimes ainsi qu’à un retentissant film documentaire : « States of fear ».

En 1999, le Premier Ministre Bertie Ahern a dû présenter ses excuses « sincères » à toutes les victimes des institutions religieuses irlandaises. Son gouvernement a d’autre part fait état, en Janvier 2002, d’un plan d’indemnisation suite à près de trois années de commission d’enquête.

Ce plan d’indemnisation a été cependant jugé honteux par plusieurs associations de victimes car, si les ordres religieux doivent dédommager leurs anciens pensionnaires à hauteur de 128 millions d’euros, c’est l’Etat (et donc le contribuable) qui devra prendre à sa charge la plus grosse part d’indemnisation, estimée entre 200 et 500 millions d’euros…

Le film a remporté un grand succès en Irlande.

Distribution

Voir aussi


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