Colonisation
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Le terme de colonisation désigne le processus consistant à établir une ou plusieurs colonies.
Il se distingue des formes traditionnelles d'impérialisme (impérialisme inter-européen, impérialisme arabe, impérialisme mongol, etc.), par le fait que le pays dominant (ou métropole) est normalement d'un niveau de développement supérieur à celui du pays dominé. Les colonies ne sont pas souveraines et sont souvent administrées de façon directe, si bien que la plupart des autochtones sont assujétis.
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Différents types de colonisation
Plusieurs formes de colonisation ont existé.
La colonisation de position consiste :
- soit à ouvrir des comptoirs commerciaux, destinés seulement à l'échange, à la vente des produits métropolitains ou (et) à l'achat des productions locales. (comptoirs phéniciens de Tyr autour de la Méditerranée, comme Icosim, ultérieurement, Alger). Les comptoirs ont été de petits établissements, le plus souvent côtiers, établis à des fins commerciales, afin de procurer un relais aux commerçants de la métropole, et un point d'échanges avec l'arrière-pays ;
- soit en l'ouverture de bases navales ou militaires servant d'escales pour des colonisations plus lointaines (Aden, Djibouti), ou au contrôle du trafic maritime international (Gibraltar, Malte, Singapour).
La colonie de peuplement vise à établir une population originaire de la métropole sur un territoire dont elle n'est pas issue. Celle-ci fait souche sur place. Ce type de colonie dépendra ou non de sa métropole, et c'est l'importance de sa population qui la rendra éventuellement autonome.(Certaines colonies phéniciennes ou grecques, fondées pour répondre à un surcroît de population de la métropole, comme Carthage, colonies anglaises du Nouveau monde, d'Australie, de Nouvelle Zélande, en des territoires peu peuplés d'Indigènes, l'Algérie française).
La colonie d'exploitation implique la conquête militaire d'un territoire en vue d'en exploiter directement les richesses naturelles, dans l'intérêt de la métropole. Dans ce type de colonisation, les colonisateurs fournissent les cadres — qui n'y font généralement pas souche — et les indigènes y sont les exécutants.(Colonies espagnoles d'Amérique du Sud, ou françaises d'Afrique noire et d'Indochine).
La colonie mixte est une colonie d'exploitation, dans laquelle la partie métropolitaine de la population fait souche (Rhodésie).
La colonie de plantation est une colonie dans laquelle la population métropolitaine, chargée de l'encadrement fait souche, mais où les exécutants sont principalement des esclaves (Antilles, Brésil, certaines colonies anglaises d'Amérique du Nord).
Maintes colonies relèvent simultanément de deux ou plus des catégories ci-dessus. La plupart des types de colonies ci-dessus ont été au moins partiellement militaires, (en dehors de celles des colonies de position qui se sont limitées à une finalité purement commerciale). Le facteur militaire a pratiquement toujours joué dans l'expansion coloniale, soit dans la phase d'installation, soit ultérieurement, pour la protection ou le maintien de l'ordre: Certaines colonies ont même eu une finalité essentiellement militaire, lorsqu'elles ont visé au contrôle d'un territoire, d'un lieu de passage stratégique, d'une population ennemie : Elles ont alors souvent comporté une population suffisante pour épauler ou constituer elle-même une garnison (voir colonie romaine pour la Rome antique). Elles ont également pu être un relais, un point d'appui en territoire ennemi pour des opérations militaires.
Les Grecs ont pratiqué une forme de colonisation particulière, qui était plus souvent motivée par des dissensions internes ou le risque de famine (stenochoria : étroitesse des terres) que par le désir de créer un relais commercial ou un empire (Voir colonisation grecque).
Raisons de la colonisation
Le phénomène de colonisation observé a subi un examen critique au cours du XIXe siècle et du XXe siècle, notamment à partir de la phase de décolonisation mondiale.
- Le colonialisme reposait en fait sur une idéologie qu'il est difficile de concevoir aujourd'hui: Depuis l'époque de Christophe Colomb, dans la bouche et l'esprit des colonisateurs européens, la colonisation s'est prévalue d'une volonté d'extension humaniste, d'abord du Christianisme, puis de la « Civilisation » (dans sa conception moderne, mais occidentale). Cette conception, tout en se réclamant de généreux sentiments, a trop souvent méconnu la culture des colonisés et les droits de l'homme dans ces pays.
- Selon la vision marxiste du phénomène, l'expansion coloniale a été motivée par la recherche de matières premières dans les territoires colonisés, et de débouchés pour les produits manufacturés des puissances coloniales.
Différentes formes de l'intervention coloniale
Initiatives privées
- Les commerçants ont parfois précédé les États dans le déclenchement des initiatives coloniales, par exemple les marchands génois ou hollandais ;
- Les missionnaires ont joué un rôle important dans l'expansion coloniale : un prêtre était présent dans la première expédition de Christophe Colomb, et les Jésuites ont acquis une grande influence aux Indes, en Chine et au Japon. Les missionnaires protestants (britanniques, norvégiens ou américains) ont joué un rôle important à Madagascar, en Chine ou à Hawaï ;
- Les explorateurs, comme l'Écossais Mungo Park en Afrique occidentale, ou Livingstone en Afrique centrale, jouèrent un rôle d'avant-garde dans l'expansion coloniale ;
- L'industriel Jean Laborde, né à Auch le 16 octobre 1805, introduisit à Madagascar certaines techniques d'industrialisation améliorant celles apportées par les Britanniques une vingtaine d'années avant son arrivée sur la cote sud-est de Madagascar en 1831. Devenu membre influent de la cour Merina, il est indissociable de l'histoire malgache du XIX° siècle. Anobli par la reine Ranavalona Ire, il termine sa vie comme consul de France à Madagascar et fut enterré aux pieds de ses usines de Mantasoa, aprés sa mort au mois de décembre 1878.
Initiatives étatiques
Les États sont aussi intervenus directement :
- soit en liaison avec l'initiative privée, par l'intermédiaire des Compagnies commerciales à Charte (Compagnie des Indes occidentales, Compagnies des Indes orientales, créées par les Provinces-Unies (actuels Pays-Bas), le Portugal, la Grande-Bretagne et la France), soit pour protéger les missionnaires (en Cochinchine et en Afrique noire notamment) ;
- Soit directement, en Algérie (Bourmont), en Afrique occidentale (Faidherbe) et en Afrique équatoriale (Savorgnan de Brazza).
Initiatives interétatiques
- Les États colonisateurs se sont d'abord concurrencés et combattus (corsaires français et anglais contre les Espagnols aux Antilles, les Hollandais contre les Portugais aux Indes et en Indonésie, les Français contre Anglais aux Indes et au Canada, les Alliés contre les Allemands en 1914-18).
- Par la suite, ils ont préféré s'entendre :
- pour le partage des territoires à coloniser (conférences de Bruxelles et de Berlin au XIXe siècle) ;
- pour l'administration en commun de certaines colonies (condominiums anglo-égyptien du Soudan et anglo-français des Nouvelles-Hébrides).
Différentes populations en présence
Colonisateurs
- Forts de leurs réalisations, les colons sont généralement plus durs pour les indigènes que les métropolitains :
- L'élément métropolitain joue un rôle modérateur à l'égard des colons. C'est ainsi que les rois d'Espagne ont dû interdire aux colons ibériques la réduction des Indiens en esclavage.
- Les colons manifestent généralement une attitude revendicatrice et souvent autonomiste à l'encontre des métropoles.
Ce sont les colons qui ont exprimé les premières revendications autonomistes et conquis les premières indépendances coloniales :
- Colonies britanniques : refus des taxations métropolitaines et guerre d'indépendance des 13 colonies d'Amérique du nord, indépendance des colons de Rhodésie.
- Colonies espagnoles : ce sont les créoles espagnols (Miranda et Simon Bolivar), et non les Indigènes, qui se sont plaints de l'oppression de la métropole et lui ont livré les guerres d'indépendance.
- Colonies françaises : ce sont les Européens d'Algérie (non encore surnommés « pieds noirs »), qui ont réclamé et obtenu l'autonomie financière de la colonie d'Algérie (création des Délégations financières, des taux d'impôt réduits et des timbres particuliers distincts de ceux de France).
Elément importé esclave
- Conversion des esclaves, obéissance, travaux très durs, et risques de mauvais traitements.
- Révoltes, ou fuites vers des régions inaccessibles ("nègres marrons", en Guyane ou en Amérique centrale).
- Les esclaves ont néanmoins, eux aussi, participé à la colonisation. Certes, ils l'ont fait sous la contrainte, mais cela a aussi été le cas de nombreux colons blancs, à l'origine prisonniers de droit commun, ("convicts"), qui ont colonisé des pays comme l'Australie et la Nouvelle Zélande.
- Aux États-Unis, des esclaves libérés par la guerre de sécession ont ensuite participé aux guerres indiennes.
- Tentatives de limitation par la métropole des abus des maîtres d'esclaves: Le « Code Noir », souvent présenté comme un monument d'abus, aurait été mis en vigueur par le gouvernement de la métropole, pour limiter les abus des planteurs. Au delà de cette vision, le « Code Noir » reste surtout le livre qui permit de rendre l'esclavage légal, lui donnant une réalité juridique, celle d'un meuble.
Elément importé non colonisateur
- Les originaires de pays autres que les métropoles ont profité de la colonisation pour venir se mêler à la population colonisatrice et s'associer à ses actions (Par exemple, immigrants espagnols et maltais en Algérie française libanais en Afrique noire, ou Indiens d'Asie à l'Ile Maurice).
- Leur présence a parfois contribué à accentuer le particularisme des colons vis à vis de la métropole.
Elément colonisé
- L'élément colonisé est soumis à l'assujettissement (parfois dissimulé, en un premier temps, sous l'apparence d'un protectorat, comme ce fut le cas des Bacongos, dont le souverain Makoko s'était placé, à l'instigation de Savorgnan de Brazza, sous la protection de la France).
- L'assujettissement se traduit:
- Pour les ethnies indigènes majoritaires, par la perte de la direction de leurs affaires au profit des éléments colonisateurs (cas le plus général)
- Pour les ethnies minoritaires par l'obtention, grâce à la colonisation, de l'égalité avec les autres indigènes: Ce fut, par exemple, le cas des juifs d'Algérie, les plus anciens occupants du pays, qui ayant été traités en sujets de seconde zone (Dhimmis), depuis la conquête musulmane du VIIe siècle et jusqu'à la colonisation (pogrom d'Alger en 1805, expulsions d'Alger par le Dey turc et pillage par la population maure en 1830), ont accueilli les Français en libérateurs.
- Pour les ethnies menacées d'élimination, par leur survie, comme ce fut le cas pour les Khmers, sauvés par la conquête française, à la fois de l'extermination par les Vietnamiens (déjà pratiquée par ceux-ci en Cochinchine khmère, avant la venue des Français) et de l'annexion par les Siamois.
Différentes tendances de la colonisation
Tendance à l'assujettissement
Selon cette tendance, la colonie est totalement subordonnée à la métropole et n'existe que pour la satisfaction des besoins de cette dernière. L'assujettissement revêt un double aspect, économique et politique.
Assujettissement économique
- L'assujettissement économique se traduit par le développement du secteur primaire (Plantations, industries extractives), les industries de transformation étant réservées à la métropole.
- L'assujettissement économique se traduit aussi par le « Privilège de l'exclusif » en faveur de la métropole, soit:
- Vente exclusive des matières premières à la métropole;
- Achat exclusif des produits manufacturés métropolitains;
- Recours exclusif au frêt métropolitain (Transport exclusif des productions locales, par les vaisseaux de la métropole).
A noter que le privilège de l'exclusif frappe toute la colonie, tant l'élément colonisateur que la population indigène.
Assujettissement politique
Cette forme de domination ne frappe que les indigènes qui sont des sujets, alors que les colonisateurs, citoyens de la métropole, disposent de droits individuels beaucoup plus étendus. Mais du moins les colonisateurs ont-ils supprimé vers le milieu du XIXème siècle l'esclavage, très répandu dans leurs colonies islamiques et africaines avant leur colonisation. Malheureusement, dans la pratique, cette suppression officielle par la loi n'a jamais pu y être complètement obtenue, et on le voit aujourd'hui renaître au Soudan.
Tendance à l'assimilation
Principe
- Cette tendance a été prédominante dans les colonies françaises,sous la Révolution. Elle consiste à attribuer aux indigènes la « citoyenneté », c’est-à-dire les mêmes droits (vote) et devoirs (armée) qu'aux habitants de la métropole. Cette politique fut appliquée à Gorée et Saint-Louis du Sénégal. Mais ensuite, pour les pays postérieurement colonisés par la France, l'assujettissement est devenu la règle. Après quoi une lente évolution vers l'assimilation s'est à nouveau produite jusqu'en 1956.
- L'exemple en avait été donné par l'Empire romain qui avait progressivement étendu la citoyenneté romaine à certaines de ses provinces, jusqu'à ce que l'édit de Caracalla ait attribué, en 212, cette citoyenneté à tous les hommes et femmes libres de l'Empire. L'un des prix de l'assimilation est la possibilité pour les descendants de colonisés de s'élever aux plus hauts rangs de l'Etat. C'est ainsi qu'un Carthaginois de Syrta Magna, Septime Sévère, devint empereur à Rome.
Cas de l'Algérie
- En ce qui concerne les colonies françaises, les indigènes d'Algérie ont d'abord tous été sujets, avec leurs statuts civils particuliers, coranique pour les musulmans, et mosaïque pour les juifs, et leurs tribunaux religieux propres. Puis, en 1865, un sénatus-consulte a permis à tous les indigènes qui le désireraient de devenir citoyens français, à condition d'abandonner leur statut civil particulier (polygamie, etc.), et d'adopter le statut civil de droit commun laïque.
- Mais, dès 1830, les indigènes juifs, avaient accueilli en libérateurs les soldats français, dont la venue avait mis fin à leurs persécutions (pogroms, pillages), ainsi qu'à leur statut dégradant de « dhimmis » dans ce pays où ils étaient présents bien avant la conquête Arabe. Par la suite, ils avaient adopté la culture française.
- C'est pourquoi, ils reçurent, en 1870, la qualité de citoyens par le décret Crémieux du gouvernement de Défense nationale. En contrepartie, leur statut civil religieux particulier fut supprimé d'office, et, bien entendu, ils furent soumis aux mêmes devoirs que les autres citoyens français (impôts, service militaire).
- Cette première mesure décolonisatrice fut critiquée sans trêve par les colonialistes, très hostiles à l'assimilation des Indigènes, et ce jusqu'à la fin de l'Algérie Française
- Mais la réforme n'avait pu alors être étendue aux musulmans qui, peu portés à distinguer le sacré du profane, n'auraient pas voulu changer leur statut civil coranique contre un statut civil laïque, et se seraient révoltés si on leur avait imposé le même traitement qu'aux juifs, dont on avait supprimé d'office le statut civil religieux. Toutefois il ne tenait qu'aux musulmans de devenir individuellement citoyens, en application du sénatus-consulte de 1865, en adhérant volontairement au statut civil de droit commun. Très peu firent cette démarche.
- Aussi, après la Guerre de 1914-18, plusieurs grands patriotes algériens, comme l'Emir Khaled, petit-fils d'Abd El Kader, puis Ferhat Abbas, appuyés notamment par les notables français de religion juive, ont revendiqué, mais en vain, la citoyenneté française, c’est-à-dire l'égalité, pour les musulmans algériens, sans abandon de leur statut civil propre. Les lobbies de la colonisation se dressèrent alors contre eux.
- Pourtant, en 1936, le gouvernement de Front populaire proposa une mesure d'assimilation partielle limitée en faveur des musulmans, le projet Blum-Violette: Selon ce projet, les indigènes, titulaires d'une citation militaire, ou d'un diplôme français, tel que le certificat d'études, soit quelque 25000 individus sur 6 millions, seraient devenus citoyens sans renonciation à leur statut. Les colonialistes et leurs accusations firent alors reculer le gouvernement devant cette mesure en réalité insuffisante.
- En 1940, le gouvernement du Maréchal Pétain (voir Régime de Vichy)donna satisfaction aux colonialistes en abrogeant rétroactivement le décret Crémieux et en retirant leur citoyenneté française aux juifs d'Algérie, sans tenir compte du sang qu'ils avaient versé pour la France depuis 1870. Quant aux musulmans algériens, il ne fit rien pour eux.
- Aussi, aprés le débarquement allié (voir Opération Torch), quant le retrait de citoyenneté infligé aux juifs algériens fut maintenu par Darlan et Giraud (voir Régime de Vichy en Afrique libérée(1942-43)). Ferhat Abbas estima que cette assimilation, qui pouvait être retirée par un simple décret, était sans avenir. Aussi opta t'il, en 1943, pour l'autonomie interne, en publiant son « Manifeste du Peuple algérien » (dans les arguments duquel, il cita le retrait du décret Crémieux, parmi les raisons qui l'avaient fait renoncer à revendiquer la citoyenneté française).
Par la suite, en 1943,le Comité français de la Libération nationale présidé par le général de Gaulle rétablit le décret Crémieux.
- Puis, il prit, le 7 mars 1944, une ordonnance reprenant les dispositions du projet Blum-Violette, en faveur des musulmans.
Cette mesure d'assimilation pourtant timide, fut alors attaquée par les journaux colonialistes locaux. l'un d'eux, l'Echo d'Alger, titra alors en grands caractères « Alger n'est pas Paris », montrant que les colonialistes n'avaient toujours pas compris que la condition essentielle du maintien de « l'Algérie Française » était l'accession de tous ses habitants à la citoyenneté française.
Tendance à l'Autonomie
Dominions
- C'est la Grande Bretagne, qui, la première, a appliqué cette technique dans ses colonies du Nouveau Monde. Lorsque les premiers immigrants y formaient une colonie, ils s'y organisaient d'eux-mêmes, et associaient leurs efforts pour se protéger des périls extérieurs. Ils s’y dotaient même parfois d'une constitution. Le Roi suivait généralement le mouvement et l'encadrait en nommant un gouverneur et en y envoyant quelques troupes. Mais ce gouverneur était entouré d'un conseil représentatif élu par les habitants, dès le XVIIIe siècle, alors que dans les colonies françaises, le Conseil colonial qui assistait le gouverneur allait être composé de fonctionnaires nommés, jusqu'au XXe siècle.
- L'ennui fut que, par la suite, ces colons américains, habitués au self-government, ne se laissèrent pas imposer n'importe quelle mesure par la métropole, ce qui conduisit leurs treize plus anciennes colonies d'Amérique vers l'indépendance.
- Les Anglais tinrent compte de cette évolution, et, dans toutes leurs colonies peuplées d'immigrés britanniques ou français, ils firent évoluer progressivement et pacifiquement l'administration locale vers une autonomie sans cesse plus accentuée. Ce fut le cas pour le Canada, puis pour l'Australie et la Nouvelle Zélande qui accédèrent à l'indépendance vers la fin des années 1920.
Protectorats
- Par ailleurs les Anglais administraient, notamment aux Indes et dans le Golfe persique, des Etats natifs, sous la forme du protectorat. Les pays protégés restaient souverains et conservaient leurs institutions traditionnelles (monarques, drapeaux, administrations locales et même armées, encadrées de préférence par quelques officiers anglais). Mais auprès de chaque souverain était nommé un résident britannique qui siégeait aux conseils du gouvernement local. Quant à la souveraineté de l'Etat protégé, elle était exercée sur le plan international par le pays protecteur.
- L'amour propre national des indigènes était donc mieux satisfait dans ces colonies d'exploitation britanniques que dans les françaises où se succédèrent l'assujettissement et l'assimilation.
- Les Français employèrent aussi la technique du protectorat en Afrique du Nord (Tunisie et Maroc), où la France était représentée par des Résidents généraux, ainsi qu'en Indochine (Tonkin, Annam, Cambodge et Laos) où, sous l'autorité d'un Gouverneur général, les trois Etats protégés étaient dirigés par des Résidents supérieurs, tandis que la colonie de Cochinchine l'était par un gouverneur.
La technique du protectorat a fait que, dans la pratique, les indigènes ont participé à l'administration de leurs pays, et qu'ainsi, ces pays ont disposé, à la fin de la colonisation, de cadres avertis, prêts à prendre en main leur destin.
Voir aussi
- Colonialisme
- Sur les processus coloniaux :
- Sur les empires coloniaux :
- Divers :
- Supplément au voyage de Bougainville, une critique de la colonisation par Denis Diderot
- Marianne et les colonies, une introduction à l'histoire coloniale de la France de Gilles Manceron
- Utilisation coloniale du concept d'ethnie
Citation
- Après l'abolition de l'esclavage, ils sont inventé la colonisation,
- Lorsque l'on a trouvé la solution, ils ont créé la coopération,
- Comme on dénonce cette situation, ils ont créé la mondialisation.
- On en marre dans Françafrique, album de Tiken Jah Fakoly.
- Le problème est moins la colonisation que ce que l'Africain a fait après.
- Gaston Kelman (Cameroun), auteur de Je suis noir et je n'aime pas le manioc



