Talmud
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Le Talmud, d'un mot hébreu qui signifie étude, est la forme écrite de la Loi orale reçue selon la tradition par Moïse en même temps que la Loi écrite du Pentateuque, puis enseignée verbalement de maître à disciple en une chaîne ininterrompue (Pirke Avot 1:1):
"Moïse reçut la Torah au Sinaï, et la transmit à Josué, et Josué la transmit aux Anciens, et les Anciens aux Prophètes, et les Prophètes la transmirent aux hommes de la Grande Assemblée. Eux dirent trois choses : Soyez modérés dans le jugement, formez beaucoup d'élèves et faites une haie à la Torah."
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Rédacteurs du Talmud
L'élaboration du Talmud débuta avec la convocation à Yavneh au lendemain de la destruction de Jérusalem (70) de la Grande Assemblée (Sanhédrin) constituée par Ezra Hasopher avec l'appui de l'occupant romain. Elle avait pour mission de mettre par écrit les lois qui jusque là étaient restées orales pour des raisons herméneutiques. Ce projet était probablement une initiative des Pharisiens inquiets de la menace que faisaient peser sur les traditions les changements socio-historiques. Il se poursuivit sur plusieurs siècles en Galilée et à Babylone. Ceux qui y travaillèrent sont ainsi énumérés par la tradition :
- les Tannaïm ("répétiteurs"), auteurs de la Mishna
- leurs disciples, les Amoraïm, de Galilée et de Babylone,auteurs de la Gémara dans laquelle ils révélent toute la portée des maximes, profondes mais souvent laconiques, de la Mishna. Les derniers Amoraïm babyloniens furent Mar Zoutra et Rav Achi.
- les Savoraïm, qui n'apportèrent au corpus du Talmud de Babylone que de légères modifications.
- les Gueonim, (singulier : Gaon), régents des académies talmudiques fondées par les deux plus grands Amoraïm de Babylone, Rav et Chmouel.
- les Rishonim, jusqu'au Rav Yossef Karo, le Compilateur du Choulhan Aroukh.
- les Aharonim qui ont su conserver ce trésor dans toute sa pureté et le développer pour le mettre à la portée de chacun.
Les attributions sont putatives, particulièrement pour la Mishna. Les "sages" Tannaïm ne sont que rarement mentionnés nommément. On pense maintenant que le rédacteur (ou chef de rédaction) principal de la Mishna fut l'un d'entre eux, Judah haNasi, qui accomplit son travail autour de l'an 200.
Un traité de jurisprudence
Le Talmud est devenu la base de la jurisprudence à partir de laquelle ont été composés les codes de lois juives acceptés dans toute la diaspora, comme le Choulhan Aroukh. Sa rédaction fut une entreprise collective qui se poursuivit sur plusieurs siècles, en plusieurs étapes et en deux lieux principaux (Galilée et Babylone) :
- le midrasch (hébreu drash, «enseigner»), est une méthode d'exégèse et d'interprétation du texte biblique tout d'abord orale, qui a produit une importante littérature à partir du IIe siècle (midrash pecher et midrash haggadah).
- la Mishna (hébreu : «répéter»), qui offre avec le texte de l'Ecriture un lien plus lâche car la Torah y est peu mentionnée, est un ensemble de 63 traités écrits en hébreu dont les auteurs, rabbins, sont appelés Tannaïm, «répétiteurs», mot d'origine araméenne. Son autorité s'imposa très vite et elle devint à son tour objet d'exégèse et de commentaires.
- la Gémara («complément» en araméen, langue dans laquelle elle est rédigée), est un commentaire de la Mishna qui la reliant plus clairement au Tanakh. Ses auteurs, rabbins, sont appelés Amoraïm (ceux qui parlent ou expliquent). Elle dut rédigée séparément dans les deux diasporas juives les plus importantes : en Galilée jusqu'au milieu du IVe siècle et en Mésopotamie jusqu'au milieu du {{VIe siècle)}.
La Mishna hébraïque et la Gémara araméenne constituent le Talmud. Du fait de l'existence de deux Gémara différant par le contenu et l'ampleur, il existe deux versions du Talmud : le Talmud de Jérusalem et le Talmud de Babylone, dont l'autorité est bien supérieure au précédent, bien que celui-ci soit plus complet. La raison en est que le Talmud de Jérusalem fut terminé à la hâte.
Les parties normatives du Talmud constituent la halakha (cheminement -dans les voies de Dieu), tandis que les parties non normatives, narratives, édifiantes, constituent la aggada (narration, récit). Toutefois, elles sont en pratique difficilement dissociables, le mythe ne concernant parfois que la forme, mais non le fond du récit. </br>A titre d'exemple, s'il est improbable que Platon rencontra le prophète Jérémie, il est historiquement attesté que Jérémie eut à disputer avec un philosophe en Egypte, et que l'enseignement de Platon contenait des traces de Tradition Juive. </br>Le Talmud, commentaire et amplification de la Torah, marque à la fois le triomphe d'un légalisme sans compromission et le repli d'Israël sur lui-même.
Les différents mouvements du judaïsme contemporain n'ont pas la même attitude vis à vis du Talmud et de la halakha qui en découle :
- La grande majorité des orthodoxes considèrent le Talmud comme l'exacte expression de la loi orale transmise à Moïse en même temps que la Torah. Il est essentiel de l'étudier, mais on ne doit pas le compléter ni l'utiliser pour élaborer de nouvelles jurisprudences qui ne seraient pas déjà dans les codes de loi en usage. Cette vision du Talmud comme figé semble dater du XVe siècle. La version standard pour les orthodoxes ashkénazes est le Talmud de Vilna. Néanmoins, une minorité d'"orthodoxes modernes" préconisent une certaine lecture critique du Talmud et même une nouvelle jurisprudence.
- Les mouvements libéral/réformé et Massorti (conservateur) ont du Talmud une vision dynamique et en admettent la lecture critique. Les Massorti encouragent les nouvelles jurisprudences ; les libéraux/réformés considèrent que le Talmud n'est qu'une référence morale et non pas la base indispensable du code de conduite de la vie juive.
La secte juive déjà ancienne des Karaïtes a abandonné le Talmud comme source religieuse.
De nombreux juifs orthodoxes participent au Daf Yomi (page quotidienne), pratique lancée en 1923 à Vienne par le rabbin Meir Shapiro au premier congrès international de l'association orthodoxe Agoudat Israel. A partir du jour du lancement, les participants doivent apprendre le Talmud à raison d'une page double par jour, ce qui leur prend plus de sept ans. La complétion du cycle donne lieu à une célébration générale. Le 12e cycle a démarré le 1er mars 2005.
Un recueil de contes et un témoignage sur la vie juive ancienne
Le commentaire (Gémara) reconstitue un débat assorti d'anecdotes rassemblant les interprétations des rabbins et maîtres anciens sous une forme très vivante.
Liste canonique des traités du Talmud
- Traité Kethouboth : traite des contrats de mariage et des règles du bon mariage
- Traité Niddah : traite des règles de pureté, en particulier féminines mais aussi de la filiation.
- Traité Pessahim : toutes les règles à observer pour la Pâque (Pessah)
- Traité Nazir qui évoque des vies d'ascètes et donne des règles de sanctification, en particulier autour du nazirat,
- Traité Mégila dans lequel on voit discuter de l'authenticité de certains textes bibliques en comparant les témoignages grecs et hébreux.
Articles connexes
Traité de Bérakhoth relatif aux lois concernant les différentes prières et bénédictions.
Lire aussi
- Adin Steinsaltz, personnages du Talmud, édition Pocket
- Marc-Alain Ouaknin, Introduction au Talmud, collection Domino
Liens externes
- Wikilivres-Mischna: Open Mishnah Project in English | משנה פתוחה בעברית
- Informations détaillées [http://www.comeandhear.com/navigate.html Analyse complète de la vérité sur la première version anglaise du Talmud produite par les sécialistes d'études talmudiques les plu



