Syndrome d'irradiation aiguë
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Le syndrome d'irradiation aiguë1 (aussi syndrome de radio-exposition aiguë ou maladie des rayons) désigne un ensemble de symptômes potentiellement mortels qui résultent d'une exposition ponctuelle des tissus biologiques d'une partie importante du corps à une forte dose de rayonnements ionisants, en particulier à une radioactivité intense. Ces symptômes sont déterministes et à effet de seuil : ils sont systématiquement observés au-delà d'une certaine dose (plus de 2 Gy) et ne se manifestent pas en-deçà d'un certain seuil (moins de 0,5 Gy).
Aux très fortes doses (> 20-50 Gy) le système nerveux est touché ; désorientation, ataxie (incoordination des mouvements volontaires) , délire, coma, convulsions, puis mort surviennent quelques minutes à quelques heures après l'exposition. Pour des doses moindres (1-20 Gy), la mort peut survenir dans les jours ou les mois qui suivent l'irradiation, le plus souvent par hémorragie interne ou par infection. Le syndrome est alors généralement caractérisé par trois phases :
- une phase prodromique, non mortelle, débute entre quelques minutes et quelques heures après l'exposition et dure au plus quelques jours, avec, en fonction de l'intensité de l'exposition : fatigue, céphalée (mal de tête), nausée et/ou vomissements, érythème (rougeurs de peau) ;
- une période de latence de quelques heures à deux semaines durant laquelle le patient recouvre tout ou partie de ses capacités ;
- une phase aiguë, potentiellement mortelle, dure un mois à un an, avec des problèmes hématologiques, gastro-intestinaux, respiratoires et/ou cutanés, selon la gravité de l'exposition et les organes principalements touchés, les symptômes pouvant être nausée, vomissements, asthénie (fatigue générale), anorexie (perte de l'appétit), alopécie (perte des cheveux et des poils), érythème, ulcération ou nécrose de la peau, immunodépression (faiblesse du système immunitaire), saignements incontrôlés de la bouche, hémorragies internes, diarrhée et déshydratation, douleurs thoraciques, insuffisance respiratoire.
En cas de survie, la survenue de maladies cardio-vasculaires, digestives, et respiratoires dans les années suivantes est fréquente. La stérilité temporaire ou permanente est courante.
Les sources de rayonnement naturelles ne sont généralement pas assez puissantes pour provoquer la maladie des rayons, de sorte que celle-ci résulte souvent d'activités humaines : accident nucléaire grave dans un laboratoire ou une centrale nucléaire (incident de criticité ou une exposition à une source radioactive puissante), explosion atomique. La prévention et les soins à apporter en cas d'exposition nécessitent de connaître la gravité de l'irradiation, aussi les personnels travaillant sur des installations sensibles sont-elles équipées d'un dosimètre. En l'absence de mesure, l'urgence médicale est estimée sur la base et de l'intensité de la rapidité d'apparition des premiers symptômes, de la rapidité de leur appartition ; des examens médicaux approfondis permettent ensuite de déterminer les dégâts occasionnés aux tissus et de déterminer les soins à apporter. En cas d'accident à grande échelle, de tels tests s'avèrent impossibles à mettre en œuvre et le tri des blessés (condamnés, à soigner d'urgence, pouvant attendre) s'effectue sur la base des premiers symptômes.
L'exposition chronique à une radioactivité faible ou modérée, ne provoque pas de symptômes à court ou moyen terme mais un risque accru de complications à long terme telles que leucémie et cancers ; ces effets stochastiques (probabilistes) sont à distinguer du syndrôme d'irradiation aiguë qui apparaît de manière rapide et certaine au-delà d'une certaine dose de rayonnement (effet déterministe). L'exposition aiguë d'une petite partie du corps (à l'exception du cerveau, des poumons et de la moëlle épinière) n'entraîne pas non plus de syndrome d'irradiation aiguë mais un dysfonctionnement potentiellement mortel des organes touchés dans les semaines ou les mois suivant l'incident. Ces deux effets ne sont pas l'objet du présent article.
Sommaire |
Histoire
À écrire : expériences nucléaires aux États-Unis, hibakusha [3].
Mesure de l'exposition
La mesure de l'exposition aux radiations prend en compte trois facteurs principaux : l'énergie déposée dans un tissu par le rayonnement, l'impact relatif du type de rayonnement, la sensibilité relative du tissu aux rayonnements ionisants.
Les grandeurs physiques mesurant de l'exposition sont traditionnellement définies pour décrire les effets stochastiques de l'irradiation chronique, c'est-à-dire prédire la probabilité de survenue de maladies induites comme les leucémies, cancers ou les complications cardio-vasculaires. Trois grandeurs principales sont utilisées [4, 6] :
- La dose radiative DT,R est l'énergie par unité de masse déposée par un rayonnement R sur dans un tissu T. Son unité dans le système international est le gray (1 Gy = 1 J/kg).
- l'équivalent de dose est la dose radiative corrigée de l'impact du rayonnement (efficacicité biologique relative) et se mesure en sieverts (Sv) ; elle est donnée par HT = wRDT,R, où wR est le facteur de pondération du rayonnement.
- L'équivalent de dose efficace est la dose radiative corrigée de l'impact du rayonnement et de la sensibilité du tissu. Elle se mesure en Sv et est donnée par E = wTHT, où wT est le facteur de pondération du tissu.
Les facteurs correctifs w, tels que définis par la Commission internationale de protection radiologique ne sont cependant pas affinés pour décrire les effets de l'irradiation aiguë qui est l'objet de cet article. Plus particulièrement, les efficacités biologiques relatives des différents rayonnements tendent à se rapprocher à haute dose : si le risques stochastiques d'une irradiation par des neutrons nécessite un wR = 5-20 [6], la prise en compte de la destruction cellulaire — principale cause du syndrome d'irradiation aiguë — ne nécessite plus qu'un facteur 1,5 à 3 pour une dose supérieure à 1 Gy [5]. Dans la pratique, il existe de grandes incertitudes sur les efficacités biologiques relatives de sorte que les différentes études sur le syndrome de radioexposition aiguë utilisent la dose radiative [1, 2].
Impact de l'irradiation aiguë sur les tissus
Symptômes et risque vital
Points clefs
| débit de dose | 0,2 Gy/h | 1 Gy/h | 10 Gy/h | 100 Gy/h |
|---|---|---|---|---|
| soins minimaux | 4,5 | 3,7 | 3,3 | 3,3 |
| soins intensifs | 6,4 | 5,8 | 5,3 | 5,2 |
| soins avec greffe | 7,8 | 7,3 | 6,5 | 6,1 |
- la mort possible à partir de 1,5 Gy et certaine au-delà de 10 Gy ;
- les chances et la durée de survie dépendent de soins médicaux intensifs ;
- le syndrome est à effet de seuil : il n'est pas observé en-deçà d'une certaine dose ;
- le syndrome est déterministe : il se manifeste avec certitude au-delà d'une certaine dose ;
- les symptômes sont d'autant plus sévères que l'exposition est aiguë ;
- l'effet de l'exposition est d'autant plus importante que la dose est délivrée rapidement ;
- les effets sont plus importants chez les enfants et les personnes âgées ;
- les premiers symptômes suivent l'exposition de quelques minutes à quelques heures ;
- les premiers symptômes apparaissent d'autant plus tôt que l'exposition est aiguë ;
- une période de latence de quelques jours à deux semaines est généralement observée ;
- la latence est d'autant plus courte que l'exposition est importante ;
- après la latence apparaissent des problèmes hématologiques, pulmonaires, cutanés et/ou gastro-intestinaux ;
- la mort survient surtout par hémorragie interne, infection ou diarrhée ;
- la stérilité féminine permanente est possible à partir de 2 Gy ;
- la stérilité masculine temporaire est courante.
Formes du syndrome d'irradiation aiguë
Il existe cinq principales formes du syndrome [1, 5] :
- La forme cérébro-vasculaire, provoquant la mort en quelques jours, se manifeste pour une exposition supérieure à 20-50 Gy. Elle débute dans les premières heures après l'exposition aux radiations, et touche le système nerveux ;
- La forme gastro-intestinale, mortelle, se manifeste pour une exposition supérieure à 6-10 Gy. Elle débute une à deux semaines après l'irradiation ;
- la forme hématopoïétique, potentiellement mortelle, se manifeste pour une exposition supérieure à 1-2 Gy. Elle débute deux à trois semaines après l'exposition aux radiations et touche la moelle épinière ;
- La forme pulmonaire, potentiellement mortelle, se manifeste pour une exposition supérieure à 6-9 Gy. Elle débute deux à huit mois après l'irradiation.
- La forme cutanée, parfois mortelle, se manifeste pour une exposition supérieure à 4-7 Gy. Elle débute généralement dans les semaines suivant l'exposition, dans les cas les plus graves dans la journée qui la suit.
On considère parfois que la forme cutanée ne fait partie du syndrome d'irradiation aiguë, car l'irradiation de la peau seule (par des rayonnements peu pénétrants comme les particules alpha et bêta) ne produit pas les symptômes usuels tels que nausées, céphalées et vomissements. Toutefois, elle peut accompagner les autres formes du syndrome et compliquer l'évolution de la maladie.
Ces différentes formes peuvent se produire simultanément. Lors de l'exposition à une explosion atomique ou d'un accident dans une centrale nucléaire, le corps est généralement irradié de manière uniforme, de sorte la forme pulmonaire n'est que rarement observée : aux doses requises, les formes hématopoïtique et gastro-intestinale provoquent la mort avant que ne se déclarent les troubles pulmonaires. Lors d'incidents en laboratoire (travail sur des sources proches), le corps peut être irradié de façon non uniforme, privilégiant l'une ou l'autre forme de la maladie des rayons [5].
Forme cérébrale
Forme gastro-intestinale
| débit de dose | 0,2 Gy/h | 1 Gy/h | 10 Gy/h | 100 Gy/h |
|---|---|---|---|---|
| soins minimaux | 18,7 | 15,4 | 11,2 | 9,7 |
| soins intensifs | 17,5 | 15,0 | 12,1 | 11,3 |
| soins avec greffe | 25,3 | 22,2 | 15,1 | 12,0 |
Le syndrome gastro-intestinal a lieu pour une dose très élevée, typiquement plus de 8 Gy, et entraîne généralement la mort dans les quinze jours. Il se manifeste en une à deux semaines après l'expositions par des symptômes semblables à ceux d'une dysentrie fulminente : diarrhée sévère et déshydratation. Il est causé par une dégénerescence de l'épithélium de l'intestin grêle liée à la destruction des cellules souches de sa surface. La mortalité à 50% a lieu pour des doses de 9 à 12 Gy (irradiation rapide en l'espace de minutes) selon la qualité des soins médicaux.
En cas de survie, le syndrome hématopoïétique emporte le patient.
Forme hématopoïétique
Le syndrome hématopoïétique est lié à la destruction partielle ou totale des cellules hématopoïétiques de la moëlle osseuse et à celle des lymphocytes périphériques.
Dans les heures suivant l'exposition, la chute de la numération lympocytaire augmente le risque d'infection. La déficience hématopoïétique se traduit en quelques semaines par une chute du taux de granulocytes, de thrombocytes (immunodéficience) et de plaquettes (défaut de coagulation). Cela peut conduire à une infection mortelle ou à des hémorragies internes.
La forme hématopoïétique du syndrome d'irradiation aigu est celle qui provoque la mort aux plus faibles irradiations, typiquement entre 1,5 et 10 Gy. Le décès intervient généralement, s'il a lieu, dans les deux mois suivant l'irradiation. Dans les cas d'irradiation sévères (aux environs de 5 Gy), la moëlle est totalement détruite ; la survie n'est alors possible qu'avec une greffe.
Selon la rapidité de l'exposition et le type de soins une mortalité de 50% est atteinte pour une dose de 3 à 6 Gy (voir figures ci-dessus).
Forme pulmonaire
Autres complications
Cas attestés
- 6 août 1945, Hiroshima, Japon : explosion atomique. La bombe A Little Boy provoque chez des dizaines de milliers de personnes un syndrome d'irradiation aiguë avec un pic de mortalité entre septembre et décembre [3]. 45 000 meurent irradiés.
- 9 août 1945, Nagasaki, Japon : explosion atomique. La bombe A Fat Man provoque chez des dizaines de milliers de personnes un syndrome d'irradiation aiguë avec un pic de mortalité entre septembre et décembre [3]. Environ 20 000 décèdent des suites de l'irradiation.
- 21 août 1945, Laboratoire national de Los Alamos, États-Unis : accident de criticité par erreur de manipulation. Un opérateur laisse tomber une brique de carbure de tungstène réfléchissant les neutrons sur un bloc de plutonium. Il décède trois semaines après [7].
- 21 mai 1946, Laboratoire national de Los Alamos, États-Unis : accident de criticité par erreur de manipulation. Le physicien canadien Louis Slotin crée par accident une masse critique de plutonium lors d'une démonstration scientifique. Il meurt une semaine après des suite d'une irradiation de 10 Gy [7].
- 15 mars 1952, Mayak Enterprise, URSS : accident de criticité par erreur de manipulation. En laboratoire deux opérateurs assemblent par mégarde une solution de plutonium critique. L'un deux reçoit 10 Gy aux parties inférieures du corps et survit malgré un syndrome d'irradiation aiguë grave [7].
- 1er mai 1954, Bikini, îles Marshall : explosion atomique. Le test de la bombe H américaine Castle Bravo provoque des retombées radioactives plus importantes que prévu. L'équipage d'un navire japonais à 140 km de l'hypocentre tombe malade et doit être hospitalisé ; l'un d'entre eux décède. 64 habitants de l'atoll Rongelapp sont soumis à une dose de 1,6 Gy avant d'être évacués [8].
- 2 janvier 1958, Mayak Enterprise, URSS : accident de criticité par erreur de protocole. Des opérateurs s'approchent d'un réservoir d'une solution d'uranium et réfléchissent suffisamment de neutrons pour créer une masse critique. Trois opérateurs meurent dans la semaine après avoir reçu 5 à 6 Sv ; une troisième survit au syndrome d'irradiation et devient aveugle dans les années suivantes [7].
- 16 juin 1958, Oak Ridge, États-Unis : accident de criticité par erreur de protocole. Un réservoir contenant une solution d'uranium fuit et est transvasé ; au cours de la manipulation, 5 personnes reçoivent de 2 à 4,5 Sv au cours d'une accident de criticité et tombent malades [7].
- 15 octobre 1958, Vinca, Yougoslavie : accident de criticité dans un réacteur nucléaire. Le réacteur expérimental de l'institut Boris Kidrich soumet six opérateurs à des doses de 2 à 4,3 Sv ; ils développent un syndrome d'irradiation aiguë et l'un d'entre eux décède.
- 20 décembre 1958, Laboratoire national de Los Alamos, États-Unis : accident de criticité par erreur de manipulation. Un opérateur assemble par erreur une masse critique d'une solution de plutonium et meurt des suites d'une exposition à 12 Sv [7].
- 13 octobre 1960, Mer de Barents, URSS : accident sur un réacteur nucléaire. Des gaz radioactifs s'échappent après un accident sur un réacteur d'un navire de la flotte soviétique. Trois des membres de l'équipage reçoivent une dose estimée à 2 Gy et présentent un syndrome d'irradiation aiguë [9].
- 1960, URSS : suicide par exposition à une source radioactive. Un individu se suicide en s'exposant à une source de césium 137. Il reçoit 15 Sv [18].
- 1961, Suisse : exposition à une source radioactive. Une personne meurt après avoir reçu 3 Sv d'une peinture contenant du tritium [10].
- 3 janvier 1961, Idaho Falls, États-Unis : accident de criticité dans un réacteur nucléaire. Une explosion intervient sur le réacteur expérimental SL-1 après qu'une masse critique de combustible est atteinte. Trois employés décèdent [7].
- 14 juillet 1961, Complexe Chimique de Sibérie, URSS : accident de criticité. L'accumulation d'hexafluorure d'uranium dans une pompe à vide devient critique et soumet un employé à 2 Sv. Il développe un syndrome d'irradiation aiguë léger [7].
- 11 janvier 1963, Sanlian, Chine : exposition à une source radioactive. Une source de 60cobalt est trouvée dans une décharge ; deux personnes reçoivent environ 8 Sv et meurent dans les deux semaines [10].
- 1964, République fédérale d'Allemagne : exposition à une source radioactive. L'expostion à de la peinture contenant du tritium conduit à la mort d'une personne (10 Gy) et à un syndrome d'irradiation aiguë chez trois autres [10].
- 11 mars 1963, Sarov, URSS : accident de criticité par erreur de protocole. Des expérimentateurs manipulent une masse critique de plutonium et un réflecteur de neutrons créant une masse critique. Deux reçoivent 3,7 et 5,5 Sv et survivent au syndrome d'irradiation [7].
- 14 juillet 1964, Rhode Island, États-Unis : accident de criticité par erreur de protocole. Une masse critique de combustible fissible est atteinte dans la Wood River Junction facility lors de la manipulation de solutions d'uranium. L'opérateur meurt deux jours après des suites l'irradiation de 10 Sv [7].
- 30 décembre 1965, Mol, Belgique : accident de criticité dans un réacteur nucléaire. Un expérimentateur cause par erreur de manipulation un accident de criticité sur le réacteur expérimental VENUS. Il reçoit 5 Sv à la poitrine, mais doit être amputé du pied (17-40 Sv) [7].
- 1967, Pittsburgh, États-Unis : accident dans un réacteur nucléaire. Un réacteur industriel expose trois personnes à des doses de 1 à 6 Sv. La plus atteinte développe une forme sévère du syndrome mais est sauvée par une transplantation de moëlle épinière [19].
- 1968, Chicago, États-Unis : exposition à une source radioactive. Une personne s'expose à une source d'or 198, reçoit 4 à 5 Gy à la moëlle épinière et en décède [18].
- 10 décembre 1968, URSS : accident de criticité par erreur de protocole. Un employé de la Mayak Enterprise crée temporairement une solution critique de plutonium en transvasant un réservoir et quitte les lieux aussitôt. Un superviseur décide alors de bouger le conteneur incriminé et s'expose à un second accident de criticité ; il meurt un mois plus tard d'une exposition de 24,5 Sv. L'expérimentateur (7 Sv) tombe malade et survit après amputation des deux jambes [7].
- 1971, Chiba, Japon : exposition à une source radioactive. Une source d'iridium 192 destinée à de la radiographie industrielle est perdue. Trois ouvriers développent un syndrome d'irradiation aiguë [19].
- 21 mai 1971, Kurtchatov, URSS : accident de criticité par erreur de calcul. Des expériences sont menées sur la criticité de barres d'uranium plongées dans l'eau. L'insuffisance des calculs mène à une masse surcritique à la fin d'une expérience lorsque l'eau est pompée. Deux expérimentateurs reçoivent 60 et 20 Sv et meurent 5 et 15 jours après. Deux autres reçoivent des doses de 6 à 7 Sv et survivent, avec des problèmes de santé chronique [7].
- juin 1974, Parsippany, États-Unis : accident sur un réacteur nucléaire. Une employé d'un réacteur industriel reçoit 4 Sv et développe un syndrome d'irradiation [19].
- 1972, Bulgarie : suicide par exposition à une source radioactive [18].
- 1977, Györ, Hongrie : exposition à une source radioactive. Une personne est exposée accidentellement à une source industrielle, reçoit 1,2 Sv et présente un léger syndrome d'irradiation [20].
- 1977, Rockaway, États-Unis : exposition à une source radioactive. Un employé d'une entreprise d'irradiation reçoit accidentellement 2 Sv d'une source de cobalt 60 et développe un syndrome d'irradiation aiguë [19, 20].
- 13 décembre 1978, Complexe chimique de Sibérie, URSS : accident de criticité par erreur de protocole. Deux employés stockent quatre lingots de plutonium dans un même conteneur créant une masse critique ; l'un deux reçoit 2,5 Gy [7].
- 2 septembre 1982, Kjellor, Norvège : exposition à une source radioactive. Un employé d'une usine d'irradiation s'expose accidentellement à une source de cobalt 60. Il tombe malade dans la demi-heure. Il meurt 13 jours après, d'une dose estimée à 22 Sv [18].
- 23 septembre 1983, Constituyentes, Argentine : accident de criticité dans un réacteur nucléaire. Une masse critique de combustible fissile est atteinte dans un réacteur expérimental et soumet l'opérateur à 37 Gy. Il décède 2 jours après [7].
- 10 août 1985, Vladivostok, URSS : explosion d'un réacteur nucléaire lors du plein. Le réacteur du sous-marin K-314 explose, provoquant une syndrome d'irradiation chez 49 personnes, dont 10 gravement atteintes [9].
- 1986, Kaifeng, Chine : exposition à une source radioactive. Deux individus reçoivent 2,6 et 3,2 Sv d'une source de Cobalt 60 et dévoloppent le syndrome d'irradiation aiguë [20].
- 26 avril 1986, Tchernobyl, Ukraine : explosion d'un réacteur nucléaire. La catastrophe de Tchernobyl provoque un syndrome d'irradiation aiguë chez deux cents ouvriers de la centrale et pompiers, dont 28 meurent [18].
- 24 juin 1986, Soreq, Israël : exposition à une source radioactive. Un opérateur d'une entreprise de stérilisation à Soreq (Israël) s'expose par inadvertance à une source radioactive de cobalt 60, et meurt 36 heures après [11].
- 12-27 septembre 1987, Goiana, Brésil : exposition à une source radioactive. Une source de radiothérapie contenant du césium 137 est perdue. Des personnes de Goiana tombent malades et l'on pense au début à une maladie tropicale avant de diagnostiquer le syndrome d'irradiation aiguë : elle avait été trouvée et avait circulé entre plusieurs mains. Cinq meurent des suites d'une irradiation de 4,5 à 6 Gy ; trois présentent un syndrome sévère et six autres des problèmes hématopoïétiques. Des cas de dépressions sont observés [10].
- juin 1990, Shanghai, Chine : exposition à une source radioactive. Dans une usine de stérilisation, des ouvriers s'exposent accidentellement à une source de cobalt-60. Deux meurent des suites d'une irradiation de 11-12 Gy ; cinq autres reçoivent plus de 2 Gy et tombent malades [12].
- 26 octobre 1991, Nesvih, Belarus : exposition à une source radioactive. Un opérateur d'une usine de stérilisation s'expose par une advertance à une dose de 12,5 Sv. Il survit au syndrome hématopoïétique grâce à des soins intensifs mais décède au bout de quatre mois [13].
- 13 septembre 1999, Grozny, Russie : exposition à une source radioactive. Des voleurs dérobent des sources de cobalt 60. Trois meurent dont l'un en une demi-heure, trois autres tombent malades [14].
- 30 septembre 1999, Tokai, Japon : accident de criticité par erreur de protocole. Des employés assemblent par négligence une masse critique d'une solution d'uranium dans le centre nucléaire de Tokaimura. Deux employés sont exposés à une dose létale [7].
- janvier-février 2000, Samut Prakarn, Thaïlande : perte de source radioactive. Une source médicale de cobalt 60 tombe lors d'un transport et est descellée. Trois employés meurent et sept autres tombent malades, avec des doses de l'ordre de 2 Sv ainsi que des brûlures graves pour certains [15].
- juin-juillet 2000, Mit Halfa, Égypte : perte de sources radioactives. Un employé trouve une source radioactive d'iridium 192 et la ramène chez lui. Sept personnes tombent malades, dont deux meurent ; des dizaines de voisins présentent des modifications mineures de la formule sanguine [16].
- 2001-2002, Liya, Géorgie : vol de sources radioactives. Des sources de 90strontium servant de générateurs thermiques sont volées ; trois personnes développent le syndrome d'irradiation aiguë [17].
Soins médicaux
À écrire.
Voir aussi
- explosion nucléaire
- Hiroshima (combat)
- Nagasaki (combat)
- Castle Bravo (essai nucléaire)
- accident nucléaire
- rayonnement ionisant ~ radioactivité
- nucléaire
Bibliographie
- [1] (en) D.J. Strom, Health Impacts from Acute Radiation Exposure, Pacific Northwest National Laboratory, Operated by Battelle for the US Department of Energy, 2003.
- [2] (en) Australian Radiation Protection and Nuclear Safety Agency, Department of Homeland Security: Working Group on Radiological Dispersal Device, Medical Preparedness and Response Subgroup
- [3] (en) Michihiko Hachiya, Hiroshima Diary (Chapel Hill: University of North Carolina), 1955, ISBN 0-807-84547-7.
- [4] (en) International Commission on Radiological Protection, Basis for Dosimetric Quantities Used in Radiological Protection (document de travail), 2005
- [5] (fr) Robert N. Cherry, Jr., Les rayonnements ionisants, Encyclopédie de Sécurité et de Santé au travail, 3è édition, chapitre 48, ISBN 92-2-209203-1
- [6] (en) International Commission on Radiological Protection, 1990 Recommandations of the ICRP, ICRP Publication 1960, Annals of the ICRP, Pergamon Press, Oxford, 1991
- [7] (en) McLaughlin, Thomas P., Shean P. Monahan, Norman L. Pruvost, Vladimir V. Frolov, Boris G. Ryazanov, and Victor I. Sviridov, A Review of Criticality Accidents,, Los Alamos National Laboratory, Los Alamos, 2000
- [8] (en) Fry, Shirley A., C. C. Lushbaugh, and Karl F. Hubner, An overview of radiation accidents and injuries, in Around the Nuclear World.
- [9] (en) Nilsen, Thomas, Igor Kudrik, and Alexandr Nikitin, 8. Nuclear submarine accidents, in The Russian Northern Fleet, Bellona Foundation, 1996
- [10] (en) IAEA, The Radiological Accident in Goiania, Vienne, 1988
- [11] (en) IAEA, The Radiological Accident in Soreq, Vienne, 1993
- [12] (en) UNSCEAR, 2000, Annex E: Occupational radiation exposures in Sources and Effects of Ionizing Radiation: United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation, 2000
- [13] (en) IAEA, The Radiological Accident at the Irradiation Facility in Nesvizh, 1996
- [11] (en) IAEA, The Radiological Accident in Soreq, Vienne, 1993
- [14] (en) Center for Nonproliferation Studies, Criminal dies stealing radioactive material, Parrish, Scott ed. 1999
- [15] (en) IAEA, The Radiological Accident in Samut Prakarn], Vienne, 2002
- [16] (en) ENS, Radioactive cobalt kills two in Egypt, 2000
- [17] (en) Standring, W. J. F., O. G. Selanaes, M. Sneve, I. E. Finne, A. Hosseini, I. Amundsen, and P. Strand, Assessment of environmental, health and safety consequences of decommissioning radioisotope thermal generators (RTGs) in Northwest Russia, StralevernRapport, 2005
- [18] (en) Mould, R. F., Chernobyl Record: The Definitive History of the Chernobyl Catastrophe, Institute of Physics Publ., Bristol, 2000
- [19] (en) Ortiz, P., M. Oresegun, and J. Wheatley, Lessons from major radiation accidents, 2000
- [20] (en) UNSCEAR, Annex E: Occupational radiation exposures in Sources and Effects of Ionizing Radiation: United Nations Scientific Committee on the Effects of Atomic Radiation UNSCEAR 2000 Report to the General Assembly, with Scientific Annexes, Volume I: Sources, 2000
- [21] (en) FE Haskin, FT Harper, LH Goossens, BCP Kraan, JB Grupa &J Randall, Probabilistic Accident Consequence Uncertainty Analysis: Early Health Effects Uncertainty Assessment, NUREG/CR-6545, EUR 15855 Vol. 1, U.S. Nuclear Regulatory Commission, Washington, 1997
- [22] (en) GH Anno, RW Young, RM Bloom & JR Mercier, Dose response relationships for acute ionizing-radiation lethality, Health Physics 84:565-575 (2003)
1. Le rapport du Conseil supérieur de la langue française publié au Journal officiel du 6 décembre 1990 a adopté, pour le terme aiguë la nouvelle graphie aigüe.
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