Syndrome d'immunodéficience acquise

Un article de Freepedia.

Selon les conventions typographiques française, l'acronyme S.I.D.A. est lexicalisé ; il s'écrit donc « sida », en minuscules et sans point.

Le sida, acronyme de syndrome de l'immunodéficience acquise, est une maladie infectieuse causée par le virus de l'immunodéficience humaine (VIH), qui entraîne la dégénérescence du système immunitaire. Depuis le début de l’épidémie, trois modes de transmission ont été observés :

  • transmission par la voie sexuelle.
  • transmission par la voie sanguine.
  • transmission de la mère à l’enfant pendant la naisssance.

Le virus a été retrouvé dans la salive, les larmes, les urines, mais en raison de la faible concentration virale de ces liquides biologiques, le risque de transmissibilité est considéré comme nul.

  • La transmission par voie sexuelle. La plupart des infections par le VIH ont été ou sont encore acquises à l’occasion de rapports sexuels non protégés. La transmission sexuelle se fait par contact entre les sécrétions sexuelles (ou du sang contaminé par le virus) et les muqueuses rectale, génitale ou buccale.
  • La transmission par voie sanguine. Ce mode de contamination concerne tout particulièrement les usagers de drogues injectables, les hémophiles et les transfusés. Les professionnels de santé (soins infirmiers, laboratoires) sont aussi concernés, bien que plus rarement. Il ne faut pas négliger les risques de contamination par aiguilles souillées et non ou mal désinfectées (tatouages).
  • La transmission mère-enfant. La transmission du virus de la mère à l’enfant peut survenir in utero dans les dernières semaines de la grossesse, et au moment de l’accouchement. L’allaitement présente aussi un risque de contamination du bébé, de l’ordre de 5 %, ce qui explique qu’il soit déconseillé en cas d’infection de la mère. En l’absence de traitement, le taux de transmission, entre la mère et le fœtus, avoisine les 20 %. Actuellement, les traitements disponibles alliés éventuellement à une césarienne programmée ont réduit ce taux à 1 %.

Dans les pays ayant accès aux traitement antirétroviraux, la prise en charge de l’infection par le VIH est désormais celle d’une maladie au long court. Les trithérapies antirétrovirales ont considérablement réduit la mortalité et la morbidité de l’infection à VIH. En contrepartie ont émergé d’autres problématiques liées aux complications des traitements eux-mêmes (lipodystrophie, accroissement du risque cardio-vasculaire, troubles glucido-lipidiques, pathologie mitochondriale), ou des problèmes d’échappement puis d’échec immunovirologique, liés à la question de l’observance.

Cette situation privilégiée d’accès aux traitements ne concerne que les pays riches qui peuvent assurer la prise en charge financière de ces thérapeutiques. Dans les pays en développement, plus de 95 % des patients (soit environ 40 millions de personnes) ne bénéficient aujourd’hui d’aucun traitement efficace.

Sommaire

Historique de la problématique du sida

Le VIH est étroitement lié aux virus entraînant des maladies semblables au sida, chez les primates, et il est possible que le virus VIH ait été transféré de l’animal à l’homme au début du XXe siècle, bien que certains indices montrent que dans certains cas isolés, ce transfert se serait produit plus tôt. La source animale ainsi que l’époque et le lieu exacts du premier transfert (ou des premiers transferts) ne sont pas connus. Un virus presque identique au VIH a été identifié chez des chimpanzés ; toutefois, rien ne permet d’affirmer que le transfert se soit fait des chimpanzés vers les humains, ni que les humains et les chimpanzés aient été infectés par une troisième source. Les études scientifiques ont suggéré que le virus serait apparu initialement en Afrique de l’Ouest, mais il est possible qu’il y ait eu plusieurs sources initiales distinctes, y compris en Amérique du Sud. Le premier exemplaire de virus VIH fut recueilli en 1959 dans l’actuelle République démocratique du Congo. Parmi les premiers échantillons recueillis, on compte également le cas d’un Américain homosexuel en 1969, et d’un marin hétérosexuel norvégien en 1976.

Au début des années 1980, le sida s’est fortement répandu dans le milieu homosexuel, puis chez les toxicomanes en raison de leurs pratiques à haut risque de transmission du virus (respectivement, la sodomie et les échanges de seringues). L’origine virale n’a pas été d’emblée évoquée et l’hypothèse d’une intoxication par des produits comme le poppers (stimulant sexuel contenant du nitrite d’amyle) a pu être émise au début, mais sans raison plausible. De même, l’identification du virus responsable a été difficile, beaucoup de scientifiques parlant d’HTLV comme cause de l’épidémie. S’emparant de la découverte, la presse a commencé par désigner le virus par la périphrase de « cancer gay », avant de revenir sur ce préjugé. C’est à la même période que de nombreux transfusés (notamment en France) sont contaminés par des lots de sang contenant le virus VIH. En quelques années, le virus va s’étendre pour finir par toucher toutes les couches de la population. Seules les campagnes d’information sur les comportements à risque, les méthodes de propagation de la maladie et surtout les moyens de protection permettront aux pays développés d’enrayer la progression (sans toutefois pouvoir la bloquer). La prise de conscience générale doit aux populations homosexuelles son déploiement rapide ; en effet, de nombreux mouvements, tels que celui d’Act Up, et des vedettes internationales ont forcé la visibilité, incitant les dirigeants politiques à engager de véritables recherches scientifiques.

C’est aujourd’hui principalement les pays en voie de développement qui font les frais de ce virus qui fait des ravages au sein de certaines populations. Les raisons sont multiples et varient d’un pays à l’autre : tourisme sexuel pour l’Asie du Sud-Est, culture valorisant le nomadisme sexuel et la polysexualité (Europe), absence d’information de la population sur les facteurs de risque de transmission (notamment en Afrique), manque de moyens ou de volonté pour faire de la prévention et informer les populations, voire refus d’admettre les faits. Certains estiment que les convictions religieuses interdisant l’utilisation des moyens de protection tels que le préservatif sont aussi en cause, même si ces convictions impliquent bien plus fortement la fidélité ou l’abstinence, moyens qui, lorsqu'ils sont appliqués scrupuleusement, constituent des freins plus puissants que le préservatif à la diffusion du VIH.

L’infection par le VIH

Le VIH détruit le système immunitaire en infectant les lymphocytes T CD4+, et en conduisant à leur destruction accélérée. En l’absence de traitement, la quasi totalité des patients infectés par le VIH évolue vers le sida, phase ultime de la maladie

Il existe deux classifications pour décrire la progression de l’infection VIH, basées sur les manifestations cliniques et les anomalies biologiques

Classification en stades cliniques proposée par l’OMS

  • Stade clinique 1 :
    • Patient asymptomatique.
    • Adénopathies persistantes généralisées.
  • Stade clinique 2 :
    • Perte de poids inférieure à 10 % du poids corporel.
    • Manifestations cutanéomuqueuses mineures (dermite séborrhéique, ulcérations buccales récurrentes).
    • Zona au cours des 5 dernières années.
    • Infections récidivantes des voies respiratoires supérieures.
  • Stade clinique 3 :
    • Perte de poids supérieure à 10 % du poids corporel.
    • Diarrhée chronique inexpliquée pendant plus d’un mois.
    • Fièvre prolongée inexpliquée pendant plus d’un mois.
    • Candidose buccale (muguet).
    • Leucoplasie chevelue buccale.
    • Tuberculose pulmonaire dans l’année précédente.
    • Infections bactériennes sévères (pneumopathies par exemple).

Classification CDC (Centers for Diseases Control) modifiée en 1993

  • Catégorie A :
    • Infection VIH asymptomatique
    • Lymphadénopathie généralisée persistante
    • Primo-infection symptomatique
  • Catégorie B :
    • Manifestations cliniques chez un patient infecté par le VIH, ne faisant pas partie de la catégorie C et qui répondent au moins à l’une des conditions suivantes :
      • elles sont liées au VIH ou indicatives d’un déficit immunitaire ;
      • elles ont une évolution clinique ou une prise en charge thérapeutique compliquées par l’infection VIH. (Cette catégorie correspond aux stades cliniques 2 et 3 de l’OMS.
  • Catégorie C :
    • Cette catégorie correspond à la définition du sida chez l’adulte. Les critères cliniques sont les mêmes que le stade clinique 4 de l’OMS.

La prévention

Les divers modes de transmission du VIH sont désormais parfaitement connus. Plusieurs enquêtes épidémiologiques ont mis en évidence un relâchement des comportements de prévention dans les pays occidentaux, tout particulièrement dans le cadre de la transmission sexuelle du VIH, alors que la transmission du VIH chez les usagers de drogues intraveineuses a nettement diminué et que la transmission par transfusion est devenue pratiquement nulle en Europe.

Prévention de la transmission par voie sexuelle

Les faits

  • Les rapports réceptifs sont plus à risque que les rapports insertifs, et les rapports anaux réceptifs sont ceux qui comportent le risque de transmission le plus élevé. Selon le ministère de la santé, la probabilité de transmission par acte varie de 0,03% à 0,07% dans le cas de rapport vaginal réceptif, de 0,02 à 0,05% dans le cas de rapport vaginal insertif, de 0,01% à 0,185% dans le cas de rapport anal insertif, et de 0,5% à 3% dans le cas de rapport anal réceptif [1]
  • Les infections sexuellement transmissibles (IST) favorisent la transmission du virus VIH, par les micro-ulcérations et l’inflammation qu’elles entraînent localement. Répondent à cette définition, la syphilis, la gonococcie, la chlamydiose (CT), l'herpès virus (HSV), la papillomatose et la trichomonase.
  • Être déjà séropositif pour le VIH ne protège pas d’une surinfection VIH par une nouvelle souche virale potentiellement plus virulente.
  • Une charge virale plasmatique indétectable n’est pas forcément synonyme de charge virale basse dans le liquide séminal ou dans les sécrétions génitales.
  • Les rapports oro-génitaux ne sont pas dénués de risques. Plusieurs cas prouvés de transmission du VIH au cours de rapports oro-génitaux, essentiellement par fellation passive, mais aussi par rapport oro-anal, ont été rapportés.

Les conseils de prévention

Lors d’une relation sexuelle, seuls les préservatifs, qu’ils soient masculins ou féminins, protègent du VIH et des principales infections sexuellement transmissibles. Ils doivent être utilisés lors de tout rapport sexuel avec pénétration vaginale ou anale, avec un partenaire séropositif ou dont le statut sérologique est inconnu.

  • Le préservatif masculin : La condition pour son efficacité est qu’il soit utilisé correctement à chaque rapport. Les lubrifiants à base de corps gras, comme la vaseline, des pommades ou des crèmes, voire du beurre, doivent être proscrits car ils fragilisent les préservatifs en latex et les rendent poreux. Il faut leur préférer des lubrifiants à base d’eau. Il est préférable d’utiliser un préservatif non lubrifié pour la fellation. Il est par ailleurs indispensable de vérifier sur la pochette du préservatif l’inscription de la date de péremption et de la norme CE-EN 600 (norme européenne).
  • Le préservatif féminin : Il représente une alternative au préservatif masculin. Il est en polyuréthane - ce qui autorise les lubrifiants à base de corps gras ou aqueux - avec un anneau externe et interne. Il se place à l’intérieur du vagin grâce à un anneau souple interne. Il peut être mis en place dans le vagin ou dans l’anus quelques heures avant un rapport sexuel, et n’a pas besoin d’être retiré tout de suite après le rapport, à l’inverse du préservatif masculin. Le principal obstacle à sa diffusion reste son coût élevé.

L’usage du préservatif permet une diminution du risque d’infection ([2] ; [3] . [4] ).

Prévention de la transmission chez les usagers de drogues

  • Le partage et la réutilisation de seringues usagées et souillées par du sang contaminé constituent un risque majeur de contamination par le VIH mais aussi par les virus de l'hépatite B et C. En France, des mesures de réduction des risques ont été mises en place : vente libre de seringues (depuis 1987), trousses de prévention contenant le matériel nécessaire pour réaliser une injection à moindre risque, mise en place d’automates de distribution et de récupérateurs de seringues, offre de traitements de substitution par voie orale.
  • Pour prévenir ces contaminations, il est essentiel de ne pas partager le petit matériel d’injection ou d’inhalation. Ceci comprend les seringues, les cotons, les cuillères et cupules, eau de dilution de la drogue, mais aussi les pailles et les pipes à crack, surtout si elles sont ébréchées. Le matériel d’injection doit être à usage unique ou désinfecté à l’eau de javel domestique en cas de réutilisation.

Cependant les résultats de ces méthodes de prévention ne donnent pas vraiment les résultats escomptés. En effet, l'étude de Bruneau et Lamothe, publiée dans l'American Journal of Epidemiology [5] indique que la transmission de la séropositivité est nettement plus élevée chez les personnes qui utilisent des seringues neuves (Needle Exchange programs). Ces résultats contradictoires sont confortés par la métaanalyse du Dr Anant Pant de l'Université de Berlin [6] : "Die Ergebnisse blieben auch danach überraschend: Unsteriles Spritzen erwies sich wider Erwarten nur in weniger als der Hälfte der weltweit erschienenen 68 Studien mit insgesamt 40.000 interviewten und getesteten Fixerinnen und Fixern als statistisch auffälliger Risikofaktor. Etwa jede zehnte Studie zeigte sogar, dass die HIV-Rate bei diesen sogenannten Needle-Sharern niedriger liegt als bei den präventionsbewußten Befragten, die steril injizieren." "Une étude sur dix montre même que la prévalence du vih est plus faible chez chez ceux qui partageaient leurs seringues que chez les personnes conscientes des méthodes de prévention, et qui utilisent des injections stériles."

Diagnostic

Aujourd’hui, en France, plus d’un patient sur deux ignore qu’il est séropositif au moment où survient une infection opportuniste. Il n’y a pas de dépistage obligatoire en France, si ce n’est qu’un test est systématiquement effectué lors d’un don de sang, de sperme ou d’organe. Il est donc de la responsabilité de chacun de se poser la question de son propre statut sérologique vis à vis du VIH, en allant faire un test de dépistage.

Où se faire dépister ?

En France

  • Dans les CDAG (Centres de dépistage anonyme et gratuit).
  • Dans les laboratoires de ville. Le test est remboursé à 100 % sur prescription médicale.

Tests de dépistage

Le diagnostic de l'infection à VIH fait appel à des méthodes de sérologie indirecte, c’est-à-dire à la détection dans le sang des patients des anticorps dirigés contre le VIH. La législation française actuelle exige l’utilisation de deux trousses sérologiques différentes lors des tests de dépistage, pour éliminer, malgré la très forte spécificité des tests actuels (99,8 %), tout risque de résultat faussement positif. Tout résultat positif entraîne un second prélèvement pour confirmation par un Western-blot.

Mesure de l’ARN viral plasmatique

La mesure directe par PCR (Polymerase Chain Reaction) de l’ARN viral est le test permettant de suivre l’intensité de la réplication virale dans l’organisme infecté (Charge virale). Ce test, couplé à la mesure du taux de Lymphocytes T CD4+, est essentiellement utilisé pour suivre l’évolution virologique d’un patient avant ou après la mise sous traitement. On considère qu’une variation de la charge virale n’est significative qu’au delà de 0,5 log10.

Évolution de la charge virale et du système immunitaire

Image:Hiv-timecourse-Fr.png

Signes cliniques de l’infection au VIH

Les signes cliniques de l’infection au VIH varient considérablement selon le stade auquel est fait le diagnostic de l’infection.

Manifestations cliniques de la primo-infection

Les symptômes de la primo-infection sont peu spécifiques. Ils apparaissent entre une et six semaines après la contamination, sous forme d’un syndrome pseudogrippal, ou mononucléosique. La fièvre est quasi constante, accompagnée de céphalées, de myalgies, d’asthénie. Les signes cutanéomuqueux associés sont une angine érythémateuse ou pseudomembraneuse comme dans la mononucléose infectieuse, et une éruption cutanée maculopapuleuse touchant essentiellement le tronc et la face. Peuvent s’y associer des ulcérations cutanéomuqueuses superficielles, surtout génitales et buccales. Dans plus de la moitié des cas, apparaissent au cours de la deuxième semaine des adénopathies multiples, cervicales, axillaires et inguinales. Des manifestations digestives à type de diarrhée avec douleurs abdominales sont présentes dans un tiers des cas. La durée d’évolution d’une primo-infection est en moyenne de deux semaines.

Manifestations cliniques au stade sida

En l’absence de dépistage précoce et donc de traitement, tant prophylactique que curatif, de trop nombreux patients découvrent leur séropositivité au stade sida, à l’occasion d’une maladie opportuniste. La liste en est longue: atteintes pulmonaires, digestives, neurologiques, sarcome de Kaposi...

Les principales atteintes pulmonaires

La pneumocystose

Elle reste encore aujourd’hui la pathologie inaugurale du sida la plus fréquente chez les patients non dépistés ou non suivis. Le Pneumocystis carinii est très fréquent chez l’homme, mais ne conduit à une maladie pulmonaire que lorsque les lymphocytes T CD4+ sont inférieures à 200/ml.

La tuberculose

La tuberculose associée à l’infection VIH est l’infection opportuniste la plus fréquente à l’échelon planétaire. C’est la seule infection opportuniste qui représente un danger au niveau de la population générale, par augmentation de la contagiosité et apparition de formes résistantes aux traitements spécifiques. La tuberculose peut survenir à n’importe quel stade de l’infection VIH. Il est classique de dire que les formes pulmonaires surviendraient alors que le taux de T CD4 est peu abaissé, alors que les formes extra-pulmonaires seraient plus tardives dans le cours de la maladie. Le traitement repose sur le Bactrim Intra veineux, ou l'Atovaquone en cas d'intolérance au Bactrim.

Localisations broncho-pulmonaires de la maladie de Kaposi

Le virus de la maladie de Kaposi n’a été identifié qu’en 1994. Il s’agit de l’herpès virus HHV-8. Dans la population générale, la prévalence de ce virus augmente du nord au sud, allant de 2 % en France jusqu’à 50 % en Ouganda. La physiopathologie et les modes de transmission sont encore mal connus. Toute la gravité de la maladie de Kaposi tient aux atteintes viscérales et en particulier à l’atteinte pulmonaire.

Les principales manifestations digestives

Les œsophagites

Elles peuvent être dues à des champignons, (candidose buccale puis œsophagienne), à des virus (herpès simplex-1 ou cytomégalovirus) ou plus rarement des mycobactéries.

Les diarrhées

Principalement infectieuses (salmonelles, shigelles, clostridium difficile, mycobactérie aviaire) ou parasitaires (cryptosporidium, microsporidium), elles entraînent une perturbation importante de la qualité de vie par l’impériosité et le nombre de selles journalieres. Leur retentissement sur l’hydratation et la nutrition du patient peut être important.

Les principales manifestations neurologiques

La toxoplasmose

Le parasite Toxoplasma gondii est largement répandu, puisqu’en France 70 % de la population possède des anticorps spécifiques. Au cours de l’infection à VIH, peut apparaître une toxoplasmose cérébrale par réactivation de kystes quiescents.

La leuco-encéphalopathie multifocale progressive (LEMP)

C’est une affection démyélinisante du système nerveux central due le plus souvent au virus JC.

La tuberculose et les mycobactéries atypiques

Peuvent donner des méningites, des abcès cérébraux ou tuberculomes et des atteintes de la moelle épinière.

Les traitements

Il n'y a pas à l'heure actuelle de traitement permettant de guérir du sida, malgré l'existence de traitements comme les trithérapies rétrovirales qui permettent de contenir l'action du virus avec plus ou moins d'efficacité ; on dénombre de nombreux morts chaque jour en particulier dans le tiers monde où ces traitements sont difficilement accessibles. Des recherches continuent pour la mise au point d’un vaccin, mais les progrès dans ce domaine sont très lents. Pour les traitements disponibles et en cours d’expérimentation, voir l’article sur le virus VIH.
Les traitements ne doivent pas être pris dès le début de la séropositivité, car ils ont de nombreux effets secondaires, à court et moyen terme. La prise ne débute que lorsque le médecin le juge nécessaire, en évaluant cette nécessité sur les bilans sanguins effectués et notamment le rapport Charge virale/Taux de CD4. Une fois le traitement débuté, il doit être poursuivi à vie, avec une très grande régularité (car une pause pendant le traitement peut rendre le virus « résistant »).

Les multithérapies ont de nombreux effets secondaires à court terme, mais qui s'atténuent habituellement au cours du traitement. Il s'agit principalement de fatigue, de maux de tête et de troubles digestifs (nausées, diarrhées), parfois de fièvre ou de plaques rouges sur la peau. Certains effets secondaires n'apparaissent qu'après plusieurs mois de traitement, comme une lipodystrophie (graisse disparaissant du visage pour aller sur le ventre pour les hommes et les cuisses pour les femmes), ou des problèmes liés à l'augmentation des graisses dans le sang (cholestérol, triglycérides) ou à une mauvaise assimilation du sucre.
Les risques de transmission mère-enfant sont de 20 % à 40 %. À l’aide d’un traitement préventif, le risque de transmission peut être considérablement réduit. Un traitement antirétroviral associé à la césarienne et à l’allaitement artificiel permet de réduire le risque de transmission à moins de 1 %. La durée courte du travail et le délai court de prise en charge après la rupture de la poche des eaux sont des facteurs de protection contre la transmission maternofoetale.

Le déni de réalité du sida

Certaines personnes et organisations (particulièrement en Afrique), refusent de croire en l’existence du sida, affirmant que ce n’est qu’un complot (des pays occidentaux, ou d'organisation anti-gouvernemantales...) visant à affaiblir les pays en voie de développement. Ce déni de réalité, parfois qualifié de "négationnisme", n’a fait qu’aggraver la crise, empêchant tout dialogue et toute adoption de mesures préventives. Cette opinion a longtemps été très répandue au sein du gouvernement de l'African National Congress, en Afrique du Sud. Mais récemment, il semble que l’ANC ait commencé à abandonner ce négationnisme. Cependant, certains chiffres officiels sont troublants. En effet, les données brutes des recensements de 1991 et de 2001 au Botswana donnent une progression de la poplation de 2,4% par an [7], alors que les estimations du bureau américain du recensement donne une estimation (pour l'an 2000) de cette augmentation annuelle de 0,76% en tenant compte de la prévalence de la séropositivité, et de 2,5% en n'en tenant pas compte [8]. Tout se passe comme si cette prévalence élevée de la séropositivité n'avait pas de véritable incidence sur la croissance de la population.

Une province chinoise contaminée massivement au cours des années 1990 par des collectes de sang et de dérivés sanguins effectuées selon un protocole dangereux (réutilisation de matériel usagé, mise en commun du sang collecté, etc.) a également nié la réalité du sida, pour protéger les responsables. Aujourd'hui, le mal est identifié mais les traitements ne suivent pas.

Le statut actuel

Image:Sida-repartition.png

À partir de l’année 2002, le sida est considéré comme une pandémie globale, ne montrant aucun signe de ralentissement. Il est probable que le nombre total de victimes du sida sera comparable à celui d’autres calamités telles que la peste noire.

Les derniers chiffres fournis par le rapport Onusida 2004 estiment à

  • 37,8 millions, le nombre de personnes séropositives dans le monde.
  • 4,8 millions, le nombre de personnes nouvellement séropositives en 2003.
  • 2,9 millions, le nombre de personnes mortes du sida en 2003.

ce qui porte à plus de 20 millions le nombre de morts depuis le début de la maladie en 1981.

L’épidémie s’étend en Asie rapidement (plus d’un million de personnes ont été nouvellement contaminées dans cette région) et poursuit son expansion en Europe orientale. En s’étendant aux pays les plus peuplés du monde, elle peut avoir des conséquences potentiellement catastrophiques. Alors que dans les premières années elle touchait principalement les consommateurs de drogues injectables, les hommes homosexuels et travailleurs sexuels ainsi que leurs partenaires, ce n'est plus le cas aujourd'hui où la majorité des contaminations sont hétérosexuelles.

Dans les pays occidentaux, le taux d’infection a quelque peu ralenti, grâce aux campagnes de sensibilisation. Néanmoins, parmi certaines parties de la population telles que les jeunes homosexuels, le taux d’infection montre de légers signes d’un possible retour à la hausse. Cela constitue un problème majeur pour les professionnels de la santé publique. Le sida demeure également extrêmement problématique en ce qui concerne les prostitué(e)s et les toxicomanes. Le taux de décès a considérablement chuté, suite à l’utilisation de combinaisons (souvent appelées cocktails ou trithérapies) de médicaments anti-VIH ; ces traitements, bien qu’onéreux, se sont avérés relativement efficaces pour empêcher la maladie de s’aggraver chez un patient, sans toutefois jamais arriver à le guérir (selon le rapport 2004 d'Onusida, il y a en 2003 environ 580 000 personnes contaminées en Europe de l'ouest).

Toutefois, dans les pays du tiers monde (surtout en Afrique sub-saharienne), les conditions économiques et le manque de campagnes de sensibilisation ont contribué à maintenir des taux d’infection élevés. Certains pays d’Afrique comptent actuellement jusqu’à 25 % de leur population active séropositive. Lorsque ces populations contracteront effectivement le sida, elles deviendront inaptes au travail et nécessiteront des soins médicaux intensifs. De telles situations pourraient, à l’avenir, provoquer dans la région l’effondrement de certaines sociétés, la chute de gouvernements, augmentant d’autant plus la détresse de ces pays. Pendant des années, nombre de ces gouvernements ont nié l’existence de ce problème, et commencent seulement à y rechercher des solutions. Le manque de soins médicaux adéquats, l’ignorance vis-à-vis de la maladie et de ses causes, ainsi que le manque de moyens financiers pour éduquer et soigner sont actuellement les principales causes de décès par le sida dans les pays du tiers monde.

Face à cette épidémie qui atteint de plus en plus de femmes et de jeunes, L’Onusida estime qu’il faudrait mobiliser 20 milliards de dollars d’ici 2007 pour assurer la prévention et la prise en charge des malades dans les pays pauvres.

Le 1er décembre a été déclaré Journée mondiale contre le sida

Œuvres traitant du sida et de l’infection VIH

Annexes

Le Wiktionnaire propose un article pour « sida ».

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