Syndicalisme chrétien

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Le syndicalisme chrétien est né à la fin du XIXe siècle sous l'impulsion de l'Eglise catholique, pour ne pas laisser au socialisme le monopole de l'organisation des travailleurs.

Sommaire

Origines

Rerum Novarum et ses suites

Le texte fondateur du syndicalisme chrétien est l'encyclique Rerum Novarum publiée le 15 mai 1891 par le pape Léon XIII. Elle a été écrite face à la montée de la question sociale. Il y condamne "la misère et la pauvreté qui pèsent injustement sur la majeure partie de la classe ouvrière" tout autant que le "socialisme athée".

D'autres encycliques viendront compléter ce texte fondateur: Quadragesimo Anno (1931), Mater et magistra (1961), Laborum Exercens (1981) et Centesimus Annus (1991). Le pape Jean-Paul II condamnera plusieurs fois l'ultra-libéralisme, tout en écrivant en 1991 qu'il "semble que le marché libre soit l'instrument le plus approprié pour répartir les ressources et répondre efficacement aux besoins".

Les précurseurs

Avant Rerum Novarum, certains théologiens avaient déjà noté le message social de la Bible, qui fait abstraction des questions matérielles pour s'intéresser à l'homme. Saint Thomas d'Aquin s'intéressa à ces questions, suivi par le dominicain florentin saint Antonin dans la Summa Moralis, un des premiers traités exposant une vision économique du monde.

Au XVIIe siècle naissent des ordres de secours aux pauvres tels l'ordre des Filles de la Charité institué par saint Vincent de Paul. Au début de la Révolution industrielle, l'essai de l'évêque de Mayence Mgr Ketteler "La question du travail et le christianisme" inspira grandement Rerum Novarum.

Quelques syndicats

Les principaux syndicats chrétiens en Europe sont :

En 1964, la CFTC française a abandonné les références à la religion, changeant son nom en CFDT. Cette déconfessionnalisation, approuvée à une large majorité du congrès, a été rejetée par une petite minorité qui a maintenu l'appellation CFTC. Au Canada, la Confédération des travailleurs catholiques du Canada est devenue la Confédération des syndicats nationaux. En Italie, la CISL est proche de l'Eglise, mais ne revendique pas explicitement ce lien.

Les syndicats chrétiens disposent d'une organisation internationale, d'assez petite taille, la Confédération mondiale du travail. Elle est en cours de fusion avec la Confédération internationale des syndicats libres.

Orientation politique

Le syndicalisme chrétien éprouve quelques difficultés à affirmer son identité. La CFTC pense à trouver une voie médiane entre marxisme et libéralisme; la référence à la religion est parfois nulle dans certains cas nulle à la base (dirigeants musulmans...). Dans les pays d'Europe centrale, Solidarność et Cartel Alfa étaient tout autant des syndicats que des organisations combattant le communisme dans leurs états; l'état communiste disparu, certains dirigeants se sont révélés plus des adversaires des partis de gauche que des défenseurs des syndiqués, d'où de sévères débats internes.

Autres syndicats religieux

Le syndicat juif Histadrout, fondé avant même l'existence d'Israël.

Références

Bibliographie

  • Libéralisme-socialisme: deux frères ennemis face à la doctrine sociale de l'Eglise, Benjamin Guillemaind, éd Téqui
  • Patrons et chrétiens, J.P Audoyer, éd de l'Emmanuel
  • Histoire du syndicalisme chrétien international, Patrick Pasture, éd l'Harmattan, 1999
  • La foi chrétienne aux prises avec la mondialisation, Alain Durand, éd. Cerf, 2003

Liens internes

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