Supermarché

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Image:Supermarket beer and wine aisle.jpg Un supermarché est un établissement de vente au détail proposant, en libre service et à des prix compétitifs, des produits alimentaires et de grande consommation. En France, en Belgique, au Danemark, en Espagne, en Italie et au Luxembourg, la surface réglementaire des supermarchés est de 400 à 2500 m² : cette définition peut varier dans d'autres pays.

Sommaire

Historique

Le premier supermarché est ouvert par Michael Cullen en 1930, à Long Island aux États-Unis. En 1948, le phénomène arrive à Londres puis à Bâle en 1951. En France, la première enseigne, Bardou, apparaît en 1957 à Paris.

C'est dans les premiers supermarchés utilisant la lecture optique, dans les années 1970, que naîtra la légende urbaine apocalyptique basée sur le code 666#Symbolique.

Aujourd'hui, en France, le concept est en phase de repositionnement entre le hard-discount en déploiement et les hypermarchés en crise. Plus souples, les supermarchés, plutôt implantés en zone urbaine ou rurbaine, privilégient désormais les services et la fidélisation.

Le supermarché comme forme culturelle

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Influence sur la vie économique

Les grandes surfaces répercutent sur leurs prix une partie des remises obtenues en achetant en gros. Aussi ont-elles longtemps bénéficié du soutien des pouvoirs publics français, qui voyaient en elle une arme efficace pour lutter contre l’inflation. La croissance de la puissance d’achat des enseignes de grande distribution a cependant eu des effets pervers sur l’économie. En France, le législateur a tenté de les corriger par des lois successives mais tel n’est pas le cas dans tous les pays. La France est par exemple l’un des rares pays avec l’Espagne et l’Allemagne à avoir interdit la vente à perte, pratique commerciale particulièrement controversée [2].

La concentration dans la grande distribution a conféré aux centrales d’achats un quasi monopole sur les produits dits de « grande consommation » et a entraîné une certaine captivité des producteurs et même des consommateurs, qui subissent l’uniformisation progressive de l’offre. Les exigences des centrales d’achats vis-à-vis de leurs fournisseurs sont devenues tellement exorbitantes qu’elles menacent l’agriculture ainsi que les PME/PMI. En France, le Conseil de la concurrence a clairement identifié certaines pratiques abusives : l’exigence de remises ou de dédommagements rétroactifs, l’exigence de fournitures gratuites sans contrepartie, la présentation de demandes excessives pour rompre des relations commerciales, l’exigence d’une « corbeille de mariée » lors d’une fusion d’enseignes ou d’une concentration, l’exigence de réduire des remises accordées à des concurrents [1]. La loi n° 96-588 du 1er juillet 1996 relative à la loyauté et à l’équilibre des relations commerciales, dite loi Galland, a tenté de corriger les rapports de force en encadrant la négociation commerciale. Sa formulation ambiguë rend cependant son application difficile [2]. De plus, elle a eu tendance à favoriser l’émergence des maxidiscomptes en confondant puissance d’achat et taille des magasins et a ainsi raté l’un de ses objectifs majeurs : la défense des petits commerces, dont la raréfaction affecte négativement le tissu social, en particulier dans les cités.

Impact environnemental

En France, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) estime que faire ses achats dans un supermarché de périphérie engendre quatre fois plus de pollution et de nuisances qu'acheter les mêmes provisions à 500 mètres de chez soi (ce rapport de 1 à 4 diminuerait si le consommateur regroupe ses déplacements). De plus, les supermarchés s’approvisionnent moins localement que les commerces classiques, et multiplient donc les transports (les productions régionales, hors fruits et légumes, représentent moins de 1 % de leurs ventes [1]). Au final, ce mode de consommation est très énergivore [3].

Les grandes surfaces sont classées ICPE en raison de leurs importantes installations frigorifiques.

Le supermarché vu par les artistes

Peu d’artistes se sont attaqués au sujet du supermarché. En 1958, Italo Calvino lui jette un regard ironique dans son Marcovaldo ou les saisons en ville. Il dévoile la folie de ce lieu avec la même poésie que son héros Marcovaldo, qui veut « courber les surfaces carrées » de la ville.

Plus radical, l’américain Spencer Tunick a photographié des installations réalisées avec l’aide de 500 figurants posant nus dans un grand magasin londonien (2003), afin de « monter le corps contre le commerce et créer une tension entre eux ».

D’autres encore, comme la joyeuse bande des Requins Marteaux, parodient le mauvais goût de la grande distribution en montant de fausses grandes surfaces, animées par des comédiens, avec des stands bourrés de produits bas de gamme au packaging aussi repoussant que leur contenu supposé.

Principales enseignes

En France

ATAC (Auchan), Casino (Groupe Casino), Intermarché (ITM Entreprises), Champion (Carrefour), Franprix (Groupe Casino), Super U (Système U), Leclerc (Supermarchés Leclerc)

Au Québec

IGA, Loblaws, Maxi, Métro, Provigo, Super C

Bibliographie

[1] Rapport d’information déposé par la Commission de la Production et des Echanges sur l’évolution de la distribution, présenté par M. Jean-Yves Le Déaut, Assemblée Nationale, 11 janvier 2000.

[2] M.-L. Allain et C. Chambolle, Les relations entre la grande distribution et ses fournisseurs : bilan et limites de trente ans de régulation, Cahiers du Laboratoire d'Econométrie de l'Ecole Polytechnique, 2002-7.

[3] P. Bovet, L'hypermarché, le Caddie et le congélateur, Le Monde Diplomatique, mars 2001.

Voir aussi

Articles connexes

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