Sténographie
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Image:Stenographie.gif La sténographie (du grec stenos, serré et graphê, écriture) (ou tachygraphie), c’est :
- « L'art de se servir de signes conventionnels pour écrire d’une manière aussi rapide que la parole ».
Sommaire |
Origine
Issus des mêmes besoins (écrire rapidement et si possible à la vitesse de la parole), les systèmes d'écritures rapides remontent à fort longtemps. Les premiers traces remontenteraient en 430 av. J.C., Xénophon aurait usé de sténographie pour retranscrire les discours de Socrate. En 63 av. J.-C., Tiron, esclave de Cicéron, s'inspire des notes grecques, et inventa sa propre méthode de sténographie. Ses prises de notes ont été conservées. Au commencement, Tiron n'abrégeait que les mots les plus populaires en utilisant des indices de contexte. Puis il améliora sa méthode en abbrégeant les phrases / expressions les plus communes. C'est également lui qui a inventé l'esperluète qui est toujours utilisée couramment.
Moyen Âge
Pendant le Moyen Âge, les moines de divers pays d'Europe employaient des abréviations arbitraires pour leurs manuscrits, comme il peut être observé dans les portails des premiers livres imprimés. Ils utilisaient des majuscules initiales comme sigles, contractions de plusieurs mots, mots coupés dans la syllabe initiale, morceaux synthétiques de longues phrases d'utilisation conventionnelle, ainsi que points et accents à diverses hauteurs. Toutes ces ressources constituaient une manière la plus personnelle d'écriture abrégée.
L'œuvre de Walker « Lexicum diplomaticum » informe sur un certain nombre d'abréviations adoptées pendant le Moyen Âge, mais sans que pour elles on emploie des signes spéciaux.
Par la suite sont apparues en Angleterre, « Ars Scribendi Characteribus » (1412), une œuvre de Jewel (1571) et une autre de Plymouth, qui consistait une écriture courante à laquelle on supprimait des consonnes et jusqu'à des syllabes.
Ces systèmes d'écriture rapide ont été les modèles choisis pour confectionner les premiers systèmes sténographiques modernes.
On retrouve très peu d'information entre les notes tironiennes et évolutions datant des années 1600. Apparemment, la sténographie était toujours utilisée selon Ausone et Sidoine au Ve siècle.
Dans de nombreux textes en vieil anglais, on retrouve différentes abréviations, telles que ō à la place de ond, ainsi que différents symboles représentant les mots usuels, tels que if, his, nìwlice…
Le livre Histoire de la sténographie dans l'Antiquité et au Moyen Âge (1908, Guénin), parle de sténographie au Moyen Âge.
On retrouve des preuves comme dans des circulaires de Charlemagne (742 - 814) envoyés aux religieux dans les écoles presbytérales : « Et que des écoles soient fondées qui enseignent la lecture aux enfants. Qu'ils apprennent les psaumes, la sténographie, le chant, la grammaire (…) ».
Les différentes méthodes
Image:Eclectic shorthand by cross.png
L'Anglais John Willis publie en 1602 le premier traité d'écriture abrégée. Son système géométrique est repris et simplifié par Samuel Taylor en 1786 et utilisé jusqu'au XIXe siècle. C'est l'ancêtre de la sténographie.
En France, Jacques Cossard publie en 1651 « Méthode pour écrire aussi vite qu'on parle ».
Le système géométrique d'écriture abrégée de Willis et Taylor est remplacé par plusieurs types nouveaux qui diffèrent selon les pays.
En 1837, Sir Isaac Pitman invente une sténographie représentée par des lignes droites et courbes, utilisée en Angleterre et en Amérique du Nord. En France, les frères Duployé mettent au point leur propre système (1860) qui se répand en Europe occidentale. Les sténographies de Pitman et Duployé sont phonétiques. John Robert Gregg propose en 1888 un autre système, géométrique et cursif, qui convainc les États-Unis et le Canada par sa simplicité.
Avec la diffusion de la machine à écrire, la sténographie se voit concurrencée par la sténotypie. Cette dernière réinvente ses propres systèmes de codification, plus adaptés à la saisie mécanique. Une sténotype se présente sous la forme d'une petite machine à écrire dont le clavier comporte un nombre de touches réduit.
Chronologie
Prémisses
- -430 : Xénophon aurait usé de sténographie pour retranscrire les discours de Socrate
- -63 : notes tironniennes, inspirée de celles de Xénophon
- 1174 : méthode Tilbury, basée sur celle de Tiron
Anglophone
- 1588 : méthode Bright
- 1590 : méthode Bales
- 1602 : méthode Willis
- 1641 : méthode Shelton
- 1786 : méthode Taylor
- 1837 : méthode Pitman basée sur la méthode Taylor
- 1888 : méthode Gregg
Francophone
- 1651 : méthode Cossard
- 1678 : méthode Ramsay basée sur la méthode Shelton
- 1772 : méthode Coulon de Thévenot, basée sur les notes Tironiennes
- 1792 : méthode Bertin, adaptation française de la méthode Taylor
- 1813 : méthode Conen de Prépean
- 1820 : méthode Aimé Paris, basée sur les méthodes de Bertin et de Conen de Prépean
- 1828 : méthode Prévost, basée sur la méthode Bertin
- 1860 : méthode Duployé
- 1871 : méthode Guénin, basée sur la méthode Aimé Paris
- 1878 : méthode Delaunay, basée sur la méthode Prévost
Sténotypie
- 1827 : Première sténotype du français Benoît Gonod
- 1863 : Sténotype de Michela-Zucco
- 1876 : L'américain John Zachos dépose un brevet sur du sténotype à New York
- 1909 : Le français Marc Grandjean développe une sténotype en France
De nos jours
Articles connexes
- Sténotypie
- Short message service (abrégé SMS) : les abréviations du XXIe siècle.
Liens externes
- (es) Histoire de la taquigraphie : Excellent dossier, très complet, écrit par Carlos Guillermo Lima
- (fr) Sténographie, sténotypie ou dictaphone ? : Article du centre des archives du monde du travail
- (fr) Origines de l'écriture abrégée : Dossier complet sur les médias par Marc Alexis Morelle
- (fr) Institut sténographique Suisse Duployé
- (fr) Mécaniser l'écriture et photographier la parole : utopies, monde du bureau et histoires de genre et de techniques. Dossier de Delphine Gardey, Juin 1999. Lien direct sur le document au format PDF.
- (en) History of Shorthand écrite par NCRA (National Court Reporters Association)
- (en) Livres de sténographie sur le site « Alfabets, Spelling & Pronunciation »
- (en latin) Steganographia (Secret Writing) (1500) par [Johannes Trithemius] : version numérisée d'un vieux livre écrit en latin
Sources
- De nombreux articles sur la sténographie sont issus du mémoire sur la sténographie de Carlos Guillermo Lima



