Solipsisme
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Le solipsisme (du latin solus, seul et ipse, soi-même) désigne, d'une part, l'attitude du sujet pensant pour qui sa conscience propre est l'unique réalité, les autres consciences, le monde extérieur n'étant que des représentations et, d'autre part, une théorie philosophique qui par l'abstraction du monde externe ou des perceptions qui en proviennent, place l'individu seul devant la seule connaissance de sa propre existence.
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Solipsisme chez Descartes
L'utilisation qu'en a fait René Descartes dans ses Méditations (1641) est de loin la plus célèbre : par le solipsisme il fonde la justification de toutes connaissances du monde sensible sur la certitude de sa propre existence (cogito ergo sum, je pense donc je suis) et sur la garantie divine, justifiée par la parfaite bonté de l'être suprême, qui ne peut vouloir berner.
Il préfigure ainsi l'arrivée de la subjectivité dans la philosophie moderne, la subjectivité consistant à mener ses réflexions à partir de l'observateur lui-même plutôt que de préexistants comme Dieu, le monde, l'être ou le langage ainsi que dans les systèmes précédents. Cette idée de subjectivité se généralisera avec les notions de relativité, de principe anthropique et des mondes multiples ou observateurs contingents d'Everett.
Commentaire célèbre
Solipsisme bouddhique
Le solipsisme représente de fait une minorité des écoles de pensées bouddhiques ; il s'agit d'une théorie qui ne découle pas nécessairement de la voie du milieu, et qui peut même paraître opposée à l'idée de samsara (les mondes dans lesquels les êtres évoluent), à la cosmologie bouddhique, voire à l'éthique qui se dégage tant de cette représentation de l'univers que de la causalité exprimée par la loi du karma.
Tout bouddhiste considère néanmoins la personne comme inexistante, ou comme illusion. Le soi, le moi ne sont que perceptions issues de l'ignorance, laquelle conditionne la conscience elle-même. La plupart des philosophies bouddhiques admettent donc l'existence de phénomènes extérieurs, d'une réalité tangible, caractérisée en ce qu'elle est sans soi (chaque chose est sans soi, anatta : sans atman).
Certaines écoles, du bouddhisme Mahâyâna ont formulé des interprétations pencahant pour le solipsisme. Voir par exemple Yogacara, connue d'abord pour son idéalisme.



