Société des Nations
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La Société des Nations était une assemblée internationale introduite par le traité de Versailles en 1919 dans le but de conserver la paix en Europe. Basée à Genève, dans le Palais des Nations, elle fut remplacée en 1945 par l'ONU. Elle ne joua pas pleinement son rôle avant la Seconde Guerre mondiale.
Le principal promoteur de la SdN était le président des États-Unis Woodrow Wilson, ancien professeur de sciences politiques à Princeton. Selon son analyse de la Première Guerre mondiale, la diplomatie secrète en avait été la cause principale et la Société des Nations devait y faire échec. Le quatorzième point de Wilson constitue donc la base de cette association des nations. Toutefois, le Sénat américain, en s'opposant à la ratification du traité de Versailles, vota contre l'adhésion à la Société des Nations et les États-Unis n'en firent jamais partie. Dans l'Entre-Deux-Guerres, l'URSS et l'Allemagne nazie sortirent de la SDN.
Elle délivra le passeport Nansen à partir de 1922 aux réfugiés apatrides.
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Circonstances de la naissance de la SdN
La fin de la guerre
En 1917, les Allemands, sachant l'arrivée des troupes américaines proche, décident de concentrer leurs efforts à l'ouest, pour gagner la guerre avant que les renforts alliés ne débarquent. En mars 1918, le général allemand Ludendorff attaque la Picardie et ouvre une brèche entre les armées françaises et anglaises. Les alliés créent pour la première fois un commandement unique confié le 26 mars au Maréchal Foch. En mai, les Allemands parviennent jusqu'à la Marne et menacent Paris, mais Ludendorff ne peut pas profiter de ce succès, faute de réserves. Les troupes des États-Unis ont donc le temps de débarquer et aident Foch a repousser les Allemands. Les Italiens obtiennent en 1918 la capitulation de l'Autriche, alors que les troupes alliées réunies a Salonique forcent la Bulgarie puis la Turquie à demander l'armistice. L'Allemagne capitulera le 11 novembre 1918. Les pertes humaines de la guerre sont impressionnantes. 10 Millions d'hommes ont perdu la vie durant le conflit. La malnutrition et les épidémies ont également causé un nombre important de vies civiles et militaires. Les dégats matériels sont également énormes, l'Allemagne et la France sont les 2 pays les plus touchés avec une baisse de la production industrielle par rapport a 1913 de respectivement 39% et 38%.
Le traité de Versailles
Le traité de Versailles met fin à la Première Guerre mondiale. Il est signé, le 28 juin 1919, au château de Versailles, entre l’Allemagne et les Alliés. Bien que cette conférence ait réuni 27 États (vaincus exclus), les travaux furent dominés par une sorte de «directoire» de quatre membres: Georges Clemenceau pour la France, David Lloyd George pour la Grande-Bretagne, Vittorio Emanuele Orlando pour l’Italie et Thomas Woodrow Wilson pour les États-Unis.
Les sanctions prises envers l'Allemagne sont extrêmement dures : démilitarisation des environs du Rhin, indépendance de l'Autriche, de la Tchécoslovaquie et de la Pologne, perte des colonies au profit des vainqueurs, responsabilité totale des dégats de la guerre et devoir de remboursement, occupation de certains territoires allemands par les Alliés, restitution de l'Alsace-Lorraine à la France et le détachement de la Sarre qui sera soumise pour 15 ans au contrôle du conseil de la SdN.
Au moment de définir les nouvelles frontières de l'Europe, les États-Unis et l'Angleterre refusent d'accéder à la demande des Français de créer une barrière militaire sur le Rhin pour éviter une nouvelle agression, car la tension provoquée par une telle disposition pourrait engager de nouveaux conflits. De plus, ces deux pays sont convaincus que l'Europe ne peut se reconstruire efficacement sans une Allemagne forte, c'est pourquoi ils tenteront de modérer les énormes exigences de la France. Pour éviter la création de cette barrière, les États-Unis et la Grande-Bretagne proposent de signer avec la France un traité de défense commune en cas d'agression allemande, ce qui signifie que la France recevrait immédiatement l'aide militaire de ces deux pays. Clemenceau accepte cette proposition, mais le Congrès américain refusera de ratifier le traité de Versailles, ce qui rend leur contrat de défense mutuelle invalide.
L'Allemagne étant extrêmement insatisfaite des décisions prises lors du traité, les Français jugent bon de se protéger d'une autre manière. Ils vont alors constituer une « Petite Entente » avec la Tchécoslovaquie, la Yougoslavie et la Roumanie, pour remplacer le soutien inexistant des États-Unis et de la Grande-Bretagne.
La naissance de la SdN
Les origines de la SdN
Dès le XVe siècle, les dirigeants ressentent le besoin d'une organisation de maintien de la paix. Aux XVIIIe et XIXe siècles, des sociétés pour la paix se créent à New York, à Londres et à Genève. En 1892, on crée à Berne le Bureau international de la Paix qui reçut le prix Nobel de la paix en 1910. En 1899 et 1907, deux conférences aboutissent à la création de la Cour d'arbitrage international de La Haye. Suite a l'horreur de la première guerre mondiale, tout le monde est convaincu que la création d'une organisation permanente est nécessaire au maintien de la paix mondiale. Dès janvier 1919, la conférence de paix, réunie à Versailles, élabore la charte fondamentale de la SDN. Le projet est achevé le 14 février 1919. Le 28 avril 1919, on choisit Genève comme siège. Ce choix est justifié par le rayonnement international acquis par la cité au cours des siècles et son appartenance à la Suisse, pays neutre.
Genève, le 15 novembre 1920
Le rôle des États-Unis dans la fondation de la SdN
Dans un programme en 14 points, le président américain Thomas Woodrow Wilson propose la création d'une Société des Nations qui doit garantir la paix mondiale. Le projet est relativement mal accueilli en France, à cause de la modération des États-Unis envers les nations vaincues lors de l'élaboration du traité de Versailles. Cependant, le président du Conseil Georges Clemenceau accepte d'adhérer à la SdN car il comprend que de cette manière, il obtiendra le consentement des États-Unis sur ses exigences envers l'Allemagne. Wilson essuie un grave échec lorsque le Congrès américain refuse d'adhérer a cette SdN, de peur de perdre leur prédominance militaire. Par ce refus, le Congrès condamne la Société, car il la prive d'un point de vue externe à l'Europe, et surtout du soutien de la superpuissance américaine.
Les 14 points de Wilson :
- Fin de la diplomatie secrète.
- Liberté de navigation sur les mers.
- Suppression des barrières économiques et égalité commerciale pour toutes les nations.
- Réduction des armements.
- Arrangement sur les questions coloniales en tenant compte des intérêts des populations concernées.
- Évacuation de la Russie et possibilité pour les Russes de choisir librement leur gouvernement.
- Évacuation et restauration de la Belgique.
- Libération du territoire français et retour de l'Alsace-Lorraine à la France.
- Rectification des frontières italiennes selon le principe des nationalités.
- Autonomie des peuples d'Autriche-Hongrie.
- Évacuation de la Roumanie, de la Serbie et du Monténégro ; libre accès à la mer pour la Serbie.
- Autonomie des peuples non turcs de l'Empire ottoman ; liberté de passage dans les détroits vers la mer Noire.
- Création d'une Pologne indépendante avec accès à la mer.
- Création d'une association des nations pour garantir l'indépendance et les frontières des États.
Palais Wilson, Genève, premier siège de la SdN
L'organisation de la SdN
La SDN regroupe à l’origine 45 pays, dont 26 non-européens ; par la suite, le nombre des pays membres passe à 57. La SdN avait trois buts fondamentaux :
- Faire respecter le droit international
- Abolir la diplomatie secrète
- Résoudre les conflits par arbitrage
Le pacte de la SdN règle les rapports entre les états membres. Les 26 articles qui le composent définissent les fonctions des 4 organes principaux :
- L'assemblée réunit les représentants des états membres pour débattre des questions relatives à la paix dans le monde, ainsi qu'a l'admission de nouveaux membres (l'Allemagne ne fut admise qu'en 1926). Elle contrôle également le budget de l'organisation.
- Le conseil est composé de 4 membres premanents, à savoir la Grande-Bretagne, la France, l'Italie et le Japon, ainsi que de 9 membres non-permanents. Le conseil a les mêmes droits que l'assemblée. Il s'occupe aussi de différentes tâches dans lesquelles l'assembée n'a qu'un pouvoir limité (mandats, minorités...)
- Le sécrétariat est l'auxiliaire de l'assemblée. Il est dirigé par un secrétaire général qui contrôle plusieurs sections ainsi que le personnel (670 personnes venant de 51 pays en 1930).
- La Cour permanente internationale de justice de la Haye, créée en 1922, qui doit juger des affaires qui lui sont soumises et généralement issues de la guerre.
Les défauts de la SdN
La Russie soviétique, en pleine guerre civile, refuse catégoriquement d'y entrer car elle juge le projet capitaliste, et l'Allemagne n'a pas le droit d'en faire partie. Le Congrès des États-Unis refuse de ratifier le traité d'adhésion.
Cette société des nations, qui voit réellement le jour en janvier 1920 en même temps que l'application du traité de Versailles, est censée garantir la paix, mais les grandes puissances n'en font pas partie. Au début, la Société compte donc 32 puissances victorieuses et 13 états neutres.
La société des nations se réserve le droit d'appliquer des sanctions économiques et militaires envers ses pays membres, mais elle ne dispose pas d'armée, ni de l'appui des grandes puissances qui n'en font pas partie. Elle réussira cependant a jouer le rôle de médiation lors de petits conflits, et à obtenir quelques résultats dans les domaines économiques et humanitaires, mais elle échouera face aux problèmes posés par le désarmement et la paix.
La commission internationale de coopération intellectuelle
L'instance de la CICI, fondée en 1921, avait pour fonction de promouvoir les conditions favorables à la paix internationale. Il s'agissait de développer l'esprit critique des individus grâce à l'éducation afin que cela puisse leur permettre d'agir de manière saine et responsable. La CICI, qui rasemblait en son sein plusieurs intellectuels du monde entier, eut comme premier président le philosophe Henri Bergson. Cette instance de concertation disparut lors de la Seconde Guerre Mondiale et réapparut en 1946 sous une forme nouvelle, celle de l'UNESCO.
Voir aussi



