Silvio Berlusconi
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| Périodes | Président du Conseil |
| 1993-1994 : | Carlo Azeglio Ciampi |
| 1994-1995: | Silvio Berlusconi1 |
| 1995-1996 : | Lamberto Dini |
| 1996-1998: | Romano Prodi |
| 1998-2000: | Massimo D'Alema |
| 2000-2001 : | Giuliano Amato |
| 2001-2005 : | Silvio Berlusconi2 |
| actuellement : | Silvio Berlusconi 3 |
Silvio Berlusconi (né le 29 septembre 1936 à Milan) est depuis le 11 juin 2001 président du Conseil des ministres de l'Italie (avec une interruption de 67 heures entre le 20 et le 23 avril 2005). Le titre est généralement abrégé, comme il l’était en France avant 1959, en président du Conseil (rôle comparable à celui d’un premier ministre sous la IVe République).
Son IIe gouvernement qui a débuté le 11 juin 2001, s’est poursuivi, malgré des crises mineures et constantes (19 modifications dans la composition du gouvernement, avec des postes-clés changés, comme ceux des Affaires étrangères, de l'Economie, la vice-Présidence du Conseil, l'Intérieur, les Réformes), sans interruption jusqu'au 20 avril 2005 — ce qui en fait le plus long gouvernement italien de l’après-guerre. Dès le 15 avril 2005, il traverse la crise la plus grave, avec le départ du gouvernement de deux partis dont les chrétiens-démocrates de l’Union des démocrates chrétiens (UDC). Il a fini par présenter sa démission au Président de la République, Carlo Azeglio Ciampi, le 20 avril 2005 qui l'a acceptée, avec réserve, soit pour essayer de former un gouvernement Berlusconi bis (sans ces deux anciens alliés), soit pour demander des élections générales anticipées (qui auraient lieu dans ce cas en juin 2005). Le 22 avril 2005, à 18h30, le Président de la République le charge de former un nouveau gouvernement qui devrait aussi comprendre des ministres de l'Union des démocrates chrétiens. Le 23 avril, à 12h50, il présente sa liste de 26 ministres du Berlusconi bis, avec fort peu de changements, sinon l'arrivée de Giulio Tremonti à la place de Marco Follini au poste de vice-Président du Conseil et la création d'un nouveau ministère, sans portefeuille, pour le Mezzogiorno.
Silvio Berlusconi est le chef du parti politique Forza Italia (qu’il a créé tout spécialement pour son entrée dans la politique, qu'il qualifie lui-même de descente) ainsi que le propriétaire de l’empire italien de médias Fininvest (qui contrôle Mediaset). En tant que chef d’entreprise, il a des intérêts dans de nombreuses entreprises et contrôle directement ou indirectement la plupart des médias italiens (et notamment les principales six chaînes de télévision, les trois privées et les trois publiques — ces dernières en tant que chef du gouvernement). Dans sa Liste des milliardaires du monde, le Magazine Forbes le cite comme étant la personne la plus riche d’Italie, avec un patrimoine estimé à 12 milliards de dollars (en 2004).
En 1960, il commence sa carrière d’entrepreneur dans le domaine du bâtiment, associé avec Pietro Canali au sein de la société Cantieri Riuniti Milanesi S.p.a. Il construisit le centre Edilnord, puis Milano 2, Milano 3 et le Girasole. En 1965, il épouse en premières noces Carla Dell’Oglio, avec qui il a deux enfants : Maria Elvira (appelée Marina) née en 1966 et Piersilvio (Dudi) né en 1968. Il se remarie ensuite avec une actrice de cinéma, Veronica Lario, qui lui donne trois enfants : Barbara (1984), Eleonora (1986) et Luigi (1988). Marina est actuellement vice-présidente de la Fininvest, Piersilvio est vice-président de Mediaset et président de Rti, la société qui contrôle ses activités dans la télévision. En 1978, il inaugure Telemilano, la télévision câblée de Milano 2 qui très rapidement diffusa ses émissions dans toute la Lombardie, et il fonda la Fininvest, société mère du groupe, à laquelle seront rattachées toutes ses activités dans le secteur de la télévison. En 1980, il fonde Canale 5, la première chaîne de télévision privée à l’échelle nationale, puis rachète les chaînes Italia 1 au groupe Rusconi (1982) et Rete 4 au groupe Rizzoli (1984). Aussitôt après il s’élargit en Europe : il rachète la Cinq en France (1986), puis Telefünf en Allemagne (1987) et Telecinco en Espagne (1989). En 1989, il entre également chez l’éditeur Mondadori, devenant le principal éditeur italien de livres et de périodiques. Avec la Medusa et Cinema 5 il devient également le premier producteur et distributeur de cinéma italien. En 1986, il achète le club de football Milan AC. Dans le secteur des assurances et des produits financiers, il possède les sociétés Mediolanum et Programma Italia. Le groupe Fininvest est le second groupe privé italien.
Ami de l’ancien président du Conseil Bettino Craxi, socialiste, il fut accusé d’avoir bénéficié d’appuis politiques dans sa carrière d’entrepreneur. Son nom fut retrouvé dans la longue liste de la loge maçonnique secrète P2 (carte 1816, code E.19.78, groupe 17, fascicule 0625, date d’adhésion 26 janvier 1978). Le début de l'opération anti-corruption Mani pulite semble être un des raisons majeures de son engagement politique.
En 1994, il décide d’entrer en politique (la descente), et se présente aux élections politiques (législatives) qu’il gagne avec le parti qu’il a créé spécialement, Forza Italia, mais peu de mois après il doit démissionner de ses fonctions de chef de gouvernement, à cause de la défection de son allié, la Ligue du Nord (Lega Nord) qui passe à l'opposition (ce que les Italiens appellent un ribaltone). La même année, commencent les nombreuses perquisitions (plus de 560) de tous les sièges des sociétés du groupe Fininvest, et le président du Conseil en exercice reçoit, alors qu’il préside à Naples un congrès de l’ONU sur la criminalité, une invitation à comparaître devant le juge de Milan. Pour cet épisode, dont il fut pleinement blanchi par un non-lieu, il porta plainte devant le parquet de Brescia contre le pool des juges de Milan pour offense à un organe de l’État, délit prévu par l’article 289 du code pénal italien (plainte restée sans suite).
En 1997, il est guéri d’une tumeur.
En juin 2001, il retrouve les fonctions de président du Conseil à la tête d’un gouvernement de centre droit dans une coalition électorale appelée « maison des libertés » (Casa delle Libertà) qui regroupe Forza Italia, l’Alliance nationale (Alleanza Nazionale), l'UDC, La Ligue du nord (Lega Nord) et d'autres partis moins importants (Nouveau PSI et PRI). Depuis, c'est le Président du Conseil dont le mandat est le plus long de toute l’histoire de la République.
Collectionneur de tableaux et d’art (Le Tintoret, Canaletto, Cascella), il est passionné par les antiquités et la botanique, mais surtout par la musique légère : il aime particulièrement les chansons françaises ; dans sa jeunesse il fut, avec son ami Fedele Confalonieri, animateur et chanteur à bord des paquebots de croisière de la compagnie Costa Crociere ; Confalonieri jouait du piano, Berlusconi chantait en s’accompagnat à la guitare et à la contrebasse. Sa passion pour les livres l’a conduit, alors qu’il était devenu le principal éditeur italien, à s'occuper personnellement de l’édition de nombreux ouvrages, parmi lesquels : L’Éloge de la folie d’Érasme de Rotterdam, l’Utopie de Thomas More, le Prince de Machiavel avec les annotations de Napoléon, De hominis dignitate de Giovanni Pico della Mirandola, La Città del sole de Tommaso Campanella, le Manifeste du Parti Comuniste de Marx et Engels, Le Spaccio della bestia trionfante de Giordano Bruno. Il possède la luxueuse villa Certosa, dont le domaine est plus vaste que celui du Vatican, à Porto Rotondo (Sardaigne), et où il a invité fastueusement plusieurs chefs d’États, dont Poutine et Blair.
Affaires judiciaires
Dans l'affaire judiciaire dite SME du nom d’un groupe italien agro-alimentaire racheté à un prix avantageux, il apparait qu’il a versé des sommes particulièrement importantes de son compte personnel de la Fininvest sur celui du juge italien chargé de cette affaire, à travers le compte en Suisse de son avocat, Cesare Previti. Ni lui, ni son avocat n’ont été condamnés définitivement malgré les preuves contenues dans le dossier, différentes lois et procédures ad personam ayant permis de retarder le procès et d’aboutir à une relaxe en décembre 2004. Le Parlement italien vient de voter une loi qui ne prévoit pas l’exécution de la prison pour les condamnés de plus de 70 ans. Cesare Previti vient de fêter son 70e anniversaire. En revanche, un de ses bras droits, le sénateur Marcello Dell'Utri vient d’être condamné le 11 décembre 2004, en première instance, à neuf ans de prison pour corruption mafieuse.
En mars 2005, sa probité est de nouveau mise en doute, en tant que suborneur d’actes judiciaires. Il aurait versé de l’argent à l’avocat britannique David Mills, pour acheter son témoignage (selon les procureurs Alfredo Robledo et Fabio De Pasquale), dans l’affaire dite du rachat des droits télévision de Mediaset. Déjà inculpé du faux en bilan et fraude fiscale dans cette affaire, sa situation serait aggravée par cette subornation de témoin. L’enquête devait se terminer le 23 mars, mais sera sans doute prolongée de six mois par le juge aux enquêtes préliminaires.
L’avocat britannique aurait déclaré aux procureurs : « Mi auguro sarà chiaro che i miei rapporti con il gruppo Fininvest erano strettamente professionali, che ogni somma da me ricevuta è pienamente giustificata e che non si può certo dire che io sia mai stato addomesticato o 'comperato' » (j'espère qu'il sera clair que mes rapports avec le groupe Fininvest étaient strictement professionnels, que chaque somme que j'ai perçue est entièrement justifiée et qu'il est impossible de dire que j'ai été apprivoisé ou 'acheté'). David Mills, il faut le rappeler, avant d’être placé sous enquête pour cette affaire, avait déjà témoigné lors de trois procès à Berlusconi : All Iberian, Guardia di Finanza et Sme (lors d’une audience qui s’est tenue à Londres).
Le parquet de Milan a demandé, le 26 avril 2005, le renvoi de Silvio Berlusconi et de douze autres personnes dans une affaire de droits de retransmission concernant Mediaset, son groupe de télévision. Silvio Berlusconi, qui contrôle le groupe Mediaset à travers sa holding Fininvest, est accusé de faux en bilan, fraude fiscale et abus de biens sociaux, dans le cadre d'une enquête judiciaire qui a débuté en juin 2001. Le président du groupe Mediaset, Fedele Confalonieri, ami de longue date de M. Berlusconi fait partie des personnes pour lesquelles un renvoi a été demandé, au terme d'une enquête conduite par les juges d'instruction Alfredo Robledo et Fabio De Pasquale. Berlusconi avait été inscrit dans le registre des personnes mises sous enquête (équivalent italien de la mise en examen) le 19 février 2003. Les magistrats estiment que Mediaset a artificiellement gonflé, à travers des sociétés écrans off-shore, les prix d'achat des droits de diffusion de films américains. Grâce à ces opérations, le groupe appartenant à Silvio Berlusconi aurait réussi à constituer des caisses noires à l'étranger et à réduire en Italie les bénéfices de Mediaset afin de payer moins d'impôts. Entre 1994 et 1995, juste avant son introduction en bourse, la société aurait ainsi gonflé de 171 millions de dollars le prix des films acquis aux États-Unis. Les droits de retransmissions des films et programmes télévision étaient acquis aux États-Unis par deux sociétés écrans. Marina et Piersilvio Berlusconi, les deux enfants aînés de Silvio Berlusconi qui occupent des postes de direction à Fininvest et Mediaset, ont également été impliqués dans cette enquête mais leur dossier a été disjoint du reste de l'instruction. Mediaset s'est toujours défendu d'avoir fraudé, soulignant à diverses reprises, que « les droits cinématographiques ont été acquis aux prix du marché ».
Voir aussi
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