Sexualité

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La notion de sexualité couvre trois domaines distincts mais connexes :

  1. La sexualité est une fonction que partagent tous les êtres vivants selon des modalités plus ou moins complexes ;
  2. La sexualité chez l'être humain est un discours et une réflexion sur cette fonction élémentaire ;
  3. La sexualité donne lieu à des régulations sociales qui participent à l'organisation de la société.

Sommaire

Une fonction des êtres vivants

Ce qui caractérise le monde vivant et végétal en général c'est que chaque espèce, de l'organisme unicellulaire aux vertébrés évolués se comporte de telle façon qu'elle manifeste ce qui peut apparaître comme une volonté de survivre en tant qu'espèce, alors que les individus sont amenés individuellement à disparaître.

Alors que les organismes unicellulaires se reproduisent par fission avec un niveau d'échange génétique très restreint, on ne peut parler de sexualité que chez les organismes pluricellulaires car c'est avec eux qu'une partie des cellules se spécialise en s'orientant vers la reproduction. Cette spécialisation augmente considérablement le niveau des échanges entre les individus et donc les possibilités d'évolution ou de mutation par le brassage du matériel génétique résultant de ces échanges.

Au fur et à mesure que l'on progresse sur l'échelle du monde vivant, il semble apparaître ce que l'on pourrait appeler une liberté de choix de plus en plus grande des individus. En effet, chez les organismes les plus simples du monde vivant, les échanges sexuels semblent soumis à une programmation qui ne laissent que très peu de place aux comportements individuels alors que chez les mammifères les plus évolués, des possibilités d'initiatives plus grandes semblent lui donner l'opportunité d'échapper en partie au déterminisme.

Avec l'homme dont les capacités cérébrales lui ont permis d'élaborer la dimension du symbolique et sa corrélation, l'imaginaire, la part du déterminisme semble encore plus restreinte mais ce serait sans doute une erreur de penser qu'elle a totalement disparu et certaines interrogations "naïves" sur ce qui pousse l'homme à se reproduire dans un monde tellement hostile feraient bien de prendre en compte cette part de notre héritage biologique.

Reproduction et programmation

Les études éthologiques montrent que la reproduction des insectes, des poissons et des oiseaux semble se ramener à un échange de stimulus-réaction. Ceci signifie en pratique que les individus dans une espèce donnée s'échangent des signaux codés et programmés pour chaque espèce. Les signaux employés par chaque espèce sont fondés sur des couleurs, des postures, des mouvements de certaines parties du corps. Ceci est vérifiable expérimentalement à l'aide de leurres qui peuvent se réduire, par exemple pour certains oiseaux, à une silhouette qui, présentée dans la bonne orientation, va déclencher une réponse appropriée marquant l'acceptation de l'acte sexuel.

Il s'agit là d'une imprégnation qui s'opère dès les premiers jours de l'existence de ces animaux. Konrad Lorenz a ainsi pu montrer que certains oiseaux privés dès l'éclosion de leur mère et élevés par des humains répondaient par des postures typiques d'acceptation de la copulation lorsque certains mouvements de la main étaient produits par l'expérimentateur. Il ne s'agit pas alors, pour ces espèces animales, d'une rencontre entre individus, au sens où l'autre serait perçu en tant que tel, mais simplement du développement d'un programme adapté déclenché par un signal spécifique.

Ceci nous explique pourquoi Lorenz peut affirmer que «la formation d'un acte instinctif ressemble à un organe.» (Sur la formation du concept d'instinct). On peut le dire autrement : l'instinct pour une espèce donnée est un programme qui se développe quand certaines conditions sont remplies.

Chez les mammifères inférieurs la copulation est encore dépendante de façon étroite d'un échange de signaux innés ou appris même si ceux-ci sont plus variés et font notamment entrer une dimension sensorielle.

Mais chez les anthropoïdes il semble bien que l'on accède à quelque chose de nouveau qui permet un certain accès à l'individuation. Les documentaires animaliers nous ont habitués à regarder et à reconnaître un certain érotisme chez les singes supérieurs : cérémonie de l'épouillage mutuel, jeux buccaux, jeux sociaux en tout genre. Il y a là l'amorce d'une prise en compte de l'individu, une rencontre qui peut nous sembler une ébauche par rapport à nos comportements humains mais qui traduit un véritable saut qualitatif.


Sexualité chez les mammifères

Chez les mammifères supérieurs, ce qui apparaît particulièrement frappant c'est la complexité plus grande du phénomène sexuel qui fait apparaître la coexistence de deux grandes caractéristiques :

  1. La périodicité qui apparaît comme une règle générale du monde animal. Les primates, comme la très grande majorité des espèces animales, ne s'accouplent qu'à des périodes données de l'année. Il a été établi que ces périodes sont conditionnées par des facteurs climatiques, comme les variations de température, la luminosité qui stimulent l'hypothalamus qui à son tour donne un signal à l'hypophyse pour enclencher le cycle de formation des gonades. Ceci reste vrai chez les singes et les anthropoïdes pour qui la femelle n'est attirante sexuellement qu'à certaines périodes de l'année.
  2. La dimension sociale qui reste une caractéristique des singes et des anthropoïdes. Des expériences d'asocialisation ont été menées auprès de certains singes : ils sont isolés, privés des relations sociales qu'ils auraient entretenues avec leurs congénères pendant la période de leur développement. Arrivés à maturité sexuelle et mis en présence les uns des autres, il apparaît qu'il leur manque quelque chose d'essentiel qui favorise la rencontre sexuelle. Les mâles se comportent comme s'ils ne savaient comment pratiquer l'intromission ; la femelle de son côté ne prend pas la posture adéquate. Le comportement de ces sujets traduit un trouble auquel ils ne savent pas donner la réponse appropriée.

Bien plus, les rares couples qui parviennent au coït se comportent ensuite de façon tout-à-fait inhabituelle quand la femelle a mis bas ses petits. Elle ne s'en occupe pas, se montre rejetante et n'arrive pas à établir les règles sociales qui sont celle de son espèce.

En dehors de toute expérimentation, l'observation de babouins en liberté a montré que les jeunes mâles qui sont arrivés à maturité sexuelle à l'âge de cinq ans ne peuvent accéder au coït avant l'âge de dix ou onze ans, c'est-à-dire à un moment où ils ont acquis un statut social suffisant dans leur groupe social. Entre cinq et dix ou onze ans, non seulement ils se voient découragés dans leurs tentatives par les autres mâles dominants mais les femelles les repoussent.

Tous ces éléments montrent que la sexualité des singes n'est pas uniquement dépendante de la maturation physiologique : les jeunes singes apprennent par la socialisation, leur maturation dépend de l'exercice précoce des règles de socialisation de leur groupe.

Comportement sexuel des mammifères

(en cours de rédaction)

La sexualité humaine

L'être humain est un mammifère, c'est-à-dire que nous nous rattachons pleinement au monde animal même si nous n'avons que trop tendance à l'oublier. À ce titre, l'homme partage avec le reste du monde animal ce tropisme à la perpétuation de l'espèce qui se manifeste même aux pires moments historiques de l'humanité. Mais à la différence du monde animal, il a développé une aptitude spécifique, le langage, qui lui a permis d'accéder à la conscience de soi et du monde dans lequel il est inséré. Cette aptitude a sans doute contribué à diminuer la part purement instinctuelle en lui pour donner une place prédominante aux règles sociales et la réflexion, productrice de discours qui influent fortement sur le comportement de notre espèce.

Données physiologiques

Analyse anthropologique

Les discours sur la sexualité

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