Deuxième République (France)
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La Deuxième République est la forme de gouvernement de l'État français du 4 novembre 1848 au 2 décembre 1852. Elle fait suite à la monarchie de Juillet et sera remplacée par le Second Empire.
La Deuxième République est un régime original dans l'histoire de France d'abord par sa brièveté. Ensuite, car c'est le dernier régime à avoir été institué à la suite d'une révolution. C'est enfin le régime qui a instauré le suffrage universel masculin et aboli l'esclavage.
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Les causes
La crise économique qui ronge l'Europe depuis 1845, d'abord agricole (épidémie de mildiou qui affecte la culture de pommes de terre, qui provoquera aussi la Grande Famine ou The Great Famine en Irlande) s'est étendue à l'industrie. La baisse de la production agricole ruine les populations rurales qui consomment moins. L'industrie se trouve en situation de surproduction et rapidement les usines ferment, notamment les unités de production de petite taille, plus sensibles à la conjoncture. Le chômage augmente, accélérant la migration vers les grandes villes où les chômeurs espèrent trouver du travail. Ainsi la crise accélère l'urbanisation de la France et par conséquent le poids politique de la « populace » urbaine, notamment parisienne.
La concentration de la population ouvrière dans les villes favorise la propagation des idées progressistes. Les notables parisiens commencent aussi à préférer le parti du Mouvement à celui du roi, irrités par la crise financière ils rendent François Guizot, le chef du gouvernement, responsable de la situation.
Les réunions publiques étant interdites, l'opposition organise des banquets au cours desquels les toasts sont l'occasion de discours. La session parlementaire qui s'ouvre le 28 décembre 1847 s'annonce agitée. Dès le 3 janvier suivant les étudiants protestent contre la fermeture du cours de Jules Michelet. Au Parlement, les députés mènent bataille contre le gouvernement sur les affaires de corruption et surtout sur la politique générale.
La révolution de février 1848
Voir : Révolution française de 1848 (février)
Le 22 février 1848 un banquet « réformiste » (appelés ainsi car les opposants réclament la réforme de la loi électorale) de la garde nationale est interdit dans le douzième arrondissement de Paris, ce qui provoque l’émeute. Le 23 février au soir, les troupes en poste devant le ministère des Affaires étrangères, boulevard des Capucines ouvrent le feu sur les manifestants, ce qui transforme l’émeute en révolte. On dénombre 20 morts. Les corps furent montrés la nuit-même aux Parisiens, promenés sur des charrettes. Les armureries sont dévalisées, des barricades fleurissent. Les insurgés sont victorieux le lendemain et investissent le château des Tuileries, la demeure du roi Louis-Philippe. C’est la révolution, le roi abdique. Les révolutionnaires envahissent le Palais Bourbon pour forcer les députés à proclamer un gouvernement provisoire et la république.
Période du Gouvernement Provisoire
Voir : Gouvernement provisoire de 1848
Le gouvernement provisoire est composé de républicains, pour moitié de démocrates et pour moitié de libéraux; Il compte également Louis Blanc, un théoricien socialiste, et un ouvrier dénommé Albert. L'écrivain Alphonse de Lamartine est l'homme le plus célèbre de ce gouvernement provisoire.
La préparation de la nouvelle constitution
Pour reprendre la tradition républicaine, le gouvernement décida de faire rédiger la nouvelle constitution par une assemblée constituante, comme en 1789 et 1792. Cette assemblée fut élue au suffrage universel le 23 avril par 7 800 000 Français.
L'institution de la République
La constitution de la Deuxième République répartit ainsi les pouvoirs :
- Le pouvoir exécutif : Le président est élu pour 4 ans au suffrage universel direct, à la majorité relative avec un minimum de 2 millions de voix ; il n'est rééligible que 4 ans après la fin de son mandat. Il doit avoir au moins 30 ans. Il dispose de la force armée, sans pouvoir jamais la commander en personne. Il ne peut pas non plus dissoudre l'assemblée. C'est lui qui nomme les ministres. Il dispose du droit de grâce. Certains amendements avaient pour objet d'interdire à certaines personnes de se présenter à la présidence (les constituants voulaient éviter un dévoiement du régime en excluant de la course à l'élection le neveu de Napoléon et les membres de la famille royale), mais ils ne furent pas retenus.
- Le pouvoir législatif : Une assemblée unique (monocamérisme), l'Assemblée Nationale (750 membres d'au moins 35 ans, élus pour 3 ans au suffrage universel direct). Ses membres perçoivent une indemnité.
La constitution de la deuxième République est promulguée par le président de l'Assemblée constituante le 4 novembre 1848. Le 10 décembre, Louis-Napoléon Bonaparte est élu président de la République avec 74% des suffrages exprimés.
Le coup d'État
Voir : Coup d'État du 2 décembre 1851
Pour la préparation du coup d'État de 1851, Louis-Napoléon Bonaparte place des proches aux postes-clés. Le général Magnan est nommé commandant des troupes de Paris, le général Saint-Arnaud est choisi comme Ministre de la Guerre et le préfet de la Haute-Garonne, Maupas, est promu préfet de police de Paris. C'est Louis Napoléon lui-même qui fixe le coup d'État au 2 décembre, jour anniversaire du sacre de Napoléon en 1804 et de la victoire d'Austerlitz en 1805. Après avoir fait arrêter les principaux opposants et placé l'armée aux points névralgiques de la capitale, Louis-Napoléon fit afficher une proclamation à destination des français. Il expliquait, dans cet Appel au peuple qu'il avait l'intention de restaurer « le système créé par le Premier consul ». Louis-Napoléon fit ensuite ratifier son coup d'État par référendum, qui prenait plutôt en l'occurrence la forme d'un plébiscite. Une immense majorité de français accepta de suivre le président nouvellement élu. Le 14 janvier 1952, Louis-Napoléon Bonaparte est couronné empereur. La constitution fut donc modifiée. Celle-ci confiait le pouvoir exécutif à un président élu pour dix ans, titulaire de l'initiative législative, réduisant ainsi très fortement la marge d'action du corps législatif.
On peut donc qualifier ce régime d'autoritaire. D'ailleurs il se mua au bout d'un an en un second Empire, ce qui ne surprit personne. C'est le sénatus-consulte du 7 novembre 1852 qui a rétabli « la dignité impériale » au profit de Louis-Napoléon qui devenait ainsi Napoléon III.
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Références
- Karl Marx a publié sept articles de 1851 à 1852 qu'il a rassemblés sous le titre « Le 18 brumaire de Louis Bonaparte ». Il y décrit, pour ainsi dire à chaud, les événements qui ont mené au coup d'état du 2 décembre 1851 en les replaçant dans leur contexte économique et social.



