Sardaigne
Un article de Freepedia.
| |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Image:Drapeau de la Regione Sardegna.png | |||||
| Informations | |||||
| Pays | Image:Italy flag 300.png Italie | ||||
| Zone | Italie méridionale | ||||
| Chef-lieu | Cagliari | ||||
| Superficie (km²) | 24 090 | ||||
| Population (millions d'hab.) | 1 650 000(2001) | ||||
| Densité de pop. (h./km²) | 66 | ||||
| Provinces | huit dont quatre créées en mai 2005 | ||||
| Communes | 377 | ||||
| Président | Renato Soru | ||||
| Code ISO 3166-2 | IT-88 | ||||
| Image:Italy Regions Sardinia Map.png | |||||
La Sardaigne, (en italien : Sardegna et en langue sarde normalisée : Sardigna), est la deuxième plus grande île de la Méditerranée, située au sud de la Corse. Rattachée à l'Italie après un long isolement, culturellement différente de la péninsule, elle a obtenu le statut de région autonome depuis le 28 février 1948.
Sommaire |
Histoire
L'histoire plurimillénaire de la Sardaigne commence(rait) sans doute au paléolithique inférieur (100 000 ans avant J.-C.) auquel remontent les premiers vestiges certains de la fréquentation de l'île par l'homme, qui s'y installe de manière stable bien plus tard, au néolithique inférieur (6 000 av. J.-C.).
La première civilisation ayant une physionomie et des caractères bien définis et autochtones est la civilisation dite de Bounighinu (au cours du 4e millénaire avant J.-C. — population diffusée sur le territoire de l'île pratiquant l'agriculture regroupée en villages — en contact étroit avec la Corse, l'Italie et le Sud de la France, céramique et obsidienne en laissent la trace archéologique évidente), puis apparait celle plus célèbre des nuraghes, qui débute à l'âge du bronze ancien (1 500 av. J.-C.) et qui décline progressivement à la fin de l'âge du fer (500 av. J.-C.) pour ne disparaître complétement qu'avec l'occupation romaine. Elle a ainsi été nommée à cause de son architecture la plus typique : le nuraghe, construction en forme de tour (tronc de cône) à l'aide de gros blocs de pierre équarris et travaillés, qui prend une forme plus articulée et complexe lors de la période la plus resplendissante de cette civilisation (en plein âge du fer).
Il existe d'autres constructions typiques de l'âge pré-nuragique et intermédiaire : les domus de janas (traduction : les maisons des fées) creusées dans le granit et servant à inhumer les morts, les tombes des géants, très fréquentes à l'intérieur de l'île, et de dimensions cyclopéennes. Dans ce cas également il s'agit de constructions typiques. Le mégalithisme (avec des menhirs notamment) est une caractéristique pré-nuragique.
Les riches ressources minières de l'île attirent l'attention et l'intérêt commercial des populations de la Méditerranée orientale, comme les Mycéniens et les Chypriotes, mais ce sont les Phéniciens qui, à partir du IXe et du VIIIe siècle av. J.-C. constituent les premières colonies stables, occupant des sites le long de la côte, facilement accessibles, favorables aux échanges et au commerce. La Sardaigne qui appartenait à l'empire carthaginois (son occupation va de 535 à 239 av. J.-C.) privilégie, outre la production des ressources minières, celle du froment et du bois (l'île était quasiment recouverte de forêts). Cette exploitation perdure également avec la conquête romaine (239 av. J.-C. - 476 après J.-C.). La Sardaigne fut rattachée à Rome lors de la deuxième guerre punique et en 227 av. J-C. est constituée la province romaine de Corse-Sardaigne.
Rome, pour affirmer sa domination des zones internes et notamment la Barbaria (devenue l'actuelle Barbagia) - les habitants y sont considérés comme plus fiers et courageux que sur les côtes - s'impose par une administration forte et bien organisée et dont l'efficacité est assurée principalement par un réseau routier très ramifié - duquel ont survécu encore çà et là quelques morceaux originaux - repris en grande partie par le tracé du réseau routier moderne.
La décadence de l'Empire romain atteint l'île et a pour conséquence l'abandon progressif des terres agricoles et des côtes et un abaissement notable de la démographie.
Abandonnée à elle-même et sans défense, la Sardaigne est occupée et subit les razzias durant quelque 80 ans (vers 460 - 530 après J.-C.) par les Vandales d'Afrique qui, défaits par l'empereur d'Orient, laissent l'île sous la domination de Byzance.
Quand au IXe siècle après J.C. les Arabes achèvent la conquête de la Méditerranée, du Nord de l'Afrique, de l'Espagne, d'une partie de la France et de la Sicile, les côtes sardes sont soumises à leurs attaques incessantes et à leurs razzias.
Le désintérêt et le vide de pouvoir qui s'ensuit de la part de la lointaine Byzance pousse l'île à gérer elle-même son sort : ainsi, elle s'organise administrativement et militairement en 4 Giudicati (ou judicats) : ceux de l'Arborée, de Calaris (Cagliari), de la Gallura et du Logudoro (Torres), royaumes souverains et indépendants les uns des autres.
Avec des soubresauts, les Giudicati survivent jusqu'à la fin du XIIIe siècle, lorsqu'ils deviennent territoires contrôlés par les républiques maritimes du continent italien de Pise et de Gênes. L'Arborée résiste et reste indépendant jusqu'en 1410 et autonome jusqu'à 1478, lorsque la couronne d'Aragon conquiert définitivement l'île toute entière, déjà concédée en zone féodée depuis 1297 par le pape Boniface VIII ainsi que la Corse voisine à laquelle les Aragons renoncent en 1487.
Le « Regnum Sardiniae et Corsicae » ainsi créé le 4 avril 1297 demeurera sous la domination de la couronne d'Espagne (née à la fin du XVe siècle par l'union des royaumes d'Aragon et de Castille) jusqu'au début 1700.
Après une brève parenthèse autrichienne (1708-1718), confirmée par le traité d'Utrecht, le Regnum Sardiniae est cédé par le « traité de Londres » (1718) aux États de Savoie, en échange de la Sicile, dont le duc prend le titre de roi de Sardaigne.
Le Royaume de Sardaigne est ainsi constitué (désigné généralement sous le nom de Piémont-Sardaigne par les historiens français puisque sa capitale est à Turin et une vice-royauté est installée à Cagliari), et à l'intérieur duquel l'île maintient son statut autonome jusqu'à 1847, année où elle fusionne avec le Piémont et donne le jour à un gouvernement central unique, renonçant ainsi à son autonomie historique.
Avec la fin des guerres d'Indépendance et l'unité italienne obtenue, le royaume de Sardaigne devient royaume d'Italie en 1861.
La Sardaigne est une région complexe et articulée qui a conservé ses témoins culturels, les matériaux, historiques et artistiques de son histoire, un bagage original très caractéristique que l'on n'arrête pas de redécouvrir et qui se valorise dans toute sa richesse.
Administration
La Sardaigne est divisée en huit provinces trois anciennes :
- Province de Cagliari (CA),
- Province de Nuoro (NU),
- Province de Sassari (SS).
Une plus récente :
- Province d'Oristano (OR).
Enfin, une loi regionale adoptée en 2001 qui prevoit désormais un total de 8 provinces à partir du 9 mai 2005 (avec les élections des conseils de provinces). Les quatre nouvelles provinces sont les suivantes :
- Province d'Olbia-Tempio (OT) (région historique de la Gallura) (ne sera opérationnelle qu'après le 23 mai 2005 en raison du ballotage),
- Province de l'Ogliastra (OG),
- Province de Carbonia-Iglesias (CI) (région du Sulcis et de l'Iglesiente),
- Province du Medio Campidano (MD).
La nouvelle répartition des villes par province était disponible à cette adresse en italien : (en pdf)
Politique
La région autonome est régie par un Statut spécial, approuvé par une loi constitutionnelle le 26 février 1948 qui a donné pouvoir de légiférer de manière exclusive dans certains cas (organisation des administrations locales, construction, agriculture et forêts). Dans d'autres domaines (santé, assistance publique), la région peut légiférer dans le cadre des principes établis par la loi de l'Etat. Ces compétences ont été étendues par la réforme du titre V de la Constitution italienne (dans le domaine de la recherche et de la formation).
Le Statut organise les trois autorités qui représentent la Sardaigne :
- le Conseil régional (pouvoir législatif régional) ;
- la Junte régionale (pouvoir exécutif régional) ;
- le Président de la région (chef du pouvoir exécutif régional).
Depuis la réforme constitutionnelle du 31 janvier 2001, le Président est élu directement, en même temps que le Conseil régional.
En 2004, les dernières élections au Conseil régional (comprenant celle du Président de la région autonome), les premières après la réforme constitutionnelle, ont eu sur la base du statut spécial en vigueur et en tenant compte des provinces nouvellement créées en 2001.
Les deux principaux candidats pour la présidence étaient :
- Renato Soru, à la tête d'une liste Sardegna insieme (Sardaigne ensemble), soutenu par la coalition de l'Olivier et son propre mouvement, Progetto Sardegna, il a été élu avec 50,13 % des voix ;
- Mauro Pili, le président sortant élu en 1999, à la tête d'une liste Sardegna unita (S. unie), soutenu par la Maison des libertés, n'a obtenu que 40,53 % des voix ;
- les autres listes, Sardegna libera (autour du Parti sarde d'action) 3,77 % - UDS-NAT-Mov. 3,64 % et iRS 1,13 % n'ont obtenu que 4 sièges de conseiller régional.
- Sardegna insieme (dont les partis ont depuis rejoint l'Union en 2005) :
- Conseillers attribués globalement à la liste gagnante, 8 sièges (2 PS, 2 DS, 1 SDI, 2 M, 1 RC) ;
- Sinistra federalista sarda (DS), 13,15 %, 13 sièges ;
- Margherita, 10,79 %, 10 sièges ;
- Progetto Sardegna (PS), 7,77 %, 7 sièges ;
- Refondation communiste, 4,09 %, 5 sièges ;
- Socialistes démocrates italiens, 3,76 %, 3 sièges ;
- Popolari-UDEUR, 2,63 %, 3 sièges ;
- Parti des communistes italiens, 1,86 %, 1 siège ;
- Italia dei Valori, 0,99 %, 1 siège
- Sardegna unita (partis de la Maison des libertés) :
- Un siège de conseiller attribué à la liste arrivée seconde, celui de Mauro Pili (Forza Italia) ;
- Forza Italia, 14,99 %, 10 sièges ;
- Union des démocrates chrétiens, 10,28 %, 7 sièges ;
- Alliance nationale, 7,34 %, 5 sièges ;
- Riformatori sardi, 5,94 %, 4 sièges ;
- Fortza Paris, 4,55 %, 3 sièges.
- UDS-NAT-Il Movimento :
- Union des sardes (UDS, projet nationalitaire de Mario Floris), 3,88 %, 2 sièges.
- Sardigna libera (Sardaigne libre) :
- Parti sarde d'action, 3,83 %, 2 sièges.
Le 14 juillet 2004, c'est Giacomo Spissu (Démocrates de gauche) qui a été élu, au second tour, président du Conseil régional (avec 47 voix, 30 votes blancs, et 3 à un autre DS - 5 abstentions). Au premier tour, 52 abstentions (de la majorité élue) avaient empêché le vote à la majorité des deux tiers prévu lors de ce premier vote.
Voir aussi : (it) Conseil régional de Sardaigne
Lors des élections provinciales des 8 et 9 mai 2005, les listes soutenues par l'Union ont obtenu au total 56,15 % des voix, réparties ainsi :
- Démocrates de gauche, 15,26 %, 41 conseillers dès le 1er tour (¹) ;
- Margherita, 11,12 %, 28 élus ;
- Parti sarde d'action, 5,52 %, 10 élus ;
- Refondation communiste*, 5,06 %, 9 élus ;
- Socialistes démocrates italiens*, 4,94 %, 11 élus ;
- Popolari-UDEUR*, 4,56 %, 9 élus ;
- Progetto Sardegna, 3,75 % (mais allié à d'autres partis indiqués par *, 5,01 %), 8 élus ;
- Parti des communistes italiens, 2,20 %, 3 élus ;
- Italia dei Valori*, 1,20 %, 1 élu ;
- i Verdi, 0,92 % ;
- divers 0,38 % (Gallura Unita, 2 élus, réunissant entre autres Progetto Sardegna, SDI, RC et IdV).
- (¹) : les conseillers de la province d'Olbia-Tempio n'ont été répartis qu'à l'issue du second tour et ont augmenté donc le nombre des élus des DS, Margherita, de Popolari-UDEUR, du Parti sarde d'action et sans doute du Progetto Sardegna, des SDI, RC et IdV.
Les candidats de la Maison des libertés ont obtenu :
- Forza Italia, 10,19 % ;
- Union des démocrates chrétiens, 8,25 % ;
- Alliance nationale, 7,44 % ;
- Riformatori sardi, 5,23 % ;
- Fortza Paris, 4,22 % ;
- Union des sardes, 1,99 % (alliée dans une circonscription avec le PRI) ;
- Nouveau Parti socialiste italien, 0,87 % ;
- Parti républicain italien, 0,14 % ;
- Divers, listes citoyennes et locales, .
Enfin les indépendantistes ont obtenu :
- Indipendentzia Repubrica de Sardigna, 1,66 % ;
- Sardigna Natzione, 0,92 %.
Langue sarde
Le sarde parlé en Sardaigne présente plusieurs variantes (deux variétés principales : le logoudorien et le campidanien) :
- logudorese (région du Logudoro)
- nuorese (région de Nuoro), le plus archaïque)
- ogliastrino (région de l'Ogliastra)
- campidanese (région du Campidano)
C'est une langue romane distincte de l'italien, celle restée la plus proche du latin, de la famille indo-européenne. Les deux autres dialectes parlés au nord de l'île :
- sassarese (autour de Sassari jusque vers Porto Torres)
- gallurese (Gallura, future province d'Olbia-Tempio)
sont eux considérés comme des dialectes italiens, variantes du corse, c'est-à-dire comme des dialectes toscans, malgré les nombreux emprunts et les influences réciproques dues au contact sarde. Le ligure (génois tabarquin) et le catalan (L'Alguer) sont également parlés dans certaines villes.
Plus d'un million de Sardes parlent cette langue mais pratiquement tous sont bilingues et parlent également l'italien.
Voir aussi



