Sample

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Un sample (« échantillon » en anglais) est un extrait de musique ou un son réutilisé en dehors de son contexte d'origine afin de recréer une nouvelle composition musicale. L'extrait peut être une note ou un motif musical.

L'échantillonage (sampling) peut être réalisé avec un sampleur, qui peut être un équipement électronique ou un programme informatique sur un ordinateur. Il est également possible d'échantillonner avec des boucles de bande magnétique sur une machine reel to reel.


Histoire

Bien que les compositeurs de musique concrète aient utilisé des méthodes semblables dès les années 1940, l'échantillonage moderne remonte probablement aux années 1960 pendant lesquelles les DJs jamaïquain ont créé le dub. Ces DJs combinaient les enregistrements instrumentaux de reggae avec d'autres albums pour créer de nouveaux morceaux. Fréquemment, ils enregistraient des paroles improvisées par-dessus la musique. Ces méthodes précoces firent leur apparition aux États-Unis au début des années 1970. Avec l'aide de DJ d'origine jamaïquaine DJ Kool Herc, qui s'était installé dans le Bronx, le dub, un prédécesseur du hip-hop, façonna la fonction actuelle du DJ et les techniques d'échantillonnage. À ses débuts, les DJs ne disposaient pas du confort technologique des sampleurs.

À la fin des années 70, le style de Herc franchit les frontières du Bronx pour conquérir tout New York City. Comme n'importe quel modèle musical, le dub s'adapta à son nouvel environnement. Au lieu du reggae, ce sont le disco et le funk qui sont mélangés. Les New Yorkais improvisent leur propre variété de poésie et de dub, bientôt baptisée « hip-hop ».

Le sampling fait sa véritable percée à la fin des années 70 où la troupe de Sugarhill a repris des extraits de Good Times de Chic comme base de leur Rapper's Delight qui devient le premier 45T de hip-hop a rencontrer un succès commercial. C'était également le premier à faire face à des difficultés légales, car Bernard Edwards et Nil Rodgers, les compositeurs des Good Times, n'ont pas été crédités sur le disque.

Le hip-hop était loin d'être la seule musique populaire à utiliser le principe de l'échantillonage pendant les années 70 et le début des années 1980. Psychedelic Shack des Temptations comporte un échantillon provenant des 45T de leur succès I Can't Get Next to You, et My Life In The Bush of Ghosts, d'un album de 1981 par Brian Eno et David Byrne fait un usage étendu de samples vocaux.

Vers le milieu des années 80, la musique hip-hop rencontre un large succès commercial et le prix des sampleurs est devenu accessible au grand public, le sampling a alors atteint un statut grand public.

Questions légales

L'échantillonage a fait l'objet d'une importante controverse d'un point de vue légal. Les premiers artistes utilisant cette technique ont simplement prélevé et employé des extraits d'enregistrements préexistants ; une fois que le rap et les autres formes musicales intégrant des samples commencèrent à représenter une source de revenus significative, les artistes créateurs des morceaux originels entreprirent des actions judiciaires en portant plainte pour atteinte au droit d'auteur (ou plus exactement à la notion de copyright américaine). Quelques artistes ripostèrent en invoquant la notion légale de fair use.

Un des premiers cas principaux d'échantillonage illégal était Pump Up the Volume par M/A/R/S/S , sorti en 1987. Alors que le disque se plaçait parmi les dix meilleures ventes britanniques, les producteurs Stock Aitken Waterman ont obtenu une injonction contre le disque due à l'utilisation illégale d'un échantillon provenant de leur tube Roadblock. Le différend fut réglé en dehors des tribunaux, les poursuites furent abandonnées en échange de la suppression du sample de Roadblock sur les versions du disque commercialisées à l'étranger, et le disque parvint au sommet des classements du Royaume-Uni. Ironiquement, l'extrait en question avait été tellement déformé qu'il était devenu pratiquement méconnaissable, et SAW n'avaient pas réalisé que leur disque avait été employé jusqu'à ce qu'ils aient entendu le co-producteur Dave Dorrell le mentionner dans un entretien à la radio.

Au début des années 90, Vanilla Ice fut critiqué pour l'usage non autorisé d'un échantillon du tube Under Pressure de David Bowie et Queen. La défense de Vanilla Ice s'est reposée sur l'addition d'une note non présente dans l'original ; cependant il a perdu l'affaire devant les tribunaux.

De façon plus dramatique, l'album de Biz Markie I Need a Haircut a été retiré des bacs en 1992 suite à la décision de la cour fédérale des USA (Grand Upright Music, Ltd. v. Warner Brothers Records, Inc.) jugeant que son utilisation d'un échantillon provenant de la chanson Alone Again (Naturally) de Gilbert O'Sullivan n'était pas simplement une atteinte au droit d'auteur, mais un vol criminel. Ce cas a eu un effet retentissant sur l'industrie musicale, les maisons de disque s'inquiétant beaucoup plus du caractère légal du sampling et exigeant que les artistes déclarent la totalité des échantillons utilisés dans leur travail. D'autre part, la décision a également rendu plus attrayant pour les artistes et les labels musicaux le fait de permettre à d'autres de sampler leur travail, sachant qu'ils seraient payés - souvent de manière très attractive - pour leur contribution.

De nombreux cas sont survenus depuis lors impliquant les échantillons non déclarés. Vers la fin des années 1990, The Verve a été forcé de payer 100% de leurs redevances de leur tube Bittersweet Symphony pour l'usage non autorisé d'un sample provenant d'une reprise du morceau The Last Time des Rolling Stones dans une version orchestrale. Le catalogue des Rolling Stones est l'un de ceux dont la protection est la plus litigieuse dans le monde de la musique populaire - l'affaire rappelle à certains égards les difficultés légales rencontrées par Carter the Unstoppable Sex Machine quand elles ont cité des parole de Ruby Tuesday dans leur chanson After The Watershed quelques années plus tôt. Dans les deux cas, la question n'était pas l'utilisation de l'enregistrement, mais l'utilisation de la chanson elle-même - la section de The Last Time employée par The Verve ne faisait même pas partie de la composition originale, mais parce qu'elle était dérivée d'une reprise de celle-ci, Jagger et Richards avaient toujours droit aux redevances et au crédit sur les œuvres dérivées. Ceci illustre un point légal important : même si un échantillon est employé légalement, il peut exposer l'artiste à d'autres problèmes.

Aujourd'hui (2005), la plupart des artistes grand public obtiennent l'autorisation préalable d'employer des samples, un processus connu sous le nom de « clearing » (permettant l'usage d'un extrait et, habituellement, versant des honoraires payés d'avance et/ou une part des droits d'auteurs à l'artiste original). Les groupes indépendants, manquant des fonds et de l'aide juridique pour régulariser leurs samples, sont défavorisés.

Un cas notable au début des années 1990 a impliqué U2 et le groupe Negativland. Le différend portait sur l'utilisation importante de samples de U2 par Negativland. Plus récemment, en 2004, DJ Danger Mouse connu des démêlés similaires avec la maison de disque EMI suite à la sortie du Grey Album (un mélange de l'Album blanc des Beatles et du Black album du rapper Jay-Z). Le label musical émis des injonctions « cease and desist » concernant les samples non-déclarés des Beatles.

Récemment, un mouvement de culture libre - commencé principalement par Laurent Lessig - a incité de nombreux artistes à publier leur travail audio sous une license Creative Commons qui autorise l'échantillonage de l'œuvre pourvu que le résultat soit diffusé avec la même licence.

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