Saladin
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Saladin (1137-1193) (en arabe صلاح الديي Salāḥ al Dīn Yūsuf al-Ayyūbī) fonda la dynastie ayyoubide, d'origine ethnique kurde en Égypte et en Syrie. Il est également connu pour s'être battu contre les croisés et l'honneur avec lequel il traitait les vaincus.
Biographie
Il est né dans une famille kurde à Tikrit sur le Tigre. Après une éducation militaire sous le commandement de Shirkuh, homme d'État et soldat de la tribu des turcs seldjoukides, Saladin défendit à trois reprises l'Égypte contre les croisés établis en Palestine.
En 1169, il prit la succession de son oncle au poste de vizir au Caire. Après avoir relancé l'économie égyptienne et avoir réorganisé son armée, il finit par abolir le califat fatimide en 1171, mettant fin à une des plus prospère et tolérante périodes de l'histoire islamique d'Egypte.
Il prit alors le pouvoir en Égypte sous le titre de sultan, même si de nombreux turcs Seldjoukides refusèrent de servir sous les ordres d'un Kurde. Sa position était précaire initialement car nul ne s'attendait à ce qu'il tienne longtemps en Égypte où il y avait eu de nombreux changements de gouvernement les précédentes années à cause d'une longue lignée de califes enfants. En tant que chef d'une armée étrangère, de Syrie, il n'avait également aucun contrôle sur l'armée égyptienne qui était toujours dirigée par le calife dont c'était le seul pouvoir restant.
Avec ses frères, Saladin transforma l'Égypte en État vassal de sa propre famille, contre la volonté de Nur ad-Din qui était initialement responsable de l'envoi en Égypte de Shirkuh et Saladin. Il restaura également le sunnisme en Égypte, contre l'héritage chiite des Fatimides, ce qui va boulverser la vie des chrétiens coptes et des juifs, dont les tolérants fatimides s'étaient servi avec succès en administration, commerce et sciences.
À deux occasions, en 1171 et 1173, Saladin battit en retraite devant les invasions des chrétiens du royaume de Jérusalem. Elles avaient été lancées par Nur ad-Din, et Saladin espérait que le royaume resterait intact pour servir de tampon entre l'Égypte et la Syrie dominée par les tribus turcs jusqu'à ce que Saladin puisse s'emparer de la Syrie en même temps. Nur ad-Din et Saladin préparaient tous deux la guerre quand le premier mourut en 1174.
Une occasion pour Saladin qui marcha alors sur Damas où il fut accueilli pacifiquement dans la ville. En revanche Alep et Mossoul, les deux autres grandes cités que Nur al-Dun dirigeait, n'ont jamais été prises mais Saladin réussit à imposer son influence et son autorité sur elles en 1176 et en 1186 respectivement. Lors du siège d'Alep, le 22 mai 1176, des membres de la secte des Assassins tentèrent de l'assassiner.
Tandis qu'il consolidait son pouvoir en Syrie, il laissait généralement tranquille le royaume des croisés, car il n'avait pas réussi la conquête totale de la Syrie et en plus en 1177 le roi Baudouin IV lui inflige une lourde défaite. Renaud de Châtillon, en particulier, harassa les routes musulmanes de commerce et de pèlerinage et menaça d'attaquer La Mecque avec une flotte sur la Mer Rouge.
C'est seulement 10 ans plus tard, après la maladie de 1185, quand à l'aproche de la mort il décide de relancer le jihad (tombé en désuétude dans le monde musulman), en juillet 1187, Saladin envahit le royaume de Jérusalem, affaibli par les disputes entre les Templiers et les Francs et anéantit l'armée croisée, encerclée après une marche épuisante, sur la colline de Hattin.
Saladin captura et exécuta Renaud ; il captura également le roi Guy de Lusignan. Deux jours plus tard il organisa à Damas l'execution publique de centaines des soldats chrétiens torturés à mort. Ensuite il s'empara de Jérusalem le 2 octobre 1187 après une âpre négociation financière avec le baron Balian (30.000 écus en or). Il reprit rapidement toutes les cités croisées, excepté Tyr.
Hattin et la chute de Jérusalem provoquèrent la Troisième croisade. Cette croisade reprit Acre et Saladin fut battu encore une fois par un roi chrétien, Richard Ier d'Angleterre, à la bataille d'Arsouf en 1191.
La relation entre les deux hommes était mêlée de respect et de rivalité militaire. Quand Richard fut blessé, Saladin offrit le service de son médecin personnel ; à Arsuf, quand Richard perdit son cheval, Saladin lui en envoya deux en remplacement. Il y eut même le projet de marier la sœur de Richard avec le frère de Saladin. Les deux arrivèrent à un accord pour Jérusalem en 1192 au terme duquel elle resterait musulmane mais serait ouverte aux pèlerins chrétiens.
Peu après le départ de Richard, Saladin mourut en 1193 à Damas, où sa tombe est une attraction touristique majeure, où l'on peut y lire « seigneur, accorde lui sa dernière conquête, le paradis ».
Malgré sa farouche opposition à la puissance chrétienne, Saladin gagna en Europe une grande réputation de souverain chevaleresque, à tel point qu'il exista au XIVe siècle un poème épique sur ses exploits et que Dante l'inclut parmi les âmes païennes des limbes.
Le nom Salāḥ al Dīn signifie en arabe « intégrité, droiture de la foi (ou de la religion) », et au cours des âges, Saladin a été une source constante d'inspiration et de respect pour les musulmans, le mythe du chevalier musulman capable de vaincre l'Occident chrétien. Une province, aujourd'hui arabe sunnite, centrée sur Tikrit dans l'Irak moderne, Saladin tient son nom de Salah ad Din.
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