Saint Roch
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Saint Roch (vers 1340 - 1378), confesseur à Montpellier, patron des cardeurs, honoré le 16 août.
Roch naquit à Montpellier vers 1340, seul fils d'un consul de la ville et d'une mère nommée Libère. Orphelin très jeune, il fut confié à son oncle. Il étudia probablement la médecine car, pour soigner un bubon, il utilisait une lancette, instrument utilisé par les médecins de la ville (Montpellier possède depuis 1141 des écoles de médecine). À sa majorité, il distribua tous ses biens aux pauvres, et partit en pèlerinage pour Rome probablement par le chemin des Lombards (aussi appelé camino francescano - chemin des Français).
Il s’arrêta en plusieurs villes d'Italie qui étaient affligées de la peste (la peste de 1348, appelée peste noire ou bubonique, tuait les malades en cinq jours: elle ravagea Paris dans les années 1348-1349, puis réapparut vers 1361-1362), et s’employa à servir les malades dans les hôpitaux. Rome étant attaquée, du même mal, il s'y rendit, et s'y occupa de même pendant environ trois ans. À son retour, il s’arrêta à Plaisance, où cette maladie régnait alors.
Roch finit par attraper lui-même la maladie et il se retira dans une forêt près de Plaisance pour ne pas infecter les autres. Seul un chien vint le nourrir en lui apportant chaque jour un pain dérobé à la table de son maître. Ce dernier, intrigué par le manège de l'animal, le suivit en forêt et découvrit le saint blessé qu'il put ainsi secourir. Voilà pourquoi, pour parler de deux personnes inséparables, le proverbe dit : c'est saint Roch et son chien.
Quand il revint dans sa patrie vers l'âge de trente ans, Roch était devenu défiguré par les mortifications qu'il avait subies. À Montpellier, déchiré alors par une guerre civile, il fut pris pour un espion et jeté au cachot. Là, il ne se fit pas reconnaître par humilité et périt de misère vers 1378, et ses concitoyens ne se rendirent compte que trop tard de leur méprise.
Le corps de Roch fut transporté dans la ville d'Arles.
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Saint patron des malades et des handicapés
La plus ancienne mention connue de son culte se trouve aux archives de la ville de Voghéra en Italie où il est question d'une autorisation écrite des échevins permettant l'organisation d'un marché sous la protection du saint en 1382.
Au cours de l'Histoire, saint Roch fut invoqué contre les maladies contagieuses des hommes, mais aussi du bétail. En Italie, en Allemagne et en France, les fripiers, les rôtisseurs, les cardeurs de laine et les paveurs le prirent pour patron. L'on dit aussi que c'est à lui que les Pères du concile de Constance durent d'être préservés de la peste et de pouvoir continuer leurs travaux. À Paris, sa fête était d'obligation, et ce fut au XVIIe siècle un tollé général quand l'autorité religieuse décida de la rendre moins solennelle.
Albert Camus ne l'a pas oublié qui, dans son ouvrage La Peste, fait organiser par la population une grande procession à saint Roch.
Vie, Légende et Miracles de Monseigneur Saint Roch
d’après Jehan Phélipot (1494)
Réédité avec notes par M. Luthard, précédé par une notice bibliographique de Jean Renard, Librairie Picard, 1917.
Saint Roch, glorieux ami de Dieu, guérisseur des maladies de peau et de toutes sortes de pestilence, naquit en des temps fort anciens à Montpellier, autrefois Monté-Pestelario. Ses parents étaient seigneurs terriens, véritablement nobles de la noblesse du cœur. Ils étaient fort âgés et n'avaient point d'enfants. Son père s'appelait Jehan. Sa mère, Dame France, pria le Seigneur de lui donner un fils qui soit dévoué à sa cause. L'Ange du Seigneur la visita et lui dit : « O France, sois certaine que tu recevras sa grâce ». L'enfant eut, à la naissance, une croix rouge empreinte sur son côté droit. Il fut baptisé du nom de Roch. Il perdit ses parents très jeunes. Il vendit alors tous ses biens, distribua l'argent aux pauvres et partit en pèlerinage pour Rome. Lorsqu'il fut en Italie, il arriva dans la ville d'Agripendante. Or celle-ci était ravagée par une épidémie de peste. Roch se mit à soigner les malades et à les guérir par le signe de la croix. De même fit-il à Césenne qui, par lui, fut délivrée de la peste. A Rome ensuite, un cardinal fut aussi guéri par lui. De nouveau, il repartit sur les routes. Il soigna encore les malades à Plaisance, mais là, il attrapa la maladie. Il fut alors chassé par ceux qu'il avait guéris et grande réflexion dut-il faire sur la guérison véritable qui n'est pas celle du corps, mais de l'âme et sur le fait qu'à vouloir guérir les autres, on attrape leur maladie ! Il se réfugia dans la forêt. Pour apaiser sa fièvre et laver sa blessure, l'Ange du Seigneur fit jaillir une source. Pour apaiser sa faim terrestre, le chien du seigneur voisin volait chaque jour un pain à son maître. Le seigneur Gothard, attiré par le manège de son chien, le suivit et découvrit Roch au fond de sa retraite. Il se convertit, vendit ses biens et prit à son tour l'habit de pèlerin. Puis l'Ange visita de nouveau Roch et lui dit : « Retourne en ton pays, car tu seras délivré et guéri de la pestilence dont tu es oppressé. » Roch reprit le chemin de Montpellier. Refusant de dire son nom à quiconque et traversant une province en guerre, il fut appréhendé et jeté en prison où il demeura cinq années. L'Ange le réconforta au moment de sa mort et une grande clarté inonda sa cellule. On trouva dans celle-ci une inscription en lettres d'or disant que tous ceux qui prieront le glorieux Saint Roch seront guéris de la peste. On découvrit la croix rouge sur sa poitrine. Il fut enseveli solennellement. Depuis ce temps, dans toutes les provinces de France et d'Europe, le culte de Saint Roch s'est répandu et il fut longtemps le Saint le plus populaire dans les campagnes.
Fêtes de Saint Roch
On fête saint Roch le 16 août et il est honoré dans différents pays : Sénégal, Brésil, Espagne, Italie, Québec, France...
Il est particulièrement honoré en Belgique dans l'Entre Sambre et Meuse, à l'occasion de nombreuses Marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse qui lui sont consacrées, dont principalement à Thuin ( origine : 1654 ) et, le dimanche après le 15 août, à Ham-sur-Heure ( origine : 1638 ) .
Iconographie
On reconnaît saint Roch à son bâton qu'il tient dans sa main (le bourdon). Parfois, il porte une besace, le chapeau et la cape de pèlerin, un chien se tient à ses côtés avec un ange, il relève un pan de sa cape pour faire voir la plaie (peste) qu'il a à la jambe.
Vers le XVe siècle, il prit la place de saint Jacques dans de nombreuses églises et chapelles autrefois dédiées à l'apôtre de l'Espagne.
Monuments
De nombreux monuments, églises, et chapelles lui sont dédiés : ils datent pour la plupart d'entre le XVe et le XVIIe siècle, époque des grandes épidémies. Les plus connus sont :
- l'église Saint-Roch à Paris (XVIIe siècle) ;
- la Scuola Grande de San Rocco à Venise, qui contient un cycle de peintures constituant le chef-d'œuvre du Tintoret
Dictons
Un proverbe traditionnel dit de deux amis inséparables : « comme St Roch et son chien ». Un autre : « Qui aime saint Roch, aime son chien. »
Saint Roch, patron des boulangers, mais aussi des Mégissiers, les tanneurs de peaux, et patron des tailleurs de pavés de la forêt de Fontainebleau.
Un autre proverbe dit de quelqu’un de mal peigné : « peigné comme saint Roch ».
Saint Roch est patron des vignerons dans de nombreuses provinces de France et un dicton affirme : « A la saint Roch, grande chaleur prépare vin de couleur ».
Pour les laboureurs a cours ce dicton : « Après saint Roch, aiguise ton soc ».



