Saint
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Les saints sont des hommes distingués, dans les diverses traditions religieuses, par leur relation particulière avec le divin et leur élévation spirituelle ou morale. Ce sont des "élus" de Dieu, remarquables par leurs vertus. Ils sont vénérés comme des modèles, susceptibles de montrer un chemin exmplaire de perfection et, dans de nombreuses traditions religieuses, sont des intercesseurs ou des protecteurs, qui font l'objet d'un culte, car, après leur mort, Dieu les a appelés auprès de lui.
Occasionnellement, l'impact du saint dépasse l'espace de sa religion propre, quand son rayonnement moral apparaît comme universel : c'est le cas p.ex. de Mère Teresa ou de Gandhi ainsi que, jusqu'à un certain point (dans une vision syncrétiste), de tous les fondateurs de grandes religions.
Voir aussi article spécialisé : le pur et l'impur
Sommaire |
Christianisme
Eglise primitive
L'Église primitive affirme, à la suite du Judaïsme, que Dieu seul est saint. Cependant, du fait du baptême et de l'adoption filiale qui s'ensuit, les chrétiens sont associés et appelés à cette sainteté, qui est une vocation universelle.
L'apôtre Paul parle des "saints" pour désigner les chrétiens vivant dans telle ou telle ville. En ce sens, la sainteté exprime l'état de communion avec Dieu, dans l'Église, par le baptême.
Les "saints" au sens strict sont ceux qui, comme le Bon Larron à qui le Christ dit "Aujourd'hui, tu seras avec moi au Paradis", sont parvenus à la béatitude éternelle, contemplent Dieu au ciel et intercèdent pour les hommes ici-bas.
Parmi les défunts étaient réputés "saints" et vénérés comme tels les martyrs (leur baptême sanglant effaçait tout péché) et les apôtres (choisis par le Christ). D'autres "saints", comme certains ascètes, seront vénérés plus tard.
Petit à petit, la notion de "saint" s'est élargie, et de nombreuses personnalités locales dans l'Église primitive et parmi les populations nouvellement christianisées ont acquis la réputation de sainteté. Aujourd'hui, la reconnaissance officielle du statut de "saint" passe par l'inscription dans le calendrier de l'Eglise appelé "martyrologe".
Catholicisme
Pour les catholiques, les saints forment l'Eglise triomphante et intercèdent auprès de Dieu pour les hommes d'ici-bas (l'Eglise militante) et pour les défunts au Purgatoire (Eglise souffrante) : c'est la « communion des saints »). Tous ces saints, qui n'ont pas forcément été officiellement reconnus ici-bas comme tel, sont fêtés ensemblent le jour de la Toussaint.
La fête de la Toussaint, célébrée le 1er novembre, signifie chez les catholiques qu'au-delà du nombre restreint personnes canonisées, c'est à dire dont on affirme sans ambiguïté la sainteté et auxquels un culte peut être adressé, de nombreux chrétiens, voire stricto sensu non chrétiens (p.ex. Abraham, Moïse, David, Job), ont atteint l'idéal chrétien : la communion avec Dieu.
Les saints inscrits au Martyrologe romain sont ceux pour lesquels l'Église catholique romaine déclare être sûre qu'ils sont au Paradis. Ils font donc l'objet d'un culte dit culte de dulie (du grec δοῦλος, le serviteur) lequel s'oppose au culte de lâtrie (du grec λατρεία, service dû à Dieu) qui n'est dû qu'à Dieu. Dans le cas de Marie, une exception est admise, qui se nomme hyperdulie et qui se manifeste dans les sites d'apparition.
L'Église catholique procède de manière formelle à la déclaration de la sainteté de certaines personnes, par le biais de la Congrégation pour les causes des saints. Cela passe par les étapes de la vénérabilité puis de la béatification puis de la canonisation. On notera que le « procès en canonisation » prend les formes d'un procès légal et que l'équivalent de la « partie civile » (qui défend la thèse de la non-sainteté) est tenu par une personne qui a traditionnellement reçu le surnom d'avocat du diable (terme qui est passé dans la langue courante).
Cette procédure s'est mise en place progressivement sur plusieurs siècles et s'est peu à peu centrée sur Rome. Aussi les saints anciens étaient-ils déclarés tels par les évêques locaux alors que depuis un millénaire la canonisation ne pouvait se faire que par le Pape. Le droit romain prévoit aussi un temps minimum entre le décès de la personne et l'introduction de sa cause à Rome. Cependant les durées sont variables. Claire d'Assise a failli être déclaré sainte lors de ses funérailles par le Pape lui-même. Antoine de Padoue fut canonisé un an après sa mort. Jeanne d'Arc dut attendre près de 500 ans avant d'être canonisée.
L'avocat du diable aurait été supprimé lors de la canonisation du fondateur de l'Opus Dei, Josémaria Escriva de Balaguer.
| Étapes de la canonisation dans l'Église catholique romaine |
|---|
| Serviteur de Dieu ==> Vénérable ==> Bienheureux ==> Saint |
Voir aussi : catholicisme : saints par ordre alphabétique | sanctification
Orthodoxie
Chez les orthodoxes, la canonisation est moins formalisée que dans le catholicisme. Outre les personnages du Nouveau Testament, qui sont réputés saints d'office, l'existence de miracles attestés par une longue tradition peut mener à la canonisation.
Catholiques et orthodoxes ne sont pas d'accord sur la liste des saints, ne serait-ce que parce que les orthodoxes ne reconnaissent pas la centralité des institutions qui procèdent à la canonisation. Dans certains cas, comme par exemple Augustin d'Hippone, hautement prisé par le catholicisme et gratifié non seulement du titre de saint mais aussi de docteur de l'Église, les orthodoxes considèrent que ses fautes et erreurs sont suffisantes pour le cantonner au stade de bienheureux, à l'égal de Nicolas II (dernier tsar de Russie) mais pas mieux. (Les orthodoxes ont en outre "canonisé" de nombreux personnages politiques ou des religieux dont une des "vertus" était l'anti-catholicisme, ce qui constitue un problème potentiel dans le dialogue oecuménique).
- Voir l'article spécialisé : icône
Protestantisme
Le protestantisme se distingue du reste du christianisme notamment par son refus du culte des saints (et de leurs reliques).
La Bible déclare saint toute personne ayant accepté le sang de Jésus versé à la croix comme nécessaire et suffisant pour effacer ses péchés, car tous sont pécheurs devant Dieu (cf. Hébreux 10.29 et Romains 3.10-18). Ce sens du mot saint comme synonyme de chrétien est le plus courant en protestantisme.
Cette confession insiste sur l'affirmation du salut à l'initiative de Dieu seul (sola gratia, sola fide), ce qui implique que « Dieu seul connaît ceux qui lui appartiennent ». De ce fait, les protestants s'abstiennent de déclarer quiconque particulièrement saint, d'autant que leur conception de l'après-vie est très variable non seulement selon les dénominations mais aussi selon les individus.
Dans le protestantisme classique, on appelle couramment saints les personnages du Nouveau Testament, sans que cela donne lieu au moindre culte, car pour l'ensemble des protestants, le culte n'est dû qu'à Dieu seul (soli deo gloria).
Par tradition, plusieurs pays protestants ont conservé comme patron le saint qui est réputé avoir joué le plus grand rôle dans leur évangélisation : Sainte Brigitte en Suède, Saint Olav en Norvège, etc.
Islam
En théorie, l'islam réprouve tout culte autre que celui adressé à Dieu. Il parle d'associateurs pour désigner ceux qui pratiquent autrement.
L'islam africain, sunnite pratique aussi un certain culte des saints nommés marabouts. Le soufisme dont les tariqua sont répandues dans l'ensemble de l'espace musulman connaît aussi des wali toujours traduits par saints dans la littérature d'expression française.
Pourtant, le chiisme reconnaît des saints et leur tombeau donne lieu à des pèlerinages.
Sur les saints en islam : Femmes et religions en Islam, un couple maudit ? par Sossie ANDEZIAN, dans CLIO, revue francophone d'histoire des femmes. Au cours d'une étude du mysticisme féminin, elle présente le concept de saint et son fonctionnement dans la spiritualité musulmane féminine.
Hindouisme
Bouddhisme
Voir :
Autre acception
- Saint est aussi un émulateur de l'Atari ST, Saint (émulateur)



