Saint Empire romain germanique
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Le Saint Empire romain germanique ou Saint Empire romain de (en) nation germanique (en allemand Heiliges Römisches Reich Deutscher Nation, en latin Sacrum Romanorum Imperium Nationis Germanicæ) était un regroupement politique des terres d'Europe occidentale et centrale au Moyen Âge. Il ne fut pas dissout en 1806 par Napoléon Ier, puisque, à supposer qu'il en eût l'intention, l'empereur François II l'avait devancé en « déposant le titre impérial ». Selon la jurisprudence constante de la Cour constitutionnelle de l'Allemagne actuelle à Karlsruhe, et sans contestation d'aucune chancellerie, du fait de l'acte conservatoire de François II par la déposition du titre impérial, cet empire subsiste aujourd'hui, de manière ininterrompue comme sujet de droit international, simplement dépourvu d'organes (pour une explication plus complète, cf. entrée Troisième Reich, sur l'inspiration de cette dénomination ultérieure). L'adjectif saint n'apparaît que sous le règne de Frédéric Barberousse - attesté en 1157.
C'est l'héritier de l'Empire d'Occident des Carolingiens qui avait disparu en 924. Lui-même prétendait restaurer l'empire romain, ce qui justifie le terme romain dans son intitulé. Cependant Henri II fera graver dans son sceau : « Renovatio Regni Francorum » (« Rénovation du Royaume des Francs »). Et l'empire en son ensemble est parfois appelé Imperium Teutonicorum, Empire (ou : Règne) des Teutons, "Teut~on" étant pour cette époque une variante-déformation de ce qui deviendra le terme allemand actuel "Deut~sch", tandis que "Alle~mand" est la variante-déformation francisée de "Alle Männer", "tous les hommes".
Voltaire fera plaisamment remarquer que cet empire n'est "ni saint, ni germanique, ni romain", et à l'en suivre sur cette voie, la France n'est pas non plus la France, puisque rapportée aux Francs elle englobe l'Allemagne.
Cet empire apparaît avec le couronnement impérial d'Othon Ier le 2 février 962. En 982, Othon II, son fils prend le titre d'Imperator Romanorum (« empereur des Romains »). Henri II est sacré Rex Romanorum (« roi des Romains ») en 1014. Au XIIe siècle on parle déjà du Saint Empire (terme attesté à partir de 1157) qui devient en 1254 Saint-Empire romain pour aboutir à sa forme finale à la fin du XVe siècle (terme attesté de façon certaine à partir de 1512).
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Composantes géographiques
Les étapes de la construction germanique
Image:Reliure.jpg Le Saint Empire romain germanique a pour base territoriale la Francie Orientale du traité de Verdun (bientôt nommée Germanie ou Regnum Teutonicorum). En 843, l'empire carolingien se scinde en effet en trois territoires de taille égale : la Francie occidentale (base du futur royaume de France), la Francie médiane et la Francie orientale, dirigée par Louis le Germanique. En 870, par le traité de Mersen, cette dernière s'accroît d'une partie du royaume de Lotharingie. Au début du Xe siècle, la Germanie comprend cinq duchés principaux : la Souabe, la Franconie, la Bavière, la Lorraine et surtout la puissante Saxe.
En 962, le roi de Germanie Otton Ier est couronné empereur à Rome. En 1014, il obtient le royaume d'Italie (en fait le nord de la péninsule) et en 1033-1034 le royaume de Bourgogne, après la mort de Rodolphe III. Ainsi au milieu du XIe siècle, le souverain cumule quatre couronnes : celles de Germanie, de Bourgogne, d'Italie et de l'empire. Son prestige est immense en Europe occidentale.
La suzeraineté du roi de Germanie est reconnue en plusieurs occasions par les princes et souverains du Danemark, de Hongrie et de Pologne. L'Empire atteint un premier apogée avec Henri VI : Richard Cœur-de-Lion reconnaît la vassalité de l'Angleterre, Tunis et Tripoli versent un tribut, Léon d'Arménie transfère en 1194 son hommage de Byzance à l'empire germanique, Amaury II de Lusignan, roi de Chypre se reconnaît vassal en 1195 et finalement le basileus Alexis III lui verse un tribut.
Cependant l'Empire subira le pouvoir d'érosion du royaume de France dans sa lente avancée vers le Rhin et les Alpes, la défection de la Suisse et l'indépendance, de fait sinon de droit des principautés italiennes. Les Pays-Bas se détachèrent de l'empire en 1648 et le titre d'empereur devient creux. Ses frontières restèrent alors stables jusqu'à sa dissolution en 1806.
La dynastie des Saliens
Le XIe siècle fut marqué par une série de conflits entre le pape et l'empereur. La Querelle des Investitures opposant Henri IV puis Henri V aux différents souverains pontifes ne fut réglée de façon pragmatique qu'avec le Concordat de Worms de 1112. Ces luttes ont amené le renforcement de l'autorité du pape et l'affaiblissement du roi de Germanie.
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Principautés, villes libres et successeurs des premiers ducs
Quand, avec la mort de Frédéric II, la politique impériale s'effondra, l'Allemagne se trouva du même coup privée d'un pouvoir central ; les villes et les princes surent exploiter la situation en leur faveur et parvinrent ainsi à l'autonomie, si bien que l'Allemagne du bas Moyen Âge s'émietta en une multitude de petites principautés indépendantes et de villes libres. Le mouvement avait d'ailleurs commencé sous le règne de Frédéric II auquel les grands vassaux avaient arraché des droits étendus. Le système féodal subsistait, en principe, mais il était miné par les institutions nouvelles. La conception du prince (Fürst) avait évolué au cours des siècles précédents. Tandis qu'autrefois, ce titre désignait indifféremment tous les seigneurs, il fut peu à peu réservé à ceux-là seuls, laïques ou ecclésiastiques, qui se trouvaient dans la dépendance immédiate du roi et se considéraient, plus ou moins, comme de petits souverains. Ils constituaient désormais la caste des princes d'empire qui se distinguait à son avantage du reste de la noblesse.
Les princes surent établir, peu à peu, un droit de juridiction toujours plus étendu, si bien que le Tribunal d'empire perdit toute importance. Petit à petit, ils s'emparèrent des anciens droits régaliens. Et tandis que les vassaux de la couronne s'affranchissaient ainsi du pouvoir royal, ils surent, du même coup, augmenter leur puissance en dépouillant leurs propres vassaux de leurs compétences juridiques et officielles et en les transférant à des fonctionnaires dociles et révocables auxquels ils confièrent l'exercice de la justice, la responsabilité de l'établissement et de la perception des impôts, et des fonctions militaires et de police. La noblesse ministérielle fut écartée au profit des juristes-bourgeois, versés dans la connaissance du droit romain et doués des talents qui font les bons fonctionnaires d'État. Les princes organisèrent leur cour. Ils eurent une chancellerie, leur sceau. Ainsi plusieurs territoires devinrent, en fait sinon en droit, de petits États souverains. Tels furent les duchés, quelques comtés indépendants et même un petit nombre d'évêchés et d'abbayes. Ils avaient leur administration autonome, leur propre législation, exerçaient à la fois le pouvoir législatif et le pouvoir exécutif. Ils possédaient des forces militaires et s'appuyaient sur un système financier soigneusement organisé.
Les princes-électeurs
Depuis le milieu du XIIIe siècle, les princes-électeurs (Kurfürsten) occupent une place privilégiée. Le droit d'élection avait longtemps appartenu à tous les princes laïques et ecclésiastiques, mais plus tard, il se trouva réservé à sept personnages, qui étaient :- l'archevêque de Cologne,
- l'archevêque de Trèves,
- l'archevêque de Mayence,
- le duc de Saxe,
- le roi de Bohême,
- le margrave de Brandebourg,
- le comte palatin du Rhin.
Ces électeurs formèrent une caste à part. Ils surent prendre une influence croissante dans le gouvernement de l'empire et utiliser leur situation favorable au profit de leurs principautés. La Bulle d'Or de 1256 leur octroya des privilèges qui leur assuraient une situation nettement supérieure à celle des autres princes. Mais l'ambition de ces derniers se réveilla et, avec le temps, ils obtinrent des avantages et devinrent, en plus d'un domaine, presque les égaux des électeurs. Ainsi, dans le bas Moyen Âge, l'empire se transforma en une sorte de confédération d'États princiers qui n'avaient entre eux qu'un lien très lâche. Dès lors, ce ne furent plus les intérêts du royaume, mais ceux de leur propre État qui dominèrent les princes. Le chef du royaume, lui-même, régnant en prince sur le patrimoine qu'il avait hérité de sa famille, n'était roi qu'accessoirement.
Villes libres
À côté des États princiers, cette confédération comprenait aussi un grand nombre de villes libres. L'évolution politique des villes au Moyen Âge est déjà connue. Au XIIIe siècle et au cours du bas Moyen Âge, en Allemagne, de grands progrès furent réalisés dans le sens de l'autonomie. Les villes, enrichies par le commerce, purent prétendre à un rôle politique. Dès la chute des Hohenstaufen, elles trouvèrent moyen de s'affranchir de leurs maîtres et de s'assurer des droits souverains : droit de juridiction, droit de lever des impôts, de tenir des marchés, de frapper monnaie, d'exiger l'octroi, d'autres encore.
Elles s'organisèrent elles-mêmes, se donnèrent un conseil et un maire (Schultheiss ou Bürgermeister). Ce dernier fut d'abord un aristocrate, mais, depuis le XIVe siècle, il fut de plus en plus fréquemment choisi parmi les membres des corporations et ces villes devinrent, beaucoup plus vite que les principautés, de petits États modernes, parfaitement organisés, tenant en mains tous les pouvoirs. Dans chacune d'elles, les impôts et le service militaire étaient des obligations qui incombaient à tous également. La ville, enfin, se chargea de l'assistance publique. Elle ouvrit des hospices, des hôpitaux, des écoles. Elle prit même en mains la surveillance de la moralité publique et de la circulation.
Certaines villes parvinrent à constituer une confédération qui joua un rôle politique, à l'égal de certains États : la Hanse
Toutes les villes n'arrivèrent pas à l'autonomie complète. Le plus grand nombre, malgré des privilèges importants, devait encore reconnaître l'autorité d'un seigneur, dans certains domaines tout au moins. Mais dans les derniers temps du Moyen Âge, l'Allemagne comptait de soixante-dix à quatre-vingts villes parfaitement autonomes. On les appelait villes d'Empire, parce qu'elles dépendaient de l'empereur seulement. Beaucoup d'entre elles surent faire entrer dans leur sphère d'influence la campagne environnante et devinrent ainsi des États républicains minuscules. Ce fut le cas, par exemple, de Nuremberg, Ulm, Francfort, Hambourg, Rothenbourg. Aucune cependant ne prit autant d'autorité et de prestige que Berne qui dominait sur un grand territoire et développa ses forces intérieures à tel point qu'elle osait se mesurer avec les plus grands princes. L'Allemagne a donc connu, à la fin du Moyen Âge, des États centralisés, administrés par des fonctionnaires. Tandis qu'en Sicile d'abord, puis dans les républiques italiennes et en France, le système féodal était remplacé par le fonctionnarisme et disparaissait devant des États centralisés qui réunissaient en une seule main les anciennes compétences, jadis réparties entre un très grand nombre. L'Allemagne ne connut le système que partiellement. Elle n'eut pas une politique générale. Alors que la France devenait un tout, l'Empire allemand se morcelait à l'infini pour avoir gaspillé ses forces dans la vaine poursuite de la domination universelle.
Emiettement des duchés
Le morcellement ne désagrégea pas seulement l'Empire, il se fit aussi au détriment des grands duchés de naguère. Ceux-ci, à la fin du règne des Hohenstaufen, étaient, à l'exception de la Bavière, complètement désorganisés et leurs territoires se trouvaient répartis entre une foule de petits seigneurs laïques ou ecclésiastiques. Sur le territoire de la Franconie se formèrent, au nord, le landgraviat de Hesse et le comté de Nassau. À l'est, l'évêque de Wurzbourg se tailla un grand domaine, malgré l'opposition de plusieurs villes qui prirent les armes contre lui. Nuremberg devint le centre d'un État indépendant, tandis qu'au bord du Rhin, une branche de la famille des Zaehringen s'assurait la possession du margraviat de Bade qui fut le noyau d'un beaucoup plus grand État, constitué peu à peu. Au sud du Main, sur les deux rives du Rhin, l'électorat du Palatinat naquit d'un ancien domaine des Hohenstaufen. Ces propriétaires revêtirent la charge de comtes palatins (du palais) et prirent, du même coup, le titre de princes d'empire. Puis le pays passa aux mains d'une branche cadette des Wittelsbach et, dès le début du XIVe siècle, fut étroitement relié à la Bavière, mais pour peu de temps. Cependant, le Palatinat bavarois, au nord de la Bavière, resta attaché au Palatinat rhénan. Le comte palatin du Rhin figure dans la Bulle d'Or en qualité de prince-électeur. Robert Ier fonda l'université d'Heidelberg en 1386. En 1410, la dynastie palatine se divisa en quatre branches dont deux étaient destinées à une longue durée: celle qui conserva la dignité électorale, et les Simmern-Zweibrücken qui, plus tard et jusqu'en 1918, gouvernèrent la Bavière.
Une catastrophe avait atteint le duché de Saxe sous Henri le Lion ; il s'était émietté en une foule d'évêchés: Brême, Munster, Osnabruck, Paderborn, Hildesheim, Halberstadt, Magdebourg et de petits États laïques dont les principaux furent le duché de Brunswick-Lunebourg et le comté (plus tard duché) de Holstein, qui se rattacha au duché danois de Slesvig. Le titre de duché de Saxe ne se rapporta plus qu'au territoire qui entoure Wittenberg et qui revint à un fils d'Albert l'Ours. Cet État devint un électorat et en 1423, passa aux mains du margrave de Meissen-Wettin, qui possédait déjà la Thuringe orientale. Ainsi naquit une nouvelle Saxe, mais qui, à part son nom, n'avait rien de commun avec l'ancien duché. Dès 1485, il y eut un électorat et un duché de Saxe, parce que deux frères, Albert et Ernest, se partagèrent le territoire. Quant à la Marche du Nord, qu'Albert l'Ours étendit jusqu'à la Marche de Brandebourg, elle était destinée à un grand avenir. La Souabe fut plus morcelée encore que les deux États précédents. Dans le bassin du Neckar, les comtes de Wurtemberg se taillèrent peu à peu un grand territoire qui fut élevé au rang de duché en 1495. L'Alsace, qui avait été un duché à l'époque mérovingienne, se divisa, aux environs de 1200, en deux landgraviats, la Haute et la Basse-Alsace (Sundgau). Tandis que la Haute-Alsace était en grande partie rattachée à l'évêché de Strasbourg, le Sundgau revint aux Habsbourg, en même temps que le Brisgau, sur la rive droite du Rhin. Au XIIIe siècle, franchissant les Alpes, les Habsbourg parvinrent jusqu'au Danube et, unissant l'ancien territoire de la Marche de l'Est avec celui des Alpes orientales, ils créèrent un nouvel État, l'Autriche. C'eût été un vaste État alpin, d'un seul tenant, si la Confédération des cantons suisses n'y avait peu après ouvert une brèche. Depuis la fin du XIIIe siècle, elle se développa entre les Alpes, le Rhin et le Jura, tandis que, par des luttes héroïques, elle résistait aux prétentions des princes voisins et se dégageait de la suzeraineté de l'empire.
Le duché de Bavière subsista. Cependant au XIIIe siècle, il se vit enlever par les Habsbourg des territoires acquis naguère par ses princes dans la région des Alpes, notamment la vieille Marche de l'Est, et les duchés de Styrie, Carinthie et Carniole, en 1282, puis plus tard, en 1363, le comté du Tyrol. Dans cette région, l'évêché le plus important était celui de Salzbourg. Quant aux territoires qui s'étendaient à la limite occidentale, de la Frise à la Provence, l'empire n'y avait jamais pris pied fermement. Une frontière très artificielle avait été marquée au IXe siècle entre les pays germaniques et le royaume des Francs, mais elle englobait, dans l'empire, des territoires dont la population était latine de langue et de mentalité, donc portée à regarder vers l'ouest. Comme l'empire n'exerçait pas de force d'attraction, tout au contraire de la France, il était inévitable qu'il perdît plusieurs territoires au profit de sa voisine. La Lorraine fut divisée de bonne heure en deux duchés de Haute et Basse-Lorraine. Le premier, qui recouvrait les cours supérieurs de la Meuse et de la Moselle, fut seul à conserver son nom. La Basse-Lorraine se morcela en plusieurs États, les duchés de Luxembourg, de Brabant et de Gueldre et les comtés de Flandres, de Seeland et de Hollande. Au XIVe siècle, tous ces territoires furent réunis au duché de Bourgogne, mais ils n'en restèrent pas moins terres de l'Empire. En 1477, ils passèrent aux Habsbourg par voie d'héritage, ce qui ne change rien au fait qu'ils échappaient peu à peu à l'empire pour mener leur vie propre, dans le domaine politique comme dans le domaine culturel. Le royaume de Bourgogne se détacha peu à peu, sans que les droits impériaux eussent jamais été formellement dénoncés. En 1246, le comté de Provence tomba aux mains d'une branche cadette des Capétiens, la Maison d'Anjou. Le Dauphiné fut rattaché à la France en 1349.
Institutions
Image:Holy Roman Empire crown dsc02909.jpg
- Cercle : la diète d’Augsbourg de 1500 fixe à six le nombre de Cercles : Bavière, Basse-Saxe, Souabe, Franconie, Westphalie et le Haut-Rhin, enfin les diètes de Trèves et de Cologne portent leur nombre à 10 ajoutant les Cercles d’Autriche, de Bourgogne, de Haute-Saxe et le Cercle Electoral. La Diète de Nuremberg en 1522 fixe définitivement le nombre de Cercles à 10
- Diète d'Empire
- Diète des Cercles
- Mois Romain : taxe que chacun des États immédiats est tenu de fournir pour l’entretien des troupes levées pour leur défense commune, soit sous forme de soldats équipés, cavalier ou fantassin, soit sous forme d’argent
Voir aussi
- Histoire de l'Allemagne
- Peuples germaniques | Germanie | Germanie franque
- Liste des empereurs d'Occident | Empire romain d'Occident
- Saint Empire romain germanique | Liste des souverains du Saint-Empire | Armorial du Saint-Empire
- Empereur romain germanique | Prince-Électeur | Roi des Romains
- Liste de rois et empereurs allemands



