Rouhollah Khomeini

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L'Ayatollah Rouhollah Khomeini ou Khomeyni (آيت لله روح الله خمينی en persan) est né le 17 mai 1900 à Khomein et mort le 4 juin 1989 à Téhéran (تهران), était un ecclésiastique chiite, un chef politique iranien et le guide spirituel de la révolution de 1979 qui renversa le chah d'Iran :Mohammad Reza Pahlavi. Il installa une théocratie chiite qu'il gouverna du renversement du chah à sa mort en 1989.

Sommaire

Sa jeunesse

Il est né dans la ville de Khomein en tant que Rouhollah Moussavi (‌روحاله موسوی) en 1900 dans une famille très croyante, son grand-père, son père et son frère aîné sont ayatollah. Son père est assassiné par les hommes de main d'un grand féodal. Sa jeunesse est également marquée par les troubles politiques des années 1906-1911.

En 1927 il est professeur de théologie à Qom, puis dans les années 1950 il est nommé ayatollah. Il s'engage dans l'opposition religieuse aux réformes de Reza Shah (la « Révolution Blanche »). Il s'oppose particulièrement au vote des femmes. En 1962, il devient chef de la communauté chiite, reconnu comme « guide religieux suprême » ("marja-e taqlid").

En exil

Son opposition à la « révolution blanche », lancée par le pouvoir iranien dans le but de moderniser le pays sur le modèle occidental, le conduit à l'affrontement avec le pouvoir. Il est arrété en 1963 pour avoir joué un rôle important dans les émeutes du 4 juin. Conscient de son influence, le pouvoir le libère rapidement. Mais dès 1964 il est exilé, d'abord en Turquie, puis à Nadjaf et Kerbala en Irak, où son discours se radicalise progressivement. Son activisme pro-chiite indispose le pouvoir et en 1978 il doit partir et s'installe à Neauphle-le-Château en France. Selon Alexandre de Marenches (chef du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage ancien nom de la DGSE), la France aurait suggéré au chah qu'ils pourraient « organiser un accident mortel pour Khomeini » ; le chah refusa l'offre d'assassinat, arguant du fait que ceci en ferait un martyre. Khomeini est devenu un des adversaires les plus influents au chah, ayant su habillement utiliser les médias pour rallier tous ses opposants, ajouté à sa dimension de chef spirituel. Journalistes et diplomates l'approchent, sentant le vent tourner. En Irak et à Paris, il radicalise et systématise sa pensée autour d'une conviction profonde : la démocratie est un mauvais système. Selon lui, les oulémas héritiers du prophète détiennent l'autorité religieuse et politique, jusqu'au retour de l'imam caché. De plus, ces clercs ont le pouvoir de désigner le plus savant d'entre eux pour concentrer l'autorité. Ce principe deviendra sous le nom de velayet-e-faqih après la révolution islamique la clef de voute du nouveau régime iranien que Khomeini définira comme le pouvoir absolu du religieux.

Le retour en Iran

Khomeini retourna en Iran le 1er février 1979, « invité » par une Révolution déjà bien en marche, - ayant un peu oublié durant son exil la langue persane, il parait dans un premier temps déphasé avec les Iraniens, mais prend néanmoins le pouvoir le 11 février. La République islamique est proclamée, instituant un mandat présidentiel de quatre ans, - mais seul les candidats approuvés indirectement par le chef suprême (par le Conseil des gardiens) peuvent être candidats. Khomeini lui-même devient chef d'État, d'abord comme « chef de la révolution », puis en tant que « chef spirituel suprême ». Le 4 février 1980 Khomeini approuve l'élection d'Abolhassan Bani Sadr au titre de premier président de la République Islamique d'Iran.

Sous le gouvernement de Khomeini la loi islamique chiite est instituée, par laquelle le code islamique strict de robe (hijab) devient légal et s'impose aux hommes comme aux femmes. Celles-ci perdent plusieurs de leurs droits en tant que citoyennes égales, et la liberté de parole et de la presse continuent d'être aussi réduites que sous le chah.

Khomeini devient peu à peu le centre d'un grand culte de personnalité, et toute opposition à sa personne, au gouvernement religieux ou à l'Islam en général se voit âprement réprimée. Au lendemain immédiat de la révolution se répandirent des allégations d'abus systématiques des droits de l'homme, au sujet de la torture spécialement .

Au début de la révolution entre 1979 et 1981, des partisans de Khomeini enlevèrent 52 citoyens des États-Unis et les retinrent en otage dans l'ambassade des USA à Téhéran pendant 444 jours ; un événement souvent désigné sous le nom de crise iranienne des otages. Khomeini indiqua le 23 février 1980 au parlement iranien que le destin des otages dépendait de l'ambassade américaine, celle-ci devant exiger des États-Unis l'extradition du chah en vue de son procès en Iran. Le président Jimmy Carter lanca une opération commando pour sauver les otages, mais la tentative échoua quand les hélicoptères se posèrent dans le désert de Tabas. Quelques Iraniens considèrent cet échec comme un véritable miracle. De nombreux commentateurs pensent que Jimmy Carter en perdit les élections suivantes face à Ronald Reagan.

Guerre Iran-Irak

Peu de temps après son arrivée au pouvoir, Khomeini commenca à appeler de ses voeux la propagation de la révolution islamique aux autres pays musulmans. Ambitionnant d'occuper les zones pétrolifère d'Iran (en particulier le Khouzistan) et opposé à la diffusion d'un chiisme militant à la Khomeini, la république laïque irakienne, dirigée par Saddam Hussein, envahit alors l'Iran, commençant ce qui deviendra pendant une décennie la guerre Iran-Irak. Au début de la guerre le peuple iranien se rassembla autour de Khomeini et son régime, ainsi que sa popularité et sa puissance personnelle, s'en trouvèrent inégalées.Mais deux ans après le refus du cessez le feu proposé par l'Irak éssouflé par la guerre et l'envoie de centaines de milliers de lycéens sur les champs de mines fait comprendre aux iraniens qu'ils font les frais d'un régime qui exploite la guerre pour laminer l'opposition. Les volontaires pour la guerre se font de plus en plus rare et au bout de huit an de guerre Khomeini qui qualifiait cette guerre de don divin, accepta enfin le cessez le feu en le qualifiant de coupe de poison.

La guerre terminé Khomeini ordonne le plus terrible massacre des prisonniers politiques en 1988, en l'espace de trois mois, plus de 30000 prisonniers sont exécutés. Le dauphin de Khomeini, l'Ayatollah Montazéri proteste contre ce massacre ce qui lui vaut la disgrace et l'assignation à résidence.

En 1989, Khomeini, condamne à mort l'écrivain Salman Rushdie à travers une fatwa qui accuse celui-ci de « blasphème » contre le prophète Mahomet. Les Versets sataniques, le roman de Rushdie, qui examine l'intégration des caractères indiens dans la culture occidentale moderne, contient des passages qui peuvent impliquer que le Coran n'a pas été parfaitement préservé, ce que beaucoup de musulmans, y compris l'Ayatollah Khomeini, considérent comme fortement blessant pour l'Islam et Mahomet. Cet événement a fait reconsidérer par beaucoup d'occidentaux, en particulier ceux de gauche qui s'étaient généralement positionnés en faveur de la révolution contre le chah, leur appui de Khomeini.

Après onze jours passés à l'hôpital du fait d'une hémorragie interne, Khomeini meurt le 3 juin 1989. Une foule de plus d'un million d'Iraniens se réunit autour du lieu d'enterrement qui n'était pas officiellement connu aux jours des obsèques.

Khomeini est considéré par beaucoup comme l'un des hommes les plus influents (en bien ou en mal) du XXe siècle, et a été choisi par le Time Magazine comme Homme de l'Année 1980.

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