Rome antique

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Cet article fait partie de la série
Rome antique
La monarchie
La république
L'empire
L'empire d'Occident
L'empire d'Orient

La Rome antique est le cadre de la naissance, de l'avènement et de la disparition de la civilisation romaine antique. Débutant comme un simple assemblage de villages, l'humble bourgade vit ensuite son histoire se confondre avec celle du monde méditerranéen du début de l'ère chrétienne à la fin de l'Antiquité.

C'est pourquoi vous ne trouverez ici qu'une synthèse de l'histoire romaine, développée dans des articles plus conséquents sur les pages adéquates.

Sommaire

La fondation de Rome (-753)

D'après la légende latine, Romulus fonda la ville de Rome à l'emplacement du Mont Palatin près du Tibre vers -753. En réalité, il semblerait que Rome soit née de la fusion de villages latins, sabins, et peut-être étrusques.

Se référer à l'article Fondation de Rome.

La Royauté (-753 à -509)

Après Romulus et ses successeurs légendaires, ce sont les rois Étrusques qui en occupant la région vont faire de Rome une véritable ville vers 600 av. J.-C., en la dotant d'une muraille, en aménageant le Forum et en bâtissant le sanctuaire du Capitole.

C'est probablement sous la Royauté que s'élabore la religion romaine, mélange d'archaïsmes indo-européens et d'influences grecques et étrusques. Les anciens Romains attribueront leurs succès militaires à la qualité scrupuleuse de leur piété envers les dieux.

Se référer à l'article sur la monarchie romaine.

Se référer aux articles sur la religion romaine, la mythologie romaine, les fêtes religieuses romaines.

La République romaine (-509 à -27)

De res publica (lat.) « la chose publique ».

Tarquin le Superbe est le dernier roi de Rome. Tyrannique, autoritaire, il fut chassé par les Romains en -509 ; la République romaine est fondée, gouvernée par le Sénat romain et les magistrats élus du peuple romain (populus ne désigne, à l'époque, qu'une partie de la population, les patriciens).

À ses débuts, la République romaine est déchirée par les conflits entre la plèbe et le patriciat. Elle finit par se doter en -367 d'institutions qui équilibrent le pouvoir du patriciat et modèrent celui des consuls.

Rome commence son expansion par la conquête de l'Italie centrale par la prise de Véies en -396. Le sac de Rome en -390 est le début d'une longue période où Rome ne fut jamais prise par ses ennemis, jusqu'en 410 et le sac de Rome par Alaric.

Progressivement, Rome affronte ses voisins et agrandit peu à peu son territoire, tandis que les plébéiens obtiennent en -300 l’égalité politique. Rome domine toute l'Italie en -272.

À partir de -264, dans son affrontement contre Carthage lors de la première guerre punique et de la deuxième guerre punique, Rome conquiert la Sicile, la Corse et la Sardaigne, l'Hispanie et devient la première puissance de la Méditerrannée occidentale en -202. Tributaire de Rome, Carthage est finalement détruite en -146.

Les légions romaines, de plus en plus efficaces, interviennent en Grèce, en Macédoine, en Asie Mineure. Durant le IIe siècle av J.-C., Rome soumet la Grèce et en retire une grande influence culturelle. Les élites connaissent la richesse des butins, tandis que la crise sociale monte en Italie. La République qui dût son succès à un équilibre entre ses différentes composantes sombre devant son agrandissement trop brutal, ses institutions prévues pour une ville se révélent inadaptées à la gestion d'un empire. A partir de -133, les tensions se multiplient (cf. les Gracques), des ambitieux luttent pour le pouvoir : Marius contre Sylla, Cinna, Pompée contre Jules César, Octave contre Marc Antoine.

Se référer à l'article sur la Société de la République romaine pour connaître l'organisation de la République.

Se référer aux articles Histoire de la République romaine et à la liste des consuls pour la chronologie.

L'Empire romain (-27 à 395)

L'Empire romain commence après la mort de Jules César avec l'avènement d'Octave Auguste. Ménageant l'ordre sénatorial, il assoie son pouvoir personnel. Grâce aux légions, il agrandit considérablement le territoire romain, et l'organise en provinces romaines, qu'il gère avec la collaboration de l'ordre équestre.

Ses successeurs les empereurs Julio-Claudiens, les Flaviens et les Antonins mènent l'Empire romain à son apogée. Au IIe siècle, la superficie de l'Empire romain est à son maximum.

La pax romana favorise la prospérité, les colonies se développent grâce à l'évergétisme de leurs élites, les grandes métropoles comme Carthage, Antioche, Alexandrie refleurissent.

La défense contre la pression croissante des peuples germaniques contribue à la militarisation de l'Empire, qui connaît après les Sévères une terrible crise politique et économique au IIIe siècle, et parvient à se redresser au IVe siècle au prix de transformations considérables : partage du pouvoir entre empereurs (tétrarchie, puis Auguste assistés de Césars), transfert de la capitale à Constantinople, absolutisme, alourdissement de l'admnistration, germanisation de l'armée. La montée du christianisme accompagne cette transformation.

L'Empire romain adoptera définitivement le christianisme au IVe siècle.

Se référer à l'article sur l'Empire romain et à la Liste des empereurs romains.

Se référer à l'article sur Province romaine et à la série d'articles consacrés à chaque province


La dissolution de l'Empire romain (après 395)

Après une ultime réunification en 394 sous Théodose Ier, l'Empire est divisé en Empire romain d'Occident qui s'efface en 476 et marque la fin de l'Antiquité, et en Empire romain d'Orient qui se transforme en Empire byzantin.

Se référer à l'article sur Empire romain d'Occident, Empire romain d'Orient et Empire byzantin.

Organisation militaire, politique, religieuse et institutions romaines

Voir aussi :


LA GARNISON DE ROME (Article tiré d'un exposé de licence d'Histoire).

Introduction


A Rome, aucune troupe armée ne peut entrer dans la ville à cause du Pomerium, la limite sacrée. Mais à l’issue des guerres civiles et des troubles qui en résultèrent, les habitants de Rome veulent un retour à l’ordre et pour eux, seul Auguste est capable de le restaurer. La garnison de Rome est un ensemble de corps spécialisés, dont la fonction s’étend de la prévention contre les incendies, du maintien de l’ordre dans les rues, au service du prince. C’est également un ensemble hétérogène composé de soldats, tous d’origines différentes mais ils ont un seul objectif : défendre et protéger Rome de toutes attaques extérieures ou intérieures. Egalement, Auguste a organisé leur recrutement et leur commandement : il fait une armée de métier en rallongeant le service pour chaque ensemble de la garnison (de 16 à 26 ans), il octroie des soldes. Mais le plus important est le commandement cette garnison : en effet, chaque troupe est supervisé par un ou plusieurs officiers (prétoire, de la ville, des vigiles) et chaque grade de soldat est occupé par des citoyens romains de diverses origines. Les officiers tels que les tribuns viennent de l’ordre sénatorial ou équestre, les centurions sont fils de notables municipaux et provinciaux au 2e siècle, les légionnaires sont citoyens romains et font partie de l’élite de la plèbe les hilares. DEM plus, pour assurer le maintien d’une troupe armée à Rome, il faut recruter environ 18 000 hommes par an. Malgré l’importance du rôle de cette troupe, le prince a installé progressivement et prudemment cette garnison : en effet, la première troupe à s’installé véritablement sont les prétoriens en 27 av JC. On peut dire également que chaque empereur a modifier cette garnison soit en réformant son encadrement, soit en modifiant son numerus et chaque ensemble a été pourvu de son camp et réparti dans la ville. Que se soit Auguste, Tibère, Trajan ou Septime Sévère, ils avaient tous un seul but : pouvoir compter sur une troupe militaires pour garantir leur régime. Cet ensemble d’unités est hétérogène et il faut donc les définir avec précision.



I / Pourquoi une garnison a Rome ?


A – La volonté d’un retour à l’ordre.

-En fait, à l’issue des guerres civiles et de la crise de 23 av JC, les habitants de Rome sont désireux d’un retour à l’ordre et pour eux seul Auguste est capable de le restaurer.

En effet, en -27 il reçoit l’imperium pour 10ans : il désire mettre en route le principat. Mais tout d’abord il doit réformer les institutions et la première façon c’est de protéger l’état romain contre les attaques extérieures et intérieures : cela passe par la constitution d’une armée. Du fait de son programme Rome est dotée d’une armée permanente formée d’engagés volontaire dont il règle le recrutement, et le commandement. IL EN FAIT UNE ARMEE DE METIER

-Des cohortes militaires sont installées à Rome car quand la situation s’aggrave (troubles, famine…) le peuple se soulève donc il faut protéger l’empereur, et la ville et ainsi éviter les incendies volontaires et autres incidents plausibles : création de service de pompiers, de police….


Mais cette garnison ne s’est pas mise en place instantanément. Chaque prince a voulu y mettre son empreinte et le tout premier est Auguste.


B – Une mise en place progressive.

- La garnison a été remanié de diverses façons durant l’empire. Mais son créateur est Auguste : il commence à mettre en place une troupe armée à Rome à partir de -27-26 avec les cohortes prétoriennes. Mais au départ elles étaient stationnées dans le Latium pour que les citoyens s’habituent à voir des hommes armés. Puis, il les installe à la périphérie de Rome où il crée un quartier militaire ((entre Viminal, cælius et Esquilin). Ensuite ce fut le tour des cohortes urbaines en -13 puis le vigiles en 6 plus d’autres troupes.

- Puis ses successeurs y mettent leurs empreintes : • Tibère : réforme l’encadrement, constitue des camps différents pour chaque troupe… • Alternance d’effectifs tout au long de l’empire : doublement, réduction. • Création de nouvelles troupes comme les quittes singulares augusti (cavalerie personnelle de l’empereur) sous Trajan Ou les Flaviens. - En fin de compte, on estime que la garnison comptait 10 000 hommes sous Auguste répartis en plusieurs unités.

Puis son nombre varia jusqu’en 68-70 où il eut une crise et se stabilise sous Septime-Severe : au IIe siècle estimation à plus de 10 000 militaires.



C – L’importance dans les successions

A Rome c’est la garnison qui fait ou défait les princes. Rappelons que normalement aucuns hommes en armes ne doivent être présent à l’intérieur de la limite sacré mais Auguste voit le rôle politique important de ces troupes. Car avec le nouveau régime, c’est l’armée qui permet au prince d’accéder au pouvoir en le proclamant imperator : citons la garde prétorienne qui joue un rôle décisif dans le maintien ou la chute d’une dynastie. Ce rôle politique concerne surtout les troupes impériales : et les exemples de fidélité sont multiples.

Exemple des prétoriens : ont une proximité quotidienne avec l’empereur, et ils sont souvent impliqués dans des complots ou coups d’état. Prenons l’exemple où en 192 après l’assassinat de Commode, ils donnent la « pourpre » à celui qui verse le plus d’argent.


Ainsi les empereurs veulent fidéliser ces troupes car même si elles sont divisées elles ont un grand pouvoir. Et elles seules possèdent des armes dans la limite du pomerium.



II/ Les fonctions de la garnison

La garnison de Rome doit assurer pour l’essentiel deux missions différentes, servir de garde à l’empereur et maintenir l’ordre dans la ville. Il arrive parfois que ces deux objectifs se rencontrent, la sécurité de l’empereur dépendant en partie de l’ordre public. Le plus souvent ils sont distincts.

Divers types d’unités sont crées dans ce but. L’empereur s’entourait de Germains ou de cavaliers gardes du corps, et des fameux prétoriens.

A/ Au service de l’empereur

C’est ainsi qu’il faut distinguer une garde impériale rapprochée et la garde impériale proprement dite.


1/ Les equites singulares Augusti

De Galba à Trajan, les empereurs n’ont pas de garde du corps rapprochée. C’est Trajan, plutôt que Domitien, comme on l’à parfois écrit, qui se dote de nouveaux d’une unité de ce type. Il crée les equites singulares Augusti, les gardes du corps de l’empereur. Il existe une continuité entre les Bataves d’Auguste et les equites singulares Augusti de Trajan. La nouvelle unité est connue par plus de sept cent cinquante textes. Elle compte mille cavaliers, commandés par un tribun, sous les ordres duquel se trouve un decurio princeps, chef d’une trentaine de décurions. Les soldats n’entrent pas directement au service du prince. Il leur faut d’abord effectuer au moins cinq ans dans une aile (troupes montées servant de renfort a l’armée). Ce corps servait aussi probablement d’école de guerre pour les cavaliers. Quoi qu’il en soit, ces militaires comptent au nombre des meilleurs de l’Empire ; une inscription rapporte qu’à titre d’exercice ils ont traversé le Danube à la nage sous les yeux de l’empereur. L’étude du recrutement, malgré le petit nombre de documents utilisables montre une certaine diversification des origines au cours du IIe siècle.

3/ Les cohorte prétoriennes

C’est les cohortes prétoriennes qui forment la vraie garde imperiales, celle qui est la plus connue. Elles tirent leur nom et leur origine du petit groupe d’hommes dont s’entouraient les magistrats républicains connus sous le nom de préteurs, quand ils partaient en campagne ; reprenant cet usage, Auguste cré ainsi la garde impériale. Elle protége l’empereur et, en cas de bataille, elles interviennent comme une ultime réserve. En 27 ou 26 av. J.-C., Auguste avait crée neuf cohortes prétoriennes, numérotées depuis I jusqu’à IX. Il les conçoit comme des unités d’infanterie de 500 hommes chacune. En 2 av. J.-C., il leur donne un commandant, le préfet du prétoire. En 23 apr. J.-C., le célèbre préfet du prétoire Séjan les installe dans un camp situé au-delà de la muraille servienne, sur le plateau des Esquilies ; il trouvait que le logement en Ville, qui avait été le leur jusqu’alors, les amolissait. Le nombre de cohorte est porté à douze avant 47. En 68-69, elles participent activement à la guerre civile. D’abord, elles soutiennent Galba, parce que leur préfet leur a promis une forte somme d’argent. mais quand Galba, un personnage austère et traditionaliste, refuse de leur payer la somme due parce que, dit-il, « il avait l’habitude de recruter des soldats et non pas de les acheter », les prétoriens l’abandonnent. Ils se rallient à un néronien, Othon. Après la défaite et le suicide d’Othon, ils suivent le vainqueur, un autre néronien, Vitellius, qu’ils ont pourtant combattu auparavant. Vitellius, sans doute pour noyer les contestataires, porte le nombre de cohortes prétoriennes à seize et double leurs effectifs ; elles deviennent militaires. Vespasien, toujours sage, et prudent, ramene les effectifs de chaque unité à cinq cents hommes et ne conserve que neuf cohortes. Domitien en crée un dizième et ces chiffres ne changent plus. Le préfet du prétoire est, après l’Empereur, l’autorité suprême ; il exerce un pouvoir de commandement militaire, sur ses cohortes, puis sur la garnison de Rome, puis sur l’ensemble de l’armée. Il conseille l’empereur ; il le remplace en son conseil et il a une large juridiction. Chaque cohorte obéit à un tribun et à six centurions. Des liens étroits sont été noués entre les soldats et les habitants de la ville. En effet, le recrutement se fait en général en Italie et en particulier dans Rome. Au début du IIe siècle, on y trouve encore 89 % d’Italiens. Jusqu’à Tibère, pour entrer dans les cohortes prétoriennes, il faut être né dans le Latium, en Ombrie ou en Etrurie, à la rigueur dans quelque vieille colonie.


Rome est devenue une ville immense. En raison de l’extraordinaire nombre d’habitants qui s’y entassent, des problèmes particuliers de sécurité se posent. Il faut donc une police municipale et, en raison du caractère particulier de Rome, il lui faut une garde d’honneur. D’où la création des urbaniciani et des vigiles.

B/ AU SERVICE DE LA VILLE

1/ Les cohortes urbaines

Les cohortes urbaines assument un triple rôle : garde d’honneur pour la Ville, police municipale et aussi, force militaire. Elles ont été créées en 13 av. J.-C. par Auguste, qui place à leur tête le préfet de la Ville, une sorte de maire non élu. Elles sont au nombre de trois, numérotées de X à XII, à la suite des cohortes prétoriennes, et elles comptent cinq cents hommes chacune. En 23 apr. J.-C., ces soldats sont installés avec les prétoriens dans le camp que Séjan a fait construire. Leur nombre est porté sous Claude à six ou sept unités. De même qu’il a augmenté le nombre de prétoriens, et sans aucun doute pour les mêmes raisons, Vitellius doubla les effectifs en les faisant milliaires. Vespasien ramene ces unités au rang de quingénaires et n’en garde que quatre. Peu après, la situation du temps d’Auguste est retrouvée : on ne compte plus que trois cohortes quingénaires d’urbaniciani. Au IIe siècle, elles passent sous l’autorité du préfet du prétoire, un personnage dont le pouvoir ne cesse de s’étendre. La hiérarchie des hommes, moins connue en raison des lacunes de la documentation, paraît être calculée sur celle du prétoire. Chaque cohorte est encadrée par un tribun et par six centurions. Le recrutement des urbaniciani paraît proche de celui des prétoriens ; il semble même plus italien et plus romain : il se fait en Italie et à Rome même. Compte tenu du milieu social d’origine, les liens avec la plèbe urbaine doivent être très étroits. Il est donc difficile d’admettre que le soin de réprimer les mouvements de foule leur ait confié. A l’occasion, sans doute ; systématiquement, c’est peu probable.

2/ Les cohortes de vigiles

Les vigiles servent de pompiers vingt-quatre heures par jour et ils renforcent la police nocturne. C’est encore Auguste qui crée les cohortes de vigiles, mais il ne le fait qu’en 6 apr. J.-C. il fixe leur nombre à sept : chacune devient responsable de deux des quatorze régions de la Ville, et il les veut milliaires, à la différence des cohortes de prétoriens et d’urbaniciani. On ne connaît pas de camp pour l’ensemble de la troupe. Il semble que chaque unité ait occupé un excubitorium, un poste de veille, qui est en même temps un camp, castra. Les premiers vigiles viennent du milieu des affranchis : on les appelle libertini. Assez vite, les pérégrins sont admis dans ces unités, puis des citoyens romains. Au IIe siècle, ces hommes sont recrutés majoritairement en Italie, comme les autres soldats de la garnison de Rome ; on ne compte que quelques Africains et Orientaux dans leurs rangs. C’est qu’entre-temps les cohortes de vigiles ont reçu un statut militaire et ont été rapprochées des prétoriens et des urbaniciani. Cette situation explique la hiérarchie des vigiles, à la fois semblable au reste de la garnison et différente. Ils sont commandées par un préfet, « soldat et juriste » à la fois comme le définit Robert Sablayrolles, assisté par un sous-préfet. Chaque cohorte est confiée à un tribun, à un centurion princeps et à six simples centurions (soit sept centurions en tout). Les services mobilisent également d’autres énergies, tout comme l’administration, la justice et la police. Cependant, un certain nombre de spécialistes possèdent des compétences particulières dans le domaine de la lutte contre l’incendie. C’est là un élément d’originalité. On connaît plusieurs appellations : fournisseur d’eau (aquarius), porteur de grappin (uncinarius) et utilisateur de pompe (siphonarius). Les hommes n’ont pas beaucoup de moyens. Ils disposent de haches, de seaux et de grappins au niveau individuel, et de pompes au niveau collectif. Ils essayent de noyer le feu sous l’eau. Ils savent mettre en place des coupe-feu. Il semble même qu’ils ont parfois recours à des contre-feux.


Malgré leur nombre relativement faible, les soldats joue un grand rôle dans la vie de la Ville. Ils ne sont pas toujours aimés, en raison de leur arrogance et de leur brutalité, comme le dit Juvénal. Mais ils ont aussi de nombreux liens avec les civils.



III/ Les autres éléments de la Garnison

A – D’autres unités

En plus des troupes principales, on connaît d’autres unités rattachées à la garnison : - Les Gardes impériaux :

les « Germains » ou les « Bataves ». Ce sont des gardes du corps de 100 à 500 hommes, recruté par Auguste. Caligula les militarisent. Souhaitant disposer d’une garde rapprochée, Auguste fit choix de barbares qui lui seraient plus aveuglément dévoués. C’est ainsi qu’il recruta des Bataves issus d’un peuple de Germains. Auguste manifeste un vif ressentiment à l’égard des Germains et il décide la dissolution de cette unité. Toutefois, il la reconstitue rapidement. Elle ne fut définitivement supprimée que par Galba à la fin de 68 ou au début de 69. • Les speculatores : 300 éclaireurs, gardes du corps • Les assassins aux ordres du prince : 2 corps, installés dans un camps sur le cælius « piazza della Novicella », servent de police secrète On les appelle les « pérégrins »

- Les autres unités : • Les « frumentaires » : logés à Rome sous Trajan, fonction de courriers et ils exécutent discrètement les opposants et les espions. Numerus de 90 à 100 soldats. • Les « statores augustii » : gendarmerie militaire, loges dans camp prétorien. • Les primipitores : conseillers d’Etat-major • Les marins : courriers Aussi, autre rôle : -flotte de Ravenne logés près naumachie d’Auguste sur rive droite - flotte de Misène près du Colisée car responsable des voiles de l’amphithéâtre


B/ Les camps

La présence de soldats a modifié le paysage urbain. Des installations militaires ou para-militaires (pompiers) en font partie. Un véritable quartier militaire finit par se créer entre le Viminal, le Caelius et les Esquilies. Le camp des prétoriens, construit en 21-23, est mal connu. Il dérive du camp légionnaire, a-t-on écrit, mais s’en éloigne. Il mesure sans doute 440 m. sur 380 (ou 410, selon M. Durry), et couvre donc 16,72 ha. Cette superficie permet d’établir le nombre d’hommes qui y vivent (pour quelque 5 000 soldats, environ 20 ha sont nécessaires). Les douze cohortes prétoriennes et urbaines sont donc quingénaires et non milliaires. On connaît une partie des murs nord et est (4,73 m. de haut, en briques), un fragment de rue et des chambrées. Tout le reste relève d’autant plus de l’hypothèse qu’en plusieurs siècles bien des modifications ont été apportées aux bâtiments. D’autres camps sont attestés, souvent encore plus mal connus. Les equites singulares Ausgusti ont occupé deux établissements successifs, les castra priora et les castra nova. Les frumentaires, à défaut des pérégrins, sont installés dans les castra peregrina. Les marins ont également leurs castra, castra Misenatium près du Colisée et castra Ravennatium quelque part dans le Transtévère. Il ne semble pas, que les vigiles aient un grand camp. Bien au contraire, pour qu’ils puissent bien remplir leur mission, il leur faut se trouver à proximité des quartiers à défendre contre le feu, et ils occupent dont sept excubitoria. Tous ces sites militaires finissaient par quadriller la Ville, ce qui modifiait son aspect et permettait un maintien de l’ordre au moins relatif. Le campus ou terrain d’exercice, constituent un élément non négligeable et original du paysage urbain. Son existence est attestée par Tacite et par Dion Cassius. Nous savons qu’il est utilisé à la fois par les cohortes prétoriennes et par les cohortes urbaines. Il occupe sans doute le vaste espace qui s’étend entre le camp (castra) des prétoriens et le mur servien. Dans cet endroit ont été trouvés des dédicaces, des autels et des chapelles, également des latrines, un débit de boissons (une « osteria »), un dépôt d’amphores et une adduction d’eau.

Les camps font parti intégral de la vie de Rome. Et même après la fin de leur service, les soldats peuvent participer encore à cette vie.

B/ Les vétérans

Sous l’Empire, on appelle « vétérans » d’anciens soldats, des hommes qui ont quitté l’armée, et non pas des soldats âgés et expérimentés. Auguste a voulu utiliser dans des détachements spéciaux, les vexilla veteranorum, ceux qui s’étaient retirés ; mais il y avait vite renoncé. Il faut faire attention au titre de veteranus Augusti : il est postérieur et seuls les anciens prétoriens y ont accès. Tout soldat de la garnison de Rome a droit à un « diplôme militaire ». On appelle diplôme militaire la copie d’une loi impériale affichée dans Rome, reconnue conforme par sept témoins. Ces documents sont constitués par deux tablettes de bronze (diplôme signifie « objet double » en grec) attachées l’une à l’autre par des fils de métal puis scellées par les témoins. Elles portaient le même texte et accordaient des privilèges au bénéficiaire, notamment le conubium : une loi légitimait l’union qui a été conçue pendant le service et qui était officiellement illégale. En cas de contestation, on brise les sceaux et il est possible de vérifier que les deux textes sont semblables. Les auxiliaires des armées des provinces peuvent aussi en avoir, mais non pas les légionnaires. Ces récompenses sont donc données à des soldats qui échappent à la fiction du service militaire obligatoire pesant sur les légions. Tous les vétérans ne restent pas dans Rome. Les uns rentrent dans leur patrie d’origine, d’autre vont dans telle ou telle cité qui leur plait pour une raison ou pour une autre. Il est difficile de les suivre à la trace, car beaucoup d’anciens soldats sont simplement désignés par ce titre de vétérans, sans mention de l’unité dans laquelle ils ont servi. On peut seulement constater qu’ils s’intègrent bien à la vie municipale, sans toutefois atteindre les sommets de la carrière des honneurs locale, preuve qu’ils ne sont pas assez riches ni assez honorables. Beaucoup deviennent propriétaires fonciers, quelques uns se font artisans ou commerçants.


BIBLIOGRAPHIE


Histoire evenementielle :

PETIT , Histoire générale de l’empire romain , le haut-empire 27 avant jc – 161 ap jc, coll. Points seuil, Paris, 2002

Manuels :

LE GLAY, VOISIN, LE BOHEC, Histoire romaine, PUF, Paris, 1999 Sur la ville de Rome :

GUERBER, NAPOLI, RIVIERE, COLTELLONI-TRANNOY, Rome, ville et capitale Ier siècle av jc- IIe siècle ap JC, Atlande, Neuilly, 2002 JACQUES, SCHEID, Rome et l’intégration de l’empire : 44 av JC – 260 ap jc, Nlle Clio, Paris, 1990 Sur l’armée :

LE BOHEC, L’armée romaine, Picard, Paris, 1989

Art

Issu des influences italiques, l'art romain prend son essor au contact de l'art grec qu'il va longtemps imiter.

Voir l'article détaillé : art romain

Architecture

L'architecture romaine s'épanouit dans les villes, les romains innovent dans la généralisation de la voûte en plein cintre, et l'emploi systématique du mortier (opus caementicium).

Voir la typologie des monuments dans la catégorie Architecture romaine

Voir la liste des monuments dans la catégorie Liste de monuments romains

Voir l'article sur l'Épigraphie latine

Littérature

Voir l'article sur la littérature latine, et la catégorie:Littérature grecque d'époque romaine.

Vie quotidienne

Bibliographie

  • La civilisation romaine de Pierre Grimal, 1960, réédité en 1981 chez Flammarion
  • Histoire générale de l’Empire romain de Paul Petit, 1974, édition du Seuil
  • L’art de l’ancienne Rome, Bernard Andreae, 1973, éditions d’Art André Mazenod

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