Roi Arthur

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Le roi Arthur, ou Arthur Pendragon, est un personnage important de la mythologie britannique. Il est le personnage central des légendes arthuriennes. Il n'est pas sûr qu'il ait réellement existé. De plus, les textes médiévaux en gallois ne lui donnent jamais le titre de roi, mais l'appellent amerauder (empereur).

Le nom lui-même viendrait de la racine celtique Arz signifiant « ours », symbole de force, de stabilité et de protection, caractères bien présents dans sa légende : c'était un homme réputé fort, posé, et en tant que roi, garant de la sécurité de ses sujets. Dans la civilisation celtique, l'ours est avant tout l'animal emblématique de la royauté.

On le trouve aussi sous les graphies suivantes : Arzur, Arthus ou Artus.

Le terme "Pendragon" lui vient de son père Uther Pendragon.

Sommaire

Le roi Arthur dans l'histoire (essais)

Certains pensent qu'il aurait vécu au VIe siècle et serait originaire du Pays de Galles, ou de l'ouest de l'Angleterre, mais l'emplacement exact de sa cour reste un mystère. Il aurait combattu les Saxons. Il est parfois assimilé à un chef nommé Ambrosius Aurelianus, « King of the Brettones ». Malheureusement, nous ne connaissons que peu de choses de ce chef, et les spécialistes ne savent pas si les « Brettones » étaient des Britanniques, ou des Bretons.Il est néanmoins assez probable que le terme désigne les Insulaires,la Bretagne actuelle étant alors appelée Armorique. Les historiens anglophones parlent de Britto-romains (romano british en anglais), qui dénominent l'ensemble des populations celtiques romanisées de Grande-Bretagne, à l'exception des Scots et des Pictes de Calédonie. Concernant Arthur lui-même, une thèse intéressante, formulée par Baptiste Legeron de l'Université d'Aix-en-Provence, en ferait un grand propriétaire terrien romanisé ayant constitué, comme c'était alors courant, sa propre troupe de buccelaires (mercenaires à la solde d'un grand et payés en nourriture d'où leur nom [buccelus = biscuit]) et ayant prêté main-forte aux rois brittons contre les Saxons.En effet, la chronique de Nennius (IX éme siécle) le désigne comme un dux bellorum (chef de guerre) combattant "avec les rois bretons". En outre, dès le IVe siècle, les corps de buccelaires sont constitués majoritairement de cavaliers. La légende d'un corps de cavaliers d'élites servant Arthur n'est pas loin…

D'autres pensent qu'Arthur serait un demi-dieu celte incarné, tel que le dieu de la mer Lir (supposé incarné par le Roi Lear), ou même un personnage fictif comme Beowulf. Cette théorie serait renforcée par le fait que d'autres Britanniques de cette période, comme par exemple Ambrosius Aurelianus, ont combattu les Saxons à la bataille de Mons Badonicus.

Il faut noter enfin que ce nom pouvait être courant à l'époque celtique et aurait pu désigner plusieurs chefs, dont les vies auraient servi à constituer celle du personnage mythologique. Le patronyme Arthur pourrait alors correspondre à un statut de chef de guerre pouvant être porté par divers personnages en même temps. Il est intéressant de constater que ce nom connait une vogue très importantes dans l'aristocratie celtique dans les années qui suivent la Bataille de Camlann, vers 540, où serait mort Arthur.

En 1191, des moines de l'abbaye de Glastonbury annoncèrent avoir découvert la tombe d'Arthur et de Guenièvre. Ces tombes furent visitées par beaucoup de personnes, et déplacées vers une nouvelle tombe en 1278. La tombe fut détruite pendant la Réforme protestante du XVIe siècle. L'antiquaire John Leland rapporte qu'il en a trouvé la croix parmi les débris, et traduit son inscription :

« Hic jacet sepultus inclutvs rex arturius in insula avalonia, Ici est enterré le célèbre roi Arthur sur l'île d'Avalon. »

Les premières légendes du roi Arthur

Le Roi Arthur apparaît pour la première fois dans la littérature galloise. Dans le premier poème gallois retrouvé, le Gododdin, Aneirin (vers 575-600) écrit au sujet d'un de ses personnages qu'« il nourrissait des corbeaux noirs sur les remparts, alors qu'il n'était pas Arthur » (« he fed black ravens on the ramparts, although he was not Arthur », en gallois : «  Gochorai brain du fur caer/ Cyn ni bai ef Arthur.  »). Mais ce poème peut être interprété de bien des manières.

Une autre ancienne référence au roi Arthur est dans l'Historia Brittonum attribuée au moine gallois Nennius, qui aurait écrit cette Histoire galloise vers 830. Le roi Arthur est décrit comme un « chef de guerre » plutôt que comme un roi.

Le roi Arthur apparaît aussi de l'histoire galloise Culhwch and Olwen, habituellement associé avec les Mabinogion.

Les dernières parties de Trioedd Ynys Prydein font mention d'Arthur et situent sa cour à Celliwig en Cornouailles. Celliwig serait l'actuelle Callington ou Kelly Rounds, une colline fortifiée près d'Egloshayle.

Le roi Arthur est aussi parfois décrit comme le chef des Wild Hunt (un groupe de chasseurs mythiques), non seulement dans les Îles britanniques, mais aussi en Bretagne, France et en Allemagne.

La Romance du roi Arthur

En 1133, Geoffroy de Monmouth écrivit son Historia Regum Britanniæ. Ce livre fut l'équivalent d'un best seller médiéval, et attira l'attention d'autres écrivains, tels que Robert Wace et Layamon, sur ces histoires. Ces écrivains en profitèrent pour améliorer les histoires du roi Arthur.

Même si de nombreux érudits s'accordent sur le fait que Geoffroy a suscité l'intérêt médiéval pour le Roi Arthur, une autre hypothèse existe. Les histoires concernant Arthur pourraient venir des traditions orales bretonnes, disséminées dans les cours royales et de la noblesse d'Europe grâce aux jongleurs professionnels. L'écrivain médiéval français Chrétien de Troyes raconta des histoires provenant de cette mythologie à la moitié du XIIe siècle, de même que Marie de France dans ses lais, des poèmes narratifs. Les histoires provenant de ces écrivains et de beaucoup d'autres seraient indépendantes de Geoffroy de Monmouth.

Ces histoires devinrent populaires à partir du XIIe siècle. Dans ces histoires, Arthur rassembla les Chevaliers de la Table Ronde (en particulier Lancelot, Gauvain et Galaad). Cette assemblée était en général située à Camelot dans les derniers récits. Le magicien Merlin, dit « l'Enchanteur », y participait de temps en temps. Ces Chevaliers participèrent à des quêtes mythiques, comme celle du Saint Graal. D'autres histoires du monde celtique s'associèrent à la légende d'Arthur, telle que la légende de Tristan et Iseut. Dans les dernières légendes, la romance entre le champion d'Arthur, Lancelot, et la reine Guenièvre devint la cause principale de la chute du monde arthurien.

Robert de Boron écrivit dans son Merlin qu'Arthur obtint son trône en tirant une épée d'un rocher et d'une enclume. Cet acte ne pouvait être effectué que par le Vrai Roi, ce qui signifie le roi choisi par Dieu, ou l'héritier d'Uther Pendragon. Cette épée est certainement la célèbre Excalibur. Dans d'autres récits, Excalibur sort d'un lac portée par une main, et est remise à Arthur peu de temps après le début de son règne par Viviane, la Dame du Lac, une demoiselle sorcière. L'épée pouvait trancher n'importe quoi, et sa gaine rendait son porteur invincible.

La fin du roi Arthur

Le dernier combat d'Arthur, époux de Guenièvre, la Bataille de Camlann, contre les forces de Mordred vit sa perte. Des histoires montrent que Mordred était un Chevalier de la Table Ronde et le fils incestueux d'Arthur et de sa sœur Morgane. Le Roi Arthur fut mortellement blessé lors de cette bataille, et emmené à Avalon. Là, ses mains furent soignées ou son corps enterré dans une chapelle. D'autres textes disent qu'il n'est pas mort, mais qu'il s'est retiré dans Avalon, monde souterrain enchanté créé par Merlin ; le roi Arthur est en dormition et reviendra un jour. De nombreux lieux revendiquent d'être l’Avalon dont parle la légende : Glastonbury (dans le Somerset, en Angleterre), l'île d'Aval (un îlot sur la commune de Pleumeur-Bodou en Côtes d'Armor), ...

La légende du roi Arthur s'est répandue dans toute l'Europe. Des images d'Arthur ont été retrouvées à de nombreux endroits. En particulier, dans la cathédrale de Modène en Italie, une gravure datée entre 1099 et 1120 représente Arthur et ses chevaliers attaquant un château. Une mosaïque de 1165 dans la cathédrale d'Otrante, près de Bari, en Italie contient la représentation curieuse d'Arturus Rex portant un sceptre et chevauchant une chèvre. Des marchands du XVe siècle baptisèrent un Hall arthurien à Gdańsk, en Pologne. De nombreux lieux évoquent le roi Arthur en Bretagne, notamment la forêt de Brocéliande ou la Grotte Artus en forêt de Huelgoat.

Le symbolisme du roi Arthur

Le roi unique et incontesté n'a jamais existé dans la civilisation celtique. On se souvient des divisions tribales qui ont permis à Jules César de prendre le contrôle de la Gaule. En contrepartie, l'imaginaire populaire s'est emparé d'un roi, plus ou moins attesté, paré des atouts les plus nobles de sa charge : un homme fort, bon guerrier mais sage, fédérateur et bien conseillé. Même après sa disparition, il porte encore les espoirs d'un peuple : sa dormition n'est que temporaire, et il reviendra unir les « deux Bretagnes » et sauver les Bretons. De quels périls ? On pense aux invasions des Angles et des Saxons, puis à la domination normande en Grande-Bretagne.

Arthur a aussi beaucoup servi pendant la Seconde Guerre mondiale chez les Britanniques pour vitaliser les efforts de la population face au risque d'invasion de l'Allemagne nazie. Dans l'imaginaire en Bretagne continentale, il représente l'unité du peuple breton, puisqu'il était roi des deux Bretagnes. Les auteurs du Moyen Âge l'ont actualisé selon les canons courtois de leur époque en en faisant un modèle de noblesse et de vertu chrétienne.

Mythe et politique

En 1066, Guillaume le Bâtard devient Guillaume le Conquérant et s’impose en maître de l’Angleterre... Mais comment faire accepter un Normand comme roi, alors qu'il est issu d'un peuple minoritaire ? En s’appuyant sur la légende arthurienne et sur Arthur, sa figure de proue, unificateur de la grande Bretagne et du peuple breton. Car sur le continent se trouvent les descendants de Bretons partis de l'île quelques siècles plus tôt. Pour monter son armée, Guillaume a utilisé les services d'un certain nombre de nobles descendants de ces Bretons émigrants. En favorisant la diffusion du mythe de la survivance d’Arthur, de sa dormition dans l’île d’Avalon et de son retour prochain, Guillaume rendait populaire sa lutte contre les Angles et les Saxons et comptait bien se rallier les Gallois. Ce fut le début de « l’espoir breton ».

De même, Henri II Plantagenêt se servit du mythe arthurien pour asseoir son pouvoir, maintenir son autorité et unifier l’île de Bretagne. Couronné en 1154 après moult difficultés (petit fils d’ Henri Ier, désigné comme successeur mais écarté du trône par le neveu du roi défunt), il confisque la légende à son profit. Afin d’estomper les origines non-anglaises de la dynastie des Plantagenêt, Henri II préférera s’appuyer sur la civilisation bretonne en se présentant comme le digne successeur d’Arthur, bel et bien mort lors de l’ultime bataille. Car le monarque doit affirmer son autorité : vassal du roi de France pour le duché de Normandie, il a besoin du soutien breton contre les revendications saxonnes qui ont du mal à accepter la domination normande sur l’Angleterre. Afin de renforcer cette analogie, il tente même sans succès de conquérir l’Irlande et l’Ecosse afin de réunir sous sa bannière l’ensemble du royaume supposé d’Arthur.

Œuvres dans lesquelles Arthur tient un rôle essentiel

  • l'opéra King Arthur d'Henry Purcell, 1691
  • le film Excalibur réalisé par John Boorman en 1981
  • le film First Knight réalisé par Jerry Zucker en 1995 avec Sean Connery
  • la série télé Merlin réalisé par Steve Barron en 1998
  • le film Le roi Arthur réalisé par Antoine Fuqua en 2004
  • la bande-dessinée Camelot 3000 de Mike Barr et Brian Bolland en 1984
  • la série télévisée Kaamelott de Alexandre Astier en 2005
  • La série d'animation "King Arthur" (Moero Arthur) de Toei Animation (1979)
  • Bernard Cornwell, trilogie Le roi de l'hiver, L'ennemi de Dieu, Excalibur 1995-1997

Bibliographie

  • Jean Markale, Le Cycle du Graal (La Naissance du Roi Arthur, Les Chevaliers de la Table Ronde, Lancelot du Lac, La Fée Morgane, Gauvain et les chemins d'Avalon, Perceval le Gallois, Galaad et le Roi Pêcheur, La Mort du Roi Arthur), Pygmalion, 1992-1996, 8 vol. ;
  • Jean Markale, Le Roi Arthur et la société celtique, Paris, 1976–1992 ;
  • Jean Marx, La Légende arthurienne et le Graal, Paris, Presses Universitaires de France, 1952.
  • Christopher Snyder, A la recherche du roi Arthur, Pre Aux Clercs.
  • Leslie Alcock, Arthur's Britain, Penguin History
  • Xavier de Langlais, Le Roman du Roi Arthur (Merlin, Lancelot, Perceval, La quête du Graal, La fin des temps aventureux), 5 vol., 1965-1971

Liens externes

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