Ressources en eau
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L'eau est indispensable à la vie. Essentielle aux activités humaines, telles qu'activités agricoles, industrielles et domestiques (alimentation en eau potable), ainsi qu'au fonctionnement des écosystèmes terrestres, la gestion de l'eau s'annonce comme l'une des préoccupations majeures du XXIe siècle. Les décisions nécessaires pour gérer l'eau et pour en préserver la qualité doivent tenir compte de l'évolution de la demande mais aussi de l'état et de l'évolution de l'offre en eau, afin de mettre en adéquation les besoins et les ressources en eau.
Sommaire |
Quantité totale d'eau sur Terre
Sur la terre, il y a l'eau visible : les océans, l'eau contenue dans les calottes polaires, les lacs, les rivières, les nuages et la pluie; et l'eau invisible : les eaux souterraines.
| Stocks totaux d'eau
| 1,4 milliard de km³
| |
| océans | 1,35 milliard de km³ | 97,4 % |
| glaces | 27,5 millions de km³ | 1,98 % |
| eaux souterraines | 8,2 millions de km³ | 0,59 % |
| mers, lacs, rivières | 207 000 km³ | 0,015 % |
| humidité du sol | 70 000 km³ | 0,005 % |
| eau des cellules vivantes | 1 100 km³ | 0,001 % |
| humidité de l'air | 13 km³ | 0,001 % |
Si l'eau est très présente sur terre, 97 % de la ressource est de l'eau salée et 2 % est bloquée sous forme de glace. Il ne reste environ qu'un pourcent d'eau douce sous forme liquide.
Les eaux douces exploitées ont une origine continentale :
- les eaux de précipitation : origine, le ciel
- les eaux de surface : rivières, plans d'eau
- les eaux souterraines : elle proviennent du sous-sol (aquifères ou roches réservoirs) captées par sources naturelles ou forages.
Elles représentent 0,5 % de la ressource totale en eau.
Répartition géographique de l'eau
Si l'eau est abondante, elle n'est pas répartie uniformément sur la Terre. L'eau est, en outre, irrégulièrement répartie d'une année sur l'autre ou d'une saison sur l'autre (plus de 60 % du débit annuel mondial étant généré lors d'inondations suivies de sècheresses, parfois pluriannuelles).
Outre ces variations saisonnières, les ressources mondiales se caractérisent par une importante variation géographique. Neuf pays se partagent 60 % du débit annuel mondial.
Par exemple :
- En Amérique du Sud, il existe un très fort contraste entre la zone géographique couverte par l'Amazone, qui draine 15 % de la ressource mondiale en eau douce, et le nord-est du Brésil qui souffre de sècheresse.
- En Inde, il existe de très fortes différences entre les plaines de l'Himalaya (traversées par de grands fleuves), les zones désertiques, et les moussons du sud du continent indien.
- En Chine, l'eau est gelée plusieurs mois par an au nord, l'ouest est caractérisé par la désertification et le sud par un climat tropical.
- Dans la région méditerranéenne (Europe), l'eau douce est rare et irrégulièrement répartie. Les pays les plus riches en eau (France, Turquie, Italie, ex-Yougoslavie) cumulent les deux tiers des ressources (825 sur 1 189 km³/an). D'autres pays, tels que Malte, Gaza, la Jordanie, la Libye, sont en dessous du seuil de pénurie (< 500 m³/an/habitant).
Il n'y a pas un problème de l'eau relatif à la globalité de la planète, mais plutôt une grande diversité de scénarios de disponibilité localisés. Les deux derniers exemples rappellent en particulier que les situations critiques ne se définissent pas par rapport à des frontières politiques, mais par rapport à des régions écologiques.
L'établissement d'index de montant d'eau disponible par habitant pour chaque pays est important car, mis en parallèle avec les besoins de cette population, il pourra servir de support aux discussions de gestion de la ressource hydrique mondiale. Il est cependant important de ne pas « gommer » les différences de disponibilité existant à l'intérieur d'un même pays, différences qui pourraient ne pas être prises en compte dans les écarts internationaux. Par exemple, l'Islande dispose de 666 000 m³/personne alors que Djibouti dispose de 19 m³/personne (1990). En moyenne, les disponibilités par habitant sont de 6 000 à 8 000 m³/an (selon les sources) mais elles diminuent au fur et à mesure que la population mondiale augmente.
Le cycle de l'eau
À cette vision statique de l'eau, il est nécessaire d'ajouter une vision dynamique, celle constituant le « cycle de l'eau ».
Depuis le XVIIIe siècle, on sait que le cycle de l'eau fonctionne par ascensum, c'est-à-dire par évapotranspiration à la surface de la Terre, circulation dans l'atmosphère (via les nuages) puis retombée à la surface (pluie). D'un point de vue global, il est faux de dire que l'évaporation sur les océans alimente les précipitations sur les continents : en réalité, l'évaporation se produit à la fois au-dessus des océans et sur les continents (par le biais notamment des végétaux).
| Évaporation | sur les continents | 71 000 km³/an |
| sur les océans | 411 000 km³/an | |
| Précipitations | sur les continents | 111 000 km³/an |
| sur les océans | 385 000 km³/an |
La différence de flux (entre précipitations et évaporation) représente 40 000 km³/an. Il correspond à :
- l'écoulement par les rivières (27 000 km³/an)
- l'écoulement des nappes vers les rivières (10 500 km³/an)
- les apports d'eau par fusion des glaces polaires (2 500 km³/an)
Il est généralement admis que la quantité d'eau contenue dans l'atmosphère est de 13 000 km³ et que la durée de séjour de la vapeur d'eau dans l'atmosphère est généralement d'environ huit jours.
| Atmosphère | 8-10 jours |
| Organismes | 1 semaine |
| Rivières | 2 semaines |
| Lacs (naturels et artificiels) | 2 semaines |
| Sols | 2 semaines-1 an |
| Zones humides | des années |
| Aquifères | des jours à 1 000 ans |
| Océans et mers | 4 000 ans |
| Glace | 10 ans à des milliers d'années |
(Temps de résidence moyens de l'eau)
L'eau disponible n'est pas forcément utilisable
Si la disponibilité en eau dépend principalement de variables climatiques, et l'utilisation de techniques nouvelles visant à dépolluer, traiter, réguler et protéger l'eau.
Les écosystèmes naturels captent l'eau, stabilisent les phénomènes saisonniers, participent à l'amélioration de la qualité. Néanmoins, le développement des activités industrielles, l'accroissement de la population mondiale, les rejets d'eau domestiques non traités, les pollutions d'origine agricoles (nitrates, phytosanitaires), salinisation relative à l'irrigation, ont entraîné une dégradation progressive de la qualité des eaux, soit liée à la pollution de l'eau elle-même, soit à la dégradation des contenants à travers lequels circule l'eau (atmosphère, cours d'eau, sols, aquifères).
Pour l'utilisateur, l'eau est polluée lorsque sa qualité ne convient plus à son usage (tel qu'eau potable, eau pour l'agriculture, eau pour l'industrie). Environ 1,2 milliard de personnes n'ont pas accès à de l'eau potable.
Prospectives
Globalement, on ne manque pas de la matière première Si on fait appel au dessalement de l'eau de mer (actuellement pratiquée en Arabie saoudite où l'énergie est très bon marché), les ressources en eau paraissent illimitées (qu'on se souvienne néanmoins de la mer d'Aral!). Cependant :
- le dessalement de l'eau de mer revient à environ 1 €/m³ au prix actuel de l'énergie (2004)
- ce dernier ne semble pas s'orienter à la baisse, mais bien à la hausse
- la mise en œuvre des énergies fossiles accroit l'effet de serre
l'option semble donc peu souhaitable à long terme.
Les changements climatiques dus à l'effet de serre, même hors dessalement à grande échelle, sont d'ailleurs difficiles à prédire. Globalement, les précipitations pourraient ne pas beaucoup changer (l'énergie reçue du Soleil restant in fine la même), mais leur localisation, leur fréquence et leur distribution dans l'espace seront modifiées. Il est généralement admis que la situation des pays souffrant d'un déficit en eau verront leur ressources diminuer. D'autres spécialistes prévoient au contraire une reprise de moussons dans le Sahara si la température de la planète augmente de plus de deux degrés, d'après un documentaire diffusé sur Planète.
En raison de l'augmentation de la population et de l'augmentation de la quantité d'eau utilisée, il semble probable que la quantité d'eau douce disponible aille en décroissant. En effet, dans neuf pays sur dix, lorsque l'eau est utilisée, elle est rejetée dans le milieu naturel dans un état de dégradations physique, chimique, organique ou microbiologique qui ne permet pas un nouvel usage excepté par distillation très onéreuse.
Voir aussi
Liens externes
- Site Unesco
- Programme hydrologique international: [1]
- Programme mondial pour l'évaluation des ressources en eau:
- Dossier Eau du site Agora
- Les Barons de l’Eau
- Les services publics de l’eau. Le modèle français : un modèle à ne pas suivre
- À qui appartient l’eau ? À Suez, à Vivendi, à RWE, à vous, ou à moi ?
- Cannes Water Symposium
- rapport du Sénat 2000/2001
Autres sources
- Globeco, la synthèse de l'économie mondialisée-mars 99
- World Resources, 1996-97
| Image:Water droplet.jpg | Portail eau - Accédez d'un seul coup d’œil à toute la série des articles de Wikipédia concernant l'eau sous toutes ses formes. |



