René Nicolas Desgenettes

Un article de Freepedia.

René-Nicolas Dufriche, baron Desgenettes (Alençon, 23 mai 1762 – Paris, 1837) a été un médecin français.

Né d’un père avocat au Parlement de Rouen, il étudie au collège des jésuites d’Alençon, puis au collège du Plessis à Paris, dès 1776. Il commence des études de médecine et fait son initiation dans les services hospitaliers de Pelletan et de Vick d’Azyr. À Londres, il suit l’enseignement de Hunter et de Moore et fréquente les services de Desbois, Rochefort et de Boyer en France. il passe quatre ans à Florence et à Sienne puis à Rome et à Naples en Italie. En 1789, il soutient sa thèse à Montpellier sur La physiologie des vaisseaux lymphatiques.

En 1791 il monte à Paris où l’agitation politique est à son comble. Il prend fait et cause pour les Girondins. Lors de leur élimination par les Montagnards sous la Terreur, il se réfugie à Rouen. Sur les conseils de son maître Vicq-d’Azyr, il s’engage dans l’armée. En mars 1793, il est affecté à l’hôpital ambulant de l’armée de la Méditerranée en raison de sa connaissance de la langue italienne. Dans l’Armée d’Italie de 1793 à 1795, il faire la connaissance de Napoléon Bonaparte qu’il éblouit par son intelligence et l’étendue de sa culture. Quelques années plus tard, celui-ci se souviendra de lui et le fera nommer médecin en chef de l’expédition d’Égypte. Affecté à la division commandée par le général Masséna, il doit faire face à une épidémie de typhus, contre laquelle il lutte avec succès. En mars 1795, il est nommé médecin ordinaire de l’hôpital d’instruction militaire du Val-de-Grâce et, un an plus tard, professeur de physiologie et de physique médicale. Peu après la Révolution, il fréquente le salon de Madame Helvétius. En 1798, il est nommé médecin chef de l’armée d’Orient. Bonaparte l’invitera à bord du navire amiral l’Orient. En Égypte, il instaure des mesures d’hygiène et de prophylaxie rigoureuses : toilette, nettoyage des vêtements, désinfection des locaux, surveillance de l’alimentation. Des cas de variole, de scorbut, de fièvre de Damiette, de conjonctivite aiguë contagieuse et de dysenterie sont observés qui lui donnent une bonne expérience de la médecine militaire. En tant que Médecin-chef de l’armée d’Orient, Desgenettes doit faire face à une épidémie de peste au cours de sa marche à travers le désert de Syrie. Afin de soutenir le moral des troupes, il nie l’existence de la maladie et interdit que ce nom soit prononcé. Lorsque Napoléon se voit obligé de lever le siège de la forteresse de Saint-Jean-d’Acre, le 28 avril 1798, il demande au personnel du Service de Santé d’évacuer les blessés et les malades et d’abréger la vie des pestiférés par de fortes doses d’opium. Desgenettes refuse avec détermination de sacrifier les soldats décimés par la peste et Napoléon acceptera que les mourants soient transportés jusqu’à Jaffa. Les deux hommes s’affronteront à nouveau lors de la question de l’évacuation des pestiférés de Jaffa qui les laissera en froid.

Devenu Premier Consul de la République, Bonaparte le fera nommer médecin en chef du Val-de-Grâce et professeur d’hygiène à l’École de Médecine. Il le fera également officier de la Légion d’Honneur. Au lendemain de la proclamation de l’Empire, il est nommé inspecteur général du Service de Santé des Armées. En 1804-1805, il fait partie d’une mission médicale chargée d’étudier les ravages de la fièvre jaune en Espagne. En 1807, il est nommé médecin-chef de la Grande Armée et assistera, à ce titre, aux batailles d’Eylau, de Friedland et de Wagram. Comblé de faveurs par l’Empereur en dépit la liberté de ses propos et son indépendance d’esprit, il est fait chevalier en 1809 puis baron de l’Empire en 1810. Il fera partie de la campagne de Russie où il organisera les soins de son mieux. Fait prisonnier à Vilna durant la retraite de Russie, le seul énoncé de son nom lui vaudra la liberté. Le tsar Alexandre III le libérera en reconnaissance ses soins qu’il a prodigués aux soldats russes et le fera raccompagner par sa Garde de Cosaques jusqu’aux avant-postes français. De retour à Paris, il est fait médecin-chef de la Garde Impériale. Durant la campagne d’Allemagne, il est bloqué, après la défaite de Leipzig, dans la citadelle de Torgau, où il enraye une épidémie de typhus. À la chute de Napoléon, il conserve ses fonctions de médecin du Val-de-Grâce et de professeur d’hygiène à la Faculté. Pendant les Cent-Jours, il retrouve sa place de Médecin Chef de la Garde Impériale et assiste à la bataille de Waterloo. À la Restauration, Louis XVIII le maintient dans ses fonctions au Val-de-Grâce et à la Faculté de Médecine de Paris où il est chargé de l’enseignement de l’Hygiène et réintégré au Conseil général de Santé des armées en 1819 (ancienne Inspection générale). Il est fait commandeur de la Légion d’Honneur et en 1820 membre de l’Académie Royale de Médecine. Il est révoqué en 1822 à la suite de manifestations étudiantes mais réintégré en 1830 et élu membre de l’Académie des Sciences sous la monarchie de Juillet. Alexandre Dumas l’a décrit comme « un vieux paillard très spirituel et très cynique. » Son nom figure finalement sur l’Arc de Triomphe de l’Étoile. Il a aussi été membre de l’Académie de Caen.



Views
Outils personels
Boîte à outils
Autres Liens