Radiolarite

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Une radiolarite est une roche sédimentaire à grains fins peu visible à l'oeil nu, présentant une alternance de bancs foncés/ bancs clairs.

Elle est composée essentiellement de coques siliceuses de radiolaire, protozoaire planctonique Actinopode vivant dans les mers chaudes.

La couleur rouge est due à la présence de fer ferrique <math>Fe^{3+}</math>. Parfois le fer est sous forme ferreuse <math>Fe^{2+}</math> ce qui donne à la roche une couleur verte.

Sommaire

Formation

Pour former de la radiolarite, les coques de radiolaire doivent être préserver. Le taux de sédimentation dépend du rapport <math>\frac{Production primaire} {dissolution}</math>. Une bonne productivité primaire est nécessaire pour avoir de la sédimentation.

De plus, si l'on observe une courbe représentant la dissolution de la silice en fonction de la profondeur, on s'aperçoit que le taux de dissolution est très élevé à la surface alors qu'il est quasi nul en profondeur. Or les radiolaires vivent dans la couche d'eau superficielle des océans, et à leur mort, leur coque devrait être dissoute.

Image:Sil.jpg

Les coques retrouvées dans la radiolarite ont donc échappé à la dissolution de surface.

Puisque certaines coques ne sont pas dissoutes, il existe au moins un mécanisme les protégeant de la dissolution lors de leur passage dans la couche superficielle.

Un mécanisme qui est avancé est le suivant: les radiolaires font partie des réseaux trophiques. Lorsqu'un prédateur mange un radiolaire, il rejette la coque dans ses pelotes fécales. La coque emprisonnée dans la matière organique des pelotes n'est plus en contact avec l'eau de mer et ne peut être dissoute.

Ensuite, la coque rejoint les couches d'eau plus profondes où il n'y a plus de dissolution, les traverse et tombe sur le fond de l'océan où elle va sédimenter.

L'alternance de bancs foncés/ bancs clairs est liée aux variations des paramétres orbitaux de la Terre (théorie de Milankovitch).

Signification géologique

La radiolarite est un assemblage de grains fins ce qui entraîne un hydrodynamisme faible donc un milieu de dépot calme.

On a vu précedemment que le taux de dissolution de la silice était très important à la surface, c'est à dire au même endroit où il y a la productivité primaire. Cela signifie que peu de radiolaires (par rapport à ceux présents dans le milieu à ce moment là) contribue à la formation de radiolarite.

Il existe d'autres formes planctoniques (foraminiféres, coccolithophoridés, etc...) qui secrètent un test (=coquille) en carbonate de calcium <math>CaCO_3</math>. Or la courbe de dissolution des carbonates en fonction de la profondeur est inverse à celle de la silice. Jusqu'à une certaine profondeur appelée lysocline il n'y a pas ou peu de dissolution, ensuite de la lysocline à une profondeur appelée C.C.D (carbonate compensation depth), le taux de dissolution augmente en même temps que la profondeur augmente, enfin après la C.C.D, il n'y a plus de <math>CaCO_3</math> : tout a été dissout.

Image:Carbonate.jpg


La C.C.D actuelle est à environ -5000 m pour l'océan Atlantique et -4000 m pour l'océan Pacifique.

Pour sédimenter de la radiolarite, il faut être en dessous de la C.C.D sinon la grande quantité de test carbonaté masque la présence des coques siliceuses.

En résumé, la radiolarite caractérise les milieux de dépots calmes et profonds qui peuvent être associés aux grands fonds marins des océans chauds.

Gisements

L'échantillon photagraphié ici provient de l'unité du Lago Nero (unité inférieure du Chenaillet qui a subit un fort métamorphisme) dans les Alpes.

Actuellement, il y a formation de radiolarite dans le Pacifique au niveau de la zone équatoriale (l'eau est plutôt chaude à cette latitude ce qui convient aux radiolaires).

Autres roches siliceuses

Dans le Pacifique, il existe deux autres ceintures (zone de formation de roches) siliceuses qui sont situées à des latitudes plus élevées, près des pôles. Ces ceintures existent grâce à la présence de diatomée (groupe Centrale) qui est une algue unicellulaire non flagellée protégée par une enveloppe siliceuse : le frustule. Elle vit dans les eaux de surface des régions froides. Elle participe à la genèse des diatomites. Les diatomites et les radiolarites sont des roches biogéniques.

Ils existent d'autres roches sédimentaires d'origine non-biogénique. Parmi elles, on peut citer les grès, les silex,etc...



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