Race humaine

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Si les hommes ont été depuis longtemps sensibles aux différences visibles entre les humains pour les distinguer par groupes, ne prenant en compte, pour l’essentiel, que la couleur de la peau, la notion de race est toutefois tardive. Elle appartient à une période précoce de la science moderne et est un dérivé de la pratique de classification en espèces et en sous-espèces, qui ne concernait d’abord que les végétaux et animaux (Linné XVIIe siècle). C’est au XIXe siècle que l’on commence à parler de « races » au sein de l’espèce humaine.

C’est le Comte de Gobineau qui a popularisé cette notion, dans son essai raciste, l'Essai sur les inégalités des races humaines. Celui-ci venait d’inventer l’idéologie raciste car il a cru pouvoir déduire de données culturelles, différentes, des différences biologique. Plus tard, cette notion sera reprise par des idéologies qui se prétendront scientifiques.

L’idée de l’existence de races humaines a été très répandue à l’époque de la flambée des nationalismes qui a donné lieu à des idéologies racistes proclamées au nom de la science, puis a été considérée comme désuète et tendanciellement abandonnée, du fait des ambiguïtés qu’elle recèle et du rôle joué dans les idéologies racistes.

Aujourd’hui la notion fait débat en biologie, et en particulier par la génétique. Elle tend également à disparaître des autres sciences, anthropologie, ethnologie, du fait de sa non-pertinence. On parlera de populations géographiques, pour la géographie des populations aussi bien que pour la génétique des populations. On parlera de différences entre les cultures, pour l’anthropologie et l’ethnologie. Le terme de race tendant à être abandonné pour l’espèce humaine.


Sommaire

Histoire

Antiquité

La première différenciation connue de groupes humains fondée sur leurs caractères physiques apparents, est sans doute celle des anciens Égyptiens : les Rot ou Égyptiens, peints en rouge, les Namou, jaunes avec un nez aquilin, les Nashu, noirs avec des cheveux crépus, les Tamahou, blonds aux yeux bleus. Mais cette classification ne s’appliquait qu'aux populations voisines de l'Égypte.

L'Ancien Testament divisait les hommes en fils de Cham, fils de Chem et fils de Japhet. Là aussi, il ne s’agissait que des peuples que connaissaient les Juifs. C'est cependant à ces trois catégories que pendant le Moyen Âge, on s'efforça de ramener tous les hommes dont les voyageurs signalaient l’existence à la surface de la Terre.

Le naturalisme du siècle des lumières

Les différences visibles entre différents types physiques parmi les groupes humains, descendant de l’Homo sapiens ont produit, à l’âge de la science moderne — qui correspond à la découverte du « nouveau monde » où se découvrent d’autres populations — la tentation d’établir en les classant, des répertoires des différences entre groupes humains, selon l’apparence, soit généralement selon la couleur de la peau. Ce qui a alors été nommé par certains, des « races ».

Au XVe siècle la fin de la reconquista dans la péninsule ibérique voit le développement de l’idée d'une « pureté du sang » qu’il faudrait protéger de la souillure des descendants des juifs et des maures. Un autre débat intervient lors de la découverte des Amériques : où faut-il placer, dans les théories existantes, les indigènes du Nouveau Monde ? Les premières « justifications » de l’idée de différences, physiques et de civilisation, ramenées à une infériorité et une étrangeté, consisteront à soutenir qu’ils n'ont pas d’âme, et ne sont par conséquent, pas des êtres humains. De même ensuite pour justifier la traite des noirs ?

La science naturelle débute en établissant des classifications, aux fins de répertorier puis de comparer les êtres vivants. Au XVIIIe siècle, Buffon et Linné sont les principaux naturalistes. Les êtres vivants sont classés par espèces et sous-espèces, familles, genres, mais il s'agit d'étudier les plantes et les animaux, et si certains useront plus tard du mot race, il est réservé aux animaux.

Avec Linné, apparaît pour la première fois, une classification à visée « scientifique ». Dans la dixième édition de son Systema naturae (1758), celle qui fait foi pour toutes les questions de nomenclature, le savant suédois divise l’homo sapiens en quatre groupes fondamentaux.

Le XIXe siècle

On est encore à ce stade de l’étude, dans l'observation empirique, lorsqu'apparaît au XIXe siècle la science du vivant, la biologie scientifique. On est alors en mesure d'apprécier la justesse de la notion.

L’étude à prétention scientifique des races, explose réellement dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Parmi les premiers théoriciens à tenter d'établir l'existence des races, on peut citer Henri de Boulainvilliers (Essai sur la noblesse de France 1732), Johann Friedrich Blumenbach (De Generis Humani Varietate Nativa 1775), Emmanuel Kant (Des différentes races humaines 1775).


Début du XXe siècle : définitions et dérives

Les dérives racistes

Dès l'origine, la notion de race a servi à définir l’étranger, l'autre différent et inférieur, qui peut être ainsi maltraité sans conséquence. La mise en question de la notion de race humaine, prétenduement scientifique, parce que s'appuyant sur des classifications précédemment instaurées pour les espèces vivantes, est venue plus tardivement. Le recours à ce terme pour les humains est toujours resté lié aux questions politiques, avec des utilisations nocives.

Si cette notion fait problème, c'est qu'elle a été utilisée, au nom de supposés fondements scientifiques, par certains auteurs qui, confondant les registres du biologique et de la culture, développent à la fin du XIXe siècle, une idéologie nouvelle, le racisme. C'est la supposée « théorie » d’une hiérarchie des races. Celle-ci est initiée par le Comte de Gobineau dont l’ouvrage qui va devenir célèbre au siècle suivant (Essai sur l’inégalité des races humaines) et qui sera imité par d'autres, servira de caution dite « scientifique » aux théories raciales nazies qui prétendirent mettre en pratique cette vision du monde raciste et hiérarchisante.

L’Europe, et l'occident en général, a connu deux utilisations politiques du concept, qui sont maintenant particulièrement décriées :

  • la catégorisation puis la hiérarchisation des groupes humains a servi de justification aux colonisateurs européens pour annexer de nouvelles terres (notion de « races inférieures »). L’expérience de leur rencontre avec des cultures autochtones fut rapportée en métropole de manière particulièrement partiale : les terres colonisées étaient vues comme remplies de sauvages incultes, inférieurs à tout point de vue au colonisateur qui, bon et généreux, se dévouait pour leur apporter les lumières et les bienfaits de la civilisation. Ces histoires nourrirent les théories racistes et justifièrent les discriminations dont étaient victimes les peuples colonisés . Il s’agit là du racisme colonial.
  • le même usage en Allemagne nazie puis ensuite en Europe, sous sa domination, visant cette fois les juifs, tziganes, slaves, qu'il s’agissait d’exterminer pour faire de la place à la « race aryenne dite supérieure. Il s'agit de l’eugénisme ».

Après le nazisme, l’UNESCO a publié une étude rassemblant un grand nombre de savants et penseurs, qui récuse la notion de race humaine parce qu’elle a perdu tout intérêt scientifique et toute validité anthropologique.

Vallois : la dernière taxinomie descriptive

La dernière taxinomie (et non théorie) racialiste date de 1944. Il s’agit de la classification de Henri Vallois dans son ouvrage Les Races humaines qui divisait les humains en quatre groupes (d’égale valeur) nommés « races » :

  • race noire africaine ;
  • race jaune asiatique ;
  • race noire australienne ;
  • race blanche européenne.

Cette classification convenait parfaitement pour le dégrossissage de concepts demandé par l'enseignement primaire, seul qui soit généralisé à l’époque.

La pertinence de ces divisions n'a plus été admise par la suite, faute de montrer un intérêt quelconque pour la connaissance, ni en matière de biologie, ni en matière d'anthropologie.

Le refus et l’abandon de la notion

Ausi bien la biologie que les approches des « sciences humaines » anthropologiques, études comparatives des civilisations, ethnologiques, que les analyses politiques et sociologiques, ont eu à abandonner la notion.

D'une part l’avancée des travaux en génétique a forcé à abandonner la notion, après avoir établi que les différences entre les humains sont individuelles et non de race (ou groupe). En effet les individus sont tous différents et les caractères qui produisent ces différences se retrouvent dans toutes les populations.

Comme le dit André Langaney (dans un ouvrage paru en 1992) :

« Au début des recherches en génétique, les scientifiques, qui avaient en tête des classifications raciales héritées du siècle dernier, pensaient qu’ils allaient retrouver des gènes des Jaunes, des Noirs, des Blancs… Eh bien, pas du tout, on ne les a pas trouvés. Dans tous les systèmes génétiques humains connus, les répertoires de gènes sont les mêmes. »

D’autre part, la période de la politique d’extermination raciste du nazisme, a forcé, après guerre, à réfléchir de manière critique sur cette notion de race humaine, et soit à l’abandonner, soit à ne la conserver que dans un sens métaphorique, c'est à dire de groupement culturel mais non plus de classe biologique.

Les crimes du nazisme, qui justifiait ses exactions au nom de la sauvegarde d'une pseudo « race aryenne », entraînèrent une rectification dans le sens de l'anti-raciologie. Dans son édition de juillet-août 1950, sous le titre « Les Savants du monde entier dénoncent un mythe absurde… le racisme », le Courrier de l’UNESCO publie la « déclaration sur la race ». Il s’agit d’un document rédigé en décembre 1949 par un groupe international de chercheurs qui récuse la notion de race et affirme l’unité fondamentale de l’humanité.

Claude Lévi-Strauss analyse les mécanismes de la constitution de l’idéologie raciste, en terme de différenciations de races :

« Le péché originel de l’anthropologie consiste dans la confusion entre la notion purement biologique de race (à supposer que [...] cette notion puisse prétendre à l’objectivité, ce que la génétique moderne conteste et les productions sociologiques et psychologiques des cultures humaines. »

Levi-Strauss affirme que si les groupes humains se distinguent, et pour autant qu’ils sont à distinguer, c'est uniquement en termes de culture. En effet, c'est uniquement par la culture que les groupes humains ou sociétés se départagent et se différencient ; pas selon la nature que serait la nature biologique. C’est à dire que s’il y a bien lieu de maintenir les distinctions, le phénomène n'est en aucun cas naturel. Il ne relève pas de l’étude de la biologie, mais de l’anthropologie au sens large. Le racisme consiste précisément dans le contraire, soit à faire d’un phénomène culturel, un phénomène prétendument physique, naturel et biologique. En effet, il explique dans Race et Histoire (qui sera aussi publié par l'UNESCO) que la très grande diversité culturelle, correspondant à des modes de vie extraordinairement diversifiés, n’est en rien imputable à la biologie : elle se développe parallèlement à la diversité biologique. Il a repris ses analyses dans un ouvrage ultérieur et plus détaillé, Le Regard éloigné.

Dans un rapport au Président de la République qui date de 1979, sur les questions de sciences de la vie et société (titre de l’ouvrage), François Gros, François Jacob et Pierre Royer, font précisément le point sur les rapports entre connaissances en matière de sciences de la vie et société. Dans un travail engageant toute la communauté scientifique — les membres de l’Académie des sciences, du CNRS, des professeurs d’Université, du Collège de France, les « Sages » du comité national de la Recherche, intéressés à la biologie l'ont suivi et y ont contribué — disent ceci :

« depuis plus d’un siècle, et ces temps-ci encore, on n’a que trop tenté d’utiliser des arguments tirés de la biologie pour justifier certains modèles de sociétés. Darwinisme social ou eugénisme, racisme colonial ou supériorité aryenne, […] les idéologies n’ont guère hésité à détourner les acquis de la biologie… »

C'est dire que l’exploitation indue de la biologie à usage d’idéologies et de politiques racistes est en effet (même aujourd’hui) une chose qui ne peut être ignorée, depuis qu’elle a été établie et analysée par les savants de diverses disciplines, biologistes, historiens des sciences, épistémologues, philosophes…

Exloitation indue et transferts de notions qui n’avaient d’autre raison d’'être, que de traduire des intérêts ou des fantasmes en propositions à prétention scientifique, ce que sont les théories racistes et les dicours en termes de races qui visent à faire croire en une différence et une hiérarchie.

Cependant ce que la biologie enseigne peut encore se résumer avec ce que disent nos trois auteurs dans le rapport précédemment cité :

« les acquis de la biologie moderne vont, pour la plupart, à l'encontre des idées les plus communément admises aujourd'hui. »

Fin du XXe siècle : perte d’intérêt

Anthropologie

Un premier outil de mesure : la biométrie

Les partisans du classement de l’espèce humaine en races cherchèrent un instrument de mesure susceptible de donner des critères de différenciation. Ils recensèrent ainsi des caractères phénotypiques visibles, soit le premier moyen de catégoriser l’espèce humaine en différentes races. La méthode consiste à cette époque à étudier ces caractères physiques de manière systématique : c’est la naissance de la biométrie comme moyen de quantifier les différences au sein de l’espèce humaine.

Grâce à cet outil, furent définies des races humaines en fonction de leurs caractéristiques physiques : pigmentation, forme du visage, etc. Cette définition implique d’une certaine façon l’existence d’une pureté raciale, illustrée par des individus « type ». La discipline passiona ceux qui s’intéressaient à la classification des races et qui étaient persuadés de leur existence.

Les critères utilisés pour identifier des races humaines comprennent principalement la pigmentation de la peau, la morphologie (notamment la stature et la forme du crâne). Certains auteurs distinguent plusieurs dizaines voire des centaines de « races » mais tous accordent dans leurs descriptions une place particulière à de grands ensembles en nombre limité, le plus souvent basés sur la pigmentation de la peau.

Le caractère de scientificité de la biométrie, pratique purement descriptive des caractères apparents, n'a guère été reconnu que par ceux qui en étaient d’avance convaincus. En revanche cette discipline a largement nourri les discours (et politiques) racistes. La période du nazisme vit ainsi se multiplier des expositions détaillants des caractères physiques, pour « apprendre » à reconnaître les races humaines.
Selon Valois, en 1968, « une race est une population naturelle définie par des caractères physiques, héréditaires, communs ».

Un problème quantitatif

Cependant, la grande variabilité des traits physiques pose problème : il est impossible de définir des races cloisonnées, où les traits seraient strictement propres à un groupe donné. En effet, la grande majorité des caractères physiques sont quantitatifs. Ainsi, définir une race en se fondant sur la pigmentation de la peau est délicat, car toutes les nuances existent au sein de l’espèce humaine. Il devient dès lors impossible de classer rigoureusement des individus issus d'un métissage.

L’usage criminel de la notion de « race » au cours de la Seconde Guerre mondiale par le régime nazi, et l’absence de catégorisations fiables liées à cette notion, font que les anthropologues n’utilisent plus ce type de classification. Cependant l’anthropologie allemande officielle utilise encore la conception des 36 races humaines de von Eickstedt (Rainer Knußmann, Lehrbuch der vergleichenden Anthropologie und Humangenetik, 2. ed.).

Races et ethnies

La culture comme principal critère de différenciation

Les ethnologues estiment que, mises à part les supposées différences génétiques et phénotypiques, les populations humaines sont principalement différenciées par leurs us et coutumes qu'elles se transmettent de génération en génération. L’espèce humaine se caractérise donc par une très forte dimension culturelle. C'est pourquoi le concept d’ethnie est de nos jours préféré à celui de race, en ethnologie. Les différences culturelles permettent de définir des ethnies extrêmement nombreuses. La notion de nation comme de communauté religieuse, de même, s’abstrait de la notion de race ou d'ethnie : ce qui compte pour la définir est moins ce que ses membres sont que ce qu’ils souhaitent en commun.

Relations entre culture et biologie

Pour R. Barbaud, la « diversité culturelle peut donc être tenue pour une composante naturelle de la biodiversité, comme l’aboutissement ultime de notre propre évolution. Elle a bien, de ce point de vue, la même fonction que la biodiversité pour les autres espèces ». La diversité humaine est donc génétique, avec ses conséquences phénotypiques, mais aussi culturelles. Et il importe de bien distinguer les deux domaines, pour en pas recréer, même involontairement, des discours racistes et non-scientifiques.

Les différences culturelles apparaissent dans cette optique comme les plus importantes, quand bien même elles peuvent d’ailleurs contribuer à modifier ponctuellement les traits (par exemple, le petit pied des chinoises, les femmes-girafe en Afrique, etc. sont des modifications culturelles) et participent à la dynamique du groupe. Un élément de la question est de savoir si un isolement géographique ou culturel peut entraîner la sélection de gènes spécifiques, donc de savoir un peuple ou une ethnie peut constituer une race.

L'homme a tout au long de son histoire, sans le savoir, pratiqué une sorte de sélection naturelle pour améliorer les races d'animaux (élevage) et les espèces de plantes (agriculture). Ainsi il n’a cessé de mettre en place des opérations de sélection génétique et de fixation de races pour les espèces animales et végétales.

Chose qui n'a rien à voir avec l’idée de transposer cette pratique au genre humain. Cela a pourtant été tenté, à certains moments, pour sa propre espèce, sous le IIIe Reich.

Il faut par ailleurs remarquer, comme le signale le biologiste Stephen Jay Gould, que des facteurs culturels qui favorisent ou au contraire dissuadent certaines unions conjugales sont de nature à développer à très long terme (mais il y faudra peut-être une centaine de générations, et peu de cultures tiennent aussi longtemps) un processus de raciation.

Au sein de communautés isolées, il est possible de voir se développer les traits physiques qui, pour des raisons historiques, fonctionnelles ou culturelles, s’y trouvaient plus appréciées dans la culture locale.

Un problème d'échelle de temps

Pourtant, selon Jacques Ruffié, du Collège de France, les groupes humains convergent de toute façon sur toute la planète depuis environ six mille ans. L’homme moderne (homo sapiens) a connu de courtes périodes d’isolement de peuples, mais aussi beaucoup de mélanges. Seuls des groupes isolés, et numériquement très petits (Basques, par exemple), ont pu générer des différences avec les autres, et manifester des populations stables d’un point de vue taxonomique, c’est-à-dire présentant des différences génétiques significatives et héréditaires. L’évolution que connaissent aujourd’hui les cultures humaines, la mondialisation des échanges et des contacts, les mariages mixtes, vont à l’encontre de la tendance passée à la différenciation en races, et réduisent peut-être la diversité de traits physiques humaine, alors qu’elles augmentent sans doute la diversité génétique.

Dans la pratique, la durée d’une société (et donc d’une culture) humaine semble en effet faible devant celle qui serait nécessaire à la séparation de traits physiques. Chez l’être humain, l’impact de la culture ne semble donc pas suffisamment grand pour expliquer une différenciation en races. L’ethnologie s'est donc désintéressée de la problématique biologique de la notion de race, pour ne plus utiliser que le concept d’ethnie. D'autant que le rôle de l’ethnologie n'est pas de se substituer à la biologie.

Relation entre race et évolution

Une origine commune, des groupes séparés

Le berceau de l’humanité sapiens semble pour le moment avoir été l’Afrique. À partir de ce point central, de petits groupements humains auraient migré vers tous les continents, y compris l’Europe déjà peuplée des sapiens neantertalensis, à raison de quelques dizaines de kilomètres par génération.

La dernière fois que deux êtres humains (du genre Homo) possédant des caractères génétiques impliquant une impossibilité de reproduction, c'est dire appartenant à des espèces différentes, ont coexisté remonte à la cohabitation de homo sapiens avec l’homme de Néanderthal il y a plus de 30 000 ans en Europe et avec homo floresiensis en Indonésie il y a 12 000 ans. Depuis que homo sapiens est la seule espèce d’hominidés, tous les hommes sont interféconds.

De plus, l’origine de l’espèce humaine est loin de suivre un schéma simple. Jean Hiernaux souligne ainsi que « manifestement, des origines à nos jours, l’évolution humaine est loin d’avoir subi le schème de l'arbre ». Trenton W. Holliday va même plus loin : pour lui, les différentes espèces de la famille des hominidés se serait croisées, donnant des nouvelles espèces fécondes. Cette évolution suggère un schéma complexe, qu’il compare à la technique du pleaching des pépiniéristes (qui conciste à relier des branches d’un arbre à son tronc et entre elles).

Cependant, les groupes humains, séparés par des barrières géographiques importantes (montagnes, fleuves, océans, etc.), sont devenus morphologiquement, anatomiquement, physiologiquement différents (par exemple, couleur de la peau, pilosité, forme du nez).

Adaptations et spéciation

Les races résultent sans doute de processus évolutifs similaires de ceux ayant conduit à l’existence de nombreuses espèces différentes, animales et végétales (cf. section race et génétique de l’article race). La race n’est ainsi qu’un niveau de faible différentiation qui pourrait néanmoins, si elle était poursuivie pendant des millions d'années évoluer vers une nouvelle espèce.

Les différences morphologiques sont souvent expliquées par des adaptations à l’environnement. De même, les Européens des pays nordiques auraient un nez plus long car il permettrait de mieux réchauffer l'air avant son arrivée dans les poumons. Le nez court et épaté des Africains permettrait au contraire de le rafraîchir et de l’humidifier.

Autrement dit, les groupes humains primitifs n’ont pas échappé à la sélection naturelle favorisant, pour un groupe social déterminé, un certain nombre de caractères spécifiques adaptés aux conditions d'environnement propres à une région donnée.

Néanmoins, compte-tenu de la durée nécessaire pour acquérir divers caractères physiques sous la pression de la sélection naturelle, leur étude contribue au retracement des grandes migrations humaines2 de l’Histoire et de la Préhistoire ; ces déplacements de population ont entraîné un brassage génétique important, affectant les peuples de quasiment toutes les régions du globe.

L'apport de la génétique

L’essort de la génétique et l’apparition de la génétique des populations permet d’approfondir la question de la pertinenece de la notion de race au sein de l’espèce humaine. L’étude quitte alors le terrain de la simple biométrie pour s’intéresser aux mécanismes régissant l’évolution de l’espèce humaine. Avec l’étude de la variabilité génétique de l’humanité apparait notamment un outil qui semble plus puissant que tout ceux utilisés jusqu’alors dans l’étude des races.


Génétique des populations

Les groupes humains échangent des gènes, et de ce fait, pour les généticiens, appartiennent à la même espèce.

Selon Albert Jacquard, pour parler de race, il faudrait qu’un groupe reste isolé un nombre de générations égal au nombre d’individus qu’il comporte ; ainsi, un groupe de 200 personnes devrait rester isolé 4 000 ans (si l’on compte 20 ans par génération) pour devenir une race. Ce chiffre est à comparer aux 20 000 ans qui ont été nécessaire pour séparer Canis lupus, le loup des différentes races de Canis familiaris (chiens). Peu de races de chiens sont interfécondes avec les loups.

Si les hommes ont isolé des troupeaux et ainsi créé des races chez les animaux domestiques, une telle situation n'a jamais eu lieu pour l'espèce humaine ; on peut toutefois citer l'exemple d'une île du pacifique, Pingelap, dont la population fût ravagée par un cyclone en 1775 et qui se repeupla à partir d’une vingtaine d’individus, et qui pourrait constituer une exception.


Génotype et phénotype

D’une façon générale, l’appartenance à une race se définit par des interactions entre de nombreux gènes. Il n’existe pas à proprement parler d’allèle du « teckel » ou du « berger allemand », ni d’allèle « pygmée » ou « esquimau ». On ne sait donc pas associer (avec précision et de façon stable) de génotype au phénotype attendu pour une race.

L’anthropomorphie clasificatrice a pu s’appuyer sur la biométrie, tandis que la génétique s’appuie sur la notion de « gènes communs et exclusif à un groupe d'individus » pour tenter de définir précisement des caractéristiques communes, qui donneraient un contenu à la notion de race. Si les gènes ont des répercussions sur l’aspect visible de l’être, le fait que deux êtres soient différents ne signifie cependant pas que leurs gènes soient si différents. Ainsi, le degré de couleur de la peau est déterminé par trois gènes permettant la production de mélanine ; tous les humains produisent de la mélanine (sauf ceux atteints d'albinisme), donc tous les humains ont des variantes (allèles) de ces trois gènes, allèles à expression plus ou moins marquée.

Les analyses ADN montrent ainsi que l’espèce humaine possède déjà un peu plus de 98,6 % de son génome en commun avec les chimpanzés et qu'elle partage le même patrimoine génétique à 99,8 %. Les différences entre hommes et singes sont dues à seulement quelques dizaines de gènes. Les apparentes différences anatomiques et physiologiques à l’intérieur de l’espèce humaine sont dues à un nombre encore plus restreint de gènes. Difficile, dès lors, d’arriver à isoler des gènes « types » différant entre diverses populations.

La compatibilité des tissus pour les dons d'organe (cœur, rein…) ou de sang ne dépend pas du groupe ethnique du donneur et du receveur ; ou alors à l’extrême, le donneur doit être un membre proche de la famille du receveur (comme pour les dons de moelle), le nombre de donneurs compatibles se compte sur les doigts d’une main parmi les milliards d’individus, ce qui ne correspond pas non plus à la notion de « race » communément admise. On peut donc en déduire que les différences externes, qui ont servi à définir initialement les races, ne sont d’aucune utilité dans ce domaine, et sont très éloignées des considérations biochimiques.


Variabilité génétique : un outil de classification

Avec l'étude de la variabilité génétique apparait une nouvelle définition, plus axée sur la notion de variabilité génétique. Theodosius Dobzhansky proposera ainsi sa définition du concept de race (au sens large) :

« Une population d’espèces qui diffèrent selon la fréquence de variants génétiques, d’allèles ou de structures chromosomiques. »

Cependant, comme l’indique Marcus Feldman (du département de biologie de l’université de Standford) et ses collègues : « comme deux populations différentes présentent toujours de tels variants, cette définition est en réalité synonyme de population ».

Au sein de cette approche apparait une nouvelle donnée : la variabilité au sein d’une population est plus grande que celle existant entre les populations1. Cette constatation amène à l’époque un grand nombre de biologistes à considérer que la notion de race n’est pas biologiquement pertinente.

Ainsi, Albert Jacquard affirme que pour la génétique moderne la notion de race des anciennes classifications ne convient pas à l’espèce humaine. Il explique en détail pourquoi dans son livre Éloge de la différence publié en 1981. André Langaney va plus loin en indiquant que « la notion de race est dépourvue de fondements et de réalité scientifique », puisqu’on ne peut, d’après lui, distinguer les populations des différentes parties du globe en se fondant sur des différences génétiques.

Aujourd'hui : génétique et pertinence

De nos jours, la définition de la notion de race a disparu du champ de la biologie d’où elle a été rejetée. Hormis chez quelques chercheurs isolés qui persistent à recourir à la notion, utilisée de manière très générale, se détachant de la biométrie ou de la génétique, tout en restant liée à la biologie. Ainsi, si Luigi Luca Cavalli-Sforza, dans son ouvrage « Gènes, Peuples, et Langues », pose la définition suivante en évoquant l’usage de certains dictionnaires, dans le cadre d’un chapitre portant sur la question de la pertinence du terme :

« Une race est un groupe d’individus qu'on peut reconnaître comme biologiquement différent des autres. »
il ne s’y réfère que pour rappeller ce qui fut reçu aux époques précédentes, mais maintenant abandonné.

Cependant, les scientifiques, qu’ils soient généticiens, anthropologues ou ethnologues s’accordent, avec des arguments différents, sur l’arbitraire de la définition de races au sein de l’espèce humaine. Ainsi, la pertinence biologique de cette notion est notamment remise en question. Luigi Luca Cavalli-Sforza précisera ainsi :

« Toute tentative de classification en races humaines est soit impossible, soit totalement arbitraire. »

et, dans l'ouvrage Qui sommes-nous ? :

« En réalité, dans l’espèce humaine, l’idée de « race » ne sert à rien. »


Une définition génétique

Depuis l’an 2000, le projet de séquencage du génome humain est achevé à 95 %. L’analyse statistique des variations du génome su sein de l’espèce humaine est facilitée, et les généticiens disposent d'un nouvel outil pour étudier les variations génétiques.

Entre 2001 et 2003, des études (notamment celles de Rosenberg, Stephens et Bamshad) ont permis de démontrer qu’il était possible de déterminer la région d’origine des ancêtres d’un individu en étudiant des « marqueurs génétiques ». Ces travaux ont provoqués un regain d’attention pour le concept de race (de la communauté scientifique, mais également de la part des partisans des théories racistes) : on peut ainsi compter pas moins de onze commentaires, dans des revues scientifiques ou des journaux, posant la question de la catégorisation en races.

Certains commentaires tendent à remettre en cause l’idée selon laquelle la plus grande part de variabilité serait présente au sein même des population. Or, c’est cette observation qui avait conduit à la perte d’intérêt pour le classement en races des êtres humains. Cependant, pour Feldman, Lewontin et King, cette constatation n’a pas à être remise en cause, mais doit être mise en perspective avec d’autres découvertes.

Pour Feldman et ses collègues, il y a ainsi trois questions distinctes :

  1. « Est-il possible de trouver des séquences d’ADN qui soient polymorphes (…) et dont les fréquences alléliques (…) soient suffisamment différentes entre les grandes régions géographiques pour permettre de déterminer, avec une forte probabilité, l’origine géographique d’une personne ? »
  2. « Quelle fraction de la variabilité génétique humaine trouve-t-on à l’intérieur de populations géographiquement séparées, et quelle fraction distingue ces populations ? »
  3. « Les gènes dont les fréquences alléliques sont hautement spécifiques de la région géographique sont-ils typiques du génome humain en général ? »

Les réponses aux deux premières question sont bien connues : il est possible de trouver des marqueurs génétiques (gène codant pour des protéines ou séquences non codantes) permettant d'estimer l’origine géographique d’un individu, cependant, la plus grande part de la variabilité génétique est située à l’intérieur des groupes géographiques, et non entre ceux-ci. Ces deux réponses sont apparemment contradictoires, mais le paradoxe peut être levé par la réponse à la dernière question : les gènes dont les fréquences alléliques diffèrent d’une région à l’autre ne sont pas typiques du génome humain.


Le problème de la pertinence

Ainsi, les scientifiques ont-ils put démontrer qu’il était possible de définir de façon « scientifique » des groupes au sein de l’espèce humaine. Ces groupes (correspondant à des populations différentes) diffèrent, non pas sur la base de génotypes différents, mais sur un ensemble de petites différences entre fréquences alléliques d’un grand nombre de marqueurs génétiques. Il est également possible de connaître (avec une certaine probabilité, cependant) le continent d'origine d'un individu, mais le fait de connaitre cette origine n’améliore quasiment pas la capacité à prédire son génotype (il n’existe aucun gène pour lequel un allèle donné ne se retrouve qu’au sein d'un grand groupe géographique) et ne revient pas à une catégorisation en races pour autant.

Cet état de fait permet d’une certaine manière de définir des « races » au sein de l’espèce humaine, en se fondant sur la notion de population et les découvertes récentes en génétique. Les scientifiques préfèrent cependant user du terme de « groupe géographique », étendant la notion de population, le terme de race restant fortement connoté et pouvant prêter à confusion selon la définition utilisée. Il reste également à définir à partir de quel niveau de telles « races » sont définies, puisqu’il est possible, avec la même méthode mais une précision décroissante, de catégoriser à l’échelle de la Terre, de grande régions ou des populations locales.

Cependant, le fait de pouvoir définir plus ou moins arbitrairement des races au sein de l’espèce humaine ne renseigne pas sur la réalité biologique que de tels concepts recouvrent. Il se pose ainsi le problème de la pertinence d’une telle classification raciale. Certains ont ainsi pu soulever l’idée selon laquelle un classement racial pourrait être avantageusement intégré aux pratiques médicales. Cependant, cette idée est contrecarrée par deux constatations :

  1. la race est un notion trop différente de l’ascendance pour être biologiquement utile,
  2. elle ne peut être utile que dans la mesure où elle est liée au contexte social.

Feldman, Lewontin et King, résument ainsi la situation dans un article daté de 2004 :

« Contrairement à l'idée défendue depuis le milieu du XXe siècle, on peut définir scientifiquement des races dans l’espèce humaine. La connaissance du génome humain permet en effet de regrouper les personnes selon les zones géographiques d’où elles sont issues. En revanche, les usages que l’on prétend faire en médecine d’une classification raciale sont sujets à caution. »

Il est ainsi beaucoup plus pertinent, du point de vue biologique, de connaître l’ascendance d’un individu, via une étude de son génotype, que de le classer dans une race. Feldman et ses collègues font ainsi remarquer qu’une classification raciale dans un but médical est « au mieux sans grande valeur, au pire dangereuse », et qu’elle « masque l’information biologique nécessaire à des décisions diagnostiques et thérapeutiques intelligentes », il ne faut donc pas « confondre race et ascendance ». Dis autrement : « Si l’on veut utiliser efficacement le génotype pour des décisions diagnostiques et thérapeutiques, ce n’est pas la race qui importe, mais les informations sur l’ascendant du patient ».

En résumé : il est possible de classer les êtres humains en races définies scientifiquement à une échelle arbitraire, mais cette classification raciale n’est pas pertinente biologiquement. Il faut cependant noter que la notion de « race » utilisée ici diffère sensiblement de celle utilisant les simples traits physiques. La tentative d’amalgamer les deux définitions en omettant le manque de pertinence du concept étant généralement le fait des partisans de théories racistes.

Races et société

La notion de race humaine, en tant que concept supposé appartenir à la biologie, est aujourd’hui récusée. La distinction entre une théorie scientifique, soit la biologie dans ses divers aspects, et l’utilisation qui peut en être faite (idéologique et politique) est, en principe, clairement établie aujourd’hui par les travaux des épistémologues tels (François Jacob, Georges Canguilhem) et des philosophes et anthropologues tels Claude Levi-Strauss.

Hervé Le Bras s’est intéressé aux modalités du racialisme et de la raciologie lors de ses travaux sur l’idéologie démographique. Parmi les hommes de science ou de pouvoir approuvant cette idéologie, il a indiqué Vacher de Lapouge (darwiniste social et socialiste), R. Fisher, (démocrate et eugéniste négatif), Rivet (croyant à la hiérarchie des races et vice-président de la ligue des droits de l'homme), Alexis Carrel (médecin et eugéniste négatif).

Un sondage datant de 1992 (par Lieberman et ses collègues) mené auprès de 1 200 scientifiques reflète l’importance du débat de l’époque autour du concept de race humaine. Il leur fut demandé s’ils n'étaient pas d’accord avec l’assertion : « il existe des races biologiques au sein de l’espèce Homo Sapiens ».

Parmi différentes catégories de scientifiques, les pourcentages de réponses en désaccord avec la proposition furent :

  1. Biologistes : 16 % ;
  2. Psychologues du développement : 36 % ;
  3. Anthropologues physiques : 41 % ;
  4. Anthropologues culturels : 53 %.

Notes

1. Selon une étude récente de Rosenberg, parue en 2002 et portant sur des microsatellites : 86 à 95 % de la variabilité génétique se trouve à l’intérieur des populations locales, 2 à 6 % entre populations d’une même grande région géographique, et 3 à 10 % entre grandes régions.

2. Une projet d’étude proposé par National Geographic,sponsorisé par IBM et financé par la participation du public vise à mesurer la distance génétique des différentes groupes culturels humains isolés et à vérifier de façon plus précise les hypothèses sur l’histoire des migrations humaines. Pour ses promoteurs, il est important de le réaliser avant que les brassages humains de l'époque moderne aient effacé les traces génétiques de ce début de différenciation des populations au sein de l’espèce humaine. Pour ses détracteurs, cette étude serait plus utile au tirage du magazine National Geographic que par son intérêt scientifique.

Voir aussi

Liens internes

Liens externes


Bibliographie

  • (fr) Claude Levi-Strauss, Race et histoire. Unesco. 1961.
  • (fr) John Maynard Smith, la théorie de l'évolution. PB Payot. 1962
  • (fr) Georges Canguilhem, La connaissance de la vie. Vrin. 1967
  • (fr) François Jacob (prix Nobel de biologie), La logique du vivant. Un histoire de l'hérédité. Gallimard. 1970
  • (fr) Georges Canguilhem, Qu'est-ce qu'une idéologie scientifique ? in Idéolige et rationalité dans l'histoire des sciences de la vie. Vrin. 1977
  • (fr) François Gros, François Jacob, Pierre Royer : Société et sciences de la vie. Rapport au Président de la République. La Documentation française. 1979.
  • (fr) Albert Jacquard, Eloge de la différence. La génétique et les hommes. Seuil. 1981.
  • (fr) André Langaney, Le sexe et l'innovation, Le Seuil, Paris, 1987 ;
  • (en) Lieberman, Hampton, Littlefield, et Hallead Race in Biology and Anthropology: A Study of College Texts and Professors, Journal of Research in Science Teaching, 29:301-321, 1992.
  • (fr) André Langaney, Ninian Hubert van Blyenburgh et Alicia Sanchez-Mazas, Tous Parents, Tous Différents, Chabaud, Bayonne, 1992.
  • (fr) Léon Poliakov, Le Mythe aryen (première partie sur l'histoire du racisme), 1993.* (en) Luigi L. Cavalli-Sforza, Paolo Menozzi, Alberto Piazza, The History and Geography of Human Genes, Princeton University Press, 1994.
  • (fr) André Langaney, La philosophie ... biologique, Belin, Paris, 1999
  • (en) Noah A. Rosenberg, Jonathan K. Pritchard, James L. Weber, Howard M. Cann, Kenneth K. Kidd, Lev A. Zhivotovsky, Marcus W. Feldman, Genetic Structure of Human Populations, Science, Vol 298, Issue 5602, 2381-2385, 2002.
  • (fr) M.W. Feldman, R.C. Lewontin, M.C. King, Les races humaines existent-elles ?, L Recherche, 377, 2004. Article orignal : Race: a genetic melting-pot, Nature, 24; 424(6947):374, 2003.
  • (fr) Albert Jacquard, La Science à l'usage des non-scientifiques, 2003.
  • (fr) « Un destin en noir et blanc », Libération (quotidien français), 2004.
  • (fr) Trenton C. Holliday, Espèces d'hybrides !, La recherche, 377, 2004.


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