Race
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En biologie, une race désigne une subdivision d'une espèce fondée sur des caractères héréditaires.
Cet article concerne plus particulièrement l'acception du mot race qui désigne des groupes d'une même espèce animale ou végétale. Cependant, dans le cas d'espèces botaniques, le terme de variété est généralement préféré.
Concernant l'espèce humaine, l'utilisation de critères biologiques permettant de définir différentes races n'est pas sans poser de problèmes. Cet autre sujet, qui concerne en biologie des domaines tels que l'anthropologie physique ou la génétique des populations, fait l'objet de l'article général « race humaine ». Y sont également abordé les aspects historiques et sociaux de l'application de la notion de race à l'espèce humaine.
Sommaire |
Les races d'élevage
En élevage, le terme race se rapporte à des populations individualisées d'une même espèce ayant des caractères morphologiques et physiologiques héréditaires bien distincts des autres populations, c'est-à-dire ayant un génotype moyen individualisé et que l'homme s'est attaché à maintenir parfois depuis très longtemps, mais qu'il peut faire évoluer dans le temps en fonction d'impératifs économiques ou de modes.
C'est ainsi que se construisent :
- les variétés cultivées ou cultivars chez les végétaux ;
- les races chez les animaux d'élevage ou de compagnie ;
- les lignées pures (variétés homozygotes pour le gène gouvernant le caractère recherché) chez les animaux de laboratoire.
Dans la pratique, définir un certain nombre de races implique de choisir des critères pour les définir. Ces critères correspondront en général à un but, et les classifications pourront être différentes en fonction des objectifs poursuivis. Ainsi, la distinction de races chevalines, félines ou canines répond à un souci de segmentation mercatique : l'acheteur typique d'un Saint-Bernard n'a pas le profil de celui d'un caniche ou d'un chihuahua. Celui d'un percheron ne s'intéresse pas en général aux performances de course sur terre battue.
En règle générale, chaque race d'élevage est définie par un standard, c'est-à-dire un ensemble de critères qui définissent l'individu idéal. La race se maintient uniquement grâce à l'énorme pression sélective exercée par l'homme et par l'isolement, sur le plan génétique, de la population constituant la race considérée.
Les critères se fondent notamment sur :
- l'apparence et la taille ;
- la couleur ;
- le milieu (ou niche) écologique ;
- le comportement ;
- les prédateurs, parasites ou maladies ;
- le régime alimentaire ;
- les modes de deplacement.
Exemples de races :
- de chats : bleu russe, européen, persan ;
- de chiens : labrador, lévrier, terrier, dogue ;
- de chevaux : percheron, pur-sang ;
- de bovins : charolaise, normande, montbéliarde ;
- d'ovins : mérinos, caussenard, texel ;
- de porcins : piétrain, large white.
Race et génétique
La découverte de "lois de l'hérédité" attribuée à Mendel permet de relier une race donnée à un génotype particulier.
Pour bien comprendre ce lien, il convient de bien distinguer deux notions :
- les caractères observables (le phénotype de l'individu) ;
- l'information portée par le génome (le génotype de l'individu).
C'est l'interaction du génotype et de l'environnement qui détermine le phénotype.
Dans certains cas simples, les gènes s'expriment de manière visible, comme par exemple les pois étudiés par Mendel, qui peuvent être lisses ou ridés, ou les drosophiles (mouches étudiées par Morgan, prix Nobel en 1933), dont les yeux peuvent être rouges ou blancs, selon un gène spécifique. Dans ces deux cas, on peut donc clairement définir des races (le terme de variété est d'utilisation plus fréquence dans le cas des végétaux) :
- variétés de pois lisses et variétés de pois ridés ;
- variétés de pois verts et variétés de pois jaunes ;
- race de drosophiles à yeux rouges et race de drosophiles à yeux blancs.
En fonction du caractère étudié un individu peut appartenir à plusieurs races. Ainsi un pois jaune ridé appartient-il à la variété des pois jaunes et à celle des pois ridés.
D'autre part tous les caractères ne sont pas visibles, certains sont d'ordre biochimique (comme la capacité à sentir une molécule donnée, le groupe sanguin...), et d'autre part un individu d'une espèce (végétale ou animale) présente un nombre important de gènes, donc autant de possibilité de définir des races. On pourrait à la limite choisir de définir un nombre quelconque de races allant de un au nombre d'individus distincts de la planète.
Pour les espèces animales utilisées en élevage, ou les espèces végétales cultivées à des fins alimentaires, industrielles ou ornementales, la pression de sélection exercée par l'homme conduit à une homogénéité plus forte (par rapport aux gènes gouvernant les phénotypes recherchés) de la population, et corrélativement à un appauvrissement de la diversité génétique, ce qui fragilise cette population vis-à-vis des agressions de toute nature, comme les maladies. Des exigences commerciales conduisent à définir de nombreux standards de races ou de variétés correspondant à des besoins variés ; ainsi, les animaux ou végétaux qui ne correspondent pas au standard d'une race (ou variété) ne participent pas à la reproduction.
Les microorganismes utilisés dans l'industrie ont également été l'objet, depuis longtemps, de semblables sélections (par exemple, la levure de bière).
Depuis peu, le génie génétique permet de modifier les gènes d'une espèce afin de créer des espèces « génétiquement modifiées » ou transgéniques, dont les propriétés nouvelles répondent aux besoins de ceux qui les exploitent.
Race et biologie
Dans la classification des êtres vivants, l'espèce (c'est-à-dire un ensemble d'individus généralement interféconds) est la dernière subdivision (ou taxon) unanimement admise. Au-delà, on parle de sous-espèce ou variété pour les végétaux, termes qui se fondent sur des critères de ressemblance morphologique. Hors espèces domestiques, bien peu de biologistes actuels se hasardent encore à nommer ces subdivisions races, ce qui supposerait la définition d'un standard de conformation et la démonstration d'une pression sélective favorisant le respect de ces standards.
Si l'on souhaite disposer d'un plus grand nombre de rangs de taxons, leur nom se forme par l'addition du préfixe « sous- » (« sub- ») aux noms des rangs principaux ou secondaires. Une plante peut ainsi se voir classer dans des taxons aux rangs suivants (par ordre décroissant): regnum, subregnum, divisio ou phylum, subdivisio ou subphylum, classis, subclassis, ordo, subordo, familia, subfamilia, tribus, subtribus, genus, subgenus, sectio, subsectio, series, subseries, species, subspecies, varietas, subvarietas, forma, subforma.
Cet extrait du Code international de nomenclature botanique montre bien la complexité et la progressivité des catégorisations nécessaires en biologie. Si la plupart des spécialistes s'accordent au niveau des espèces, savoir si une population montrant des caractères particuliers doit être une sous-espèce, une variété ou une forme, fait souvent débat. Les individus d'une sous-espèce restant toujours interféconds, on observe souvent à l'intérieur d'une espèce des populations en cours d'isolement, présentant parfois des différences morphologiques, parfois des différences écologiques (écotypes) sans nécessaire corrélation avec leur état de différenciation génétique.
Ces subdivisions sont donc assez hasardeuses et complexes ; il n'est pas rare de les voir remises en cause en fonction de l'importance plus ou moins grande donnée à un caractère discriminant. De plus, l'interfécondité permettant la reproduction croisée entre deux sous-espèces, le choix de classer un individu dans tel ou tel groupe peut être totalement arbitraire. Elles ne peuvent donc être définies sans ambiguïté qu'en cas de parfait isolement des deux sous-espèces ; géographiquement, par exemple. Cela explique les réticences des biologistes face à la définition de races humaines.
Voir aussi
Dans un sens vieilli le terme de race désigne l'ensemble des individus appartenant aux différentes générations d'une famille, d'une dynastie. Exemples : la race d'Abraham, la race des Capétiens, etc. Au sens figuré, la race désigne des groupes de personnes ayant des intérêts et des comportements communs. Le terme a également désigné au XVIIe siècle les générations :
- « Chez cette race nouvelle
- Où j'aurai quelque crédit
- Vous ne passerez pour belle
- Qu'autant que je l'aurai dit. »
- (Corneille, Stances à Marquise)



